Les vaccins du chat : typhus, coryza, leucose, rage, ce que la loi impose et ce qui se décide avec votre vétérinaire
Santé À jour au 30 octobre 2026 · 36 sources citées, dont 8 lues en texte intégral
« Obligatoire ou pas ? », « tous les ans ? », « et pour un chat d'appartement ? » : cette fiche répond dans cet ordre, d'après les textes français, la WSAVA (2024), l'ABCD et l'Anses, pour le chat adulte ; le chaton aura sa fiche.
Ce que la loi impose, et ce qu'elle ne dit pas
Le code rural rend la vaccination antirabique obligatoire pour tous les carnivores domestiques « dans les départements officiellement déclarés infectés de rage » [1]. En métropole, ce cas ne se présente pas : la France remplit les conditions de pays indemne, écrit l'Anses, et la rage n'y est plus endémique, rappelle le ministère de l'Agriculture en 2024 [2, 3]. La Guyane fait exception. Un arrêté du 5 septembre 2008, toujours en vigueur, y impose la vaccination antirabique de tous les carnivores domestiques, ceux qui arrivent de métropole compris [4, 2].
Le passage d'une frontière change tout. Pour voyager dans l'Union européenne ou en revenir, le chat est identifié, puis vacciné contre la rage, pas avant douze semaines, et la primo-vaccination n'est reconnue que vingt et un jours après la fin du protocole [5, 6, 7, 8]. Un vétérinaire sanitaire l'inscrit au passeport européen, et sa validité, un an ou trois ans, suit le protocole du fabricant [7, 9, 10]. Les textes européens ont changé le 22 avril 2026 : notre guide du passeport les détaille [6, 11].
Aucun autre texte lu n'impose un vaccin au chat, et Service-Public ne cite les vaccinations d'un chat cédé que « si l'animal est vacciné » [1, 12]. L'arrêté du 3 avril 2014 impose aux pensions un contrat écrit, sans un mot sur la vaccination [13] : la liste des vaccins exigés par une pension, une exposition ou un club est celle de l'établissement, à demander par écrit.
Les vaccins « essentiels », et les combinaisons qu'on vous propose
La WSAVA, association mondiale des vétérinaires pour animaux de compagnie, appelle essentiels en 2024 les vaccins que tous les chats devraient recevoir, selon leur mode de vie et leur région ; l'ABCD, groupe d'experts européens sur les maladies du chat financé par des laboratoires, en compte trois, comme elle [14, 15, 16, 17]. Le typhus, ou panleucopénie, est dû à un parvovirus qui reste infectieux des mois dans l'environnement et tue 30 à 50 % des chats malades malgré les soins ; le vaccin protège probablement à vie [15, 18, 14]. L'herpèsvirus et le calicivirus, les deux causes principales du coryza, ont des vaccins qui protègent de la maladie, pas de l'infection (voir notre fiche sur le coryza) [18, 16, 17, 14].
« Typhus-coryza », c'est donc déjà trois valences dans une seringue : panleucopénie, herpèsvirus, calicivirus [19, 20]. Les vaccins plus larges y ajoutent la leucose, la chlamydiose, utile dans les foyers à plusieurs chats, et parfois la rage, pour le voyage : cinq valences dans les trente-trois vaccins que comptait en 2019 l'agence française du médicament vétérinaire [20, 14, 21, 22]. « Faire que deux » ou « faire les trois » désigne ces combinaisons, que le vétérinaire choisit selon le mode de vie du chat. Chez le chaton, deux écoles coexistent : deux injections, à huit-neuf puis douze semaines selon les RCP, ou trois, la dernière à seize semaines ou plus, parce que les anticorps de la mère peuvent durer au-delà (WSAVA 2024, ABCD depuis 2025) [19, 14, 17, 23].
Leucose : le vaccin qui se discute
La leucose féline passe par la salive, toilettages, morsures, gamelles partagées, et une infection progressive raccourcit la vie [24, 18]. La WSAVA range depuis 2024 ce vaccin parmi les essentiels, là où la maladie reste répandue, pour tout chat de moins d'un an et pour les adultes qui sortent ou vivent avec des chats qui sortent, comme les recommandations nord-américaines de 2020 avant un an [14, 25]. L'ABCD (mars 2025) le garde « non essentiel », le recommande aux chats exposés et le juge inutile chez un adulte strictement d'intérieur [24]. Les trois textes demandent un test leucose avant la première injection, aucun n'exige un test FIV [24, 25, 14].
Selon l'ABCD, l'immunité dure au moins douze mois, probablement bien plus, jusqu'à trois ans dans des épreuves d'infection, dont la WSAVA note qu'elles n'ont pas été conçues pour la contamination par morsure [24, 14]. Le débat tient aussi au sarcome au site d'injection, où les premiers vaccins leucose avec adjuvant ont été mis en cause dans les années 1990 ; l'ABCD précise que le virus lui-même n'est pas directement impliqué [14, 24]. Le vétérinaire décide avec le propriétaire, chat par chat.
Tous les ans, ou tous les trois ans : les deux écoles
Les deux rythmes ont un texte derrière eux. Le résumé des caractéristiques d'un vaccin trivalent autorisé en France prévoit un rappel annuel du coryza pour tous les chats, et un rappel typhus qui « peut être réalisé tous les trois ans » [19]. À l'inverse, la WSAVA (2024) demande de ne pas vacciner plus souvent que nécessaire : pour un adulte « à faible risque », vivant seul, en intérieur, sans pension, un rappel typhus-coryza tous les trois ans ou plus ; pour un chat « à plus haut risque », pension ou contact avec des chats potentiellement infectés, jusqu'à un rappel coryza par an [14].
L'ABCD rejoint cette seconde école dans ses pages de 2022 à 2026 : trois ans ou plus pour le typhus, trois ans pour le coryza à faible risque, un an en pension, en refuge ou en élevage [15, 16, 17, 23]. Leucose : un an chez le chat très exposé pour la WSAVA, deux ou trois ans sinon [14, 24]. Entre ces écoles, l'ABCD demande avant chaque injection un entretien sur le mode de vie du chat [26, 14] : le rythme de votre chat sort de cet échange.
Et le chat qui ne sort jamais ?
Il reçoit aussi les vaccins essentiels, moins souvent. International Cat Care les dit essentiels « y compris pour les chats d'intérieur », et la WSAVA comme l'ABCD les destinent à tous [18, 14, 15]. En cause, le virus du typhus : l'ABCD cite « les chaussures et les vêtements » parmi ses véhicules, et « même les chats au mode de vie strictement intérieur ne peuvent pas toujours éviter de le rencontrer » [15, 25].
Le sarcome au site d'injection : ce que les sources disent
Un sarcome peut naître à l'endroit d'une injection, après tout vaccin injectable comme après d'autres produits [27, 28]. Les chiffres publiés ne comptent pas la même chose et ne se comparent pas : un à quatre cas pour 10 000 chats vaccinés aux États-Unis selon l'ABCD, une visite de vaccination sur 5 000 à 12 500 dans une étude britannique [27, 28], huit chats déclarés en France de 2014 à 2018, avec un effet sur neuf déclaré, estiment les auteurs [20].
En 1993, une étude américaine associe ces tumeurs aux vaccins rage et leucose avec adjuvant, alors nouveaux [14, 27]. Depuis, les experts divergent : la WSAVA (2024) préfère les vaccins sans adjuvant là où le sarcome existe et où un choix est possible, les recommandations nord-américaines de 2020 jugent les données insuffisantes pour préférer un type de vaccin, et l'ABCD (février 2024) retient les vaccins sans adjuvant « à efficacité égale », mais ceux avec adjuvant chez un chat très exposé quand ils protègent mieux [14, 25, 27].
Trois gestes font consensus : injecter ailleurs qu'entre les omoplates, de préférence bas sur un membre, en changeant de site et en le notant [14, 27, 25] ; surveiller la boule selon la règle « 3-2-1 », biopsie si elle persiste trois mois, dépasse deux centimètres ou grossit encore après un mois [14, 27, 28] ; et continuer, car la vaccination « ne doit pas être arrêtée à cause du risque » de sarcome, écrit l'ABCD, un risque « largement compensé », écrit la WSAVA [27, 14].
Un rappel dépassé
Un retard ne fait jamais reprendre la série du chaton. Pour le coryza, l'ABCD prévoit une seule injection si le dernier vaccin date de moins de trois ans et, au-delà, le schéma d'un adulte jamais vacciné, deux injections à deux à quatre semaines d'intervalle puis un rappel un an après (règle de 2022, reprise en 2025) [23, 17, 16]. Pour le typhus, la WSAVA (2024) écrit qu'une seule dose du vaccin vivant suffirait souvent, mais soutient les deux doses des fabricants [14] ; l'ABCD (2022) conseille d'abord un dosage d'anticorps [15, 29].
Côté rage, un rappel fait après l'expiration de la vaccination précédente compte comme une nouvelle primo-vaccination, reconnue vingt et un jours plus tard pour un voyage [6, 30]. Le vétérinaire tranche d'après le passé du chat. Les vaccins que votre clinique note dans votre carnet, il vous les rappelle.
Le prix d'un vaccin, et ce qui le fait varier
Il n'existe aucun tarif officiel. Les honoraires « sont déterminés avec tact et mesure », dit le code de déontologie, qui oblige le vétérinaire à répondre à toute demande sur ses honoraires et à donner le prix d'un acte ou, à défaut, sa méthode de calcul ou un devis [31, 32]. L'Ordre ajoute que les prix ne sont pas réglementés, que les principaux actes s'affichent en salle d'attente et qu'un devis accepté avant les soins est vivement conseillé [32]. La note varie avec le nombre de valences, la consultation annuelle qui accompagne l'injection [14] et la clinique.
Des aides existent pour les revenus modestes. Deux instructions du ministère de l'Agriculture, de 2022 et 2023, décrivent le dispositif Vétérinaires pour tous, financé par le plan de relance : soins préventifs compris, pour les bénéficiaires de minima sociaux, les étudiants boursiers et les personnes sans domicile, un tiers du coût restant au propriétaire, rien pour une personne sans domicile [33, 34]. L'Ordre consacre une page à cette médecine solidaire, dispensaires compris [35, 32].
Ce qui a changé, et quand
Chaque publication récente, résumée et datée : la veille
- 2016. La WSAVA avance le rappel qui suit la série du chaton de 52 à 26 semaines et demande de ne plus injecter entre les omoplates, règles maintenues en 2024 [36, 14].
- 2022. L'ABCD écrit, pour le coryza, qu'un adulte vacciné depuis plus de trois ans reçoit deux injections comme un adulte jamais vacciné [23, 17].
- 2024. La WSAVA classe pour la première fois le vaccin leucose parmi les essentiels, jeunes chats et adultes qui sortent ; il était « non essentiel » en 2016 [14, 36].
- 2026. Le 22 avril, les voyages des chats dans l'Union passent sous le règlement (UE) 2016/429 et le règlement délégué (UE) 2026/131, repris en France par la DGAL puis par un arrêté du 29 septembre [6, 11].
À retenir
- En métropole, aucun vaccin n'est imposé à un chat qui ne voyage pas ; la rage l'est en Guyane, et pour passer une frontière. Une pension peut en exiger par contrat.
- Typhus, herpèsvirus et calicivirus, les trois valences du « typhus-coryza », sont essentiels pour tous les chats, chat d'appartement compris ; leucose, chlamydiose et rage se décident selon le mode de vie.
- Rappel annuel ou tous les trois ans : les deux écoles ont un texte derrière elles, et c'est le vétérinaire qui situe votre chat.
- Le vaccin leucose se discute : qui, après quel test, à quel rythme ; la réponse se construit avec le vétérinaire.
- Le sarcome au site d'injection est rare, se surveille par la règle « 3-2-1 », et ne justifie pas d'arrêter la vaccination.
- Les honoraires sont libres et affichés ; des aides existent sous conditions de ressources.