Le coryza du chat : les signes, ce qui le provoque, comment il se transmet, et ce qu'un chat vacciné peut attraper quand même
Santé À jour au 30 octobre 2026 · 15 sources citées, dont 9 lues en texte intégral
Votre chat éternue, un œil à demi fermé, le nez qui coule, et il tourne autour de sa gamelle sans manger. Le vétérinaire dira sans doute « coryza ». Ce vieux mot désigne un ensemble de signes du nez, des yeux et de la bouche, dus à plusieurs microbes souvent présents ensemble. Cette fiche donne l'essentiel et renvoie, pour chaque virus, à l'article complet.
Ce qu'est le coryza : un syndrome, plusieurs microbes
Les vétérinaires parlent d'un syndrome, un ensemble de signes du nez, de la gorge et des yeux que plusieurs agents déclenchent, seuls ou associés [1, 2]. En tête viennent l'herpèsvirus félin de type 1 et le calicivirus félin [2, 3], puis des bactéries, Chlamydia felis, Bordetella bronchiseptica et des mycoplasmes [1, 4].
Ces agents cohabitent souvent : dans une étude espagnole sur 358 chats, 47 % des prélèvements positifs en portaient au moins deux, et une étude suisse trouvait des co-infections chez 40 % des chats suspects [5, 6]. Chaque virus a son article complet, l'herpèsvirus du chat et le calicivirus du chat. Cette fiche s'arrête à ce qui leur est commun.
Les signes, et ce qui doit faire consulter vite
La société internationale de médecine féline (ISFM) décrit des éternuements, un écoulement du nez et des yeux, des yeux rouges, de l'abattement, une perte d'appétit et de la fièvre [2]. L'herpèsvirus donne plutôt une conjonctivite marquée et peut blesser la cornée [2, 4], le calicivirus des ulcères de la langue [2, 3], Chlamydia des paupières très gonflées [7, 5].
Un chaton se montre au vétérinaire sans attendre, parce que la maladie est plus sévère chez lui et que le calicivirus comme Bordetella peuvent lui donner une pneumonie, parfois mortelle [4, 8, 9, 10]. Même urgence pour le chat qui ne mange plus : l'ISFM prévoit alors hospitalisation et sonde, la dénutrition retardant la guérison, et l'ABCD, comité européen d'experts des maladies du chat soutenu par des laboratoires, pose la sonde après trois jours de jeûne [2, 4]. Un chat qui respire mal, ou dont l'œil se voile, n'attend pas non plus [9, 2].
Comment il se transmet
Les deux virus passent surtout par contact direct avec un chat qui les excrète, malade ou non [4, 3, 2]. L'herpèsvirus demande un contact étroit, et sa survie hors du chat varie d'un texte à l'autre, de deux jours pour l'ISFM à un mois pour l'ABCD [2, 4]. Le calicivirus résiste mieux et voyage sur les objets et les mains [3, 8].
La contagion dure. Après l'infection, la plupart des chats excrètent le calicivirus au moins trente jours, souvent au-delà de la guérison, quelques-uns pendant des années [3, 8, 6]. L'herpèsvirus reste à vie dans le chat et se réveille à l'occasion d'un stress, avec ou sans signes [4, 10].
Le coryza se transmet-il à l'homme ? Et au chien ?
Rien ne montre que l'herpèsvirus ou le calicivirus du chat infecte l'humain, écrit l'ABCD [4, 3]. Une équipe australienne rappelle en 2026 une revue de 1979 selon laquelle l'herpèsvirus ne pousse pas en culture de cellules humaines, et n'a vu un virus dérivé du vaccin se multiplier dans aucune lignée d'une autre espèce [11]. Aux Pays-Bas, aucun virus du genre du calicivirus félin n'a été trouvé dans 1 493 prélèvements humains [15].
Les bactéries demandent une nuance. Pour Chlamydia felis, l'ABCD ne voit aucune preuve épidémiologique de risque notable ; une revue de 2004 ne retrouvait que sept cas humains publiés, un seul attribuable sans ambiguïté, et l'ABCD en cite depuis d'autres, même chez des personnes en bonne santé [7, 12]. Bordetella bronchiseptica est pour l'ABCD une cause rare d'infection humaine, surtout chez des immunodéprimés, ce qu'un cas publié en 2019 illustre [9, 13]. Une personne immunodéprimée en parle au médecin et au vétérinaire, qui évite alors certains vaccins vivants chez le chat [9].
Et le chien ? L'ABCD ne connaît aucun passage de l'herpèsvirus félin vers une autre espèce, et les chiens inoculés autrefois ne s'infectaient pas [4, 11]. Des virus proches du calicivirus félin ont parfois été isolés chez des chiens, pour un rôle jugé probablement négligeable [3, 8]. Bordetella, elle, circule entre les deux espèces : un chien qui tousse peut contaminer un chat [9, 1].
Le chat vacciné peut-il attraper le coryza ?
Oui. Ces vaccins sont essentiels pour tous les chats selon la WSAVA comme selon l'ABCD [10, 3, 4]. La WSAVA l'écrit en 2024 : aucun vaccin contre l'herpèsvirus n'empêche l'infection, et un adulte complètement vacciné peut encore s'infecter et tomber malade avec le calicivirus, trop variable pour un seul vaccin [10]. L'ABCD décrit moins de signes et moins d'excrétion, l'ISFM des formes moins sévères, sans barrière à l'infection ni au portage [4, 3, 2].
Sur le terrain, l'étude espagnole, dont deux auteurs travaillaient pour un fabricant de vaccins, trouvait moins de coryza chez les chats correctement vaccinés [5] ; en Suisse, l'effet du vaccin, visible dans une première analyse, disparaissait une fois les autres facteurs pris en compte [6]. Rappels et calendriers sont dans la fiche sur les vaccins du chat.
Ce que fait le vétérinaire
Les soins de soutien passent en premier : garder le chat propre et au chaud, l'aider à manger, le réhydrater, le nourrir par sonde s'il ne mange plus [2, 4, 8]. Les antibiotiques n'agissent sur aucun des deux virus. Depuis 2017, la société internationale des maladies infectieuses des animaux de compagnie (ISCAID) demande d'attendre tant que l'écoulement reste clair, et de ne traiter dans les dix premiers jours qu'un chat fiévreux, abattu ou qui refuse de manger avec un écoulement épais [1].
Quand une bactérie est l'agent principal, l'antibiotique devient le cœur du traitement, et les quatre textes consultés citent la même famille, les tétracyclines, en premier choix [7, 9, 14, 1]. Contre l'herpèsvirus existent des antiviraux empruntés à la médecine humaine ; contre le calicivirus, aucun antiviral spécifique n'est disponible, selon l'ABCD [4, 3, 8]. Le vétérinaire décide du produit, de la dose et de la durée. Chaque molécule est détaillée dans les deux articles.
Quand le coryza dure ou laisse des traces
La plupart des chats vont mieux en une dizaine de jours, selon l'ISCAID ; la guérison complète prend souvent deux à trois semaines pour l'ABCD, davantage dans les formes sévères pour l'ISFM [1, 3, 2]. Certains gardent un nez qui coule, séquelle d'un nez abîmé pendant la maladie, dont la cause exacte reste discutée [4, 2, 1]. Le calicivirus est souvent retrouvé dans la gingivostomatite chronique, sans que sa part y soit établie, et il provoque rarement une forme systémique qui tue 30 à 70 % des chats atteints en collectivité [3, 8]. L'herpèsvirus peut laisser une atteinte durable de la cornée [4, 2]. Les deux articles développent ces chapitres.
Prévenir
La vaccination vient en premier [10, 3, 4]. Le reste tient à la maison. Un nouvel arrivant reste à part trois semaines et les chats malades sont soignés en dernier, selon l'ABCD ; l'étude suisse plaide pour des groupes plus petits [3, 4, 6]. Côté désinfection, le calicivirus résiste à beaucoup de produits courants, et l'ABCD retient l'eau de Javel après un nettoyage soigneux [3, 8].
Si votre clinique utilise VetoDossier, les documents de votre clinique arrivent dans votre carnet, et il vous rappelle les traitements que vous déclarez. Le carnet de santé du chat explique comment il se remplit.
Ce qui a changé, et quand
Chaque publication récente, résumée et datée : la veille
Trois étapes, datées à leur première apparition.
- 2017. L'ISCAID pose la règle d'observation : pas d'antibiotique tant que l'écoulement est clair [1].
- 2022. L'ABCD cesse de recommander la lysine contre l'herpèsvirus et réserve les antibiotiques aux formes sévères, alors qu'en 2009 elle les voulait dans toute forme aiguë : sa page actuelle le dit [4], et l'article sur l'herpèsvirus a daté ces passages en comparant les versions archivées.
- Mars 2025. L'ABCD ajoute une troisième injection à seize semaines pour tous les chatons contre le calicivirus [3].
À retenir
- Le coryza est un syndrome : herpèsvirus, calicivirus et plusieurs bactéries, souvent ensemble chez le même chat.
- Un chaton, un chat qui ne mange plus ou qui respire mal se montre au vétérinaire sans attendre.
- Rien ne montre que les deux virus infectent l'humain ; chez le chien, des virus proches du calicivirus ont parfois été isolés, pour un rôle jugé probablement négligeable. Bordetella circule entre chiens et chats.
- Le vaccin réduit la maladie sans empêcher l'infection : un chat vacciné peut faire un coryza, en général moins sévère.
- Les séquelles existent, nez qui coule surtout ; le détail de chaque virus est dans son article.