Passeport européen du chien et du chat : ce qu'il contient, qui le délivre, quand il est obligatoire
Réglementation À jour au 30 octobre 2026 · Sources : Service-Public, ministère de l'Agriculture, Douane, Légifrance, EUR-Lex, Commission européenne, Ordre national des vétérinaires, I-CAD
Le passeport européen d'un chien ou d'un chat est le document que demande une frontière de l'Union. Ce n'est pas le carnet de santé que vous feuilletez chez le vétérinaire. Il atteste trois choses : l'identité de l'animal, sa vaccination antirabique et, pour certaines destinations, un traitement contre l'échinocoque. Les textes qui le régissent ont changé le 22 avril 2026. Voici ce qu'ils disent.
Ce qu'est le passeport pour animal de compagnie
C'est un document d'identification au modèle commun à tous les États membres, réservé aux chiens, aux chats et aux furets. Il n'existe pas de passeport européen pour un lapin ou un perroquet : pour ces espèces, chaque État membre fixe ses propres conditions d'entrée.
Jusqu'au 21 avril 2026 inclus, la référence était le règlement (UE) n° 576/2013. Depuis le 22 avril 2026, les règles viennent du règlement (UE) 2016/429, dit « législation sur la santé animale », complété par le règlement délégué (UE) 2026/131 pour les conditions sanitaires et par le règlement d'exécution (UE) 2026/705 pour le modèle du document. En France, un arrêté du 29 septembre 2026, publié le 9 octobre, organise l'édition et la délivrance des passeports.
Vous n'avez rien à refaire. Les textes de 2026 le disent expressément : un passeport établi sur l'ancien modèle et délivré avant le 22 avril 2026 reste valable, de même qu'un passeport délivré avant le 29 décembre 2014 sur le modèle encore antérieur. Les vétérinaires peuvent même continuer à délivrer des passeports de l'ancien modèle jusqu'au 31 décembre 2027.
Un carnet de santé, papier ou numérique, suit les soins au quotidien, et personne ne le lira à une frontière. Le passeport, lui, ne contient ni ordonnances ni comptes rendus : seule la vaccination antirabique y est obligatoire, les autres vaccins n'y figurent que si votre vétérinaire les y inscrit.
Qui le délivre, et ce qu'il contient
Seul un vétérinaire habilité par l'autorité compétente peut délivrer un passeport. En France, c'est votre vétérinaire. L'arrêté du 29 septembre 2026 lui impose de vérifier d'abord que l'animal est identifié et de ne délivrer le document qu'à un propriétaire qui réside habituellement en France, justificatif de domicile de moins de trois mois à l'appui. Il enregistre ensuite le passeport au fichier national d'identification dans les deux jours ouvrés. Le passeport se trouve rattaché à la puce de l'animal dans le fichier que gère I-CAD.
Le droit européen énumère son contenu :
- la puce ou le tatouage, avec sa date et son code ;
- le signalement de l'animal : nom, naissance, espèce, race, sexe, couleur ;
- les coordonnées et la signature du propriétaire ;
- celles du vétérinaire émetteur, avec la date de délivrance ;
- la vaccination antirabique, l'éventuel titrage des anticorps et l'éventuel traitement contre l'échinocoque.
Deux rubriques comptent le jour d'un contrôle. Celle de la vaccination antirabique, la rubrique V des passeports en circulation, est en France, depuis le 1er janvier 2009 (arrêté du 10 octobre 2008), le document officiel qui atteste cette vaccination pour un chien, un chat ou un furet. Celle du traitement contre l'échinocoque, la rubrique VII, est datée et horodatée par le vétérinaire qui l'administre.
Sur l'identification, la règle est stable : une puce électronique, ou un tatouage encore lisible s'il a été fait avant le 3 juillet 2011. Un tatouage plus récent ne vaut pas pour voyager.
Quand il est obligatoire : voyager avec son chien ou son chat en Europe
Le passeport est exigé dès que l'animal passe d'un État membre à un autre, pour un week-end en Espagne comme pour un déménagement en Allemagne. Le texte européen pose trois conditions : l'animal est identifié, il est valablement vacciné contre la rage, il voyage avec son passeport dûment rempli et signé par son propriétaire. Les deux premières se remplissent dans cet ordre. Service-Public et la note de la DGAL le rappellent : une vaccination antirabique faite avant l'identification n'est pas reconnue.
Pour rester en France, rien de tout cela n'est demandé. La loi française impose l'identification des chiens de plus de quatre mois, des chats de plus de sept mois et de tout chien, chat ou furet avant sa cession. Elle n'impose aucun passeport à un animal qui ne franchit pas de frontière.
Un même déplacement emmène cinq chiens, chats ou furets au plus. La limite tombe pour un concours, une exposition, une manifestation sportive ou leur entraînement, avec une preuve écrite d'inscription et des animaux de plus de six mois. Au-delà, c'est un mouvement commercial, soumis à d'autres règles. Pour aller dans un pays hors de l'Union, ce sont ses règles qui s'appliquent. Pour entrer dans l'Union ou y revenir, elle exige un certificat sanitaire officiel du pays de départ, souvent avec un titrage des anticorps antirabiques. Au retour, le passeport remplace ce certificat s'il a été renseigné avant le départ, vaccination valide et, selon le pays visité, titrage inclus.
La vaccination antirabique de voyage : les délais écrits dans les textes
La primovaccination ne se fait pas avant l'âge de douze semaines. Sa validité ne commence pas le jour de l'injection. Il faut compter vingt et un jours au minimum une fois le protocole du fabricant achevé, et c'est à cette date que l'animal peut passer une frontière. La validité court ensuite jusqu'au terme de l'immunité figurant dans l'autorisation du vaccin utilisé. Cette durée varie d'un vaccin à l'autre, ce qui explique que le vétérinaire inscrive dans le passeport une date de début et une date de fin.
Un rappel fait pendant la période de validité la prolonge sans délai d'attente. Fait après son expiration, il est compté comme une nouvelle primovaccination et les vingt et un jours repartent de zéro. Un vaccin « presque à jour » la veille du départ, c'est un départ manqué.
Les chiots et chatons trop jeunes pour être vaccinés, ou vaccinés depuis moins de vingt et un jours, ne peuvent entrer que dans les États membres qui l'autorisent expressément. La France n'en fait pas partie : la Commission européenne la range parmi les pays sans dérogation, la DGAL écrit qu'il n'y a pas de dérogation à la vaccination pour les animaux de moins de douze semaines venant d'un pays tiers, et Service-Public fixe à quinze semaines l'âge minimal d'un animal ramené de l'étranger. Les échéances de ce vaccin se lisent dans le carnet de vaccination ; un carnet numérique vous les rappelle. Quand vacciner se décide avec votre vétérinaire, votre date de départ en main.
Irlande, Malte, Finlande, Norvège, Royaume-Uni : les destinations à règles particulières
Cinq territoires exigent, pour les chiens seulement, un traitement contre le ver Echinococcus multilocularis avant l'entrée : la Finlande, l'Irlande, l'Irlande du Nord, Malte et la Norvège. Un vétérinaire l'administre au plus tôt cent vingt heures et au plus tard vingt-quatre heures avant l'heure d'entrée prévue, et l'inscrit dans le passeport. Les chats et les furets ne sont pas concernés. Le choix du médicament et de la dose relève du vétérinaire.
Le Royaume-Uni est un pays tiers depuis le 1er janvier 2021, et la Grande-Bretagne applique ses propres conditions. Pour s'y rendre depuis la France, Service-Public et le gouvernement britannique listent les mêmes exigences : animal identifié, passeport européen, vaccination antirabique valide et, pour les chiens, le même traitement contre l'échinocoque dans la fenêtre de vingt-quatre à cent vingt heures. Le passage se fait par des points d'entrée agréés, un bateau privé n'en est pas un, et la compagnie qui transporte l'animal doit y être autorisée : vérifiez-le avant de réserver.
Au retour, la Douane l'écrit : le passeport européen remplace le certificat sanitaire pour rentrer dans l'Union, à condition qu'aucun rappel antirabique n'ait été fait au Royaume-Uni pendant le séjour. Si un rappel y a été fait, le passeport seul ne vaut plus et il faut un certificat sanitaire britannique. Quant aux passeports délivrés à des propriétaires résidant en Grande-Bretagne, ils ne permettent plus d'entrer dans l'Union depuis le 1er janvier 2021.
Prix du passeport, perte ou vol
Le prix du passeport n'est fixé par aucun texte. Les honoraires des vétérinaires sont déterminés librement, l'Ordre le rappelle dans son commentaire du code de déontologie, et le code rural oblige le praticien à vous indiquer le prix lorsqu'il est fixé à l'avance, ou à défaut une méthode de calcul ou un devis, et à répondre à toute question sur ses honoraires. Demandez le tarif du passeport comme celui d'une consultation.
Aucun texte ne décrit de procédure de duplicata, mais la marche à suivre se déduit de ce que les textes fixent. Seul un vétérinaire peut établir un passeport, il commence par lire la puce, et le fichier national conserve le numéro du passeport rattaché à l'animal. Celui qui a vacciné contre la rage tient un registre de ces vaccinations, conservé un an. Celui qui a délivré le passeport garde les données d'identification et de délivrance au moins trois ans, selon le règlement européen. Un nouveau document se reconstitue chez le vétérinaire, plus vite si vous apportez d'anciennes attestations ou des photos des pages perdues. Le même raisonnement vaut pour un carnet de santé perdu.
À retenir
- Exigé pour passer d'un État membre à un autre ; en France, seule l'identification est obligatoire.
- Délivré par un vétérinaire habilité à un animal déjà identifié, enregistré à l'I-CAD.
- Identification, puis vaccination antirabique, puis passeport ; le vaccin ne vaut qu'après vingt et un jours.
- Pour les chiens : vermifuge contre l'échinocoque avant la Finlande, l'Irlande, l'Irlande du Nord, Malte, la Norvège et la Grande-Bretagne.
- Les passeports délivrés avant le 22 avril 2026 restent valables.