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Le calicivirus du chat : les signes, le test PCR et ce qu'il vaut

Santé À jour au 20 octobre 2026 · 191 sources citées, dont 83 lues en texte intégral

Comment nous écrivons nos articles

Un chat tigré, la gueule ouverte, devant des arbres.
Photo : Clavecin, Wikimedia Commons, domaine public.

Il bave, il gratte sa gamelle sans rien avaler, et vous avez aperçu une petite plaie rouge sur le bord de sa langue. Peut-être éternue-t-il aussi, le nez qui coule, les yeux rouges et larmoyants. Chez d'autres chats, la bouche reste enflammée pendant des mois : gencives d'un rouge vif, haleine qui sent fort. Ou c'est un chaton de quelques semaines qui boite d'une patte, puis d'une autre, avec de la fièvre. Derrière ces tableaux, les vétérinaires pensent souvent au calicivirus félin, un virus très répandu là où les chats vivent nombreux. Son diagnostic passe en général par un test PCR, et c'est là que les questions commencent : que signifie un résultat positif chez un chat en pleine forme, et que vaut un résultat négatif ? Nous avons rassemblé ce qu'en disent les publications vétérinaires, les recommandations européennes et internationales et l'index officiel des médicaments vétérinaires, en signalant ce que l'on ignore. Pour les vétérinaires, le détail des études figure dans la revue scientifique placée après les questions fréquentes.

En bref

  • Le calicivirus donne surtout des ulcères dans la bouche, des gencives rouges, de la salive en excès et un chat qui refuse de manger ; le coryza, avec éternuements et écoulements, est possible mais n'en est pas le signe le plus typique.
  • Beaucoup de chats guéris continuent d'excréter le virus pendant des semaines, certains bien plus longtemps, souvent sans aucun signe.
  • Une PCR positive dit que du matériel génétique du virus était présent ce jour-là. Elle ne prouve pas qu'il cause les signes : des chats sains, et des chats tout juste vaccinés, peuvent être positifs.
  • Une PCR négative n'exclut pas l'infection. Elle cherche le virus, pas les défenses du chat : aucune des publications que nous avons lues ne s'en sert pour juger s'il est protégé.
  • Le vaccin réduit la maladie sans empêcher l'infection ni le portage, et les recommandations mondiales, nord-américaines et européennes le classent parmi les vaccins essentiels.
  • Une forme grave et rare, la forme virulente systémique, frappe surtout des adultes, vaccinés compris, et naît le plus souvent dans un hôpital ou un refuge.
  • Cet article ne remplace pas une consultation : le diagnostic et tout traitement relèvent du vétérinaire.

Ce que vous voyez, et ce que cela peut être

Chacun des sous-titres qui suivent part d'un signe tel que les propriétaires le décrivent, puis donne ce que les publications en disent. L'idée est de savoir quoi raconter au vétérinaire, et à quel point c'est pressé. Rien ne remplace son examen.

Des « aphtes » sur la langue ou le palais

Les propriétaires parlent d'aphtes ; les vétérinaires, d'ulcères. Ce sont de petites plaies à vif, le plus souvent sur la langue, en particulier sur ses bords, et sur le palais [1, 2], parfois sur les lèvres ou le nez [3]. Elles commencent par une minuscule cloque qui se rompt [2, 1]. C'est le signe le plus caractéristique du calicivirus, et l'un des plus discrets : une revue britannique note qu'il est sans doute souvent passé sous silence [2]. La cicatrisation prend en général deux à trois semaines, parfois nettement plus [2, 1].

La langue d'un chat tirée hors de la gueule, avec un ulcère rouge sur sa face.
Un ulcère sur la langue d'un chat infecté par le calicivirus : le signe le plus caractéristique de la maladie. Photo : Tadeusz Frymus, dans Hofmann-Lehmann et al., Viruses, 2022, doi 10.3390/v14050937, licence CC BY 4.0 ; recadrée (volet droit de la figure 4).

Le signe oriente sans trancher. L'herpèsvirus félin, l'autre grand virus du coryza, peut lui aussi ulcérer la bouche, mais une revue juge ce cas relativement rare [4]. Dans une étude suisse portant sur 200 chats que leur vétérinaire soupçonnait d'être infectés, l'ulcère buccal se voyait chez 18 des 89 chats positifs au calicivirus, et chez 5 des 111 chats négatifs [5]. Des gencives rouges et gonflées, ce que les vétérinaires appellent une gingivite, y étaient elles aussi bien plus fréquentes chez les positifs [5], et, selon une revue italienne, ces atteintes de la bouche sont plus courantes que les signes du nez et des yeux [3].

Il bave et ne mange plus

Un chat qui salive beaucoup et boude sa gamelle a souvent mal dans la bouche. Selon les recommandations européennes de l'ABCD, le comité d'experts qui fait référence en Europe sur les maladies infectieuses du chat, beaucoup de chats infectés cessent de manger à cause de la fièvre, de la douleur des ulcères ou, parfois, de la perte d'odorat due au nez bouché [1]. Dans l'étude suisse, la salivation excessive était l'un des signes les plus liés à un test positif : 30 des 89 chats positifs, contre 8 des 111 négatifs [5].

Un chat noir et blanc tenu entre deux mains, de la salive au menton.
Un chat infecté par le calicivirus qui bave : les ulcères de la langue sont douloureux et gênent la prise d'aliments et d'eau. Photo : Tadeusz Frymus, dans Hofmann-Lehmann et al., Viruses, 2022, doi 10.3390/v14050937, licence CC BY 4.0.

Pour l'ABCD, ces signes disparaissent en général en quelques jours, avec des soins de soutien [1]. Un chat qui ne mange plus du tout depuis trois jours relève, pour l'ABCD comme pour les recommandations de l'ISFM sur le chat hospitalisé, d'une aide nutritionnelle [1, 6]. Mieux vaut donc ne pas attendre ce délai pour appeler la clinique.

Il éternue, son nez et ses yeux coulent

On parle alors de coryza, un mot qui désigne un ensemble de signes et non un virus précis. Le calicivirus peut en être la cause, avec éternuements, écoulement clair du nez et des yeux, et parfois une conjonctivite, qui fait rougir le blanc de l'œil et l'intérieur des paupières [1, 2, 7]. Il partage ce terrain avec l'herpèsvirus et des bactéries comme Chlamydia felis ou Mycoplasma felis, souvent présents en même temps [1, 8]. Une revue italienne juge les signes respiratoires et oculaires du calicivirus moins sévères que ceux de l'herpèsvirus [3], dont une revue britannique décrit le coryza comme généralement sévère [4] ; les recommandations européennes sur l'herpèsvirus citent l'ulcère de la cornée parmi ses atteintes [9].

Un résultat a surpris : chez les 200 chats suisses suspects, éternuements et écoulements étaient moins fréquents chez les positifs au calicivirus que chez les négatifs, alors que les signes de la bouche l'étaient davantage [5]. Le nez qui coule, sans rien dans la bouche, ne désigne donc pas forcément le calicivirus, et l'inverse vaut aussi.

Un chaton qui boite, avec de la fièvre

Cette forme déroute souvent. Une boiterie brutale, qui change de patte, accompagnée de fièvre, est décrite au cours de l'infection et après une vaccination [1, 10]. D'après l'ABCD, elle peut suivre de quelques jours ou de quelques semaines les signes de la bouche ou du nez [1]. Les articulations sont enflammées, et le virus a été isolé d'une articulation d'un chaton atteint [1, 11].

L'ABCD écrit que la guérison est en général complète en 24 à 48 heures, sans traitement, sans citer de référence pour ce délai [1] ; une revue italienne l'attribue à une publication de 1983 [3]. Des cas publiés depuis durent bien plus longtemps : deux chats de sept mois d'une même portée ont boité une dizaine de jours ou davantage, et n'ont guéri, traités, qu'en une quinzaine de jours [12] ; un chat adulte a boité par épisodes pendant huit mois [13]. Quand la boiterie suit un vaccin, le virus en cause n'est pas toujours celui du vaccin : dans une série britannique de 123 réactions après vaccination, la plupart des virus isolés et comparés au vaccin en différaient [10].

Des gencives rouges qui ne guérissent pas, et une haleine forte

Il s'agit là d'une maladie à part, la gingivostomatite chronique : une inflammation douloureuse qui déborde des gencives sur le reste de la bouche [1, 14]. Les zones atteintes sont d'un rouge vif et saignent au moindre frottement de la gencive [14]. Ces chats mangent peu ou plus du tout, maigrissent, bavent, ont mauvaise haleine et délaissent leur toilette, écrivent les auteurs de la série parisienne citée plus bas [18] ; la mauvaise haleine figure aussi parmi les signes suivis dans un essai de traitement que résume l'ABCD [1]. Les vétérinaires la rangent parmi les maladies à médiation immunitaire, où la réponse du chat lui-même joue un rôle central, et plusieurs agents infectieux lui sont associés [1, 14].

Le calicivirus y est retrouvé beaucoup plus souvent que chez les chats sains : 53,8 % des 52 chats malades contre 14,0 % des 50 témoins dans une étude allemande [15], 58,4 % contre 15,3 % dans une étude espagnole dont le groupe malade mêlait formes aiguës et chroniques [8]. Cela ne prouve pas qu'il en soit la cause. Une étude britannique a inoculé à des chats deux souches venues de chats malades, sans obtenir autre chose qu'une maladie aiguë : aucune stomatite chronique n'est apparue en dix mois [16]. Une étude brésilienne n'a trouvé le virus ni dans les lésions ni sur les écouvillons de 26 chats, ses auteurs n'excluant pas des faux négatifs [17], et une revue systématique de 2025 conclut à une association dont la cause reste à établir [14]. Dans une série parisienne de 104 chats, la quantité de virus mesurée ne disait rien de la sévérité de la stomatite, ni de l'évolution chez les 56 chats revus après des extractions dentaires [18].

Un chat très abattu, la tête ou les pattes gonflées

C'est rare, et c'est une urgence. La forme virulente systémique s'accompagne de fièvre et d'abattement [3, 134], d'un gonflement de la face et des pattes, de croûtes et d'ulcères sur le nez, les lèvres, les oreilles, le tour des yeux et les coussinets ; certains chats deviennent jaunes ou peinent à respirer, d'autres saignent [1, 19]. Une revue italienne décrit aussi des rougeurs et une perte de poils autour du nez, des lèvres, des yeux et des oreilles [3]. La mortalité varie beaucoup d'une épidémie à l'autre : 6 chats atteints sur 7, 3 sur 12 et aucun sur 4 dans trois épidémies australiennes [23], de 30 à 70 % environ selon les recommandations européennes [1]. Elle touche plus gravement les adultes que les chatons [21, 1], y compris des chats vaccinés [22, 23].

Un chat en pleine forme, mais un test positif

La situation est fréquente, et elle n'a rien d'anormal. En Suisse, 8 % de 100 chats en parfaite santé étaient positifs [5]. Au Royaume-Uni, 57 des 430 jeunes chats d'une cohorte de chats de compagnie, en grande majorité sans signe respiratoire, l'étaient, sur des écouvillons faits par leurs propriétaires [24]. Dans des colonies suivies pendant des années, la part de chats excréteurs a varié selon les visites de 0 à 91 %, la plupart sans aucun signe [25]. Ce qu'un tel résultat veut dire, et ce qu'il ne veut pas dire, est expliqué plus bas, dans la partie consacrée aux tests.

Le signe Ce que décrivent le plus souvent les publications À garder en tête
Ulcères sur la langue ou le palais, gencives rouges, salive, refus de mangerForme aiguë du calicivirus [1, 5]L'herpèsvirus peut aussi ulcérer la bouche, plus rarement [4]
Éternuements, écoulements du nez et des yeuxCoryza, dont le calicivirus n'est qu'une des causes [1, 8]Dans l'étude suisse, ces signes étaient moins fréquents chez les positifs [5]
Chaton qui boite et a de la fièvreBoiterie liée au calicivirus, après l'infection ou un vaccin [1, 10]Durée variable selon les cas publiés [12, 13]
Gencives et fond de bouche rouges depuis des mois, mauvaise haleineGingivostomatite chronique, associée au calicivirus [15, 14, 18]Le lien de cause n'est pas démontré [16, 14]
Chat adulte très abattu, face ou pattes gonflées, ulcères des coussinetsForme virulente systémique [1, 19]Urgence ; vaccination à jour non protectrice dans de nombreuses épidémies [1, 22]
Chat sain, test positifPorteur ; après un vaccin vivant, de l'ARN parfois détecté, sans que l'on sache toujours s'il vient du vaccin [5, 26]Un positif ne suffit pas à expliquer des signes [1, 27]

Ce tableau oriente sans rien trancher. Chez un même chat, plusieurs de ces signes peuvent se succéder, la boiterie suivant parfois les ulcères de quelques jours [1].

Ce qu'est le calicivirus

Le calicivirus félin est un petit virus dont le génome, d'environ 7 500 bases, est fait d'ARN ; il appartient à la famille des Caliciviridae, genre Vesivirus [1, 28]. Dépourvu d'enveloppe, il survit mieux dans l'environnement et résiste à beaucoup de désinfectants courants [1, 29]. D'après l'ABCD, il entre par la bouche, le nez ou les yeux, et se multiplie d'abord dans l'arrière-gorge [1].

Surtout, il change sans cesse. Son ARN est recopié avec beaucoup d'erreurs, si bien qu'un chat héberge en réalité un nuage de variants proches [30, 2]. Les souches sont si nombreuses qu'au Royaume-Uni, deux enquêtes nationales en ont compté 123 en neuf mois, la plus fréquente ne dépassant pas 5 % des virus séquencés [31]. Une étude menée dans cinq pays européens, dont la France, a vu les souches retrouvées plus d'une fois rester presque toutes cantonnées à un seul site [32]. C'est l'une des raisons pour lesquelles aucun vaccin ne protège de façon égale contre toutes [1, 33], et pour lesquelles un test PCR peut passer à côté d'une souche [1].

Les tests : ce qu'ils cherchent, ce qu'ils valent

C'est la partie que les propriétaires et les éleveurs nous demandent le plus. Le test ne se lit jamais seul : son résultat dépend de ce qu'il cherche, de l'endroit et du jour du prélèvement, et de la souche que porte le chat.

Ce que cherche une PCR

La PCR utilisée pour le calicivirus (une RT-PCR, puisque le virus est fait d'ARN) recherche le matériel génétique du virus dans un prélèvement [1]. Elle ne mesure donc ni les anticorps ni la protection du chat. Les recommandations européennes de l'ABCD, dans leur texte de 2022 comme dans sa mise à jour en ligne de 2025, la tiennent pour la meilleure méthode de détection, avec deux réserves écrites dans la même phrase : un résultat négatif n'exclut pas l'infection, et des chats en bonne santé peuvent être positifs [1, 34]. Elles préfèrent la PCR « en temps réel », plus sensible, et quantitative quand c'est possible [1, 34].

Détecter de l'ARN ne veut pas dire trouver un virus vivant. Chez des chats infectés expérimentalement, la PCR restait positive jusqu'à 70 jours après l'arrêt de l'excrétion de virus capable de se multiplier [35]. Et la PCR ne voit que ce que ses amorces, les petites séquences qui servent d'hameçon, savent reconnaître. Le virus variant beaucoup, aucun des deux tests bien établis comparés en Suisse ne détectait à lui seul tous les prélèvements positifs [36], ce que l'ABCD rattache à la diversité du virus [1]. En Corée, une PCR longtemps utilisée n'a trouvé aucun des cinq prélèvements où le virus avait pourtant été cultivé [37].

Le prélèvement : où, quand, comment

L'endroit compte beaucoup. Sur 104 chats atteints de coryza à Munich, dont 52 positifs, le virus était trouvé dans l'arrière-gorge chez 48 d'entre eux, sur la langue chez 47, dans le nez chez 36 et dans l'œil chez 20 seulement [38]. L'ABCD recommande donc un écouvillon de l'arrière-gorge, idéalement complété par d'autres sites [1, 34], et sa fiche de 2025 déconseille le prélèvement de l'œil [39].

Le moment compte aussi. Après une infection expérimentale, l'ARN était détectable dès le lendemain, et le virus vivant pendant au moins neuf jours [35] ; prélevé tard, un chat peut être manqué [40]. La conservation et le transport pèsent eux aussi sur le résultat [1] : une équipe suisse recommande un milieu de transport, un froid de 4 °C au plus et une analyse rapide [36].

Un résultat positif : ce qu'il dit, ce qu'il ne dit pas

Un positif dit qu'il y avait de l'ARN du calicivirus sur l'écouvillon. Trois situations peuvent l'expliquer, et seule la première relie le virus aux signes.

D'où la position des recommandations internationales sur les antibiotiques (ISCAID) : un positif peut appuyer un diagnostic quand le chat a des signes évocateurs et n'a pas été vacciné récemment [41].

Ce que vaut un résultat négatif

Les recommandations européennes l'écrivent sans détour : un négatif n'exclut pas l'infection [34, 1]. Les publications donnent plusieurs raisons, toutes documentées.

À notre lecture des études de sensibilité, un négatif rend en revanche moins probable que le chat excrète beaucoup de virus au moment du prélèvement, surtout avec une PCR en temps réel faite sur l'arrière-gorge [38, 45]. Aucune publication ne chiffre cette probabilité chez des chats de clinique. Et aucune des recommandations que nous avons lues ne fixe un nombre de PCR négatives répétées qui permettrait de déclarer un chat non porteur [1, 34, 33, 46, 41].

Et l'immunité ? Aucune des sources que nous avons lues n'écrit qu'une PCR négative renseigne sur la protection du chat, et aucune ne l'emploie à cette fin. Le contraire n'est pas écrit en toutes lettres non plus : c'est une conclusion que nous tirons de ce qu'elles décrivent. La PCR cherche le virus, jamais les défenses du chat. Le vaccin protège de la maladie sans empêcher l'infection [1, 33] : au Royaume-Uni, 131 des 506 chats complètement vaccinés excrétaient le virus [40], et des auteurs suisses écrivent que la protection vaccinale ne peut pas se juger au seul statut PCR d'un chat [5]. Un chat bien défendu peut aussi être négatif : vacciné, déjà infecté un an plus tôt puis revacciné, un chat de laboratoire est resté négatif lors d'une seconde infection, pendant que ses anticorps montaient [35]. Des chatons nés de mères porteuses se sont tous infectés entre trois et neuf semaines, alors qu'ils avaient encore des anticorps maternels, à des titres faibles [47]. Une seule nuance est publiée : dans les colonies britanniques, 18 chats sur 79, jamais positifs malgré l'exposition, pourraient être résistants, mais les auteurs ne savent pas s'ils l'étaient vraiment ou si les prélèvements les ont manqués [25].

Les anticorps : une prise de sang dit-elle s'il est protégé ?

Pour le diagnostic, non. Presque tous les chats ont des anticorps contre le calicivirus, par la vaccination ou par une infection passée : 92,4 % de 276 chats de propriétaires aux États-Unis [48]. Leur présence ne sert donc pas à dire qu'un chat est infecté [1, 49].

Pour la protection, la réponse est plus nuancée qu'un simple non. Le texte de référence de l'ABCD, publié en 2022 et repris dans les mêmes termes par sa mise à jour en ligne de 2025, contient deux affirmations qui se lisent ensemble [1, 34]. Au chapitre du diagnostic, il écrit que le taux d'anticorps neutralisants peut servir à prédire si un chat est protégé, à condition de l'interpréter avec prudence : le résultat peut être faussement négatif si les anticorps du chat ne reconnaissent pas la souche employée par le laboratoire. Au chapitre de la vaccination, il juge limitée la valeur des tests d'anticorps pour prédire la protection, parce que la souche du test n'est pas forcément celle que le chat rencontrera et que la protection repose aussi sur l'immunité des cellules ; il ajoute que ces tests ne remplacent pas la vaccination. Les autres recommandations sont plus fermes. Pour la WSAVA, l'association mondiale des vétérinaires pour animaux de compagnie, les anticorps ne prédisent pas de façon fiable la protection [33] ; l'AAHA et l'AAFP, aux États-Unis, déconseillent de s'en servir pour décider de vacciner [46], comme la fiche de l'ABCD de 2025 pour les tests rapides d'anticorps [39]. Les anticorps des muqueuses refléteraient mieux la protection, mais ils se mesurent mal [50].

Tests rapides : ce que l'on sait

Des tests rapides présentés comme détectant le calicivirus sont vendus, jusqu'au grand public. L'ABCD écrit en 2025 qu'aucun test commercial de détection rapide évalué de façon indépendante n'existe à ce jour [34]. Notre propre recherche dans PubMed n'a retrouvé aucune étude comparant un tel test à la PCR ou à la culture du virus, et les performances annoncées par les notices ne s'appuient sur aucune publication que nous ayons pu lire. Des méthodes moléculaires rapides sont en cours de mise au point en laboratoire [44], mais elles demandent encore d'extraire l'ARN, ce qui les rend, selon l'ABCD, inadaptées à la consultation [34].

Les tests rapides d'anticorps sont autre chose. L'un d'eux, comparé à la méthode de référence en laboratoire chez 344 chats de refuge, dans une étude où le fabricant fournissait les kits, en donnait un résultat proche [51]. Il mesure des anticorps, pas le virus, et la fiche de l'ABCD de 2025 précise qu'on ne peut pas s'en servir pour décider de vacciner [39].

La quantité de virus et les « panels coryza »

Certains laboratoires rendent une charge virale, en nombre de copies ou en « Ct ». Aucune des publications que nous avons lues ne propose de seuil validé pour distinguer une infection responsable des signes d'un simple portage [1, 5], et dans la gingivostomatite cette charge ne prédisait ni la sévérité de l'inflammation ni l'évolution après extractions [18].

Les « panels » recherchent en une fois le calicivirus, l'herpèsvirus, Chlamydia felis, des mycoplasmes et d'autres agents. Ils trouvent souvent plusieurs agents à la fois, y compris chez des chats sains : en Suisse, 31 % des chats sains portaient Mycoplasma felis, 9 % l'herpèsvirus et 8 % le calicivirus [5]. L'ISCAID les juge utiles pour appuyer un diagnostic chez un chat aux signes évocateurs, et aussi en cas d'épidémie dans un groupe, où prélever plusieurs malades rend le résultat plus parlant [41].

Dépister un chat qui va bien

Avant d'introduire un chat dans un foyer indemne, l'ABCD propose une quarantaine de trois semaines, avec la possibilité d'un écouvillon [1]. En refuge, elle ne recommande pas de tester à l'entrée les chats qui n'ont aucun signe [52], et pour un groupe de taille moyenne ou grande, elle conseille de supposer qu'il contient des porteurs [53]. Les excréteurs intermittents en donnent une raison : un prélèvement unique ne suffit pas à classer un chat [25, 24].

Ce que fait le vétérinaire

La plupart des chats n'ont besoin que de peu de soins, ou d'aucun traitement particulier ; les plus atteints demandent des soins de soutien attentifs [1]. Les publications décrivent la correction de la déshydratation par perfusion, l'alimentation (pâtée mixée, appétente, tiédie pour qu'elle sente), et une sonde d'alimentation quand le chat ne mange plus depuis plusieurs jours [1, 6]. Des anti-inflammatoires non stéroïdiens peuvent calmer la fièvre et la douleur de la bouche, une fois le chat réhydraté [1]. Le nettoyage des écoulements et les inhalations de sérum physiologique sont décrits pour fluidifier les sécrétions du nez [1, 54]. Le choix et la dose de chaque médicament reviennent au vétérinaire.

Les antibiotiques ne tuent pas le virus. Pour l'ISCAID, ils ne sont pas indiqués quand l'écoulement du nez est clair ; on ne les envisage qu'en cas d'écoulement épais associé à de la fièvre, un abattement ou un refus de manger, signes d'une surinfection bactérienne possible [41, 1].

Aucun antiviral spécifique n'est disponible, constate l'ABCD [1], et l'index de l'ANSES, l'agence qui autorise les médicaments vétérinaires en France, ne liste aucun médicament dont l'indication vise ce virus, en dehors des vaccins [55]. L'interféron oméga félin, souvent cité par les propriétaires, est autorisé en France chez le chat pour la leucose et le FIV, et chez le chien pour la parvovirose ; son emploi contre le calicivirus se fait donc hors autorisation de mise sur le marché [55, 56]. Dans le coryza aigu, un essai contre placebo n'a montré aucune différence clinique [57]. Dans la gingivostomatite, un essai financé par son fabricant ne trouvait pas de différence avec un corticoïde, la prednisolone, sur la plupart des critères [58]. D'autres molécules sont à l'étude, surtout en laboratoire ; la revue scientifique les détaille.

Pour la forme virulente systémique, l'ABCD écrit qu'aucune étude contrôlée n'a été publiée et qu'aucun traitement spécifique n'est connu [1] ; le conseil scientifique du LOOF, le livre officiel des origines félines, ajoute que le pronostic ne doit pas être tenu pour désespéré [59].

Le vaccin : ce qu'il protège, et ce qu'il ne protège pas

Les recommandations mondiales de la WSAVA, nord-américaines de l'AAHA et de l'AAFP, et européennes de l'ABCD rangent le calicivirus parmi les vaccins essentiels, ceux que tout chat devrait recevoir [33, 46, 1]. Le LOOF recommande de vacciner tous les chatons [59].

Ce vaccin réduit la maladie ; il n'empêche pas l'infection. L'ABCD écrit qu'il protège bien, dans la plupart des cas, contre la maladie aiguë de la bouche et des voies respiratoires, sans empêcher le chat de s'infecter ni d'excréter le virus ensuite [1]. La WSAVA parle d'une protection seulement partielle contre la maladie, et non contre l'infection ni le portage [33]. Les textes officiels joints aux autorisations des vaccins (leurs RCP) le disent à leur façon : la plupart promettent de « réduire les signes cliniques » du calicivirus, quand certains écrivent « prévenir » pour la panleucopénie [55].

En France, à la date de notre consultation, 17 vaccins autorisés pour le chat contiennent une valence calicivirus. Tous s'injectent, aucun ne s'administre par le nez, et ils reposent sur deux types de souches : la souche F9, vivante et atténuée, ou deux souches inactivées associées [55, 60]. Aucun ne protège de façon égale contre toutes les souches de terrain [1]. Quand des chats correctement vaccinés tombent malades, l'ABCD et la WSAVA proposent d'envisager un vaccin à une autre souche [1, 33].

Un chat guéri doit-il être vacciné ? Oui, selon l'ABCD, dès la fin des signes : l'immunité laissée par l'infection n'est ni définitive ni efficace contre toutes les souches [1].

Le calendrier du chaton varie selon les textes. Les RCP placent en général la première injection à 8 ou 9 semaines et la deuxième trois à quatre semaines plus tard [55]. L'ABCD prolonge la primovaccination jusqu'à 16 semaines, la WSAVA jusqu'à 16 semaines ou au-delà, et toutes deux ajoutent une injection quelques mois plus tard : vers six mois pour la WSAVA, entre 10 et 16 mois pour l'ABCD [1, 33]. Pour l'adulte, les RCP des vaccins à souche F9 prévoient un rappel annuel ; ceux des vaccins à souches inactivées, après un premier rappel à un an, un rappel tous les trois ans au plus [55, 56]. Selon le risque, l'ABCD et la WSAVA modulent ce rythme : tous les ans pour un chat qui fréquente une pension ou vit en collectivité, jusqu'à tous les trois ans, voire au-delà pour la WSAVA, pour un chat à faible risque [1, 33]. Ce sont des âges et des intervalles, pas une prescription : le calendrier se décide avec le vétérinaire. Les RCP lus interdisent ces vaccins pendant la gestation [55, 56].

Contagion, durée, maison et désinfection

Le virus passe surtout par contact direct avec la salive et les écoulements d'un chat qui l'excrète [1, 54]. Il voyage aussi sur les gamelles, les cages, le matériel et les mains [1, 61] : à Nantes, en 2011, une seule étudiante a pu être à l'origine de 9 ou 10 des 14 infections d'une épidémie hospitalière [62]. De l'ARN du virus a été retrouvé sur un filtre de ventilation, sans contact avec les chats, tant que certains d'entre eux excrétaient [63], et l'ABCD écrit qu'une diffusion par aérosol a été mise en évidence [1]. Une étude expérimentale ajoute les déjections de puces [64].

Combien de temps un chat reste-t-il contagieux ? La plupart excrètent le virus pendant au moins 30 jours après l'infection ; quelques-uns pendant des années, voire toute leur vie [1, 2]. L'excrétion se poursuit souvent longtemps après la disparition des signes [65], et elle fluctue dans le temps [66, 25].

Dans la maison, le virus peut survivre jusqu'à un mois sur une surface sèche à température ambiante, et plus longtemps au froid, selon l'ABCD [1]. Ces durées viennent surtout d'essais menés avec une souche de laboratoire, la souche F9 : déposée sur les touches ou le combiné d'un téléphone, elle restait infectieuse jusqu'à trois jours [67]. Avec des souches de terrain, dans une animalerie, l'ARN persistait des semaines, mais aucun virus vivant n'a pu y être mis en évidence [63].

Pour désinfecter, le nettoyage au détergent vient d'abord, car la matière organique neutralise beaucoup de produits [1, 29]. Parmi les désinfectants, l'ABCD juge l'eau de Javel (hypochlorite de sodium) la plus polyvalente, et le monopersulfate de potassium a fait ses preuves [29, 68]. Toujours selon l'ABCD, les ammoniums quaternaires, présents dans beaucoup de produits ménagers, n'inactivent pas ce virus de façon fiable, la chlorhexidine pas du tout, et l'alcool mal [29] ; des essais en laboratoire vont dans le même sens [69, 70]. Le linge et la literie se lavent à 60 °C au moins [1, 29]. L'ABCD conseille de choisir des produits dont l'efficacité a été testée contre les norovirus [1]. La concentration et le temps de contact se lisent sur l'étiquette du produit.

Et pour l'humain ? Pour l'ABCD, l'homme n'est pas sensible à ce virus, et sa version de 2025 ajoute qu'aucune donnée ne montre qu'il l'infecte [1, 34] ; aux Pays-Bas, la recherche de virus de ce genre dans 1 493 prélèvements humains n'a rien trouvé [71]. La confusion vient du nom : les « calicivirus » des gastro-entérites humaines, les norovirus, sont d'autres virus de la même famille, dont chacun infecte sa propre espèce [28]. Pour le chien, l'ABCD signale des virus apparentés, isolés à l'occasion, dont le rôle est jugé probablement négligeable [1].

Quand le calicivirus devient grave : la forme virulente systémique

Décrite pour la première fois en Californie en 1998, sous le nom de « fièvre d'allure hémorragique » [22], elle a été rebaptisée depuis, car les hémorragies y sont rares [21, 1]. Les épidémies démarrent typiquement dans une collectivité, refuge ou clinique, et s'y propagent vite [1, 2]. La France en a connu plusieurs : à l'école vétérinaire de Toulouse en 2005 [72], aux urgences de l'école de Nantes en 2011, où 11 des 14 chats atteints sont morts ou ont été euthanasiés [62], et à l'hôpital de l'école d'Alfort en 2017 et 2018 [73]. Une thèse de Toulouse a aussi décrit des cas dont la plupart n'avaient fréquenté aucune collectivité dans les deux semaines précédentes, et avance l'hypothèse d'une circulation du virus à l'extérieur [74].

La vaccination n'a pas empêché ces épidémies : tous les chats de terrain de la première étaient vaccinés [22], et en Australie, 19 des 21 chats dont le statut était connu avaient une vaccination complète [23]. Aucun test ne permet de dire qu'un virus est de forme virulente : le diagnostic repose sur les signes et sur le contexte d'épidémie [1, 34]. Un même virus, presque identique, a été retrouvé en Australie chez des chats sans signe, d'autres avec un coryza et d'autres encore avec la forme systémique [23].

Ce qui a changé, et quand

Les conseils donnés à un propriétaire en 1990 et en 2026 ne sont pas les mêmes. Chaque date dit ce que l'on savait alors.

Idées reçues, et ce que disent les études

Ces croyances reviennent sur les forums de propriétaires et d'éleveurs. Les forums nous ont donné les questions ; les réponses viennent des études.

« Un chat qui a eu le calici est porteur à vie. »

Pas forcément. L'excrétion dure souvent quelques semaines, et chez une minorité de chats des années [1]. Une équipe britannique a séquencé un fragment du virus, prélevé à plusieurs reprises chez 31 chats qui restaient positifs longtemps : la même lignée n'évoluait sur place que chez 4 d'entre eux ; chez les 27 autres, des réinfections venues des autres chats du foyer s'intercalaient [79].

« Un porteur garde le virus caché, et ne redevient contagieux qu'en cas de stress. »

Ce schéma, que les propriétaires empruntent à l'herpèsvirus, ne décrit pas le calicivirus. Le porteur l'héberge dans l'arrière-gorge et l'excrète de façon fluctuante [1, 66], et une étude ancienne n'a vu aucun effet du stress sur cette excrétion [66].

« Il n'est contagieux que pendant les crises. »

L'excrétion se poursuit souvent longtemps après la disparition des signes [65], et la plupart des chats excréteurs suivis dans des colonies étaient en bonne santé [25].

« Vacciné, il est protégé. »

Protégé de la maladie le plus souvent, pas de l'infection. Les signes sont réduits, mais le chat peut encore s'infecter et excréter le virus [1, 33].

« Le vaccin ne sert à rien, il y a trop de souches. »

La diversité est réelle et aucun vaccin ne couvre tout [1]. Mais dans une étude de 2017, un antisérum puissant, obtenu chez quatre chats ayant reçu dix fois la dose d'un vaccin à souche F9, neutralisait encore, au moins faiblement, 97 % des souches récoltées en Europe [86, 93]. C'est un test de laboratoire, qui ne mesure pas la protection, et le vaccin reste essentiel pour toutes les recommandations [33, 46, 1].

« Un test négatif, c'est qu'il n'a pas le calici. »

Non. Un négatif n'exclut pas l'infection, à cause des souches que le test ne reconnaît pas et de l'excrétion intermittente [34, 25]. Et il ne sert pas à juger de la protection du chat : il cherche le virus, pas ses défenses.

« Après un vaccin, le test sera forcément positif. »

Non plus. Après un vaccin vivant, de l'ARN peut être détecté chez certains chats, sans que l'on sache toujours s'il vient du vaccin [26], mais des chatons vaccinés sous la peau sont restés négatifs [35], et environ un chat complètement vacciné sur quatre excrétait le virus au Royaume-Uni [40].

« C'est le vaccin qui l'a fait boiter. »

Parfois, mais pas toujours. Parmi les virus isolés après des réactions vaccinales et comparés au vaccin, la plupart en différaient et venaient sans doute du terrain ; ceux qui lui ressemblaient accompagnaient surtout des boiteries après la première injection [10]. Pour l'ABCD, la vaccination n'est dans certains cas qu'une coïncidence [1]. Les RCP de plusieurs vaccins citent un « syndrome de boiterie fébrile » très rare chez le chaton [55].

« C'est héréditaire, il l'a eu de sa mère. »

Ce n'est pas une maladie héréditaire, mais une mère porteuse peut contaminer ses petits après la naissance. Les 16 chatons de quatre mères porteuses d'une étude expérimentale se sont tous infectés entre trois et neuf semaines [47].

« Le calici se transmet à l'humain » ou « au chien ».

Aucune donnée ne montre que l'humain s'infecte par le calicivirus du chat [34] ; aux Pays-Bas, aucun virus de ce genre n'a été retrouvé dans 1 493 prélèvements humains [71]. Chez le chien, selon l'ABCD, des virus apparentés ont parfois été isolés, avec un rôle jugé probablement négligeable [1].

« L'eau de Javel suffit, le virus vit un mois. »

La Javel fait partie des produits efficaces, sur une surface d'abord nettoyée [29, 1]. Le mois de survie est la durée retenue par l'ABCD, d'après des essais avec une souche de laboratoire ; des souches de terrain n'ont laissé que de l'ARN sans virus vivant dans une étude suisse [1, 63].

« La lysine ou les remèdes naturels le soignent. »

La lysine a été étudiée surtout contre l'herpèsvirus. Dans un refuge de 261 chats, elle n'a pas réduit les maladies respiratoires, et davantage de chats supplémentés ont fait une forme modérée à sévère au bout de quatre semaines [87]. L'extrait de pépins de pamplemousse n'a fait l'objet d'aucune étude comme traitement que nous ayons trouvée ; essayé comme désinfectant, il n'a pas inactivé le virus en laboratoire [68]. Pour l'homéopathie ou les préparations à base de plantes citées sur les forums, nous n'avons trouvé aucune étude publiée.

« La forme grave tue 80 % des chats » ou « ce n'est jamais mortel ».

Ni l'un ni l'autre ne vaut en général. La forme classique guérit le plus souvent en quelques jours, même si elle peut tuer de jeunes chatons [1, 2]. Rare, la forme virulente systémique a une mortalité très variable : 6 chats sur 7 dans une épidémie australienne, 3 sur 12 et aucun sur 4 dans deux autres [23], de 30 à 70 % environ selon l'ABCD [1].

À retenir

  • Ulcères de la langue ou du palais, salive et refus de manger sont les signes les plus typiques du calicivirus ; le coryza n'en est qu'une partie.
  • Une PCR recherche le virus, pas l'immunité. Porteur sain ou vaccin vivant récent peuvent expliquer un positif ; un négatif n'exclut pas l'infection.
  • L'ABCD conseille un écouvillon de l'arrière-gorge, idéalement complété par d'autres sites ; un seul test ne classe pas un chat.
  • Aucun test rapide de détection n'a été évalué de façon indépendante, et les anticorps ne disent pas de façon fiable si un chat est protégé.
  • Le vaccin, essentiel, réduit la maladie sans empêcher l'infection ; un chat guéri se vaccine aussi.
  • Selon l'ABCD : Javel ou monopersulfate sur surface propre, linge à 60 °C, quarantaine de trois semaines avant d'introduire un nouveau venu dans un foyer indemne.
  • Un chat adulte très abattu, au visage ou aux pattes gonflés, se montre en urgence.

Questions fréquentes

Mon chat a le calicivirus : va-t-il guérir ?

Le plus souvent, oui. Dans la forme classique, les signes de la bouche et du nez disparaissent en général en quelques jours à quelques semaines, avec des soins de soutien. Le chat peut continuer d'excréter le virus pendant des semaines, et parfois bien plus longtemps. Deux cas à part sont plus difficiles : la forme virulente systémique et la gingivostomatite chronique.

Mon chat a mauvaise haleine et les gencives rouges : est-ce le calicivirus ?

Pas forcément. Une bouche très rouge et douloureuse depuis des semaines ou des mois, avec une haleine forte, fait penser à la gingivostomatite chronique : le calicivirus y est souvent retrouvé, sans que l'on sache s'il en est la cause. Dans la forme aiguë, ce sont plutôt de petits ulcères sur la langue et le palais. Seul l'examen de la bouche par le vétérinaire permet de dire de quoi il s'agit.

Pendant combien de temps reste-t-il contagieux ?

La plupart des chats excrètent le virus au moins 30 jours après l'infection ; certains pendant des années. L'excrétion continue souvent après la disparition des signes et peut être intermittente, si bien qu'aucune durée fixe ne peut être donnée.

Mes autres chats vont-ils l'attraper ?

C'est possible, par contact direct, par la salive et par les objets partagés. Le risque augmente avec le nombre de chats. L'isolement du malade, la vaccination des autres et une désinfection adaptée limitent la propagation ; votre vétérinaire dira ce qui convient chez vous.

Puis-je adopter un chat porteur du calicivirus si j'ai déjà un chat ?

Des chats en bonne santé portent souvent déjà ce virus, surtout là où ils vivent nombreux, et aucun test ne garantit qu'un chat n'en est pas porteur. Bien vacciné, le chat déjà présent est en grande partie protégé de la maladie, sans l'être de l'infection. C'est une décision à prendre avec le vétérinaire, en connaissant les limites des tests.

Il était vacciné : pourquoi est-il malade ?

Parce que le vaccin réduit la maladie sans empêcher l'infection, et qu'aucun vaccin ne protège également contre toutes les souches. La maladie est en général moins grave chez un chat vacciné. Si plusieurs chats vaccinés tombent malades, changer de souche vaccinale est une piste décrite par les recommandations.

Faut-il vacciner un chat qui a déjà eu le calicivirus ?

Oui, selon les recommandations européennes, dès la disparition des signes, parce que l'immunité laissée par l'infection n'est ni définitive ni valable contre toutes les souches.

Le test PCR est-il fiable ?

C'est, pour les recommandations européennes, la meilleure méthode de détection, mais il se lit avec les signes. Un positif peut venir d'un porteur sain ou d'un vaccin vivant récent. Quant au négatif, il n'exclut pas l'infection : le test peut manquer une souche, le chat peut ne pas excréter ce jour-là, ou le prélèvement avoir été mal placé, fait trop tard ou mal conservé.

Négatif au test, mon chat est-il protégé ?

Ce test ne permet pas de le dire. Il recherche le virus lui-même, pas les défenses du chat. Nous n'avons trouvé aucune publication qui s'en serve pour juger d'une protection, et un chat vacciné peut aussi bien être positif que négatif.

Une prise de sang peut-elle dire si mon chat est protégé ?

Pas de façon fiable. L'ABCD admet qu'un taux d'anticorps neutralisants peut aider à prédire la protection, s'il est interprété avec prudence, mais juge la valeur de ces tests limitée et ne leur fait pas remplacer la vaccination. Les recommandations mondiales et nord-américaines ne les retiennent pas pour décider de vacciner. La protection passe aussi par une immunité que la prise de sang ne mesure pas.

Que valent les tests rapides vendus en ligne ?

D'après l'ABCD, aucun n'a fait l'objet d'une évaluation indépendante, et nous n'avons trouvé aucune publication qui en confirme les performances. Leur résultat, positif ou négatif, ne remplace pas une PCR interprétée par un vétérinaire.

Le calicivirus est-il contagieux pour l'humain ou pour le chien ?

Rien ne montre qu'il infecte l'humain. Les calicivirus des gastro-entérites humaines sont d'autres virus. Le chien héberge parfois des virus apparentés, sans rôle démontré.

Comment désinfecter la maison ?

D'après les recommandations européennes, on nettoie d'abord au détergent, puis on applique un désinfectant efficace sur ce virus, comme l'eau de Javel ou le monopersulfate de potassium, en respectant l'étiquette. Les ammoniums quaternaires et la chlorhexidine n'y sont pas recommandés. Linge et couchages se lavent à 60 °C au moins.

Mon chaton boite après son vaccin : est-ce le calicivirus ?

C'est possible. Une boiterie avec fièvre est décrite après l'infection comme après la vaccination. D'après une série britannique, la plupart des virus comparés au vaccin en différaient, ceux qui lui ressemblaient accompagnant surtout des boiteries après la première injection. Montrez-le au vétérinaire, qui fera la part des choses.

Comment soulager un chat qui a mal à la bouche ?

Le vétérinaire peut traiter la douleur et la fièvre et proposer une alimentation adaptée, molle, appétente et tiédie. Aucun antiviral n'est autorisé contre ce virus, et nous n'avons trouvé aucune étude publiée sur un remède naturel employé comme traitement, hormis la lysine, sans bénéfice dans un refuge. S'il ne mange plus, faites-le revoir rapidement.

Revue scientifique

Calicivirus félin : virologie, clinique, diagnostic, vaccination et maîtrise en collectivité, état des preuves

Revue de littérature à l'usage des vétérinaires : variabilité virale, prévalences, portage, formes cliniques dont la maladie virulente systémique, gingivostomatite chronique, performances et limites des tests (RT-PCR, isolement, sérologie, tests rapides), antiviraux, vaccins autorisés en France et calendriers, collectivités et désinfection, avec les effectifs, les dénominateurs, les plans d'étude et les liens d'intérêt. À jour au 20 octobre 2026. Rédaction VetoDossier.

Note méthodologique

Cet article constitue une synthèse documentaire critique de la littérature scientifique vétérinaire disponible à la date de sa rédaction.

Les données présentées proviennent de publications scientifiques identifiées et référencées. Leur analyse tient compte des limites méthodologiques, des divergences entre études et des restrictions d'accès à certaines publications.

Ce document ne constitue ni une recommandation clinique officielle, ni une ligne directrice thérapeutique, ni une publication ayant fait l'objet d'une évaluation par les pairs. Il n'a pas bénéficié d'une validation clinique indépendante par un vétérinaire.

Les informations sont présentées à des fins scientifiques et documentaires. Leur application à une situation clinique relève de l'appréciation du vétérinaire responsable de l'animal.

Résumé structuré

Contexte. Le calicivirus félin (FCV) est un virus à ARN très variable, endémique dans les populations denses, responsable d'une maladie oro-respiratoire aiguë le plus souvent bénigne, d'un syndrome de boiterie, de pneumonies du chaton, d'une forme virulente systémique rare et létale, et associé à la gingivostomatite chronique. Sa variabilité pèse à la fois sur le diagnostic moléculaire, sur la protection vaccinale croisée et sur l'interprétation des résultats.

Méthode. Revue narrative, non systématique, sans méta-analyse. Cinq dossiers thématiques constitués le 20 octobre 2026 (virologie et épidémiologie, formes cliniques, diagnostic, traitement et vaccination, questions des propriétaires) ont réuni environ 300 entrées, ramenées à 191 sources citées : 83 lues en texte intégral, 15 en lecture partielle ou ciblée, 93 en résumé seul. Statuts d'autorisation vérifiés dans l'Index ANSES-ANMV ; PMID vérifiés par les E-utilities de PubMed ; pourcentages recalculés quand l'effectif était donné. Une vérification indépendante a ensuite confronté chaque passage cité à l'original, source par source.

Résultats. Aucun étalon indépendant de l'infection n'existe : les performances publiées de la RT-PCR sont analytiques ou relatives à une autre méthode. Aucune technique isolée ne détectait tous les prélèvements positifs d'une série suisse de 300 chats, la combinaison des tests directs et après culture atteignant jusqu'à 96 % d'un positif composite [36]. L'oropharynx détecte 92,3 % des chats positifs, la conjonctive 38,5 % [38]. L'excrétion était intermittente chez 40 des 79 chats suivis dans trois colonies endémiques [25], et 8 % de chats sains sont positifs en Suisse [5]. Aucun seuil de charge virale n'est validé. Aucun test commercial de détection rapide n'a fait l'objet d'une évaluation indépendante publiée [34]. Sur la sérologie, le texte de l'ABCD (2022, repris en 2025) admet que les anticorps neutralisants peuvent prédire la protection, avec prudence, tout en jugant limitée la valeur prédictive des tests d'anticorps ; la WSAVA et l'AAHA-AAFP les tiennent pour non fiables dans cet usage [1, 34, 33, 46]. Aucune spécialité antivirale n'est autorisée en France pour le FCV, et l'interféron oméga, employé hors AMM, ne s'est pas distingué du placebo dans un essai sur le coryza aigu [55, 57]. Les vaccins réduisent les signes sans prévenir l'infection ni le portage ; les comparaisons de souches vaccinales et les durées d'immunité publiées émanent pour la plupart des fabricants.

Conclusions. Un résultat de RT-PCR, positif ou négatif, ne se lit qu'avec la clinique, le site, le moment et le statut vaccinal. Aucune source lue n'emploie la RT-PCR pour juger d'une protection, ni n'écrit expressément qu'elle n'y sert pas, et aucune recommandation ne fixe un nombre de PCR négatives pour déclarer un chat non porteur. Les décisions thérapeutiques reposent sur des avis d'experts et quelques essais de petite taille, dont une partie financée par le titulaire de l'AMM concernée ou par la société qui développe la molécule.

1. Méthode de la revue

Nature du travail. Revue narrative et non systématique : aucun protocole enregistré à l'avance, sélection et extraction par une seule équipe, aucune méta-analyse. La recherche a eu lieu le 20 octobre 2026 en cinq volets, chacun consigné dans un dossier qui garde ses requêtes et leurs résultats.

Bases interrogées. PubMed par les E-utilities (recherche, notices et résumés), Europe PMC (texte intégral XML des articles en libre accès), PMC, l'API publique de HAL pour les thèses d'exercice déposées sur DUMAS, NCBI Taxonomy, les sites de l'ABCD et de la WSAVA (documents en libre accès), l'Index des médicaments vétérinaires de l'ANSES-ANMV (base mise à jour le 19 octobre 2026), la base de produits de l'Union européenne et, pour les RCP à autorisation centralisée devenus inaccessibles sur le site de l'EMA, des copies archivées. Les forums de propriétaires (33 fils lus) n'ont servi qu'à formuler les questions.

Critères. Aucune borne de date : les travaux cités vont de 1975 à 2026. Entrent les études expérimentales, transversales, longitudinales, cas-témoins, séries, essais, revues, recommandations, thèses et documents réglementaires portant sur le chat domestique, plus quelques données félines exotiques et des études d'inactivation où le FCV sert de substitut. Sites commerciaux, notices de fabricants de tests et forums ont été vus puis exclus comme preuves. Ne sont cités que des écrits vétérinaires ou scientifiques et des documents réglementaires ; seule la fiche du conseil scientifique du LOOF, organisme du registre félin dont les auteurs ne sont pas nommés, fait figure de cas limite, et elle est toujours citée en son nom.

Sélection. Environ 300 entrées, avec de nombreux doublons d'un volet à l'autre (la mise à jour de l'ABCD de 2022 figure dans les cinq), ont été ramenées à 191 sources numérotées dans l'ordre de première citation. Quand un travail n'est connu que par la source qui le cite, le texte le dit.

Accès. Chaque source porte son mode d'accès dans la liste finale. Plusieurs textes importants n'ont été lus qu'en résumé : la plus grande épidémie de forme virulente systémique (Hurley, 54 chats, JAVMA) [21], la comparaison suisse de deux RT-qPCR directes et après culture [36], l'enquête européenne sur 218 collectivités [88], la plupart des épreuves vaccinales et deux des essais thérapeutiques contre placebo [57, 89]. Les pages protégées par un défi anti-robot (PMC en PDF, Europe PMC en rendu PDF, DUMAS, HAL, dépôt de l'université de Zurich, éditeurs derrière Cloudflare, base de l'Union pour les RCP) n'ont pas été forcées. Lors de la vérification, une partie des textes d'abord lus en résumé a été lue en texte intégral quand une version libre existait (PMC, Europe PMC, archive ouverte de l'ENVT, dépôts d'universités) ; la liste finale le dit source par source. Les deux thèses d'exercice toulousaines ont été lues en entier [90, 74] ; celle d'Alfort l'a été par sections, dans une copie que la vérification n'a pas pu rouvrir [73].

Contrôles. Chaque PMID a été vérifié (existence, auteurs, année, revue, volume, pages, DOI). Chaque pourcentage repris a été recalculé à partir de son effectif quand celui-ci était publié ; un écart est signalé comme « notre calcul ». Quand une recommandation reprend une étude avec un chiffre différent de la source primaire, c'est la source primaire qui est citée. Après la rédaction, six vérificateurs indépendants, chacun sur un lot de sources, ont confronté chaque phrase citant une source à l'original ou à son résumé. Ces contrôles ont corrigé un chiffre de mortalité relayé par deux publications mais absent de l'étude qu'elles citent, une prévalence de refuge qui laissait de côté les co-infections, une épidémie comptée deux fois, des cohortes publiées deux fois et citées comme deux études, des liens d'intérêt omis et des formulations qui allaient au-delà des sources. Ils portent sur la fidélité des citations.

Niveaux de preuve. Du plus faible au plus fort : avis d'expert ou recommandation, cas isolé, série de cas, étude in vitro, étude expérimentale chez le chat (souvent exempt d'organismes pathogènes spécifiés, EOPS), étude transversale ou cas-témoins, étude longitudinale, essai contrôlé randomisé, revue systématique. Les RCP et l'Index forment une catégorie à part : ils disent ce qui est autorisé, pas ce qui est démontré. Aucune méta-analyse ni aucun essai randomisé d'exactitude diagnostique n'a été trouvé pour le FCV.

Dépendances entre sources. Plusieurs groupes produisent une grande part de la littérature, ce qui limite l'indépendance apparente des résultats.

Liens d'intérêt relevés. L'ABCD affiche le soutien de Boehringer Ingelheim (sponsor fondateur), MSD Animal Health, Vétoquinol, Virbac et IDEXX ; ses textes de 2013 et 2015 mentionnent Merial [34, 52, 29]. Le groupe vaccinal de la WSAVA est soutenu par MSD Animal Health, et ses quatre auteurs déclarent des soutiens de fabricants [33] ; les recommandations de l'AAHA et de l'AAFP déclarent un soutien de quatre laboratoires [46] ; un auteur de celles de l'ISCAID déclare des honoraires de deux laboratoires [41], et un auteur de celles de l'ISFM est salarié d'un fabricant d'aliments [6]. Études financées, réalisées ou signées, en tout ou en partie, par un fabricant ou une entreprise intéressée : Virbac [23, 32, 58, 95, 96, 97], Merial [72, 94, 98, 99, 100, 118], Merial et Biokema [5], Boehringer Ingelheim [49, 101], MSD [93, 102], Intervet [25, 85, 103], Fort Dodge [104], Pfizer [105, 162], Bayer [64], un fabricant japonais [106], des fabricants de désinfectants ou de produits pour les mains [70, 83, 107, 182, 183], IDEXX, dont le panel PCR est employé [27, 108], le fabricant du test d'anticorps évalué, qui a fourni les kits [51], Mars Petcare et Zoetis pour la cohorte britannique et sa biothèque [24], Nestlé Purina pour les chats et deux auteurs d'une étude cas-témoins [144], et la société qui développe le poly(styrène sulfonate), avec ses titulaires de brevets et un fonds d'investissement [81]. Pour les oligomères antisens, un coauteur apparaît ailleurs affilié à leur fabricant, lien non confirmé sur l'article [170, 187]. Un auteur d'une infection expérimentale suisse bénéficiait d'une bourse cofinancée par Merial [35] ; la thèse de la première autrice de l'étude européenne de 2017 était financée par MSD Animal Health, et l'antisérum employé venait d'une étude de sécurité du fabricant [86, 93] ; un auteur de l'étude européenne de 2016 déclare aussi d'autres soutiens industriels [32]. N'avoir rien relevé d'autre ne prouve pas l'absence de lien.

Ce que la revue ne contient pas. Aucune posologie ni durée de traitement, même quand la source en donne. Les calendriers vaccinaux sont reproduits en âges et en intervalles, ce qui n'est pas une prescription. Les concentrations de désinfectants sont des conditions d'essai ou de recommandation, et la fiche du produit fait foi. L'historique daté des connaissances figure dans la première partie.

2. Taxonomie, génome et variabilité

Le FCV appartient aux Caliciviridae, genre Vesivirus [1, 28]. Son génome est un ARN simple brin de polarité positive, non segmenté, d'environ 7,5 kb selon l'ABCD [1] ; le profil taxonomique de l'ICTV donne pour la famille 7,4 à 8,3 kb dans son résumé et 6,4 à 8,5 kb dans sa section consacrée au génome [28]. Les virions, non enveloppés, mesurent 27 à 40 nm, et leur capside compte 90 dimères de la protéine VP1 [28]. Trois cadres de lecture codent la polyprotéine non structurale (ORF1), la protéine de capside VP1 précédée de son peptide leader (ORF2) et la protéine mineure VP2 (ORF3) ; la région E de VP1 juxtapose une région hypervariable 5′, une région conservée et une région hypervariable 3′ [1].

Le récepteur cellulaire est la molécule d'adhésion jonctionnelle féline fJAM-A, exprimée aux jonctions serrées des épithéliums et des endothéliums, sur les plaquettes et les leucocytes [1, 109]. Le sous-domaine P2 de la région E porte à la fois la fixation au récepteur et la reconnaissance immunitaire, et l'ABCD situe un épitope neutralisant linéaire entre les acides aminés 445 et 451 [1].

Le virus circule sous forme de quasi-espèces, qui évoluent en culture comme chez le porteur [30], conséquence d'un taux d'erreur élevé de la polymérase [2]. Les vitesses d'évolution publiées ne mesurent pas la même chose et ne se mettent pas bout à bout. Le résumé de l'étude des quasi-espèces écrit « 0,10 à 1,07 substitution par nucléotide et par an » sur une région hypervariable de la capside ; nous le lisons comme amputé d'un exposant (10⁻²), sans avoir pu ouvrir le texte intégral [30], puisqu'une étude de la même équipe situe les taux les plus élevés connus vers 1,3 à 2,6 × 10⁻² [31]. Les autres valeurs sont de l'ordre de 10⁻² substitution par nucléotide et par an sur les régions C à E à l'intérieur d'un chat ou d'un foyer [79], de 0,05 à 1,4 % par semaine dans un refuge [110], et d'environ 7 × 10⁻⁴ substitution par site et par an à l'échelle mondiale, avec un ancêtre commun daté par les auteurs du XVe siècle, dans des intervalles larges [111]. Aucun taux de mutation par cycle de réplication propre au FCV n'a été trouvé.

Par convention de travail, deux virus sans lien épidémiologique dont les régions C à E divergent de plus de 20 % appartiennent à des souches distinctes, alors que ceux d'une même flambée divergent en général de moins de 1 à 2 % [31]. La diversité est considérable : 123 souches en neuf mois dans l'enquête nationale britannique et 41 en quatorze mois dans deux communautés, la plus fréquente représentant au plus 5 % des virus séquencés de l'enquête nationale, et douze souches sur la seule île de Man [31]. En Europe, 46 souches ont été identifiées parmi 72 isolats séquencés, et 13 des 14 souches vues plus d'une fois restaient confinées à un site [32]. Un second génogroupe est décrit en Asie de l'Est [1], et sa présence chez 8 chats sur 12 à Moscou est mentionnée par la version de 2025 [34] ; aucune donnée française de génogroupe II n'a été lue.

La recombinaison, première décrite dans le genre, se situe près de la jonction ORF1/ORF2 [112] ; une analyse mondiale de 2023 relève une incongruence phylogénétique entre les deux extrémités du génome et rappelle ce point chaud en citant un autre travail [111], alors qu'aucune recombinaison récente n'apparaissait sur 48 échantillons britanniques [31]. Des co-infections par deux souches ont été vues chez deux chats de deux colonies différentes [25] et dans trois prélèvements, tous français, de l'étude européenne [32]. Aucune séquence ni caractéristique antigénique de la capside n'est associée à une forme clinique [1, 80] ; la question du marqueur de virulence est traitée plus loin (voir § 5).

3. Épidémiologie : prévalences et facteurs de risque

Les prévalences publiées dépendent du recrutement (clinique tirée au sort, commodité, collectivité, malades ou sains), de la méthode (isolement viral, RT-PCR conventionnelle ou en temps réel, sérologie) et du site prélevé ; elles ne se comparent pas entre elles sans revenir à la source. L'annexe les rassemble dans un tableau.

Dans les cliniques tirées au sort, l'isolement viral donne 9,3 % (137/1 468) puis 11,0 % (149/1 350) au Royaume-Uni, de 0 à 37 % selon la clinique, sans effet de la saison [31], et 9,2 % (IC 95 % 7,8-10,8) à l'échelle de six pays européens dont la France, dont nous n'avons pas pu lire les résultats par pays [86]. Sur un recrutement de commodité dans cinq pays, la prévalence monte à 22,2 % des 409 chats (16,2 % des sains, 34,2 % des malades), avec 27 isolements sur 102 chats en région parisienne ; les auteurs, financés par un fabricant de vaccins, l'attribuent en partie à la surreprésentation des stomatites [32]. En Suisse, la RT-qPCR combinée à l'isolement trouve 45 % (IC 38-52) de 200 chats suspects et 8 % (IC 4-15) de 100 chats sains [5] ; en Espagne, 144 des 358 chats (40,2 %), dont 15,3 % des 98 témoins [8]. La cohorte britannique Bristol Cats, sur écouvillons buccaux prélevés par les propriétaires, donne 13,3 % (57/430 ; IC 10,2-16,8), le FCV y étant l'agent respiratoire le plus fréquent [24]. L'isolement sur un échantillon de commodité britannique trouvait 162 positifs sur 622 (26 %) [40].

En collectivité, 47 % et 29 % des chats étaient positifs en PCR dans les collectivités européennes avec ou sans coryza en cours (218 refuges, élevages et foyers d'au moins cinq chats, 1 748 chats) [88]. À Liège, le FCV était présent chez 129 des 299 chats d'un refuge (43,1 %), dont 99 sans herpèsvirus associé (33,1 %), seul chiffre que donne le résumé ; chaque chat, en quarantaine d'entrée, y était prélevé une fois, par RT-PCR après culture [113]. Viennent ensuite 31 puis 26 % de deux séries d'écouvillons britanniques [114] ; 28 % des 116 chats recrutés sur quinze mois dans un refuge britannique, positifs au moins une fois pendant leur séjour, pour 13,8 % des 428 écouvillons [110] ; 28,1 % sur l'ensemble de huit refuges californiens, de 0 à 67 % selon le refuge (le maximum reposant sur six chats), la fourchette de 13 à 36 % du résumé ne correspondant à aucune ligne du tableau [115] ; et 11 % (17/162) dès l'entrée en refuge [116]. Les colonies britanniques suivies de 15 à 46 mois, vaccinées chaque année, varient de 0 à 91 % selon la visite, avec des prévalences globales de 6 à 75 % par colonie [25]. À l'opposé, 4 des 152 chats sains de 22 chatteries suédoises (2,6 %) excrétaient le virus, sur un prélèvement unique [117].

Les données françaises lues se limitent aux 27/102 isolements parisiens [32], à une sérologie de 492 chats non vaccinés du Nord-Est rural (86,52 % chez les chats sans propriétaire, 77,18 % chez les chats de propriétaires, qui mesurent une exposition et non une excrétion) [118] et aux épidémies hospitalières. Aucune prévalence par PCR en population générale, en chatterie ou en refuge français n'a pu être lue. L'ABCD donne en outre des prévalences selon la taille du groupe, attribuées à deux études suisses ; nous ne les avons pas retrouvées dans leurs textes principaux et ne les reprenons pas.

Facteurs associés au portage, avec leur plan d'étude :

4. Portage et excrétion

Sites. L'oropharynx est le premier site de multiplication ; l'excrétion aiguë passe surtout par les sécrétions orales et nasales, et le virus est aussi détecté dans le sang, l'urine et les fèces [1]. Chez le porteur, elle est presque exclusivement oropharyngée et fluctue dans le temps [66]. Les amygdales et la muqueuse voisine sont des sites de persistance [119, 120], mais l'amygdalectomie ne supprime pas le portage [1, 2].

Durée. Le porteur a été défini de façon arbitraire, en 1973, comme un chat qui excrète encore 30 jours après l'infection ; dans des colonies, environ la moitié des chats excréteurs à 30 jours ont cessé à 75 jours [25], ce qu'une revue modélise comme une demi-vie de 75 jours, simplification qu'elle juge utile [2]. La formule de l'ABCD, « la plupart au moins 30 jours, quelques-uns pendant des années, jusqu'à vie », s'appuie sur des travaux de 1976 [1, 66]. Dans un modèle expérimental récent, dix chats EOPS (cinq vaccinés par un vaccin vivant atténué sept mois plus tôt, cinq témoins) infectés par voie oronasale avec une souche de terrain excrétaient tous du virus réplicatif aux jours 3 et 9 ; du jour 36 au jour 71, un seul chat excrétait encore, et aucun ensuite ; après une seconde infection par une autre souche, 4 sur 10 excrétaient au jour 3 et tous avaient cessé au jour 22 [63]. Ce sont les dix chats de l'étude de cinétique reprise plus loin (voir § 7) : deux publications d'une seule expérience, dix chats de laboratoire qui donnent une cinétique, pas une fréquence de portage [35, 63].

Profils. Dans trois colonies endémiques, 79 chats suivis par isolement viral se répartissaient en 21 excréteurs constants (27 %, positifs sur au moins 75 % des prélèvements), 40 intermittents (51 %, entre 12 et 73 %) et 18 non-excréteurs (22 %) ; les auteurs y voient la première description de chats apparemment résistants sur de longues périodes, sans pouvoir exclure un artefact d'échantillonnage [25]. Seuls deux chats atteignaient le niveau d'excrétion « élevé » de Wardley, et les titres ne différaient pas entre constants et intermittents (p > 0,05), ce qui contredit l'idée que l'intermittence refléterait des quantités sous le seuil de la culture [25, 66]. L'excrétion des porteurs n'était pas modifiée par un stress naturel ou provoqué [66].

Persistance vraie ou réinfection. Sur 31 chats excréteurs prolongés, l'évolution progressive d'un même variant n'était évidente que chez 4 ; chez les autres, l'excrétion prolongée combinait une évolution sur place et des réinfections venues du groupe, si bien que la persistance individuelle vraie est jugée relativement rare [79]. Dans les colonies, 13 des 22 excréteurs constants (59 %) n'hébergeaient qu'une souche et 5 (23 %) en excrétaient deux ; chez les intermittents, 30 sur 46 (65 %) gardaient la même souche et 7 (15 %) en excrétaient plusieurs [25]. L'immunité d'infection n'est ni durable à vie ni croisée pour toutes les souches [1], et une infection antérieure, de terrain ou vaccinale, atténue la maladie due à une souche hétérologue sans protéger contre le portage chronique [121].

Vaccination et excrétion. Le sujet est qualifié de controversé par l'ABCD, certaines études montrant une réduction modérée et d'autres un allongement [1]. Sur le terrain : aucune association entre vaccination et portage dans des colonies vaccinées [25] ; chats vaccinés environ deux fois moins souvent positifs au Royaume-Uni [31] ; effet protecteur univarié chez les suspects suisses (OR 0,48 ; IC 0,24-0,94) qui disparaît en multivarié [5] ; effet limité aux chats de moins de 48 mois en Europe [32]. En épreuve, trois ans après le rappel d'un an, un vaccin inactivé ne réduisait plus l'excrétion, alors que ses auteurs rappellent une réduction observée, dans d'autres travaux, quelques semaines après la primovaccination et un an après [100] ; un vaccin vivant récent réduisait les titres excrétés sur les quatorze jours suivant l'épreuve, l'excrétion durant jusqu'au quatorzième jour dans les deux groupes et les titres restant comparables jusqu'au quatrième à sixième jour [102]. Ces deux études sont celles des fabricants.

Souches vaccinales. Les souches vivantes, injectées ou intranasales, peuvent être excrétées, ce que l'ABCD juge peu fréquent [1]. La lignée F9 représentait 8 des 171 séquences de l'enquête nationale britannique (5 %) [31]. Trois isolats d'une colonie infectée de façon endémique, prélevés sur cinq mois, le premier environ deux mois après le dernier usage d'un vaccin vivant, étaient très proches de sa souche, ce qui suggère selon les auteurs un virus issu du vaccin [122] ; trois isolats d'une seule colonie ne disent pas la fréquence de cette excrétion. Le RCP archivé de Leucofeligen indique que ses souches vaccinales FCV et FPV peuvent être transmises, sans effet indésirable démontré chez les chats non vaccinés [56].

Forme virulente systémique. Une excrétion a été documentée au moins seize semaines après la guérison clinique [21]. Dans l'infection expérimentale de dix chatons EOPS menée à Toulouse, l'excrétion titrée en culture culminait au jour 6 ; elle n'était plus détectable sur une partie des écouvillons au jour 11, ni sur aucun au jour 14 [72]. Les trois survivants de Nantes n'ont pas rechuté [62], et le chat irlandais avait une RT-PCR sanguine négative un mois après sa sortie [20] ; trois chats et un cas unique ne renseignent pas sur la durée d'excrétion après une forme systémique.

5. Formes cliniques

Forme aiguë oro-respiratoire

L'incubation de la forme aiguë est de 2 à 10 jours selon l'ABCD, qui s'appuie sur une revue américaine de 2003 que nous n'avons lue qu'en résumé [1, 123]. Les vésicules, typiquement sur les bords de la langue, évoluent vers une nécrose épithéliale avec infiltrat de neutrophiles et cicatrisent en deux à trois semaines, parfois plus [2, 1]. Fièvre, anorexie avec hypersalivation, éternuements et jetage séreux sont décrits ; des co-infections par le FHV-1, Chlamydia felis et Mycoplasma felis pourraient expliquer une part des signes respiratoires [1]. Une conjonctivite érosive est rapportée, et l'ABCD mentionne, d'après une communication personnelle, de rares ulcères cornéens à forte charge d'ARN sans autre agent, dont le rôle reste incertain [1]. Sur 99 chats avec atteinte de la surface oculaire et coryza, 30 des 63 prélèvements positifs l'étaient au FCV, dont 11 sans autre agent, avec des ulcères buccaux chez tous les chats positifs, plus souvent en refuge et entre 0 et 2 mois [7].

L'étude transversale suisse donne la mesure la plus fine de l'association des signes au FCV chez 200 chats recrutés dans 24 cliniques pour des signes « évocateurs » [5]. Étaient associés à la positivité : gingivite (OR 3,89), stomatite (5,50), stomatite caudale (3,48), salivation (6,48), ulcération buccale (5,33) et linguale (4,27). Jetage nasal (OR 0,37 ; IC 0,20-0,69), jetage oculaire (0,39) et éternuements (0,41) étaient au contraire moins fréquents chez les positifs, tandis que conjonctivite (0,82), anorexie (1,14), apathie (1,01) et fièvre (1,19) ne l'étaient pas. Moins de la moitié des chats jugés suspects étant positifs, les auteurs demandent de redéfinir les signes évocateurs et de confirmer par biologie moléculaire [5].

Les infections expérimentales anciennes nuancent ce tableau. Par aérosol, chez 66 chats EOPS et avec dix isolats, les souches virulentes donnaient fièvre, dyspnée et pneumonie en plus des lésions buccales, les souches peu virulentes des lésions comparables de la langue, du palais et des narines, avec peu ou pas d'abattement, de fièvre ou de pneumonie [124] ; par voie intranasale, trois souches donnaient une atteinte respiratoire haute uniformément bénigne dominée par l'ulcère lingual [65], et la voie d'inoculation déterminait l'extension des lésions [125]. Pour une revue britannique, cette prédominance de l'aérosol dans les modèles anciens a pu faire surestimer la pneumonie interstitielle primaire [2]. Pedersen défendait une autre lecture, d'une forme aiguë généralement systémique, avec atteinte vésiculaire buccale, arthropathie et pneumonie interstitielle légère, la maladie respiratoire haute restant liée à certaines souches [22].

Syndrome de boiterie

Le syndrome associe une boiterie aiguë, transitoire, migrante et fébrile, après l'infection naturelle ou la vaccination [1, 10]. La lésion est une synovite aiguë avec épaississement synovial et excès de liquide, l'antigène viral siégeant dans des cellules de type macrophage de la synoviale [2, 1]. La pathogénie n'est pas élucidée : des complexes immuns sont suspectés [1]. Une expérience a porté sur 12 chats EOPS, dont six vaccinés auparavant : six ont reçu sous la peau une souche vaccinale apparentée à F9 et quatre une souche de terrain par voie intranasale, deux servant de témoins ; aucun n'a boité, mais l'antigène était présent dans les macrophages synoviaux de 14 articulations chez 5 chats (3 après souche de terrain, 2 après souche vaccinale), avec immunoglobulines et complément, sans isolement articulaire [126] ; des groupes de deux à six chats de laboratoire montrent que l'antigène peut gagner la synoviale, sans mesurer la fréquence de la boiterie. Dans une autre infection de 12 chats EOPS, par injection intra-articulaire ou par contact, la souche de terrain F65 donnait une maladie plus sévère que la souche vaccinale, avec forte fièvre, abattement et boiterie ; la souche vaccinale ne donnait qu'une boiterie légère après injection articulaire, comme l'un des deux témoins injectés dans l'articulation, et le virus était isolé d'articulations saines comme atteintes chez les chats exposés à F65 [127]. Ces deux expériences viennent du même groupe. Les souches 255 et 2280 donnaient toutes deux ulcères buccaux et boiterie, plus marqués avec 2280, sans différence nette de pathogénicité selon des auteurs affiliés à un fabricant ; la souche 255, qu'ils présentent comme réputée pneumotrope sans que leur essai le confirme, est qualifiée de vaccinale par l'ABCD [105, 1].

Le délai de guérison de 24 à 48 heures donné par l'ABCD ne porte aucune référence [1], une revue italienne l'attribuant à Pedersen (1983), que nous n'avons pas lu [3]. Des cas naturels s'en écartent. Deux chats non vaccinés de sept mois, d'une même portée, ont boité du jour −2 au jour 14 et du jour 9 au jour 19 d'après le tableau, alors que le texte annonce un décalage de 12 jours (11 d'après le tableau) et une boiterie de 11 jours chez le second ; traités, tous deux ont guéri en une quinzaine de jours [12]. À Bologne, trois chats de 9 ans, 11 mois et 7 ans avaient une polyarthrite avec ARN dans le liquide synovial (2) ou antigène dans la synoviale (1), sans signe respiratoire ; le troisième a boité par épisodes pendant huit mois avant l'euthanasie, avec synovite fibrineuse diffuse et arthrose, et les auteurs reconnaissent que l'ARN synovial ne prouve pas la causalité [13]. Cinq chats en tout, dans deux observations : ils montrent que la boiterie peut durer bien plus de 48 heures, sans en donner la distribution. Chez les suspects suisses, la boiterie concernait 7 chats, dont 5 positifs (OR 3,23 ; IC 0,51-34,67), sans signification [5].

Après vaccination, sur 123 réactions déclarées au Royaume-Uni, 20 % étaient orales ou respiratoires seules et 80 % comportaient une boiterie ; le FCV était isolé de l'oropharynx dans 69 % des cas, et la plupart des isolats comparés au virus vaccinal en différaient, ceux qui lui ressemblaient étant surtout associés à une boiterie après la première vaccination ; sur 31 échecs vaccinaux, 24 étaient oraux ou respiratoires et 7 articulaires [10]. L'ABCD en conclut que la souche vaccinale n'est pas toujours en cause, la vaccination étant parfois une coïncidence [1].

Pneumonie et mortalité du chaton

La pneumonie évolue d'une alvéolite focale à une pneumonie exsudative aiguë puis interstitielle proliférative [2, 1] ; dans les cas naturels, les macrophages alvéolaires sont les cellules cibles principales, avec des lésions de dommage alvéolaire diffus [128]. Chez 21 chatons atteints de pneumonie herpétique, examinés en anatomopathologie, le FCV était co-infectant dans 13 cas (62 %), et ses lésions typiques siégeaient à distance de celles du FHV-1 chez 8 d'entre eux, dans un travail de la même équipe [129]. Au Brésil, 28 des 78 pneumonies mortelles étaient virales (15 FCV, 10 FHV-1, 3 les deux) [130] ; dans une autre série du même service, sur 60 chats nécropsiés pour maladie respiratoire mortelle, 7 étaient positifs au seul FCV, 12 au seul FHV et 3 aux deux, et 18 de ces 22 chats avaient une pneumonie, les cas des deux séries pouvant se recouvrir [131]. Au Royaume-Uni, une maladie infectieuse était identifiée chez 55 % de 274 chatons examinés en histopathologie, le FHV et le FCV étant les principales infections virales avant le sevrage, sans pourcentage propre au FCV dans le résumé [132]. Une épidémie du Missouri (1995-1996), dont une souche venait d'un chaton atteint de pneumonie sévère, atteignait 35 % de mortalité dans une colonie, sans que le résumé décrive de forme systémique [133].

En élevage, la maladie apparaît le plus souvent vers 4 à 8 semaines, à la baisse de l'immunité passive, peut toucher toute la portée et tuer certains chatons, sans chiffre [1]. Pedersen notait que les premières descriptions faisant du FCV une cause majeure de mortalité des jeunes chats n'ont pas été confirmées expérimentalement [22]. Aucune mortalité par classe d'âge n'a été trouvée pour la forme classique ou la pneumonie.

Maladie virulente systémique

Définition. L'ABCD décrit un syndrome de réponse inflammatoire systémique sévère, avec coagulation intravasculaire disséminée et défaillance multiviscérale, débutant souvent comme un coryza sévère ; l'œdème cutané, surtout de la tête et des membres, et les ulcérations de la face, des pavillons, du pourtour des yeux, de la bouche et des coussinets en sont les éléments caractéristiques ; ictère par nécrose hépatique ou pancréatite, détresse respiratoire par œdème pulmonaire, pétéchies, ecchymoses, épistaxis et selles sanglantes sont possibles [1]. Chez sept chats d'une même épidémie, l'œdème sous-cutané et l'ulcération buccale étaient constants, et l'antigène siégeait dans les cellules endothéliales et épithéliales [19] ; selon une revue britannique, l'antigène était absent du foie dans cette série américaine mais présent chez des chats ictériques d'une épidémie anglaise, écart dont la signification reste inconnue [2].

Fréquences des signes. Elles dépendent des séries et de leurs dénominateurs. À Nantes, sur 14 chats : fièvre et ulcères linguaux 100 %, atteinte de la face 4/14, des membres 4/14, érythème des sites chirurgicaux ou de ponction 3/14, ictère 2/14 [62]. En Corée, sur 18 chats, dont 7 non confirmés par RT-qPCR : anorexie et léthargie 15, fièvre 14, œdème des membres 13 (des quatre membres chez 6), œdème facial et lésions cutanées 6 chacun (7 au tableau pour les lésions cutanées), ulcérations et croûtes toujours précédées par l'œdème des membres, ictère 3, ulcération buccale 2, que le texte chiffre à 12,5 % au lieu de 11,1 % [134]. À Alfort, l'hyperthermie touchait 75 % des 12 formes systémiques de 2017 et toutes les 6 de 2018, l'œdème des membres environ 60 % puis 83 % [73]. À Toulouse, sur 26 chats de 2005 et de 2010 à 2015, des signes de vascularite étaient présents à l'admission chez 3 des 13 cas primaires et apparaissaient au cours de l'hospitalisation chez 15 des 26 chats, ce que l'autrice arrondit à 60 % ; l'ictère concernait 5 des 9 cas mortels, indicateur pronostique défavorable selon elle [74]. Un cas clinique irlandais, accompagné d'une synthèse des cas publiés, donne pour leur ensemble, sans dénominateur, fièvre 88 %, atteinte des membres 49 %, ulcération buccale 47 % et faciale 31 % [20]. La biologie des chats coréens montrait surtout, dans cet ordre, lymphopénie, volume plaquettaire élevé et thrombopénie, ASAT augmentée chez 12 des 14 chats testés et SAA augmentée chez les 10 chats dosés [134].

Incubation et évolution. De 1 à 5 jours chez les chats exposés à l'hôpital, jusqu'à 12 jours en milieu domestique selon l'ABCD [1], médiane de 4,5 jours (1-9) à Nantes [62] et de 7 jours (2-14) en Australie, d'où la proposition d'une quarantaine d'au moins 14 jours [23]. Les survivants demandent souvent 7 à 10 jours de soins attentifs [61], et un chat nantais n'a guéri qu'au bout de 40 jours d'évolution, soigné chez son vétérinaire puis à domicile [62] ; la durée médiane de survie atteignait 12 jours à Nantes [62]. Les lésions flambaient aux sites d'effraction cutanée au point que les auteurs nantais proscrivent toute ponction, et ils suggèrent une meilleure survie à domicile qu'à l'hôpital [62]. Une partie des chats exposés ne tombe pas malade : 11 des 54 chats de Los Angeles (20 %) n'avaient que des signes légers ou aucun [21], et 4 chats virémiques sur 17 (24 %) étaient asymptomatiques à Alfort en 2017 [73].

Mortalité. L'ABCD l'estime entre 30 et 70 % environ [1]. Deux publications récentes, une revue italienne et un cas clinique irlandais, écrivent « 22 à 86 % selon les épidémies » en citant tous deux l'étude australienne de 2021 [3, 20] ; or cette étude donne 6 morts sur 7, 3 sur 12 et 0 sur 4 dans ses trois épidémies, 9 sur 23 au total (39 %), et son introduction parle de mortalités allant jusqu'à 79 % [23]. La borne de 22 % ne s'y trouve pas, et nous ne la reprenons pas. Les dénominateurs varient (chats exposés, malades, confirmés), et certaines épidémies sont chiffrées différemment par leur publication et par les synthèses qui les reprennent : 40 % dans le résumé de Hurley, 65 % dans le tableau récapitulatif de l'article nantais [21, 62] ; 32 % dans le résumé de Schorr-Evans, dont la discussion compte 6 chats sur 24 morts de la maladie ou euthanasiés pour un pronostic très sombre, plus trois chats de l'hôpital euthanasiés à titre préventif [61]. Le tableau de l'annexe recopie chaque chiffre tel qu'écrit. L'âge adulte est associé à une forme plus sévère (OR 9,56) [21], mais des chatons de 1,25 et 1,5 mois [23], un chaton de vingt jours en élevage avec œdème des coussinets et pneumonie [135] et toute une portée en Suisse [91] en sont morts.

Vaccination. Tous les chats de terrain de la première épidémie, y compris les trois morts, avaient reçu un vaccin F9, et la souche n'était neutralisée qu'à titre négligeable ou faible par l'antisérum F9 [22]. À Los Angeles, beaucoup de chats atteints étaient vaccinés [21] ; en Australie, 19 des 21 statuts connus étaient complets, sans association entre statut et mortalité, alors que la discussion avance 76 % de chats complètement vaccinés, chiffre que ni 19/23 (82,6 %) ni 19/21 (90,5 %) ne retrouvent [23]. En Corée, la mortalité de 83,3 % chez les chats vaccinés depuis moins de trois ans contre 66,7 % chez les autres est dite « significativement plus élevée », alors que les mêmes auteurs donnent p = 0,647 pour le statut vaccinal [134]. À l'inverse, d'après l'ABCD, beaucoup de chats d'une série suisse n'étaient pas ou mal vaccinés [1, 91], et la même source rapporte, par communication personnelle, environ 80 % de chats non ou insuffisamment vaccinés dans une épidémie zurichoise non publiée de 2016 [1]. Une protection partielle et une maladie plus douce ont été montrées chez des chats infectés en laboratoire, ce qui ne préjuge pas de la protection sur le terrain [1].

Origine des épidémies. La plupart sont associées à l'introduction de chats issus de grandes collectivités de sauvetage dans une autre population, une forte réplication des souches ordinaires en refuge favorisant, en hypothèse, l'émergence de variants, selon une revue britannique qui s'appuie sur une revue américaine de 2003 lue par nous en résumé [2, 123]. En 2001 dans le Massachusetts, le virus est entré par des chats de refuge et s'est propagé par le personnel et le matériel, un employé l'ayant transmis à son propre chat [61] ; en Australie, 22 des 23 cas avaient fréquenté l'hôpital en cause dans les 14 jours ou vivaient avec un tel chat [23] ; à Toulouse en 2005, des chats d'étudiants ont été infectés à deux reprises [72], alors que plus de 700 personnes ayant fréquenté la clinique, contactées ensuite par une enquête téléphonique que l'autrice juge elle-même trop vague, n'ont signalé aucun problème chez leurs chats [90]. Aucune diffusion communautaire n'a été observée autour des épidémies hospitalières australiennes et coréennes, sans pouvoir l'exclure tout à fait selon les auteurs coréens [23, 134]. Contre-hypothèse française : à Toulouse, en 2005 et de 2010 à 2015, seuls 3 des 13 cas primaires avaient fréquenté une collectivité dans les quinze jours, et 11 d'entre eux (85 %) avaient des contacts avec des chats extérieurs au foyer, la discussion de la thèse écrivant 95 %, d'où l'hypothèse complémentaire d'une circulation dans l'environnement extérieur [74].

Marqueur génétique. Les souches de chaque épidémie sont génétiquement distinctes, sans motif constant dans la capside [2]. Sept isolats de cinq épidémies ne forment pas de clade et ne partagent aucune modification conservée de la capside ni de la protéase-polymérase, tout en infectant plus efficacement les cultures en cycles multiples [80]. Plus tard, une analyse des propriétés des acides aminés de la région E de 57 souches (16 systémiques, 41 classiques), par des auteurs salariés d'un fabricant, a fait ressortir sept positions associées au pathotype [101], comme le suggérait déjà le regroupement phylogénétique des isolats « hémorragiques » (deux génomes complets et trois séquences partielles publiées) sur un court segment de la capside [136] ; cette proposition n'a pas été confirmée sur trois épidémies australiennes, où des virus à plus de 98,65 % d'identité nucléotidique ont été retrouvés chez des chats asymptomatiques, atteints de coryza ou de forme systémique [23]. L'ABCD conclut qu'aucun test ne détecte spécifiquement le VS-FCV et que le diagnostic repose sur la clinique et la situation épidémique [1, 34].

Formes voisines et atypiques. La « paw and mouth disease », décrite en Australie en 1972, associe œdème et ulcères des pattes, de la tête, de la bouche et de la région périanale chez un ou quelques chats, sans diffusion épizootique ; on ignore s'il s'agit d'une forme légère de VS-FCV [1] ; un cas italien de 2021 était guéri au contrôle, environ trois semaines après son admission, et les écouvillons des deux chats du foyer étaient alors négatifs [76]. Une épidémie d'allure grippale sévère chez des chats errants adultes d'une île japonaise, sans œdème ni ulcère cutané, n'est pas considérée comme typique par ses auteurs [137]. Deux chats d'un foyer japonais sont morts brutalement dans un état d'agitation, le virus étant isolé du système nerveux, mais aussi du poumon, de l'amygdale ou de l'iléon ; l'inoculation expérimentale n'a pas reproduit l'agitation [138]. Des dermatites pustuleuses sur l'abdomen tondu après ovariectomie ont été rapportées chez deux chattes complètement vaccinées [139]. Dans un hôpital universitaire turc, 15 chattes ont présenté après ovariohystérectomie des ulcères linguaux avec ptyalisme, et 6 ou 7 d'entre elles des lésions cutanées selon le texte ou le tableau ; toutes ont guéri, et le diagnostic reste présomptif, fondé sur la clinique et un test rapide d'anticorps, sans RT-PCR ni isolement [140]. Chez des félins d'un zoo américain, des tigreaux ont présenté des ulcères linguaux puis une desquamation de la langue et des coussinets, des lions et tigres adultes des ulcères buccaux ; un lion et un tigreau sont morts [141]. Hors la série turque de 15 chattes, ces formes voisines reposent sur des observations d'un ou deux animaux : elles ne permettent ni d'en estimer la fréquence ni de les rattacher avec certitude au FCV.

6. Gingivostomatite chronique

L'inflammation de la gingivostomatite chronique féline (FCGS) dépasse la jonction mucogingivale vers la muqueuse alvéolaire et les autres tissus mous ; une gingivite sévère chez un chat positif au FCV ne suffit pas au diagnostic [1]. L'affection est considérée comme à médiation immunitaire, et plusieurs agents infectieux lui sont associés [1, 14].

Les études cas-témoins trouvent le FCV nettement plus souvent chez les malades, avec des méthodes hétérogènes (isolement, RT-PCR sur écouvillon ou biopsie, immunohistochimie, métagénomique) : 92 et 79 % des cas britanniques hospitaliers et de clientèle contre 19 % des témoins, 50 % contre 0 % en Amérique du Nord, méthode non précisée dans le résumé [78] ; excrétion conjointe de FCV et de FHV-1 chez 88 % des chats atteints contre 21 % des chats atteints de parodontite [142] ; ARN chez 53,8 % de 52 malades contre 14,0 % de 50 témoins appariés sur l'âge, anticorps chez 78,8 % contre 58,0 % [15] ; ARN dans 40,5 % de 42 biopsies contre aucune de 19, les témoins étant des chats de refuge euthanasiés, en majorité vaccinés [143] ; 58,4 % de 154 chats, groupe mêlant formes aiguës et chroniques, contre 15,3 % de 98 témoins [8] ; 15 sur 25 (60,0 %) contre 6 témoins sur 25 (24,0 %), par culture, chez des chats de l'installation de recherche d'un fabricant d'aliments, le résumé écrivant par erreur 24 témoins [144] ; 20 sur 32 (62,5 %) contre 28 sur 72 (38,9 %) dans le texte et 26 sur 72 dans le tableau, avec un âge médian de 8,5 ans chez les cas et de 0,9 an chez les témoins [145] ; FCV chez 21 des 23 malades et aucun des 19 témoins en métagénomique, seul microbe fortement associé [42]. Dans une colonie âgée, vaccinée par voie intranasale un an avant, aucun agent ne corrélait à la maladie (9 malades, 36 indemnes), et l'ARN du FCV n'était amplifié chez aucun des malades [146] ; l'immunohistochimie n'a trouvé aucun antigène FCV dans les lésions de 26 chats, où figurait l'antigène FeLV chez 30,8 %, et la PCR de leurs écouvillons était négative, les auteurs n'excluant pas des faux négatifs [17]. Les synthèses ont glissé avec le temps, d'une excrétion chez environ 80 % des malades contre 20 % des témoins [2] à une association forte dont la causalité n'est pas établie [1]. Certains de ces témoins sont repris par l'ABCD avec des chiffres qui diffèrent des résumés primaires ; nous citons ces derniers.

La causalité reste à démontrer. Deux isolats de chats atteints, inoculés par voie oronasale, n'ont donné que des signes aigus, sans portage au-delà de 28 jours ni stomatite chronique en dix mois [16]. Sur 226 chats de trois populations, un portage oral chronique concernait environ un cinquième des chats, et les chats infectés par le seul FCV n'avaient ni plus de lésions buccales ni des lésions plus sévères que les chats indemnes de tout virus, les plus atteints étant les chats infectés par le FIV et co-infectés par le FCV, avec ou sans FeLV ; ces lésions allaient de la gingivite à la parodontite étendue, sans se limiter à la gingivostomatite [147]. Une observation unique, suivie 22 mois, a vu la résolution clinique coïncider avec l'arrêt de l'excrétion, sous plusieurs mesures dont les auteurs ignorent la part ; un cas ne permet pas de conclure à un lien [148]. Dans 104 cas positifs suivis par un centre de référé parisien, la charge (de 200 à 1,2 × 10⁶ copies par prélèvement) n'était liée ni à la sévérité de la stomatite caudale (P = 0,5150) ou alvéolaire (P = 0,1719), ni à l'évolution après extractions chez 56 chats, sa seule association étant la présence d'ulcères linguaux (P = 0,0325) [18]. La revue systématique de 2025 (17 articles, 1984-2023) conclut à une association démontrée dont causalité et mécanismes restent à élucider, en faisant une place à la dysbiose orale et à d'autres agents [14]. Les biais communs à ces travaux sont un appariement imparfait sur l'âge, des méthodes de détection hétérogènes et des amorces qui peuvent manquer des souches [145, 42]. Le FCV ne paraît pas jouer de rôle dans les résorptions odontoclastiques (9 sur 40, soit 22,5 %, contre 24 % des témoins) [144, 1].

7. Diagnostic

Ce que mesure la RT-PCR, et l'absence d'étalon

La RT-PCR détecte l'ARN viral ; des formats conventionnels, nichés et en temps réel ont été développés pour les écouvillons conjonctivaux et oropharyngés, le sang, les raclages cutanés et le poumon [1]. L'ABCD la tient pour la méthode de choix, préfère le temps réel pour sa sensibilité et le format quantitatif pour la charge, et demande que tout résultat soit interprété avec la clinique [1, 34]. Sa fiche de 2025 la dit habituellement plus sensible que l'isolement, tout en rappelant les faux négatifs liés à la variabilité [39].

Aucune étude retrouvée ne mesure une sensibilité et une spécificité diagnostiques contre un étalon indépendant de l'infection, et un tel étalon n'existe pas. Les chiffres publiés sont soit analytiques (limite de détection, panels d'isolats de laboratoire), soit relatifs à une autre méthode ou à un « positif composite ». Il faut les lire comme tels.

Sensibilité analytique et comparaisons de méthodes

Une RT-qPCR TaqMan ciblant les 120 premiers nucléotides, très conservés, détectait les 30 prélèvements positifs en isolement sur 102 chats malades, restait négative sur les 72 négatifs et sur 20 chats EOPS, avec une limite estimée à environ 70 copies et la détection de 15 isolats divers, dont deux de forme systémique [45]. Deux autres formats détectaient 44 isolats sur 44 [149] et 51 isolats sauvages [150] ; une RT-PCR en temps réel avec analyse des courbes de fusion des isolats avait été décrite dès 2002 [151]. Sur le terrain, en Suisse, 97 des 300 chats (32 %) étaient classés positifs par l'ensemble des méthodes ; le test S1 en direct en trouvait 81 %, le test S2 77 %, et après enrichissement en culture 84 et 81 %, la combinaison atteignant jusqu'à 96 %, aucune méthode seule ne détectant tous les prélèvements positifs [36]. Ces 300 chats sont très probablement ceux de l'étude transversale de la même équipe, 200 suspects et 100 sains testés avec les mêmes deux RT-qPCR, ce que le résumé ne précise pas [5, 36]. Une PCR nichée trouvait davantage de positifs que l'isolement et la RT-PCR conventionnelle (18 écouvillons oculaires sur 47, 23 pharyngés sur 40) [152]. En Thaïlande, sans étalon, la PCR nichée et la RT-LAMP trouvaient 17 positifs sur 54 écouvillons (31,48 %), la PCR conventionnelle un seul (1,85 %) [44] ; une RT-qPCR à analyse de fusion trouvait 33 prélèvements positifs sur 64, contre 25 pour la RT-PCR conventionnelle des mêmes auteurs, les huit discordants ayant un Ct de 33 à 35, l'article annonçant par ailleurs 66 prélèvements [153]. En Turquie, l'isolement trouvait 21 chats sur 107, la combinaison avec la PCR nichée 47 [154].

Site, moment et conservation

Une étude munichoise compare les sites sur 104 chats atteints de coryza (2012-2013), à raison de quatre écouvillons chacun, 52 chats étant positifs. Le pharynx détectait 92,3 % d'entre eux (IC 81,8-97,0), la langue 90,4 % (79,4-95,8), le nez 69,2 % (55,7-80,0) et la conjonctive 38,5 % (26,5-52,0), différence globale P < 0,001 [38]. Le pharynx seul aurait manqué 4 chats sur 52, la langue seule 5, et l'association pharynx et nez en détectait 96,2 % ; les auteurs recommandent le pharynx si un seul prélèvement est possible et rappellent que le site ne se choisit pas d'après les signes [38]. Ils citent une étude allemande antérieure de 68 chats au résultat inverse [38]. En refuge, les sites nasal et pharyngé ont donné des résultats comparables pour les agents primaires, sauf Bordetella, trouvée seulement dans le nez ; pour le FCV, un seul écouvillon positif ne permettait aucune comparaison [155] ; en Turquie, la PCR nichée était positive sur 23,08 % des écouvillons oropharyngés, 15,24 % des nasaux et 14,02 % des conjonctivaux [154] ; chez des chats sains après vaccination vivante, le pharynx l'emportait sur le nez (9/84 contre 3/70 écouvillons) [26]. En 2022 comme dans sa version en ligne de 2025, le texte de l'ABCD propose plusieurs sites avec un même écouvillon en commençant par la conjonctive [1, 34], alors que la fiche de 2025 qualifie le prélèvement conjonctival de non recommandé et demande, s'il est fait, qu'il précède la fluorescéine [39] : les deux consignes coexistent en 2025.

Pour le moment, la cinétique expérimentale montre de l'ARN dès J1 chez dix chats EOPS sur dix, tous positifs jusqu'à J16 et à J22, avec un maximum de 12,5 × 10⁶ copies par cytobrosse au septième jour chez un témoin, une excrétion de virus réplicatif jusqu'à J9 au moins, cessant le plus souvent entre J9 et J15 selon les résultats (entre J9 et J36 selon la discussion), et un dernier positif en RT-qPCR à J99 [35]. Aucun chat n'excrétait au-delà de 28 jours dans une autre infection expérimentale [16]. Un prélèvement tardif expose aux faux négatifs, hypothèse que formulent les auteurs d'une étude de terrain [40].

La conservation modifie le résultat. Sur 104 foyers, aucun des 31 échantillons conservés à −70 °C n'était positif, contre 10 des 73 conservés à 4 °C (P = 0,006) [43]. Sur écouvillon sec, la détection restait semblable à 4 °C et à −20 °C, mais la charge se maintenait mieux en milieu de transport, d'où la recommandation d'un milieu, d'une conservation à 4 °C au plus et d'une analyse rapide [36]. Les deux résultats ne sont pas directement comparables (formats et matrices différents).

Faux négatifs : mécanismes documentés

Positifs sans lien causal

Porteurs. Chats vaccinés dans les 21 jours et chatons de moins de huit semaines exclus, 8 % des 100 chats sains suisses étaient positifs, sur prélèvements regroupés (cytobrosse oropharyngée, écouvillons nasal et conjonctival) analysés par deux RT-qPCR, directement et après culture [5]. Les autres estimations chez des chats sans signe vont de 2,5 % de chats errants coréens [37] à 11 % de chats entrant en refuge en Californie [116] et à 27,63 % de 76 chats sains turcs en PCR, ou 38,16 % en y ajoutant l'isolement, dans une même cohorte publiée deux fois [156, 154]. Chez les jeunes chats de la cohorte Bristol Cats, non sélectionnés sur la santé mais en grande majorité sans signe respiratoire, la prévalence est de 13,3 % [24]. Dans l'étude britannique de 2000, 45 des 201 chats sans signe respiratoire étaient positifs en isolement, ce que le texte chiffre à 21 % et le tableau à 22 % (45/201 = 22,4 %) [40].

Présence n'est pas cause. Chez 22 chats de refuge atteints de coryza et choisis pour l'euthanasie, 5 étaient positifs en qPCR mais négatifs en immunohistochimie, sans lésion attribuable au FCV ; 15 des 22 avaient reçu un vaccin vivant à l'entrée, et les auteurs préviennent que la co-infection par le FHV-1 peut brouiller la lecture [27]. Dans huit refuges californiens, le FCV n'était pas associé au coryza en univarié (OR 1,04 ; IC 0,72-1,51), ce que les auteurs attribuent probablement à l'excrétion asymptomatique de souches proches du vaccin, le FCV restant pourtant dans leur modèle multivarié [115]. L'ABCD appelle à la prudence devant toute RT-PCR positive, en raison de la mauvaise corrélation entre ARN et signes [1, 157], tout en jugant la relation de cause « probable » chez un chat aux signes typiques [34]. Pour l'ISCAID, un positif peut appuyer un diagnostic en présence de signes évocateurs et en l'absence de vaccination récente [41]. L'usage systématique de la culture ou de la RT-PCR chez le chat de refuge atteint de coryza aigu apporte, selon des auteurs du Colorado, un bénéfice clinique minime [155].

Souches vaccinales. Chez 12 chats adultes sains déjà exposés, l'ARN était présent sur 2 des 69 prélèvements avant un vaccin vivant (2 chats) et sur 12 des 154 après (7 chats, 58,3 %), aux jours 3 à 28, aucun chat n'étant positif plus de deux fois ; 9 des 80 prélèvements après voie intranasale (11,3 %) et 3 des 74 après voie sous-cutanée (4,1 %), sans différence significative, les deux vaccins contenant eux-mêmes de l'ARN amplifiable [26]. Chez 5 chatons EOPS vaccinés par voie sous-cutanée avec une souche F9 vivante, aucune excrétion ni ARN sanguin n'a été détecté après la primovaccination, sur des prélèvements quotidiens la première semaine puis espacés ; le rappel de 18 mois, fait sur des chats déjà infectés une fois, n'a pas non plus été suivi d'excrétion [35] ; sur cinq chatons, cette absence n'exclut pas qu'une excrétion survienne. En Thaïlande, 9 des 33 positifs avaient un profil de fusion apparenté à deux vaccins ; ces 9 chats étaient sains, 5 vaccinés plus de trois mois avant et 4 jamais vaccinés [153]. Entre 2 et 4 des 27 isolats séquencés en refuge californien se regroupaient près de la souche vaccinale [115]. Aucune étude ne mesure la durée maximale de détection d'une souche vaccinale après injection ; les effets indésirables des souches vivantes sont repris plus loin (voir § 9). La WSAVA met en garde contre l'aérosolisation d'un vaccin vivant lors de la purge de la seringue [33].

Co-infections. À Munich, 42 des 52 chats positifs au FCV (81 %, notre calcul) portaient aussi l'herpèsvirus ou C. felis [38] ; dans la cohorte britannique, 5 des 9 chats positifs au FHV et 3 des 5 positifs à C. felis portaient aussi le FCV, le résumé écrivant 44 % pour 5 sur 9 [24].

Charge virale

L'ABCD préfère la quantification sans proposer de seuil [1]. Les auteurs d'une RT-qPCR en jugent l'usage clinique limité faute de score clinique objectif et de geste de prélèvement standardisé [45]. Chez les positifs suisses, les charges étaient plus élevées (Ct plus bas) chez les malades que chez les sains, sans atteindre la signification (Mann-Whitney, p = 0,07), sur une mesure dite semi-quantitative en raison du mode de prélèvement [5]. Au cours de la gingivostomatite, 45 des 104 chats (43,3 %) étaient sous 10⁴ copies, seuil fixé sur avis du laboratoire, sans lien avec la sévérité ni l'évolution [18]. Dans un essai contre placebo de 37 chats, le nombre de copies baissait plus vite sous interféron, sans différence clinique [57]. En infection expérimentale, les charges oropharyngées des vaccinés étaient plus basses aux jours 7, 12 et 13, et la durée de l'ARN sanguin plus courte (médiane 13 contre 36 jours), sans différence de durée ni de fréquence d'excrétion d'ARN [35]. Par titrage en culture, les chats en épisode aigu excrétaient 2,0 à 3,3 log10 TCID50 par 0,1 mL, et chez quatre chats le titre baissait avant l'arrêt [25]. Une amplification tardive (Ct 30 à 35) appelle la prudence [153]. La corrélation inverse entre Ct et grade histologique décrite en refuge concerne le FHV-1, pas le FCV [27]. Dans l'épidémie toulousaine, les charges atteignaient 10⁸ copies par écouvillon oropharyngé et 10⁷,³ par raclage cutané, et allaient de moins de 40 à 10⁴,⁵ copies par µL dans le sang [72]. Pour séparer une infection responsable des signes d'un portage, ou pour prédire l'évolution, aucun seuil de Ct ou de copies n'est publié.

Séquençage, typage et forme virulente

Sur une région hypervariable de 235 paires de bases, les isolats d'une même épidémie divergeaient de 0,00 à 1,33 %, ceux sans lien de 20,67 à 38,00 %, et la plupart des isolats d'échecs vaccinaux de 21,33 à 38,00 % du vaccin, certains de 0,00 à 5,33 %, ce qui évoquait une origine vaccinale ; deux des trois vaccins vivants contenaient une seconde séquence à 20,67 % de F9 [158]. Sur 20 échecs vaccinaux, 20 % des isolats étaient proches du vaccin (0,67 à 2,67 %), avec une concordance de 80 à 95 % entre typages sérologique et génétique [159] ; ces deux études puisent dans la même surveillance que la série de 1993, et leurs isolats peuvent se recouvrir [10, 158, 159]. F9, isolée dans les années 1950, se regroupe avec des isolats contemporains [86] : à notre lecture, une parenté avec F9 ne suffit donc pas à affirmer une origine vaccinale. Une RT-qPCR à analyse de fusion distinguait, dans une seule réaction, des souches de vaccins vendus en Thaïlande, des souches sauvages thaïes et des souches de référence de forme systémique, d'après leur séquence et non leur virulence ; à la mise au point, une souche systémique et un vaccin partageaient d'ailleurs le même profil, et les deux souches thaïes notées systémiques se rangeaient dans des profils sauvages [153]. La première version de l'ABCD retenait pour la forme systémique l'isolement de la même souche dans le sang de plusieurs malades [54] ; la version de 2025 garde la mise en évidence d'une même souche chez plusieurs malades comme critère, tout en écrivant que ni la RT-PCR ni le séquençage ne confirment ou n'excluent seuls une forme systémique [34, 1]. À Toulouse, le séquençage a confirmé que les huit chats portaient la même souche, sans pouvoir en établir la virulence [72].

Isolement viral

L'isolement signale un virus réplicatif, dépend moins de la variabilité que la RT-PCR, et sert de référence pour valider les tests moléculaires, au prix de plusieurs jours à deux semaines et de milieux de transport spéciaux [1, 45, 155] ; la croissance rapide du FCV en culture peut masquer un FHV associé [1]. Les deux méthodes se complètent : après une seconde inoculation, 9 chats sur 10 étaient positifs en RT-qPCR directe ; un chat ne l'a jamais été en culture tout en l'étant en RT-qPCR, un autre ne l'a été dans aucune des deux, et la RT-qPCR restait positive jusqu'à 70 jours après la fin de l'excrétion de virus réplicatif [35]. Sur 18 chats de refuge, panel PCR et isolement concordaient sur 53 des 54 écouvillons (98,1 %), mais le FCV n'était trouvé que chez 2 chats en PCR et 1 en isolement : l'accord porte presque entièrement sur des négatifs [108]. Les grandes études de portage reposent sur l'isolement [25, 66, 40].

Sérologie : diagnostic et protection

Diagnostic. Neutralisation et ELISA mesurent des anticorps dont la prévalence très élevée, par infection et vaccination, empêche tout usage diagnostique [1] : 255 des 276 chats de propriétaires (92,4 %) étaient positifs en ELISA [48], 62,2 % de 111 adultes (IC 52,9-70,1) en neutralisation et 77,2 % (IC 67,5-84,6) en ELISA avant vaccination [49]. La neutralisation dépend de la parenté entre la souche du test et celle qui a infecté ou vacciné le chat, l'ELISA détectant un spectre plus large [49, 1]. Dans les colonies britanniques, aucune sérologie n'a pu être faite, et les auteurs notent qu'elle aurait mal distingué anticorps vaccinaux et anticorps d'infection [25].

Protection : deux formules dans le même texte de l'ABCD. La mise à jour de 2022 écrit, au chapitre de l'immunité, que les titres neutralisants sont en général bien corrélés à la protection contre une épreuve homologue (§5.2). Le §7.3, consacré au diagnostic, tient les titres neutralisants pour utilisables dans l'estimation de la protection individuelle, sous réserve d'une interprétation prudente, un faux négatif restant possible en l'absence de réaction croisée avec la souche employée au laboratoire. Son chapitre de la vaccination juge au contraire limitée la valeur des tests d'anticorps pour prédire la protection, en raison de la variabilité des souches et du rôle de l'immunité cellulaire, et reprend la conclusion d'une étude de terrain selon laquelle ce test ne remplace pas la vaccination (§9) [1, 49]. La version en ligne mise à jour le 27 mars 2025, autorisée par la même première autrice, garde ces formules dans les mêmes termes : l'ABCD n'a pas tranché en 2025 [34]. Son texte de 2022 consacré à la vaccination et aux tests d'anticorps tient la même double position. Il écrit que, pour le FCV, une corrélation entre titres et protection n'existe pas ou reste moins claire, que des chats sont protégés sans anticorps neutralisants détectables, que les IgA muqueuses seraient un meilleur corrélat mais se mesurent mal, et que la variabilité des souches limite la valeur prédictive ; il rappelle aussi que la protection a été corrélée aux anticorps neutralisants comme à l'immunité cellulaire [50]. Tranchent en revanche la fiche de l'ABCD de 2025, qui exclut les tests au chevet de la décision vaccinale [39], la WSAVA en 2024, pour qui les anticorps ne prédisent pas de façon fiable la protection et leur absence ne prédit pas la sensibilité [33], et l'AAHA et l'AAFP en 2020, qui les jugent non fiables pour évaluer l'immunité [46]. Une thèse vétérinaire lyonnaise de 2023 limite l'intérêt des tests sérologiques vaccinaux au parvovirus et à la rage, seules valences dont la corrélation avec la protection est prouvée [160].

Les données favorables existent, mais leur cadre est étroit. En 1975, les réponses en anticorps concordaient avec la protection, ou avec son absence, lors d'épreuves expérimentales [161] ; une équipe suisse rapporte que ces auteurs avaient suggéré un titre d'au moins 1:16 comme signe de protection et d'au plus 1:7 comme signe de sensibilité à une souche hétérologue, seuils que nous n'avons pas pu vérifier dans l'article de 1975 [35]. Pour des chats de laboratoire vaccinés puis éprouvés 9 à 36 mois plus tard, la valeur prédictive positive de l'ELISA atteignait 100 %, la valeur prédictive négative n'étant pas donnée dans le résumé [48]. Chez 272 chats vaccinés, 97,8 % atteignaient un titre neutralisant d'au moins 1:32 ou répondaient au rappel, ce que les auteurs, dont le premier est salarié d'un fabricant, ne tiennent pas pour équivalent à une épreuve, tout en concluant à une protection suffisante [162]. À l'opposé, des chatons vaccinés étaient protégés de la même façon avec ou sans anticorps neutralisants dirigés contre la souche vaccinale, dans une étude du fabricant [95], l'arrêt de l'excrétion ne suivait pas les anticorps sériques ou salivaires [16], et l'on ignore quel titre neutralisant correspond à la protection contre la maladie [35]. Enfin, cinq chats adultes sont restés sans anticorps détectables pendant les 28 jours suivant un vaccin inactivé, les auteurs évoquant une réponse cellulaire non mesurée ; l'étude ne comportait pas d'épreuve et ne dit donc rien de leur protection, et cinq animaux font un constat, non une fréquence [49].

Tests d'anticorps au chevet. Un ELISA semi-quantitatif comparé à la séroneutralisation chez 344 chats de refuge avait une sensibilité de 90 % (IC 87,3-92,7), une spécificité de 91 % (88,5-93,5), une valeur prédictive positive de 85 % et négative de 94 %, avec une très bonne concordance entre lecteurs (kappa 0,87 à 0,90) ; le seuil de 32 était celui du fabricant et du laboratoire universitaire, que l'étude ne relie à aucune épreuve (remarque de notre part), et le fabricant du test avait fourni les kits [51]. Cette valeur prédictive négative tombait à 76 % si 75 % des chats avaient des anticorps protecteurs, ce qui rappelle qu'elle dépend de la prévalence ; et ces chiffres mesurent l'accord avec une autre sérologie, pas avec la protection [51].

Tests rapides de détection

Selon la version en ligne de 2025, on ne dispose d'aucun test commercial de détection rapide ayant fait l'objet d'une évaluation indépendante [34]. Cinq requêtes dans PubMed, le 20 octobre 2026, n'ont retrouvé aucune publication comparant un test rapide commercial de détection du FCV à la RT-PCR ou à l'isolement sur des prélèvements de chats ; les performances affichées par des fabricants ne reposent sur aucune publication retrouvée et ne sont pas reprises ici. La détection d'antigène par immunofluorescence est rapide et peu coûteuse mais relativement peu sensible [45]. Les méthodes moléculaires rapides (amplification isotherme lue sur bandelette, RPA ou RAA couplées à CRISPR, RT-LAMP colorimétrique) restent au stade de la recherche : leur applicabilité aux souches de terrain n'est pas démontrée [1, 34], une extraction d'ARN reste nécessaire, et la version de 2025 signale pour l'une d'elles un risque de faux positifs par contamination [34]. La RT-LAMP thaïlandaise, avec une limite de 14,3 × 10¹ copies par µL, trouvait autant de positifs que la PCR nichée sur 54 écouvillons, sans étalon [44].

Panels multiplex

Les panels respiratoires associent dans une même analyse FCV, FHV-1, C. felis, Mycoplasma et Bordetella. L'ISCAID rappelle que ces agents sont amplifiés chez des chats sains comme malades et que les souches vaccinales sont détectables un temps après la vaccination ; elle admet qu'un positif peut appuyer un diagnostic chez un chat aux signes évocateurs, et que ces tests peuvent aussi servir en cas d'épidémie en collectivité, en prélevant si possible plusieurs malades pour gagner en sensibilité et en valeur prédictive positive [41]. Chez les 100 chats sains suisses, M. felis était trouvé chez 31 %, le FHV-1 chez 9 %, le FCV chez 8 %, B. bronchiseptica chez 2 % et C. felis chez 1 %, 14 % étant co-infectés [5]. L'ABCD juge les formats multiplex potentiellement moins sensibles [1], alors que l'équipe australienne qui en a mis un au point le trouvait aussi sensible in vitro que les tests simples [43]. Le petit échantillon de 18 chats déjà cité donnait une concordance de 98,1 % pour le FCV, avec 2 chats positifs en PCR et 1 en isolement, contre 57,4 % pour le FHV-1, dans une étude dont un auteur travaille pour l'entreprise qui commercialise le panel [108].

Valeur d'un résultat négatif

Les recommandations le formulent clairement : un résultat négatif n'exclut pas l'infection, y compris pour la forme systémique, où les mesures d'hygiène se prennent dès les signes compatibles [1, 34]. Les mécanismes de faux négatif sont documentés plus haut ; aucune source ne les chiffre en conditions cliniques.

Aucune valeur prédictive négative clinique n'a été retrouvée contre un étalon indépendant de l'infection. Les seules disponibles sont relatives : 72 négatifs sur 72 concordants par rapport à l'isolement, lui-même imparfait [45] ; 100 % pour la RT-LAMP par rapport à la PCR nichée sur 54 écouvillons [44]. L'exemple du test d'anticorps, dont la valeur prédictive négative passe de 94 à 76 % selon la prévalence, rappelle qu'aucune valeur prédictive ne se transpose d'une population à l'autre [51]. Un négatif obtenu par RT-qPCR validée sur un large panel de souches, à partir d'un écouvillon oropharyngé correctement conservé, rend moins probable une excrétion importante au moment du prélèvement : c'est notre lecture de l'ensemble [38, 45, 36], non une mesure.

Sur la protection, le silence des sources est complet dans les deux sens : la RT-PCR n'y est jamais présentée comme un indicateur d'immunité, jamais employée comme tel, et nulle part il n'est écrit expressément qu'elle n'en est pas un. Ce qui suit est une convergence de faits, dont l'interprétation est la nôtre. La vaccination protège de la maladie sans prévenir l'infection [1, 33] ; en isolement, 131 des 506 chats britanniques complètement vaccinés excrétaient le FCV (26 %), contre 24 des 81 non vaccinés (30 %) [40] ; l'équipe suisse écrit que, faute d'immunité stérilisante, la protection vaccinale ne peut être jugée sur le seul statut PCR [5], et celle de la cohorte britannique attribue à cette même absence le défaut de lien entre vaccination et détection [24]. Lors d'une seconde inoculation, un chat vacciné, infecté une première fois un an plus tôt et revacciné un mois avant, est resté négatif en RT-qPCR et en culture pendant que son titre en immunofluorescence passait de 2 560 à 5 120 ; les auteurs, certains que l'infection a bien eu lieu, évoquent une immunité locale [35] ; un seul chat illustre cette hypothèse sans la démontrer. Seule nuance publiée : l'hypothèse d'une résistance chez 18 chats jamais excréteurs malgré l'exposition, que ses auteurs ne peuvent distinguer d'un artefact d'échantillonnage [25].

Chez le chat vacciné, aucune étude ne mesure la sensibilité de la RT-PCR ; les charges plus basses mesurées chez les vaccinés aux jours 7, 12 et 13 d'une infection expérimentale [35] pourraient faire manquer des infections, ce qui n'a pas été évalué. Chez le chaton porteur d'anticorps maternels, aucune étude de sensibilité n'a été trouvée non plus. Les anticorps maternels ont une demi-vie d'environ 15 jours et disparaissent entre 10 et 14 semaines chez 12 chatons non infectés de 4 mères immunes [77] ; à six semaines, 12 des 61 chatons d'un essai de terrain avaient un titre inférieur à 1:4 (19,7 %), le maximum atteignant 1:1 024 et la moyenne géométrique environ 1:64 [85]. Issus de 4 mères rendues porteuses en laboratoire avec la souche 255, 16 chatons se sont tous infectés entre 3 et 9 semaines, avec des titres maternels de 1:4 à 1:24, et ont excrété de 3 à 11 semaines, 11 d'entre eux ayant des signes, aucun grave [47]. Dans cette étude, des titres maternels de cet ordre n'ont donc empêché ni l'infection ni l'excrétion.

Dépistage en collectivité

L'ABCD ne recommande pas de tester le FCV à l'entrée en refuge en l'absence de signes, et propose une quarantaine d'au moins trois semaines quand le logement n'est pas idéal [52]. Son outil de 2024 conseille de supposer qu'un groupe de taille moyenne à grande contient des porteurs, rappelle que les chats vaccinés peuvent le devenir, et indique que les tests servent à confirmer les agents chez les malades [53]. Ses recommandations pour l'élevage décrivent vaccination de la mère, mise bas isolée et portée séparée, sans protocole de dépistage par PCR répétées [1, 34]. Les excréteurs constants entretiennent l'infection, et les identifier serait utile pour assainir une colonie, mais un prélèvement unique classe mal un chat quand la moitié excrètent par intermittence [25], ce que les doubles prélèvements de la cohorte britannique confirment indirectement [24]. Après une épidémie de forme systémique, les auteurs de Los Angeles recommandaient d'isoler les chats exposés jusqu'à confirmation d'un statut négatif, sans que leur résumé, seul lu, définisse cette confirmation [21], et l'ABCD écrit qu'aucune durée de quarantaine ne garantit qu'un chat exposé est sûr [1]. À Nantes, six chats placés en quarantaine ont été rendus après une RT-PCR négative, pratique décrite et non évaluée [62]. Aucune des recommandations lues (ABCD 2013, 2022, 2024 et 2025, WSAVA 2024, AAHA et AAFP 2020, ISCAID 2017) ne fixe de nombre de PCR négatives ni d'intervalle pour déclarer un chat non porteur [1, 34, 53, 52, 33, 46, 41].

8. Traitement et antiviraux

Soins de soutien. Peu de chats ont besoin d'un traitement spécifique ; les plus atteints peuvent bénéficier de soins intensifs : correction de la déshydratation et des troubles électrolytiques par voie intraveineuse, alimentation appétente et réchauffée, nourrissage à la main, régimes liquides hyperénergétiques, stimulants de l'appétit, sonde au-delà de trois jours d'anorexie [1]. La règle des trois jours rejoint celle, générale, de l'ISFM pour le chat hospitalisé inappétent ; l'ISFM range la maladie nasale parmi les contre-indications de la sonde naso-œsophagienne et admet l'œsophagostomie en cas d'atteinte de la tête ou du nez [6, 1]. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens peuvent réduire fièvre et douleur buccale une fois la déshydratation corrigée, idéalement quand le chat mange ; le maropitant est parfois employé sans étude d'efficacité dans ce contexte ; nébulisation de sérum physiologique, soins des narines et mucolytique complètent la prise en charge [1, 54]. Pour la boiterie, les anti-inflammatoires sont décrits comme utiles [1].

Antibiotiques. L'ISCAID ne recommande pas d'antibiotique devant un jetage séreux, observe d'abord un jetage mucopurulent isolé, et n'envisage l'antibiothérapie qu'en présence de fièvre, d'abattement ou d'anorexie associés ; elle ne recommande pas de culture du jetage en phase aiguë, juge la durée optimale inconnue, et propose un choix de molécules selon les agents suspectés, que nous ne reprenons pas : ce choix relève du vétérinaire [41]. L'ABCD le laisse aussi au clinicien pour les formes sévères avec suspicion de surinfection [1].

Statut réglementaire en France. L'Index ANSES-ANMV ne contient, en dehors des vaccins, aucun médicament dont l'indication vise le FCV [55]. La nitazoxanide et la mizoribine n'y figurent pas ; méfloquine, ribavirine et famciclovir y sont listés comme substances sans aucune spécialité ; le sérum hyperimmun Feliserin est absent [55]. L'interféron oméga félin recombinant (Virbagen Omega, AMM centralisée de 2001) est indiqué chez le chien dans la parvovirose et chez le chat dans le traitement des infections à FeLV et FIV à un stade non terminal ; son emploi contre le FCV relève donc de la cascade, hors AMM [55, 56]. Les recommandations l'évoquent comme autorisé pour ces seules indications dans certains pays européens [1]. Hors d'Europe, une étude australienne le dit autorisé contre le FCV en Australie [163], et une étude japonaise le dit employé contre ce virus au Japon [164] ; ces statuts n'ont pas été vérifiés.

Essais cliniques et expérimentaux. Ni l'ABCD ni une étude australienne ne connaissent d'antiviral spécifique disponible [1, 163]. Effectifs, plans et liens d'intérêt figurent dans le tableau de l'annexe (voir § 16).

Forme virulente systémique. Soins intensifs, interféron et préparations d'anticorps sont rapportés avec des améliorations anecdotiques ; les glucocorticoïdes restent controversés ; aucune étude contrôlée n'a été publiée et aucun traitement spécifique n'est connu [1]. Les chats australiens ont reçu fluides et analgésie [23] ; la fiche du LOOF énumère oxygène, transfusion, perfusions, analgésie, antibiothérapie et alimentation par sonde [59].

9. Vaccination

Statut. Le FCV fait partie des vaccins essentiels pour la WSAVA (2024), l'AAHA et l'AAFP (2020) et l'ABCD, qui recommande de vacciner tous les chats, y compris les chats guéris dès la fin des signes [33, 46, 1]. Le conseil scientifique du LOOF demande la vaccination de chaque chaton [59].

Ce que protège le vaccin. Bonne protection contre la maladie aiguë orale et respiratoire dans la plupart des cas, sans prévention de l'infection ni de l'excrétion [1] ; protection partielle contre la maladie, ni contre l'infection ni contre le portage, pour la WSAVA [33]. Une revue de 2006 jugeait les vaccins très efficaces sur la majorité de la maladie clinique, avec des échecs occasionnels et, pour les vaccins vivants, une maladie vaccinale occasionnelle [173]. En inoculation expérimentale par voie orale, qui n'est pas la voie de vaccination, toutes les souches vaccinales testées dans une étude californienne de 1995 provoquaient une maladie aiguë et une excrétion orale prolongée [121].

Vaccins autorisés en France au 20 octobre 2026. L'Index ANSES-ANMV recense 17 spécialités avec une valence calicivirus, toutes pour le chat, sur ordonnance, injectables, aucune intranasale ni monovalente [55]. Elles reposent soit sur la souche F9 vivante atténuée (Feligen CR, CRP et CRP/R, Nobivac Ducat, Nobivac Tricat Trio, Versifel CVR, Leucofeligen FeLV/RCP et les cinq Nobivac NXT autorisés en juillet 2026), soit sur les souches 431 et G1 inactivées sans adjuvant (les cinq Purevax) [55, 60]. Fevaxyn Pentofel, dernière spécialité européenne trouvée à souche 255 inactivée, n'est plus disponible : son autorisation a été retirée à la demande du titulaire, le 4 octobre 2024 selon la base de produits de l'Union [60, 3]. Quant aux RCP, la plupart promettent la réduction des signes cliniques, ceux de Feligen parlant d'immunisation active ; Versifel CVR revendique aussi la réduction de l'excrétion, « non démontrée » au début de l'immunité, et les RCP Purevax lus (versions 2022-2023) l'indiquent en rubrique 5 pour la mise en place de l'immunité et pendant un an, alors que Nobivac Tricat Trio écrit « prévenir » pour la panleucopénie [55, 56]. Le détail par spécialité figure en annexe ; les RCP des Nobivac NXT n'ont pas été lus, et les versions archivées des RCP centralisés peuvent différer des versions en vigueur.

Souches et protection croisée. La protection croisée reste incomplète, aucune souche vaccinale ne couvrant la diversité des isolats de terrain [1, 33]. Un antisérum de haut titre, mis en commun chez quatre chats EOPS ayant reçu à deux reprises dix doses d'un vaccin F9 dans une étude de sécurité du fabricant, neutralisait 97 % des isolats européens (titres 1:4 à 1:5 792), mais 26,5 %, 35,7 % et 50 % seulement à 5, 10 et 20 unités d'anticorps [86, 93]. Au Royaume-Uni, l'antisérum F9 neutralisait 87,5 % de 40 isolats et l'antisérum 255 en neutralisait 75 % (dilution d'au moins 1:2), mais 25 % et 15 % seulement à 20 unités d'anticorps, et, sur 1 206 chats, les vaccinés avaient un risque réduit d'être positifs [92]. Entre 2001 et 2013-2014, aucune dérive génétique ni antigénique par rapport à F9 n'est apparue, 97 et 100 % des isolats étant neutralisés à 1:8, dans une étude financée par un fabricant de vaccins F9, qui reprend des isolats des deux études précédentes et l'antisérum de la première [93] ; la distance médiane entre F9 et des isolats récents (39,2 %) est proche de celle des isolats entre eux (40,1 %), selon une autre étude financée par un fabricant de vaccins F9 [32]. D'autres travaux, non lus, montrent des antisérums de souches plus récentes neutralisant davantage d'isolats, et l'ABCD attribue la divergence aux populations et aux méthodes [1]. La combinaison G1 et 431, en une injection, protégeait mieux que chaque souche seule 32 chatons EOPS (dont 8 témoins, quatre par souche d'épreuve et par groupe, des groupes trop petits pour chiffrer un écart), avec une corrélation modérée entre titres neutralisants et protection, et la protection hétérologue d'un vaccin bivalent inactivé, souches systémiques comprises, suivait la neutralisation croisée in vitro, dans deux études d'un même fabricant [94, 98]. Les antisérums de chats vaccinés avec un vaccin trivalent japonais neutralisaient in vitro 50 des 58 isolats (86,2 %), contre 37 et 25 pour deux vaccins commerciaux [106]. Associé à une souche systémique, un vaccin inactivé américain a évité la forme systémique chez ses 20 chatons vaccinés, les 9 témoins étant tous malades, après une épreuve par cette même souche, la seule réalisée ; ses antisérums neutralisaient 30 des 43 isolats testés, contre 10 pour un vaccin à souche unique, dans une étude du fabricant [104]. Ni ce vaccin ni le vaccin japonais ne sont disponibles en Europe [1]. En Chine, d'après l'ABCD, sur 516 chats présentant des signes compatibles, les chats correctement vaccinés avec des vaccins à souche 255 étaient environ 2,9 fois moins souvent infectés, efficacité que les auteurs jugent pourtant insatisfaisante [1]. La date d'isolement de F9 varie selon les sources : années 1950 [1], 1958 selon une étude australienne qui cite un travail de 1999 [163], 1950 [3].

Comparaisons entre vaccins. Les comparaisons directes entre Leucofeligen (F9 vivant) et Purevax RCP FeLV (431 et G1 inactivés) ont été menées par le fabricant du premier. Chez 30 chatons EOPS, dans une étude randomisée mais non aveugle, le premier vaccin faisait mieux sur la température et l'excrétion à J8, J9 et J11 ; pour le score cumulé, seul ce vaccin différait significativement des témoins, sans différence significative entre les deux vaccins [96]. Une seconde étude porte sur une seule injection, avec épreuve à trois semaines [97]. Le fabricant du second rapporte, pour un vaccin de la même gamme sans valence leucose, une protection une semaine après la seconde injection de primovaccination [99], et pour Purevax RCPCh FeLV une durée de trois ans après le rappel d'un an, portant sur la fréquence des formes sévères, sans réduction de l'excrétion [100]. Aucune comparaison indépendante n'a été trouvée.

Durée et début d'immunité. Un vaccin inactivé adjuvé conférait une protection partielle 7,5 ans après la vaccination chez des chats EOPS gardés à l'abri (efficacité relative 63 %, 9 vaccinés contre 8 témoins, dix-sept chats sur lesquels ce pourcentage reste fragile), sans prévention de l'infection ni de l'excrétion [174]. Un vaccin vivant américain protégeait contre les ulcères buccaux 20 chats sur 20 trois ans après la primovaccination, les 10 témoins étant tous atteints, l'excrétion n'étant pas mesurée, dans une étude financée par le fabricant [103]. Pour Nobivac NXT HCPChFeLV, seul produit de la gamme testé, le fabricant rapporte une réduction des signes une semaine après la seconde injection et trois ans après la primovaccination suivie d'un rappel à un an, mais seulement une tendance à un an (p = 0,0894), l'excrétion étant réduite aux trois échéances [102]. Un vaccin F9 vivant réduisait chez des chats EOPS les scores cliniques, la température, les protéines de phase aiguë, les charges et la durée de l'ARNémie après la première de deux épreuves hétérologues, sans signe ni excrétion après la vaccination elle-même ; après la seconde, faite un an plus tard sur des chats déjà infectés, aucune différence n'a été mise en évidence [35]. Protecteurs en quatre à six jours, les vaccins vivants intranasaux ne sont plus disponibles en Europe [33, 1].

Forme virulente systémique. Dans de nombreuses épidémies, la vaccination n'a pas protégé, alors qu'une protection partielle a été montrée expérimentalement [1, 22, 23]. Devant des cas chez des chats à jour de leur vaccination, un changement de souche vaccinale est la piste que proposent l'ABCD et la WSAVA [1, 33] ; les échecs vaccinaux relevés dans les épidémies sont détaillés plus haut (voir § 5).

Effets indésirables. La boiterie fébrile figure, comme très rare chez le chaton, dans les RCP de Feligen CRP et CRP/R, Nobivac Ducat, Nobivac Tricat Trio et Leucofeligen ; Versifel CVR la cite comme rare ; les RCP Purevax RCPCh et RCPCh FeLV (versions 2022) rapportent, d'après la pharmacovigilance, des boiteries 1 à 3 semaines après un rappel chez l'adulte, sans les attribuer à une valence ; elle n'apparaît pas dans les autres RCP lus [55, 56]. L'ABCD de 2023 rapporte l'hypothèse d'une réaction d'hypersensibilité de type III, mais estime que la co-infection par un virus de terrain, ou rarement par le virus vaccinal, semble en être la cause principale [175]. Les vaccins vivants gardent un pouvoir pathogène résiduel en cas d'aérosol ou de léchage d'un vaccin répandu sur le pelage ; la WSAVA déconseille de chasser les bulles de la seringue, et le RCP de Nobivac Ducat demande d'éviter l'aérosol et d'empêcher le léchage du site [33, 55, 1]. L'hypothèse d'une maladie rénale chronique liée aux vaccins cultivés sur cellules rénales félines n'est pas démontrée [33, 1].

Calendriers comparés. Âges et intervalles seulement : un calendrier n'est pas une dose, et le schéma se décide pour chaque chat.

Source Première injection Primovaccination Rappel suivant Adulte
RCP français (F9 vivant et inactivés) [55, 56]8 semaines (Purevax, Leucofeligen, Nobivac Ducat), 8-9 semaines (Feligen, Tricat Trio), 9 semaines (Versifel CVR, avec un schéma pour les plus jeunes)2e injection 3 à 4 semaines plus tard ; 3e à partir de 15 semaines « peut être appropriée » si anticorps maternels suspectés (Feligen CRP et CRP/R, Leucofeligen) ; Purevax : primovaccination retardée à 12 semaines si anticorps maternels élevés attendusun an après la primovaccinationannuel pour les vaccins F9 ; Purevax : tous les trois ans au plus après le premier rappel
ABCD 2022, texte [1]vers 9 semaines2e injection 2 à 4 semaines plus tard, pas avant 12 semaines ; 3e à 16 semaines à envisager en situation à risque10 à 16 mois pour tousannuel en situation à risque, jusqu'à tous les trois ans à faible risque
ABCD 2022, tableau 1 [1]8-9 semaines12 puis 16 semaines10 à 16 moisannuel, ou jusqu'à tous les trois ans à faible risque
WSAVA 2024, texte [33]6 à 8 semainestoutes les 2 à 4 semaines jusqu'à 16 semaines ou plus26 semaines ou plustous les trois ans ou plus à faible risque, jusqu'à annuel à risque
WSAVA 2024, tableau 2 [33]pas avant 6 semainestoutes les 3 à 4 semaines jusqu'à 16 semaines ; en situation très à risque, toutes les 2 à 3 semaines jusqu'à 20 semainesvers 6 mois plutôt qu'à 12-16 moisidem
AAHA et AAFP 2020 [46]pas avant 6 semainestoutes les 3 à 4 semaines jusqu'à 16-20 semainesvers 6 mois plutôt qu'à un antous les trois ans
LOOF 2019 [59]non préciséau moins 2 injections à 2-4 semaines d'intervalle, la dernière après 12 semainesun an plus tardtous les trois ans

Deux documents se contredisent eux-mêmes : le texte et le tableau de l'ABCD ne placent pas la troisième injection dans les mêmes situations, et le texte et le tableau de la WSAVA ne donnent pas le même intervalle [1, 33]. Un essai de terrain comparant une vaccination à 6, 9 et 12 semaines au schéma à 9 et 12 semaines ne montrait pas de différence de réponse en anticorps à 12 et 15 semaines d'âge, une partie significative des chatons vaccinés à 6 semaines répondant dès 9 semaines ; ce résultat est sérologique, sans épreuve, et deux coauteurs appartenaient au fabricant du vaccin [85]. Pour un adulte au statut inconnu, l'ABCD et la WSAVA prévoient deux injections à 2-4 semaines d'intervalle, puis un rappel un an plus tard avec les mêmes souches ; l'ABCD précise que les deux injections valent même avec un vaccin vivant [1, 33]. La WSAVA propose, avant une pension, un rappel FCV-FHV une à deux semaines à l'avance, et note que des vaccins bivalents FCV-FHV permettent de séparer le rythme de ces valences de celui du parvovirus ; quatre spécialités bivalentes figurent à l'Index [33, 55].

10. Élevage et collectivités

Principes. L'ABCD propose de réduire la taille des groupes, de limiter les introductions, de mettre les nouveaux venus en quarantaine, de séparer les malades, de désinfecter avec un produit actif sur le FCV, de laver le linge à 60 °C ou plus, de passer aux rappels annuels et de changer de souche vaccinale si la maladie persiste ; des groupes stables et isolés de trois chats au plus réduisent les problèmes, et l'élimination du virus d'un groupe est jugée très difficile [1]. Pour les refuges, elle recommande au plus trois chats par pièce, un logement individuel hors chats d'un même foyer, la séparation des chiens et des chats, la lutte contre les puces, l'identification de l'agent en cas de coryza et la vaccination rapide des entrants sains, de préférence par vaccins vivants pour leur protection plus précoce [52, 1]. L'ordre des soins va des animaux sensibles aux adultes vaccinés, puis à la quarantaine et enfin aux malades, sans retour vers les sensibles [52].

Une divergence de contexte. Les recommandations américaines de l'ASV (2022) ne conseillent pas de quarantaine systématique des animaux sains à l'admission en refuge, la réservant aux animaux exposés à haut risque, isolent les malades, privilégient le logement à deux compartiments et vaccinent dès quatre semaines, puis toutes les deux semaines jusqu'à 20 semaines, y compris en refuge les animaux malades ou les femelles gestantes [176]. La WSAVA vaccine tous les animaux à l'entrée avec des vaccins vivants, dès un mois puis, si les moyens le permettent, toutes les deux à trois semaines jusqu'à cinq mois, et note qu'un jour de retard peut accroître le risque [33] ; l'AAHA et l'AAFP commencent à quatre semaines au plus tôt, puis toutes les deux semaines jusqu'à 16-20 semaines [46]. La quarantaine de trois semaines vise un élevage ou un foyer indemne, la position de l'ASV un refuge à fort renouvellement.

Transmission en refuge. Selon l'ABCD, la propagation des agents respiratoires peut commencer dès la première semaine après l'arrivée de nouveaux chats [52]. Pour le FCV lui-même, la fréquence d'isolement ne variait pas avec la durée de séjour dans huit refuges californiens, contrairement à celle de l'herpèsvirus [115], et elle ne passait que de 11 à 15 % en une semaine dans une autre série, où il était l'agent le moins susceptible de se propager [116]. Un refuge britannique suivi quinze mois suggère que la plupart des souches venaient de la communauté sans se transmettre à l'intérieur, une transmission interne n'étant suspectée que pour 3 souches sur 16 [110] ; les isolats d'un même box divergeaient de moins de 5 %, ceux de boxes différents le plus souvent de plus de 20 % [114]. Une phéromone faciale de synthèse n'a montré d'effet ni sur le stress ni sur l'incidence des infections respiratoires dans deux refuges américains, d'après l'ABCD qui cite une étude non lue ici [1].

Chatterie. La maladie touche surtout les chatons de 4 à 8 semaines ; la vaccination de la reproductrice augmente les anticorps du colostrum et du lait pour environ le premier mois sans empêcher l'excrétion ; rappel avant la saillie, aucune vaccination pendant la gestation, les vaccins vivants n'étant pas autorisés chez la chatte gestante et un vaccin inactivé ne se discutant qu'à titre exceptionnel ; mise bas isolée, portée tenue à l'écart jusqu'à la fin de sa vaccination [1]. Aucun des RCP lus n'autorise la vaccination de la chatte gestante, Purevax compris, ses valences FHV et FPV étant vivantes [55, 56]. Pour les portées de reproductrices déjà touchées, l'ABCD décrit une vaccination dès l'âge minimal des AMM, six semaines, voire plus tôt, répétée toutes les deux semaines jusqu'à 12 semaines si les anticorps maternels sont trop bas, et son tableau 1 propose en situation à risque de commencer à 4-6 semaines [1] ; le LOOF décrit une vaccination dès six semaines voire avant, toutes les deux semaines, la dernière après 16 semaines si nécessaire [59]. Ces schémas sortent du calendrier des RCP lus, qui commencent en général à huit semaines ou plus, le RCP de Versifel CVR prévoyant un schéma avant 9 semaines sans âge minimal et celui de Nobivac Ducat précisant que la vaccination à six semaines ne pose pas de problème d'innocuité [55]. Ancien recours ultime, le sevrage précoce en isolement n'est pas recommandé par l'ABCD, qui le juge sans preuve d'efficacité et source de stress et de troubles du comportement [1]. L'ABCD conseille aussi d'éviter le contact entre des chatons privés de colostrum et des animaux récemment vaccinés avec un vaccin vivant, qui peuvent excréter la souche vaccinale [175].

Foyer de forme systémique. Chaque chat exposé est à risque, aucune durée de quarantaine n'est définie, la vaccination ne peut être supposée protectrice, la transmission indirecte par les personnes et les objets doit être envisagée, et des cliniques ont fermé leurs portes aux chats pendant au moins un mois [1]. À Nantes, les mesures prises le 10 octobre 2011 ont arrêté immédiatement les contaminations, pour un coût estimé à 50 000 euros [62]. La fiche du LOOF présente les refuges comme le creuset d'où peut émerger un variant hautement pathogène, opinion non référencée dans le document [59].

11. Persistance dans l'environnement et désinfection

Le FCV, substitut du norovirus. Une large part des données d'inactivation vient de la littérature hospitalière et alimentaire, où le FCV, souche F9 le plus souvent, sert de substitut du norovirus humain, difficile à cultiver [29, 82]. Le norovirus murin, stable de pH 2 à 10 alors que le FCV est rapidement inactivé sous pH 3 et au-dessus de pH 9, a été jugé un substitut pertinent par sa parenté avec le norovirus et sa résistance à l'acidité [177], voire plus représentatif [84]. Pour le chat, ces essais restent pertinents, mais leur transposition aux souches de terrain est incertaine. Six isolats différaient d'environ 3,0 à 7,4 log de réduction à 52 °C, d'après une étude rapportée par une revue, étude qui trouvait par ailleurs une stabilité thermique semblable entre souches virulentes et ordinaires [80, 84] ; une revue italienne juge les souches de terrain généralement plus résistantes que les souches vaccinales [3] ; et des souches de terrain n'ont laissé que de l'ARN dans une animalerie, avec au plus des traces douteuses de virus réplicatif (quatre surnageants faiblement positifs en RT-qPCR, sans effet cytopathique) [63].

Survie. Pour l'ABCD, l'infectiosité persiste un mois au plus sur surface sèche à température ambiante, plus longtemps à basse température et en milieu humide [1]. En suspension, l'inactivation est inférieure à 1 log en deux semaines à 4 °C, de 3 log en une semaine à 20 °C, et de 3 log en une minute à 71,3 °C [178] ; à l'état sec, le FCV ne survit pas un jour à 37 °C [69]. Séché sur des objets à température ambiante, F9 restait infectieux jusqu'à 3 jours sur les touches et combinés de téléphone, 1 à 2 jours sur une souris, 8 à 12 heures sur un clavier [67] ; sur moquette, à 25 °C, de 1 jour (nylon, 70 % d'humidité) à 15 jours (laine, 30 %), contre 3 jours au plus sur verre, une humidité relative de 30 % étant plus favorable que 70 % [179], ce qui ne contredit pas forcément l'ABCD, l'humidité de l'air et une surface mouillée n'étant pas la même chose. Dans l'animalerie suisse, sans désinfection, l'ARN restait détectable au moins 28 jours après la fin de toute excrétion (dernier positif à J106) sur les gamelles, la zone de passage et une fois sur le pelage, le filtre de ventilation n'étant positif que tant que des chats excrétaient, sans virus réplicatif mis en évidence [63].

Désinfectants, d'après des essais le plus souvent in vitro (concentrations d'essai, non des modes d'emploi) :

Recommandations d'usage. L'ABCD conseille des produits testés contre les norovirus ou selon des protocoles normalisés (DVG, VAH, CEN, EPA) [1, 34], et en refuge des désinfectants testés contre le parvovirus et le FCV [52]. Aucune donnée d'efficacité sur des souches de terrain françaises n'a été trouvée.

12. Zoonose et autres espèces

L'ABCD écrit que l'homme n'est pas sensible à l'infection, en 2022 comme dans sa version de 2025, qui ajoute une rubrique selon laquelle aucune donnée ne montre d'infection humaine : les deux formules coexistent [1, 34]. Aux Pays-Bas, une RT-PCR générique des vésivirus, validée sur 69 souches dont des FCV, n'a rien détecté dans 1 493 prélèvements humains d'étiologie inexpliquée, sans recherche d'anticorps [71]. Aux États-Unis, des anticorps contre des vésivirus d'origine marine ont été trouvés chez 12 % de donneurs de sang et jusqu'à 47 % de malades atteints d'hépatite post-transfusionnelle ou de dialyse, et 11 sérums sur 112 portaient de l'ARN apparenté [187] ; en 2009, ces résultats n'avaient pas été confirmés par un autre laboratoire [71]. Hom-1, issu d'un virus d'otarie transmis accidentellement à un chercheur en laboratoire, reste en 2017 le seul cas publié d'isolement d'un vésivirus chez un humain [188] ; une autre infection humaine, chez un biologiste travaillant avec des mammifères marins, est rapportée [71]. In vitro, le FCV se fixe sur des cellules humaines sans les infecter, seule l'expression de la JAM-1 féline ayant permis leur infection, alors que deux souches infectaient de façon productive des cellules de singe par la JAM-1 simienne [109]. Le profil de l'ICTV rappelle que les calicivirus causent des infections propres à leur espèce [28], et le FCV est appliqué depuis des années sur les mains de volontaires pour tester des solutions hydroalcooliques [82, 83].

En dehors des félidés sauvages, aucun réservoir ni hôte alternatif n'est connu [1]. Des virus apparentés ont parfois été isolés chez le chien, avec un rôle probablement non significatif [1] ; le contact avec des chiens était associé à l'isolement du FCV dans une étude britannique, sans que cette association prouve un rôle du chien [40]. Une épidémie sévère a été décrite chez des félins captifs d'un zoo américain [141]. Le rôle vecteur des puces repose sur une étude expérimentale : le virus restait infectieux huit jours dans les déjections de puces nourries de sang contaminé, qui ont infecté 4 chatons EOPS sur 4, l'exposition aux puces seules en infectant 1 sur 4 [64] ; huit chatons de laboratoire montrent que cette transmission est possible, sans mesurer sa part sur le terrain.

13. Controverses

1. Anticorps et protection. Deux formules dans le même texte de l'ABCD, en 2022 comme en 2025 : prédiction possible avec prudence, valeur prédictive limitée [1, 34] ; même double position dans son texte sur les tests d'anticorps [50] ; la WSAVA, l'AAHA et l'AAFP, et la fiche de l'ABCD de 2025 écartent les anticorps de la décision vaccinale [33, 46, 39]. 2. Le FCV cause-t-il la gingivostomatite ? Association répétée, causalité non démontrée [14, 16, 17, 18]. 3. Marqueur de virulence systémique. Aucun motif commun dans les premières études [80, 2], puis une proposition par des auteurs d'un fabricant [101], non confirmée sur trois épidémies australiennes [23]. 4. Vaccination et forme systémique. Échecs nombreux [22, 21, 23] contre données de chats mal vaccinés [1, 91] ; contradiction interne coréenne [134]. 5. Vaccination et excrétion. Réduction modérée, absence d'effet ou allongement selon les études [1, 25, 31, 100]. 6. Souche F9 ou souches récentes. Les deux camps comptent des études liées à des fabricants [86, 93, 32, 94, 98, 1]. 7. Excrétion continue ou intermittente. Le modèle d'une excrétion plus ou moins continue du porteur, posé dans les années 1970 [25, 66] et encore repris en 2000 et 2001 [40, 85], cède devant la mise en évidence des intermittents [25, 24]. 8. Excrétion après vaccin vivant. Positifs chez des adultes exposés [26], aucun chez des chatons EOPS [35] : populations, voies et tests différents, résultats compatibles. 9. Site et conservation. Pharynx et langue nettement supérieurs à la conjonctive [38], contre une étude antérieure citée par les mêmes auteurs ; conjonctive proposée en premier par le texte de l'ABCD et déconseillée par sa fiche, toutes deux en 2025 [34, 39] ; conservation à −70 °C défavorable [43] ou indifférente à −20 °C [36]. 10. Durée de la boiterie. 24 à 48 heures sans référence [1], une dizaine de jours à huit mois dans les cas publiés [12, 13]. 11. Origine des épidémies systémiques. Refuges et hôpitaux [2, 61, 23] ou circulation extérieure [74]. 12. Quarantaine. Trois semaines avant d'introduire un chat dans un foyer ou un élevage indemne pour l'ABCD et le LOOF [1, 59], au moins trois semaines en refuge quand le logement n'est pas idéal pour l'ABCD [52], pas de quarantaine systématique des sains à l'admission en refuge pour l'ASV [176]. 13. Survie de l'environnement. Durées tirées de F9 déposée artificiellement [69, 67] contre absence de virus réplicatif avec des souches de terrain [63] ; résistance supérieure des souches de terrain selon une revue [3]. 14. Peroxyde d'hydrogène accéléré. Concentration retenue par l'ABCD [1] contre concentration efficace sur le FCV dans l'étude source [180]. 15. Mortalité de la forme systémique. Environ 30 à 70 % selon l'ABCD [1], « 22 à 86 % » selon deux publications [3, 20], dont l'étude citée donne en réalité 0 à 86 % selon l'épidémie [23].

14. Limites de cette revue

Cette revue est narrative et non systématique, conduite par une seule équipe. Sur 191 sources citées, 93 ne l'ont été qu'en résumé, 15 en lecture partielle ou ciblée et 83 en texte intégral, dont 59 lues en entier lors de la seule vérification. Parmi les sources lues en résumé figurent la plus grande épidémie de forme systémique [21], la comparaison suisse des RT-qPCR [36], l'enquête sur 218 collectivités européennes [88], la plupart des épreuves vaccinales [94, 97, 98, 99, 100] et deux essais contre placebo [57, 89]. Quelques pages ont été lues à l'aide d'un outil de lecture, les passages décisifs étant demandés mot pour mot [72, 79, 85, 92]. Deux textes n'ont pas pu être rouverts lors de la vérification, derrière un défi anti-robot, et leurs chiffres reposent sur une seule lecture : la revue britannique sur l'herpèsvirus [4] et la thèse d'Alfort [73]. Les RCP des vaccins à autorisation centralisée ont été lus dans des versions archivées de 2022-2023, qui peuvent différer des versions en vigueur, et ceux des Nobivac NXT n'ont pas été lus [56, 60]. La thèse la plus prometteuse pour les données de refuges français (Lemonnier, 2022) n'a pas pu être ouverte.

Plusieurs chiffres ne sont connus que par la source qui les cite : la boiterie de 1983, la série chinoise de 516 chats, l'épidémie zurichoise de 2016, l'étude sur la phéromone et une partie des antiviraux in vitro, par l'ABCD [1] ; l'incubation de 2 à 10 jours et l'origine des épidémies, par l'ABCD et une revue britannique qui citent une revue de 2003 lue en résumé [1, 2, 123] ; les seuils de titre de 1975, par une équipe suisse [35] ; la mortalité de deux épidémies allemandes, par l'article nantais [62, 190]. Les écarts entre une recommandation et la source primaire qu'elle reprend, chiffre ou date, ont été tranchés en faveur de la source primaire ; de même, le chiffre de mortalité que deux publications prêtent à l'étude australienne est remplacé par celui de l'étude [3, 20, 23].

Données absentes. Manquent une prévalence par PCR en population générale, en chatterie ou en refuge français, une mortalité chiffrée par âge pour la forme classique, une mesure de la sensibilité de la RT-PCR chez le chat vacciné ou chez le chaton porteur d'anticorps maternels, un seuil de Ct validé, un nombre de tests négatifs permettant de déclarer un chat non porteur, une évaluation publiée d'un test antigénique rapide commercial, des données de désinfection sur des souches de terrain françaises et une comparaison indépendante entre vaccins.

15. Conclusions

16. Annexe : tableaux

Prévalences publiées

Dénominateurs, recrutements et méthodes diffèrent : les valeurs ne se comparent pas sans revenir à la source. TI = texte intégral lu ; P = lecture partielle ; R = résumé seul.

Étude Pays Population Méthode n Positifs Accès
Coyne 2012 [31]Royaume-Unicliniques tirées au sortisolement1 468 ; 1 3509,3 % ; 11,0 %TI
Afonso 2017 [86]6 pays européens dont la Francecliniques tirées au sortisolementnon lu9,2 % (IC 7,8-10,8)P
Hou 2016 [32]5 pays européens dont la Francecommoditéisolement40922,2 % (16,2 % sains ; 34,2 % malades) ; région parisienne 27/102TI
Berger 2015 [5]Suisse24 cliniques, suspects et sainsRT-qPCR et isolement200 ; 10045 % ; 8 %TI
Fernandez 2017 [8]Espagne30 cliniques, malades et témoinsPCR35840,2 % ; témoins 15,3 %TI
Chan 2023 [24]Royaume-Unicohorte de jeunes chats de compagnie, non sélectionnés sur la santéRT-qPCR, écouvillon du propriétaire43013,3 %TI
Binns 2000 [40]Royaume-Unicommoditéisolement62226 %TI
Helps 2005 [88]Europe218 collectivitésPCR1 74847 % (collectivités avec coryza en cours) ; 29 % (sans)R
Holst 2005 [117]Suède22 chatteries, chats sains, prélèvement uniqueisolement1522,6 %TI
Zicola 2009 [113]Belgiquerefuge, quarantaine d'entrée, un prélèvement par chatRT-PCR sur surnageant de culture29943,1 % (dont 33,1 % sans herpèsvirus, seul chiffre du résumé)TI
Coyne 2007 [110]Royaume-Unirefuge, chats recrutés sur 15 moisisolement, 3,7 écouvillons par chat11628 % des chats ; 13,8 % des 428 écouvillonsTI
Bannasch 2005 [115]États-Unis8 refugesisolement573 (576 au tableau)28,1 % au total ; 13 à 36 % (résumé) ; 0 à 67 % par refuge (résultats)TI
Pedersen 2004 [116]États-Unisentrée en refugeisolement16211 % (17/162)TI
Coyne 2006 [25]Royaume-Uni5 colonies vaccinéesisolement5 colonies ; profils sur 79 chats de 3 colonies0 à 91 % selon la visiteTI
Kim 2020 [37]Corée du Sudchats errants sainsisolement et RT-PCR1202,5 %TI
Acar 2025 [156]Turquiechats sains, cohorte publiée aussi dans [154]PCR ; PCR et isolement [154]7627,63 % ; 38,16 % avec l'isolementR
Hellard 2011 [118]France (Nord-Est)15 populations non vaccinéessérologie49286,52 % (sans propriétaire) ; 77,18 % (avec)R

Épidémies de forme virulente systémique

Mortalité recopiée telle qu'écrite ; « morts » comprend les euthanasies quand la source les regroupe. L'épidémie du Missouri de 1995-1996 n'y figure pas : son résumé ne décrit pas de forme systémique [133].

Année Publication Lieu Cadre Effectif Mortalité telle qu'écrite Vaccination Accès
1998Pedersen 2000 [22]Californieclinique privée, animalerie6 chats de terrain, chaton index, 4 chats de laboratoire33 à 50 % selon les groupes (résumé)tous les chats de terrain vaccinésTI
2001Schorr-Evans 2003 [61]Massachusettsclinique privée2432 % (résumé) ; 6/24 morts ou euthanasiés pour pronostic, plus 3 euthanasies préventives (discussion) ; 9/24 au tableaupresque tous vaccinésTI
2002 (d'après la synthèse nantaise)Hurley 2004 [21]Los Angelescliniques et association (d'après la synthèse nantaise)5440 % (résumé) ; 65 % (synthèse nantaise)beaucoup vaccinésR
2003Coyne 2006 [189]Angleterre (Staffordshire, d'après la synthèse nantaise)deux foyers voisins5 chats, 4 malades1 euthanasié, 2 mortsnon préciséR
2005Reynolds 2009 [72] ; Stevenin 2008 [90]Toulousehôpital universitaire82 euthanasiés, 3 mortsdossiers surtout indisponiblesP
2005 selon la synthèse nantaiseSchulz 2011 [190]Allemagnerefuge (Hesse) ; hôpital universitaire (Bavière)55 et 4« élevée » (résumé) ; 22 % et 75 % selon la synthèse nantaisenon préciséR
2010-2015Olivier 2017 [74]Toulouse11 événementsenviron 21 d'après la chronologie de la thèsenon séparée de 2005 dans la thèse : 9 morts sur 26 chats, épidémie de 2005 comprise65 % non ou mal vaccinés sur ces 26 chats, 2005 comprisTI
2011Deschamps 2015 [62]Nantesurgences et soins intensifs1411/14 (8 euthanasiés, 3 morts)4 vaccinés, 6 non, 4 inconnusTI
avant 2013Battilani 2013 [191]Bolognerefuge, cas isolé FIV positif1mort 7 jours après la présentationrefuge vaccinant chaque année ; statut du chat non donnéTI
avant 2016Willi 2016 [91]Suisse, Liechtensteinnon épizootique11une portée et 2 adultes mortsbeaucoup non ou mal vaccinés (selon l'ABCD)R
2015 ; 2017 ; 2018Bordicchia 2021 [23]Sydney ; Ipswich ; Canberrahôpitaux de premier avis7 ; 12 ; 46/7 ; 3/12 ; 0/4 ; au total 9/23 (39 %)19 complets, 1 incomplet, 1 non vacciné, 2 inconnusTI
2017 ; 2018Devedeix 2019 [73]Alforthôpital universitaire17 (12 systémiques) ; 8 (6)24 % et 25 % ; létalité 33 % chacunemajorité vaccinésP
2018Park 2024 [134]Corée du Sudhôpital de référé18, dont 11 confirmés par RT-qPCR13/18 (72,2 %)6 vaccinés depuis moins de trois ans, 8 insuffisamment, 4 non vaccinés ou de statut inconnuTI
2020Nishisaka 2025 [137]île d'Aoshima, Japonchats errants, forme atypique9 hospitalisés, sur environ 100 chats10 morts selon les auteurs (4, puis au moins 5 cadavres, puis 1 hospitalisée)non vaccinés selon les auteursTI
non préciséeDuclos 2024 [20]Irlandechat de foyer1guérivaccinéTI
2024Magliocca 2025 [135]Italieélevage de Maine Coon1 chaton de 20 joursmortchaton non vacciné, mère vaccinéeTI

Études diagnostiques

Étude Pays Méthode évaluée (référence) Prélèvement Effectif Résultat Accès
Abd-Eldaim 2009 [45]États-UnisRT-qPCR TaqMan (isolement)nez, conjonctive, oropharynx102 malades, 20 EOPS30/30 positifs, 72/72 négatifs concordants ; limite ≈ 70 copiesTI
Meli 2018 [36]Suissedeux RT-qPCR directes et après culture (positif composite)écouvillons, cytobrosses300, très probablement les chats de [5]direct 81 et 77 % ; après culture 84 et 81 % ; combinaison jusqu'à 96 %R
Schulz 2015 [38]AllemagneqRT-PCR sur 4 sitespharynx, langue, nez, conjonctive10492,3 ; 90,4 ; 69,2 ; 38,5 % des 52 positifsTI
Veir 2008 [155]États-Unisdeux RT-PCR conventionnelles et isolementnez, oropharynx61 à 650 puis 1 positif ; faible circulation selon les auteursTI
Sykes 1998 [157]AustralieRT-PCR (culture)conjonctive8 chats, 144 écouvillons19/144 contre 16/144 ; mauvaise corrélation aux signesR
Sykes 2001 [43]Australiemultiplexconjonctive, oropharynx104 foyers0/31 à −70 °C, 10/73 à 4 °C ; aussi sensible in vitro que les tests simplesR
Marsilio 2005 [152]ItaliePCR nichéeœil, pharynx47 chats18/47 et 23/40R
Kim 2020 [37]Corée du Sudnouvelle et ancienne RT-PCR (isolement)écouvillons1225/5 contre 0/5TI
Zicola 2009 [113]Belgiquedeux couples d'amorces RT-PCR sur surnageant de cultureoropharynx299116 positifs (gène p30) contre 79 (capside)TI
Khamsingnok 2024 [44]ThaïlandeRT-LAMP, PCR nichée, conventionnelle (sans étalon)oropharynx54 écouvillons17 contre 1TI
Phongroop 2023 [153]ThaïlandeRT-qPCR à analyse de fusion (RT-PCR conventionnelle)nez, oropharynx, poumon64 prélèvements (66 annoncés)33 contre 25 ; 8 discordants à Ct 33-35TI
Acar 2025 [154]TurquiePCR nichée et isolement3 sites et le sang107 chats, cohorte publiée aussi dans [156]isolement 21 ; combinaison 47R
Litster 2015 [108]États-Unispanel qPCR commercial (isolement, culture)3 sites18 chats, 54 écouvillonsconcordance FCV 98,1 % (53/54), avec 2 chats positifs en PCR et 1 en isolementR
Burns 2011 [27]États-UnisqPCR contre histologie et immunohistochimiesites regroupés, tissus225 positifs, immunohistochimie négative chez les 5TI
Ruch-Gallie 2011 [26]États-UnisRT-PCR avant et après vaccin vivantnez, pharynx122/69 puis 12/154 prélèvementsTI
Spiri 2021 [35]SuisseRT-qPCR, isolement, ARN sanguinoropharynx, sang10 EOPS, les mêmes que [63]ARN dès J1, jusqu'à J99 ; rien après vaccinTI
Berger 2015 [5]SuisseRT-qPCR et isolementsites regroupés30045 % contre 8 % ; charges plus élevées chez les malades, p = 0,07TI
Druet 2017 [18]Francecharge virale et évolutionoropharynx104 (56 suivis)aucune association hormis ulcères linguauxTI
DiGangi 2011 [51]États-UnisELISA d'anticorps au chevet (séroneutralisation)sérum344Se 90 %, Sp 91 %, VPN 94 % ; kits fournis par le fabricantTI
Lappin 2002 [48]États-UnisELISA d'anticorps (épreuve)sérum72 et 276VPP 100 % chez les vaccinés de laboratoireR
Bergmann 2019 [49]Allemagneneutralisation et ELISAsérum11162,2 et 77,2 % positifs avant vaccinationTI
Radford 2000 [159]Royaume-Unitypage sérologique et séquençageisolats20 échecs vaccinaux20 % proches du vaccin ; concordance 80-95 %R

Essais et études thérapeutiques

Étude Molécule Plan Effectif Résultat principal Lien d'intérêt Accès
Ballin 2014 [57]interféron omégarandomisé, double aveugle, placebo37aucune différence cliniquenon relevéR
Hennet 2011 [58]interféron oméga contre prednisolonerandomisé, double aveugle, comparateur actif39 analyséspas de différence sauf douleur J60 et J90financé par VirbacTI
Matsumoto 2018 [165]interféron omégacomparatif (13 sous interféron, 4 sous corticoïde), randomisation non mentionnée17améliorations intragroupesnon relevéR
Friedl 2014 [89]sérum hyperimmunrandomisé, double aveugle, placebo42amélioration plus précoce, égalité à J7non relevéR
Synowiec 2026 [81]poly(styrène sulfonate) localrandomisé, double aveugle, placebo28baisse de charge plus marquée ; indice buccal amélioré dans les deux groupes, sans différencebrevets, société qui développe la molécule, fonds d'investissementTI
Smith 2008 [170]oligomères antisensfoyers naturels, répartition non décrite dans le résumé112 chatons en 4 essais ; 59 traités et 31 non traités comparéssurvie 47/59 contre 3/31coauteur affilié ailleurs au fabricant, non confirmé sur l'articleR
Cui 2020 [169]nitazoxanideinfection expérimentale32 chatonssignes, charges et excrétion réduits ; 3 décès sur 24 traités contre 1 sur 8non relevéTI
Povey 1978 [167]ribavirine oraleinfection expérimentalenon donnéaucun bénéfice, toxiciténon relevéR
Drazenovich 2009 [87]lysineessai en refuge261pas de réductionnon relevéR

Vaccins autorisés en France contenant une valence calicivirus (Index ANSES-ANMV, 20 octobre 2026)

Spécialité Titulaire Valences Souche FCV Indication FCV (RCP) Début et durée d'immunité FCV Boiterie citée Version lue
Feligen CRVirbacFCV, FHVF9 vivanteimmunisation activenon indiquésnonRCP 15/10/2025, en entier
Feligen CRPVirbacFCV, FHV, FPVF9 vivanteimmunisation activenon indiquéstrès rare, chatonRCP 04/10/2024
Feligen CRP/RVirbacFCV, FHV, FPV, rageF9 vivanteimmunisation activenon indiquéstrès rare, chatonRCP 20/06/2025
Nobivac DucatIntervetFCV, FHVF9 vivanteréduction des signes4 semaines ; 1 antrès rare, chatonRCP 25/04/2023
Nobivac Tricat TrioIntervet InternationalFCV, FHV, FPVF9 vivanteréduction des signes4 semaines ; 1 antrès rare, chatonRCP 15/11/2024
Versifel CVRZoetis FranceFCV, FHV, FPVF9 vivanteréduction des signes et de l'excrétion3 semaines (excrétion non démontrée) ; 1 anrareRCP 21/02/2024
Leucofeligen FeLV/RCPVirbacFCV, FHV, FPV, FeLVF9 vivanteréduction des signes3 semaines ; 1 antrès rare, chatonRCP archivé 2022
Purevax RC, RCP, RCPCh, RCP FeLV, RCPCh FeLVBoehringer Ingelheim Vetmedicaselon la spécialité431 et G1 inactivées, sans adjuvantréduction des signes ; excrétion réduite (rubrique 5)1 semaine ; 1 an, puis 3 ans après le dernier rappelrappel chez l'adulte, très rare (RCPCh et RCPCh FeLV seulement)RCP archivés 2022-2023
Nobivac NXT HC, HCP, HCPCh, HCPFeLV, HCPChFeLVIntervet Internationalselon la spécialité, FeLV par particule d'ARNF9 vivantenon lunon lunon luRCP non lus (autorisés en juillet 2026)

Les sources de cet article

Chaque numéro entre crochets dans le texte renvoie à l'une de ces 191 sources. Nous indiquons pour chacune si nous l'avons lue en entier ou seulement en résumé.

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  3. 3Di Profio F, Carnevale M, Marsilio F, Pellegrini F, Martella V, Di Martino B, Sarchese V (2025). Feline Calicivirus Infection: Current Understanding and Implications for Control Strategies. Animals (Basel) 15(14):2009. doi:10.3390/ani15142009, PMID 40723472 Accès : lecture partielle du texte intégral (PMC12291957)
  4. 4Gaskell R, Dawson S, Radford A, Thiry E (2007). Feline herpesvirus. Vet Res 38(2):337-354. doi:10.1051/vetres:2006063, PMID 17296160 Accès : lecture partielle du texte intégral (PDF HAL hal-00902876, §4, lu à la rédaction ; la vérification n'a pu ouvrir ni HAL ni l'éditeur, derrière des défis anti-robot)
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  56. 56Agence européenne des médicaments. Annexe I (RCP) en versions archivées : Purevax RCP (16/02/2022), Purevax RC (27/03/2023), Purevax RCPCh (21/01/2022), Purevax RCP FeLV (21/02/2022), Purevax RCPCh FeLV (01/12/2022), Leucofeligen FeLV/RCP (20/04/2022), Virbagen Omega (07/06/2023), copies d'Internet Archive Accès : lecture partielle du texte intégral (rubriques 2, 4.2, 4.5 à 4.9, 5 ; versions pouvant différer des versions en vigueur)
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  60. 60Commission européenne. Union Product Database, médicaments vétérinaires (medicines.health.europa.eu/veterinary) : pages produits Purevax RC, RCP, RCPCh, RCP FeLV, RCPCh FeLV, Leucofeligen FeLV/RCP, Nobivac NXT (5 spécialités), Virbagen Omega, Fevaxyn Pentofel et Quatrifel, consultées le 20/10/2026 Accès : lecture partielle du texte intégral (pages produits lues ; RCP non lus, défi anti-robot)
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  1. Rédaction, audit de chaque référence et revue scientifique.

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Cet article décrit l'état des connaissances publiées au 20 octobre 2026. Il ne remplace pas une consultation : le diagnostic, le choix et l'interprétation d'un examen, et tout traitement relèvent du vétérinaire qui examine votre chat.