Vermifuge et antiparasitaire du chien : vers, puces, tiques, à quel rythme selon les consensus, et de quoi ça dépend
Santé À jour au 30 octobre 2026 · 32 sources citées, dont 11 lues en texte intégral
Un comprimé au printemps, une pipette avant les vacances : est-ce assez, est-ce trop ? Le rythme dépend de ce que mange votre chien et de l'endroit où il vit. Voici ce qu'en disent le guide européen de référence et les autorités françaises.
Les vers du chien en France
Les ascaris sont les vers les plus fréquents du chien en France : 8,5 % des 414 chiens d'une enquête de 2017-2018 dans vingt cliniques en excrétaient des œufs, devant les ankylostomes (4,3 % pour le plus courant) et les trichures (2,7 %) [1, 2].
Les ténias se voient mal dans les selles, leurs œufs sortant par vagues, note l'ESCCAP, le groupe d'experts européens, financé par l'industrie de la santé animale, dont les guides font référence chez les vétérinaires [1, 3]. Les échinocoques, minuscules, viennent des rongeurs ou des abats de bétail [1, 4].
Hors de l'intestin vivent Angiostrongylus vasorum, pris en mangeant une limace ou un escargot et trouvé chez moins de 1 % des chiens de l'enquête, et Dirofilaria immitis, transmis par les moustiques dans le sud de la France [1, 2, 5, 6].
Puces, tiques, phlébotomes, et ce qu'ils transmettent
La puce, surtout celle dite du chat, infeste toute l'année d'après les guides européens, et transmet le ténia Dipylidium [7, 8, 1]. Trois tiques dominent en France, Dermacentor reticulatus, Ixodes ricinus et Rhipicephalus sanguineus, en tête aussi des 165 tiques récoltées sur des chiens dans 41 cliniques en 2022 et 2023 [7, 9]. La première transmet la piroplasmose : une enquête auprès de 748 cliniques a compté, pour 2010, un cas clinique pour cent chiens suivis [10, 5]. Ixodes ricinus porte la maladie de Lyme [11, 5]. Rhipicephalus transmet l'ehrlichiose [5, 7].
Au sud, les phlébotomes, des moucherons du soir, transmettent la leishmaniose. L'Institut de veille sanitaire relevait en 2010 de 3 à 28 % de chiens séropositifs selon les lieux, et une extension vers le nord et l'ouest, notée encore en 2019 [12, 13].
Et pour vous, et vos enfants ?
Les ascaris passent à l'humain par des œufs avalés. Un œuf d'ascaris n'est pas contaminant à la sortie du chien : il le devient au bout de quelques semaines dans la terre, où il tient ensuite plusieurs années [1, 14]. Chez l'enfant qui joue dans la terre, la toxocarose atteint parfois l'œil ; sa fréquence en France est mal connue [14, 15].
L'échinococcose alvéolaire est rare et grave : Santé publique France a compté 407 patients hospitalisés pour cette forme de 2006 à 2022. Les hospitalisations baissent, mais le registre national des cas diagnostiqués, lui, est passé de 18 cas en 2006 à 40 en 2022 [16]. Le parasite a été trouvé chez des chiens de villages de l'Est, et des renards porteurs jusque dans le Calvados et la Manche [17, 4]. Ramasser les selles et se laver les mains sont les gestes retenus [1, 14].
À quel rythme traiter : ce que dit le guide européen
Aucun texte français n'impose un rythme. Le guide 1 de l'ESCCAP, septième édition de juin 2025, classe les chiens en quatre groupes [1]. Pour le groupe A, le chien d'intérieur sans contact avec d'autres chiens ni accès aux parcs, il prévoit un traitement une à deux fois par an, ou des analyses de selles au même rythme. Le groupe B, qui sort et croise des congénères, en reçoit quatre par an [1].
Les groupes C et D réunissent les chiens qui chassent, qui mangent des limaces ou de l'herbe, ou qui reçoivent de la viande crue : le guide y prévoit quatre à douze traitements par an, et jusqu'à douze contre les ténias [1]. Là où l'échinocoque du renard circule, il prévoit un traitement toutes les quatre semaines pour un chien qui peut manger des rongeurs [1, 15]. Quand le risque est inconnu, le même guide retient au moins quatre traitements ou analyses par an [1, 18].
Avec un enfant de moins de six ans ou une personne immunodéprimée à la maison, le guide envisage un rythme mensuel [1, 18]. C'est le vétérinaire qui situe votre chien dans ces groupes. Le traitement que vous déclarez, votre carnet vous le rappelle.
Avant la Finlande, l'Irlande, l'Irlande du Nord, Malte, la Norvège ou la Grande-Bretagne, ce traitement est obligatoire, 120 à 24 heures avant l'arrivée : voir notre guide du passeport européen [19, 20].
Le chiot
Le chiot naît souvent infesté par sa mère, par le placenta puis par le lait [1, 18]. Pour lui, le guide 1 de l'ESCCAP (juin 2025) prévoit un premier traitement à deux semaines de vie, répété toutes les deux semaines jusqu'à deux semaines après le sevrage, la mère étant traitée avec sa portée [1, 14]. Produit, dose et âge minimal relèvent du vétérinaire, qui situe votre chien.
Puces et tiques : la saison, ou toute l'année
Pour les tiques, le guide 3 de l'ESCCAP (janvier 2022) prévoit une protection pendant toute leur période d'activité, l'hiver compris pour Dermacentor, et toute l'année pour Rhipicephalus qui vit dans les maisons [8]. Inspecter le pelage chaque jour et retirer vite les tiques accompagne le produit sans le remplacer [8, 7]. Pour les phlébotomes du Midi, la saison court d'avril à novembre d'après l'ESCCAP [5, 7].
Comprimés, pipettes, colliers : ce que chaque forme couvre
Chaque vermifuge a son spectre, certains ne touchant pas les ténias, d'où un choix du vétérinaire d'après les vers visés [1]. Contre puces et tiques, collier, pipette, comprimé ou injection existent, et le guide 3 note que les pipettes perdent de l'effet au bain [8, 21].
Leurs effets indésirables sont rares : entre 2011 et 2015, l'Anses a relevé un effet grave pour 250 000 traitements antiparasitaires externes et un décès pour 650 000 [21]. Pour les vermifuges du chien, elle a reçu 1 161 déclarations entre 2015 et 2021, dont 453 graves ; les colleys et races apparentées, porteurs d'une mutation, y reviennent le plus, d'où les deux précautions de l'Anses : peser le chien, respecter l'espèce visée [22, 21].
Le plus efficace, en pharmacie, naturel : ce qu'on sait
Il n'existe pas de produit « le plus efficace » : tout se juge parasite par parasite, et la durée de protection contre les tiques varie selon l'espèce de tique [1, 8]. Les isoxazolines, une famille vendue en comprimés comme en pipettes, dont les deux premières ont reçu un avis favorable européen en décembre 2013, sont jugées sûres et efficaces pour la majorité des animaux par l'agence américaine du médicament, qui signale des convulsions chez certains chiens [23, 24, 25].
Un antiparasitaire autorisé est un médicament vétérinaire, délivré par un pharmacien ou par le vétérinaire qui suit l'animal, sur ordonnance quand l'autorisation l'exige. Le code de la santé publique excepte de ce monopole les antiparasitaires externes des animaux de compagnie vendus sans ordonnance, qu'une animalerie ou une grande surface peut proposer [26, 27]. Sans boîte ni notice en français, rappelle l'Anses, un produit n'est pas un médicament autorisé [28].
Les remèdes dits naturels n'apparaissent dans aucun des guides lus ici [1, 8]. L'ail, à forte dose, abîme les globules rouges du chien [29, 30], et l'huile d'arbre à thé pure a intoxiqué 443 chiens et chats en dix ans dans une série nord-américaine [31].
L'examen des selles plutôt que le calendrier
À la même fréquence que les traitements, le guide 1 admet un examen des selles, suivi d'un traitement si le résultat est positif [1, 18]. Il prévient que la coprophagie fait transiter des œufs venus d'un autre animal et rend le test faussement positif [1, 18].
Ce qui a changé, et quand
Chaque publication récente, résumée et datée : la veille
- Décembre 2013, puis 2016. Avis favorables européens pour les deux premières isoxazolines [23, 24] ; trois ans plus tard, étude de l'Anses sur les effets graves des antiparasitaires externes, et autorisation dans l'Union d'un vaccin contre la leishmaniose canine [21, 32, 5].
- Janvier 2022. Nouvelle édition du guide 3 de l'ESCCAP, celui des parasites externes [8].
- Octobre et décembre 2024. Analyse par Santé publique France des hospitalisations pour échinococcose [16], puis nouvelle édition du guide 5 de l'ESCCAP (maladies vectorielles) [5].
- Juin 2025. Septième édition du guide 1 de l'ESCCAP, avec de nouveaux schémas de vermifugation par groupe de risque, traduite en français en janvier 2026 [1].
À retenir
- Aucun texte français n'impose un rythme : le guide 1 de l'ESCCAP (juin 2025) classe les chiens en quatre groupes, d'une à deux fois par an jusqu'à chaque mois, et c'est le vétérinaire qui situe votre chien.
- Ce qui fait monter le groupe : la chasse et les sorties libres, les limaces et l'herbe, la viande crue, la zone d'échinocoque, un jeune enfant ou une personne fragile à la maison.
- Pour le chiot, le même guide prévoit un premier traitement à deux semaines de vie, puis tous les quinze jours jusqu'après le sevrage, avec sa mère ; produit et dose relèvent du vétérinaire.
- Pour puces et tiques, le guide 3 de l'ESCCAP (2022) prévoit une protection sur toute la saison d'activité, qui peut durer toute l'année ; inspecter le pelage et retirer vite les tiques accompagne le produit sans le remplacer.
- Les effets graves des antiparasitaires sont rares ; peser le chien et respecter l'espèce visée sont les deux précautions que l'Anses met en avant.
- L'examen des selles, au même rythme que les traitements, est une alternative que le guide reconnaît, avec ses angles morts.