La vaccination du chiot : à quel âge commencent les injections, combien il en faut, et quand il peut sortir
Santé À jour au 30 octobre 2026 · 17 sources citées, dont 10 lues en texte intégral
Plusieurs piqûres, jusqu'à quel âge, obligatoires ou non, et le parc en attendant ? Les réponses viennent des recommandations de 2024 de la WSAVA, l'association mondiale des vétérinaires des chiens et des chats, des notices des vaccins autorisés en France et des textes officiels.
Pourquoi un chiot reçoit plusieurs injections
Par le colostrum, le chiot reçoit les anticorps de sa mère. Ils le défendent les premières semaines mais neutralisent aussi le vaccin [1, 2]. Vient un moment où ils sont trop peu nombreux pour le protéger et encore assez pour bloquer l'injection : le chiot n'est alors protégé ni par sa mère ni par lui-même. La traduction française des recommandations appelle ce moment la « fenêtre de vulnérabilité » [1].
Il varie d'un chiot à l'autre. Chez la plupart, ces anticorps ont assez baissé vers huit à douze semaines, chez certains plus tard, et seule une prise de sang le dirait : on répète donc les injections [1, 2]. Une thèse de Toulouse de 2020 note que la majorité des échecs contre la parvovirose déclarés à l'Anses de 2013 à 2018, très peu nombreux, concernaient de jeunes animaux vaccinés pour la dernière fois avant seize semaines [3].
À quel âge, et combien d'injections : ce que recommande la WSAVA (2024)
Pour les vaccins essentiels, la WSAVA recommande une première injection vers six à huit semaines, puis d'autres à deux à quatre semaines d'intervalle, jusqu'à seize semaines ou plus [1, 4]. Elle tient la dose de seize semaines pour la plus importante, et la seule à faire si un chiot ne peut en recevoir qu'une [1].
Vient ensuite une dose « à vingt-six semaines ou peu après », vers six mois, pour rattraper les rares chiots encore bloqués à seize semaines, sauf si une prise de sang dès vingt semaines les montre protégés [1, 2]. Le calendrier de votre chiot, c'est son vétérinaire qui le fixe. Les vaccins que votre clinique note dans votre carnet, il vous les rappelle.
Deux ou trois injections ? Les notices et la WSAVA
Les notices de deux vaccins autorisés en France, inscrites à l'Index de l'Anses, prévoient deux injections. Celle d'un vaccin Carré-hépatite-parvovirose les fait dès huit semaines puis trois à quatre semaines après, jamais avant douze ; celle d'un vaccin qui y ajoute parainfluenza et leptospirose part de sept semaines, avec quatre semaines d'écart [5]. Elles reposent sur les essais de leur autorisation ; celle du vaccin à leptospirose place le premier rappel un an plus tard [5]. Ces séries courtes visaient aussi une socialisation plus précoce, notent les recommandations de 2016 et de 2024 [1, 2].
Le texte de 2024 s'en écarte pour les chiots dont les anticorps maternels bloquent encore le vaccin à douze semaines. Il juge contredites les études favorables à une fin précoce, et sa dernière injection à seize semaines ou plus en ajoute souvent une, comme dans l'un des calendriers du texte de 2016 : huit, douze et seize semaines [1, 2]. La notice du vaccin à leptospirose recommande d'ailleurs elle-même une troisième injection dès seize semaines quand le vétérinaire soupçonne des anticorps maternels élevés [5].
Les rappels, une fois adulte
Le chiot immunisé, ces recommandations et une revue de 2016 espacent les rappels des vaccins essentiels de trois ans au moins, comme la notice du vaccin Carré-hépatite-parvovirose ; celle du vaccin à leptospirose prévoit un rappel annuel, et la leptospirose se refait chaque année dans les deux cas [1, 4, 5]. Le détail est dans notre fiche sur les vaccins du chien.
Contre quelles maladies
D'après le texte de 2024, tout chiot devrait être protégé contre trois maladies : la parvovirose, la maladie de Carré et l'hépatite de Rubarth, due à un adénovirus [1, 5]. La parvovirose, entérite virale très contagieuse, est grave surtout avant six mois, et peu de chiens y survivent sans soins, selon une revue de 2016 [4]. La leptospirose s'y ajoute là où elle circule [1]. Contre la toux de chenil, le texte de 2024 décrit des vaccins posés dans le nez ou la bouche, qui protègent dès la première dose [1].
Quand le chiot peut-il sortir et voir d'autres chiens ?
Les recommandations parlent d'une « période sensible de socialisation », sans en donner les bornes, et soutiennent vivement une socialisation précoce, possible selon elles avant la fin de la série [1]. Une étude américaine de 2013, citée par la WSAVA et par une revue grecque de 2016, a trouvé un risque faible de parvovirose chez des chiots vaccinés au moins une fois qui suivaient des cours collectifs [1, 4].
Le même texte décrit des précautions : tenir le chiot à l'écart des lieux extérieurs possiblement contaminés, et ne lui faire rencontrer que des chiots en bonne santé et des adultes à jour de leurs vaccins [1]. Où et avec qui sortir se discute au rendez-vous de vaccination.
Est-ce obligatoire ? Ce que disent les textes
En France métropolitaine, les textes que nous avons lus n'imposent aucun vaccin à un chiot de compagnie qui ne voyage pas. Même à la vente, le certificat vétérinaire, établi trois mois au plus avant la cession, ne mentionne les vaccinations que « le cas échéant » [6, 7]. Les injections faites s'inscrivent au carnet de vaccination ou au passeport.
La rage est exigée dans trois cas. En Guyane, où la rage circule encore, un arrêté du 5 septembre 2008 l'impose à tous les carnivores domestiques [8, 9]. Pour voyager hors de France, l'injection se fait à douze semaines au plus tôt, une fois le chiot identifié, et ne vaut que vingt et un jours plus tard [10, 11, 12] ; le guide du passeport européen détaille ces délais. Pour un chien classé en 1re ou 2e catégorie, Service-Public écrit qu'elle est due même sans voyage, dès trois mois, et que le permis provisoire délivré avant huit mois l'exige déjà [11].
Combien ça coûte
Aucun texte ne fixe le prix d'une vaccination : l'Ordre rappelle que les tarifs vétérinaires sont libres et que ceux des principaux actes s'affichent dans la salle d'attente [13]. Aucune des sources officielles que nous avons consultées n'avance de chiffre. Le code rural impose au vétérinaire d'annoncer son prix quand il est connu d'avance, à défaut la façon de le calculer ou un devis, et de répondre sur ses honoraires [14].
Une aide publique a existé : le plan France Relance a financé les associations régionales Vétérinaires pour tous, créées par la profession fin 2020 pour les foyers démunis [15, 16]. L'engagement de ces dépenses est clos depuis le 30 septembre 2026 ; ce que le réseau propose aujourd'hui se demande à votre clinique ou à l'association de votre région [16].
Effets indésirables : ce que rapporte la pharmacovigilance
Dans l'étude de l'Anses sur 2012 à 2016, 45 % des chiens victimes d'un effet indésirable grave avaient moins de six mois, mais les moins d'un an reçoivent environ 40 % des doses des vaccins les plus courants, nuancent les auteurs [17]. Rapportés aux chiens vaccinés, ces effets graves restent rares, un pour 33 000 environ, et la notice du vaccin Carré-hépatite-parvovirose classe l'allergie parmi les effets rares [17, 5]. Les petits chiens réagissent plus souvent, en partie parce que ce sont souvent des chiots [1, 17].
Fatigue et gonflement au point d'injection sont fréquents, un peu de fièvre aussi selon la WSAVA [1, 5]. Les réactions graves, surtout allergiques (gonflement de la face, vomissements, gêne pour respirer), surviennent sept fois sur dix dans l'heure, et l'étude conseille de surveiller l'animal les heures suivantes [17]. Elles se déclarent à l'Anses ou au fabricant ; le texte de 2024 les juge sans doute sous-déclarées [1, 5].
Ce qui a changé, et quand
Chaque publication récente, résumée et datée : la veille
- 2016. La WSAVA repousse la dernière injection du chiot de quatorze-seize à seize semaines ou plus, et avance le premier rappel possible à six mois [2, 4].
- 2018. L'arrêté du 19 juin 2018 aligne la primovaccination antirabique sur le protocole du fabricant [12].
- 2024. Nouvelle version de la WSAVA : la dose de rattrapage se fait « à vingt-six semaines ou peu après », et non plus entre vingt-six et cinquante-deux [1, 2].
À retenir
- Les anticorps reçus de la mère bloquent le vaccin pendant un temps qui varie d'un chiot à l'autre : c'est la raison des injections répétées.
- La WSAVA (2024) recommande de commencer vers six à huit semaines, de répéter l'injection à deux à quatre semaines d'écart jusqu'à seize semaines ou plus, puis une dose vers six mois ; le calendrier se fixe en consultation.
- Des notices de vaccins autorisés en France prévoient deux injections closes vers douze semaines ; la série de la WSAVA en compte souvent une de plus.
- Carré, parvovirose et hépatite sont essentiels partout ; leptospirose, toux de chenil et rage dépendent de la région, du mode de vie et de la loi.
- La socialisation peut commencer avant la fin des injections, avec les précautions que décrivent ces recommandations.
- En France métropolitaine, aucun vaccin n'est imposé au chiot qui ne voyage pas, sauf la rage pour un chien de catégorie. La Guyane fait exception : la rage y est imposée à tous les carnivores domestiques.