Revue scientifique
Trichobézoards du chat : physiologie, épidémiologie, clinique, diagnostic, traitement et prévention, état des preuves
Revue de littérature à l'usage des vétérinaires : terminologie du trichobézoard, temps de toilettage mesuré face aux chiffres de seconde main, pousse du poil, mue, quantités avalées, fréquence des boules de poils selon qu'on interroge le propriétaire, le dossier de clientèle générale, la série chirurgicale, facteurs de risque discutés (poil long, prurit, comportement, entéropathie chronique, lymphome), seuils proposés pour le vomissement « normal », formes de l'œsophage au côlon sans oublier le nasopharynx, biologie, imagerie, endoscopie, diagnostic différentiel, traitement médical avec le statut des produits à l'Index ANSES-ANMV, extraction endoscopique, chirurgie d'après les séries de corps étrangers, complications, récidive, prévention par le brossage, les aliments à fibres, les lubrifiants, l'herbe, registres officiels étrangers (quinze pays ou zones), recommandations datées version par version, avec les effectifs, les dénominateurs, les plans d'étude, l'accès à chaque source, les liens d'intérêt. À jour au 22 octobre 2026. Rédaction VetoDossier.
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Note méthodologique
Cet article constitue une synthèse documentaire critique de la littérature scientifique vétérinaire disponible à la date de sa rédaction.
Les données présentées proviennent de publications scientifiques identifiées et référencées. Leur analyse tient compte des limites méthodologiques, des divergences entre études et des restrictions d'accès à certaines publications.
Ce document ne constitue ni une recommandation clinique officielle, ni une ligne directrice thérapeutique, ni une publication ayant fait l'objet d'une évaluation par les pairs. Il n'a pas bénéficié d'une validation clinique indépendante par un vétérinaire.
Les informations sont présentées à des fins scientifiques et documentaires. Leur application à une situation clinique relève de l'appréciation du vétérinaire responsable de l'animal.
Résumé structuré
Contexte. Sous le nom de trichobézoard, la littérature vétérinaire range trois objets qu'elle sépare mal : le boudin que le propriétaire voit vomir et peut compter, le poil évacué dans les selles que pèsent les essais d'aliments, la masse qui obstrue un segment digestif, de l'œsophage au côlon (voir § 2). Qu'un chat vomisse des boules de poils passe pour banal. Plusieurs auteurs y lisent pourtant l'indice d'une maladie, digestive, cutanée, voire comportementale. L'obstruction, rare dans les séries hospitalières, se présente parfois sous des traits qui égarent : masse prise pour une tumeur, détresse respiratoire, tremblements. Aucune recommandation de société savante n'est consacrée au sujet (voir § 15).
Méthode. Revue narrative non systématique, sans protocole enregistré, sans double extraction indépendante ni méta-analyse. Sept dossiers thématiques ont été constitués les 20 et 21 octobre 2026, de la physiologie aux recommandations datées en passant par la clinique, le traitement, la prévention, les thèses, les questions des propriétaires, les registres étrangers, jusqu'aux publications de 2024 à 2026. Les recherches ont porté sur PubMed, PMC, Europe PMC, J-STAGE, sur les dépôts de thèses (HAL, DUMAS, le Sudoc, theses.fr, dépôts d'universités étrangères), sur l'Index ANSES-ANMV avec les registres officiels de quinze pays ou zones, enfin sur les archives du web, pour dater chaque version des recommandations et des fiches d'écoles. Sont citées 435 sources, dont 145 lues en texte intégral, 130 en partie, 160 par leur seul résumé. Chaque PMID a été vérifié, chaque pourcentage recalculé quand l'effectif était publié, et aucune dose n'est reproduite. Le 22 octobre, une vérification source par source a repris chaque passage cité, confronté au texte de la source quand nous l'avions, sinon à son résumé ou à notre dossier.
Résultats. Aucune population représentative n'a servi à mesurer la fréquence des boules de poils. Les enquêtes auprès des propriétaires vont de 5 chats à poil court sur 48 (10 %) qui en ramenaient deux ou plus par an, dans un sondage de clinique [5], à 253 chats sur 382 (66,2 %) chez qui une boule avait déjà été vue [66]. Les dossiers de clientèle générale britanniques notent le trouble chez 47 Persans sur 3 235 (1,5 % selon les auteurs) [29], 19 Ragdolls sur 2 025 (0,94 %) [30] et moins de 148 chats sur 18 249, plafond que nous déduisons du classement publié [151]. Filmé ou enregistré par accéléromètre, le toilettage occupe 2,3 à 5,5 % des 24 heures [40, 42], quand des chiffres de 25 à 30 % du temps circulent d'article en article sur la foi de travaux de 1976 et 1981 que nous n'avons pas lus [43, 40]. Chez seize chats à poil court suivis 416 jours, la perte de poil atteignait 28,1 g par kilogramme et par an, et les selles en contenaient environ les deux tiers [45]. Quatre seuils de « normalité » coexistent, de deux boules par an chez le poil court [5] à une toutes les une à deux semaines [1], et aucun n'a été validé (voir § 6). Six hôpitaux de référé américains ont réuni 44 chats opérés d'un trichobézoard du grêle et biopsiés, soit 6,6 % des 667 chats opérés pour corps étranger digestif ; un lymphome a été diagnostiqué chez 10 d'entre eux, tous parmi les 24 à signes chroniques, dans une série sans témoins ni suivi [10]. Notre décompte, qui l'inclut, relève au moins 105 chats dans 64 publications (voir § 7). L'exactitude diagnostique d'aucun examen n'a été mesurée pour le trichobézoard, et dans l'unique série au scanner (chiens et chats mêlés), 2 trichobézoards sur 10 ont été identifiés et 8 seulement suspectés selon le tableau 1, le texte n'en donnant qu'un de visible [78]. Aucun traitement médical n'a été évalué, et la seule tentative de dissolution publiée porte sur un chat [21]. Faute de série de trichobézoards opérés avec suivi, il faut demander la déhiscence comme la mortalité à la chirurgie des corps étrangers en général, de 0 déhiscence sur 71 entérotomies [97] à 7 sur 84 incisions du gros intestin, d'après le résumé [152]. Sur les 13 études d'intervention recensées en prévention, 10 ont un critère lié au poil, et 7 de ces 10 sont écrites ou financées par un fabricant d'aliments ou d'ingrédients ; une seule, lue en entier, compte des signes notés par les propriétaires, sur 24 chats analysés parmi 58 inclus [107]. Nulle étude d'effet n'existe pour le brossage ni pour la tonte, pas davantage pour les lubrifiants, la pâte de malt ou l'herbe à chat (voir § 13). Les trois chats d'une série espagnole de pneumonies lipidiques recevaient tous de l'huile minérale au long cours, de force selon son résumé [117]. En France, aucun lubrifiant n'est un médicament vétérinaire, et les RCP de trois laxatifs autorisés chez le chat citent les boules de poils, deux dans leur indication, le troisième dans sa pharmacodynamie [81]. Une pâte à la vaseline et au malt est un médicament vétérinaire aux Pays-Bas depuis 1991 [132], huit pâtes sont des quasi-médicaments au Japon [133], et la Chine range la formation des boules parmi les problèmes non pathologiques [146]. Parmi les recommandations des sociétés vétérinaires, seules les lignes directrices de l'AAHA et de l'AAFP sur les étapes de vie (2021) nomment les boules de poils, pour l'interrogatoire [6] ; les textes récents qui touchent le sujet portent sur l'antibioprophylaxie chirurgicale (ENOVAT, en ligne le 23 décembre 2025) [98] puis sur la constipation du chat insuffisant rénal (iCatCare, 3 septembre 2026) [19].
Conclusions. Ce que l'on sait des trichobézoards du chat repose sur des cas publiés, sur une série histologique sans suivi, sur des enquêtes déclaratives, sur des avis d'auteurs. Restent inconnus la fréquence réelle, le seuil entre vomissement banal et signe d'appel, le sens du lien avec l'entéropathie chronique et le lymphome, la valeur des examens d'imagerie pour ce corps étranger, et l'effet de toute mesure de prévention sur l'obstruction. Sur l'aliment, les essais mesurent un critère intermédiaire, le poil des selles, que les équipes ne lisent pas dans le même sens. Les statuts réglementaires divergent d'un pays à l'autre sans qu'aucun s'appuie sur une étude d'efficacité publiée. Cette revue dresse l'état des publications, elle ne formule aucune recommandation clinique.
1. Méthode de la revue
Nature du travail. Revue narrative et non systématique. Nul protocole n'a été enregistré à l'avance. Une seule équipe a choisi les sources, les a lues, en a extrait les données, sans seconde extraction indépendante, et aucune méta-analyse n'a été tentée : sur le trichobézoard lui-même, la littérature se compose de cas isolés, de deux séries cliniques, d'enquêtes aux méthodes incompatibles.
Sept volets, les 20 et 21 octobre 2026. La recherche a été menée en sept volets, consignés chacun dans un dossier qui garde chaque requête avec son nombre de résultats, nul compris, ainsi que les accès obtenus et les lectures faites. Cinq volets ont été ouverts le 20 octobre 2026. L'un traitait de la physiologie du toilettage et de la mue, avec l'épidémiologie. Un autre suivait la clinique jusqu'au diagnostic avant l'opération, un troisième le traitement, de la médecine à la chirurgie en passant par l'endoscopie. La prévention par l'alimentation comme par les soins faisait le quatrième, les thèses, les manuels avec les questions des propriétaires le cinquième. Leurs dossiers ont été rédigés le 21 octobre à partir des journaux de recherche et des textes déjà téléchargés, sans refaire les vérifications de la veille. Deux volets se sont ajoutés le 21 octobre, l'un sur les registres officiels étrangers, achevé le soir même, l'autre sur les recommandations dans toutes leurs versions datées et sur les publications parues de janvier 2024 au 21 octobre 2026 hors des cinq dossiers déjà ouverts, achevé le 21 octobre au soir. Au 22 octobre, les tableaux des sept dossiers comptaient 521 lignes de sources, fusionnées en 498 références distinctes après élimination des doublons (même PMID, même DOI, renvoi explicite). Toutes ne sont pas citées ici.
Bases et dépôts interrogés. PubMed a été interrogé par les E-utilities (recherche, notices, résumés) dans chacun des sept volets, avec des requêtes restreintes aux publications non anglophones, jusqu'à dix-huit langues dans une même requête. Les journaux en consignent plusieurs dizaines par volet, dont 34 pour les seules publications de 2024 à 2026. PMC a été lu par l'XML JATS quand l'éditeur l'autorise, sinon par la page HTML, et Europe PMC a servi à chercher dans le texte intégral des articles en libre accès, puis dans les notices AGRICOLA comme dans les prépublications. J-STAGE a ouvert la littérature japonaise. Pour les thèses, l'API de HAL donne le plein texte des 4 513 thèses et mémoires du domaine vétérinaire déposés de 2001 à 2026, dont l'essentiel vient de Toulouse puis d'Alfort. S'y sont ajoutés DUMAS pour les PDF, le Sudoc (plus de soixante requêtes par mots du titre), theses.fr, puis les dépôts ouverts de Massey, de Montréal, de Munich, de Maringá, de l'UNESP. Crossref a permis de vérifier les références absentes de PubMed et, pour quatre langues (portugais, espagnol, allemand, italien), de remplacer SciELO, resté fermé. Côté médicaments, l'Index des médicaments vétérinaires de l'ANSES-ANMV a été interrogé le 21 octobre 2026 sur 43 substances, puis lu dans 51 fiches avec leurs RCP, enfin criblé sur le nom de ses 3 226 spécialités, la base publique des médicaments à usage humain le complétant. Les registres lus le même jour sont ceux de l'Union européenne, du Royaume-Uni, des Pays-Bas, de l'Irlande, de l'Espagne, des États-Unis (FDA, DailyMed), du Canada, de l'Australie, de la Nouvelle-Zélande, du Japon, de la Corée du Sud, avec la liste officielle suisse. Sur l'étiquetage des aliments, les textes de l'Union ont été lus au service CELLAR de l'Office des publications, à côté des codes de la FEDIAF et de l'AAFCO, puis des textes asiatiques (Japon, Chine, Corée du Sud) ou brésilien sur les allégations. Recommandations et fiches d'écoles viennent des sites de la FelineVMA (ancienne AAFP), d'iCatCare, de l'école de Cornell, du manuel vétérinaire MSD, de la WSAVA, de l'EMA, de l'ANSES. Internet Archive (API CDX) a permis de les dater, une quarantaine de versions de pages ayant été comparées. Un moteur de recherche généraliste a servi pour les thèses étrangères comme pour la littérature grise brésilienne, puis pour chercher en chinois ou en coréen. Quant aux forums de propriétaires, français pour la plupart, ils n'ont servi qu'à recenser des questions, et aucun n'est cité.
Recherches restées sans résultat. Elles tracent le périmètre autant que les autres.
- Nulle thèse vétérinaire française n'a pour sujet le trichobézoard du chat (HAL, Sudoc, theses.fr, DUMAS), la seule qui porte le mot dans son titre traitant du lapin. Aucune thèse étrangère non plus, ni dans les dépôts ouverts ni par le moteur, qu'on la cherche en allemand, en anglais, en espagnol, en italien, en néerlandais, en japonais.
- PubMed ne rend aucune notice quand on croise pétrolatum, laxatif, boule de poils, chat, aucune pour la colotomie chez le chat. Sur la pneumonie lipidique féline, 3 notices sur 14 sont pertinentes. Brossage, peignage et « deshedding » donnent 20 notices sans étude d'effet, la tonte 2 notices sans étude, l'obésité croisée avec le toilettage rien de pertinent.
- Entre janvier 2024 et le 21 octobre 2026, PubMed ne contient aucune publication féline sur un lubrifiant, un laxatif, un prokinétique, aucune sur le brossage, aucune sur la tonte. Six notices seulement y associent trichobézoard (ou boule de poils) et chat : quatre étaient déjà lues, deux sont humaines.
- Dans Europe PMC, « malt paste », « hairball remedy », « hairball paste » et « hairball control » ne font sortir aucune étude. Croisées avec la mue ou la saison, les boules de poils ne rendent qu'un article, l'essai d'un fabricant [43] ; croisées avec recommandation ou consensus chez le chat, toutes années confondues, un seul texte (voir § 15).
- L'ECVIM n'a publié aucun consensus sur le tube digestif, et iCatCare n'a aucune fiche consacrée aux boules de poils, ni dans le plan de son site ni dans les archives.
- J-STAGE ne rend rien pour la graphie ヘアボール associée au chat, et 毛球症 y désigne surtout la maladie du lapin.
- Le moteur de recherche n'a trouvé aucune publication féline en chinois ou en coréen ; les bases nationales de ces pays (CNKI, Wanfang, RISS, DBpia) n'étaient pas interrogeables. Dans PubMed, les requêtes non anglophones n'ont ajouté qu'un article allemand de 2014 sur un granulome de follicules pileux [24] et une note néerlandaise de 1975 connue par son seul titre.
- Croisée avec l'acupuncture, avec les plantes, avec la médecine traditionnelle, la constipation féline ne rend que des travaux humains ou murins.
Accès refusés, jamais contournés. Aucun captcha, défi anti-robot ni mur payant n'a été contourné, et aucune copie trouvée sur un site personnel n'a été utilisée : trois articles anciens téléchargés de cette façon ont été écartés sans être lus. Une page refusée était redemandée une fois, quelques secondes plus tard, puis laissée. Plusieurs pages de PMC sont restées derrière un défi, comme, certains jours, les PDF de DUMAS, servis normalement d'autres jours. SciELO a renvoyé un refus ou un défi dans tous les volets. EUR-Lex rendait une page vide, et le service CELLAR l'a remplacé. Un captcha fermait l'accès aux RCP de la base de produits de l'Union et à la base chinoise des médicaments vétérinaires ; dans le registre australien, onze recherches ont abouti avant que le serveur se taise, puis qu'un test anti-robot interrompe les suivantes. Ont refusé l'accès (HTTP 403 ou équivalent) les sites de l'AAHA et de la BSAVA, plusieurs éditeurs (Wiley, Elsevier, Thieme), le compendium vétérinaire belge, le dépôt d'Utrecht, celui de Zurich. Injoignables le jour de la recherche : les dépôts de Sergipe au Brésil, d'Assiut en Égypte, de Toulouse (OATAO), de Lyon (VetAgro Sup), de Nantes (Oniris), d'Évora et de Gand. Liège et Alfort réservent leurs mémoires et thèses à l'authentification, et le registre allemand des médicaments vétérinaires aux professionnels inscrits. Restent payants le JAVMA, le Journal of Small Animal Practice, les Veterinary Clinics of North America, les manuels de chirurgie de Fossum et de Tobias et Johnston, les manuels de la BSAVA, ProQuest. SAGE et le Canadian Veterinary Journal interdisent le téléchargement en XML, et leurs pages HTML ont été lues quand elles étaient servies. Quelques pages refusées au téléchargement direct ont été lues avec un outil de lecture web, les passages décisifs étant demandés mot pour mot, ce que la liste des sources signale ; de trois d'entre elles, nous n'avons gardé que le compte rendu de l'outil, en partie paraphrasé, que rien n'a permis de vérifier mot pour mot [41, 153, 154]. Sont restés fermés deux travaux qui auraient compté, un mémoire brésilien sur trois chats obstrués (Sergipe, 2021) et une série égyptienne de 22 chats à obstruction intestinale (Assiut, 2017) ; ils ne fondent aucune affirmation.
Criblage borné de J-STAGE. Les recueils de congrès vétérinaires japonais n'ont été criblés que dans des limites fixées d'avance. L'API de J-STAGE rendait 28 notices pour « boule de poils » et « chat » (毛球 猫), 36 avec l'autre graphie du mot chat (毛球 ネコ) et 6 pour la maladie des boules de poils (毛球症 猫). Seize recueils de résumés en ont été tirés. Neuf ont été criblés en entier, page par page, sur leur texte OCR normalisé, l'OCR insérant entre les caractères des espaces qu'une recherche brute ne voit pas. Les sept autres n'ont pas pu l'être, le serveur coupant le transfert des fichiers lourds sans permettre de reprise. Ce criblage a ajouté deux cas félins, une boule gastrique décrite à l'échographie et une boule mêlée de sang qui a conduit au diagnostic d'un lymphosarcome gastrique [155, 4], aux trois résumés de congrès déjà retenus [12, 13, 70] et à un article de 2023 lu en entier en japonais [89]. Le même mot 毛球 désigne aussi le bulbe pileux, ce qui gonfle les comptes bruts. Lectures d'OCR en colonnes mêlées et traductions sont les nôtres, et des erreurs de lecture restent possibles.
Règles de sélection et de lecture. Ne sont citées que des publications vétérinaires ou scientifiques (articles, résumés de congrès, thèses, mémoires, manuels, fiches d'écoles vétérinaires) et des textes officiels (registres, RCP, règlements, codes d'étiquetage). Inventoriées, les thèses de pharmacie ne sont pas citées. On a vu puis écarté les pages de marques et de vente, la presse de l'industrie, les brevets, ainsi qu'un rapport de deux cas primé puis hébergé par un fabricant d'aliments. Jamais une source non lue n'est présentée comme lue : ce qu'elle contient est attribué à la source lue qui le rapporte. Chaque PMID cité a été vérifié par les E-utilities (existence, auteurs, année, revue, volume, DOI) : 85 pour le volet physiologique, 192 pour le volet clinique, 89 pour le traitement, 29 pour la prévention, 2 pour les thèses, 49 pour les recommandations avec les nouveautés, un PMID repris d'un volet à l'autre n'étant pas vérifié deux fois. Les références hors PubMed l'ont été par Crossref, par la page de l'éditeur ou par le dépôt. Chaque pourcentage a été recalculé à partir de son effectif quand celui-ci était publié, un écart étant signalé comme « notre calcul », et les incohérences internes d'une source sont exposées sans être corrigées à la place des auteurs. Une recommandation est datée de sa mise en ligne, le numéro de la revue étant donné à côté quand il diffère, et une capture d'archive date une version sans valoir publication. Aucune dose, quantité, fréquence ni durée de traitement n'est reproduite, même quand la source en donne ; teneurs en fibres et durées d'essai sont des conditions d'étude. Ce qu'autorise un registre n'est pas ce qui est démontré, et les spécialités qu'il nomme le sont comme faits de registre, jamais comme conseils. Un fabricant est nommé quand il est lien d'intérêt, déclaré par la source, sinon lu dans son texte (affiliation, financement, remerciements). Une des revues de 2025 repérées par le dernier volet a été rétractée en avril 2026 ; rien ici ne s'y appuie.
Niveaux de preuve. Chaque dossier a classé ses sources sur une échelle propre qui va de l'avis d'expert jusqu'à la méta-analyse, les registres formant une catégorie à part. Sur le trichobézoard du chat lui-même, ni méta-analyse, ni essai contrôlé, ni étude d'exactitude diagnostique n'a été trouvé. Les essais contrôlés retrouvés pèsent le poil des selles sous un aliment, et le seul lu qui compte des signes cliniques a été conduit par un fabricant [107].
Contrôle. Après la rédaction, le 22 octobre 2026, sept vérificateurs distincts des rédacteurs, chacun sur un lot de sources, ont repris l'existence et les métadonnées de chaque référence (E-utilities, Crossref, page de l'éditeur ou du dépôt), son accès, puis chaque phrase qui la cite, confrontée au texte gardé quand il existait, sinon au résumé ou au dossier. Ces contrôles ont corrigé des chiffres faux, comme 95 biopsies inflammatoires sur 100 là où le tableau de la source en classe 69, ou sept chats quand le toilettage saisonnier n'en comptait que six. Ont aussi été corrigés des dénominateurs pris pour l'échantillon entier, un trichobézoard félin dit absent d'une série lue qui en comptait un, des positions d'auteurs inversées, des contradictions internes de sources que la page taisait, des pages non lues présentées comme lues et des liens d'intérêt omis. Ils portent sur la fidélité des citations, non sur la pratique clinique.
Décompte. Les 435 sources citées se répartissent en 145 lues en texte intégral, 130 en lecture partielle (passages nommés, recherche des mots du sujet dans un texte complet) et 160 lues par leur seul résumé. Chaque tableau de la revue porte une colonne d'accès, et la liste finale donne l'accès source par source.
Ce que la revue ne contient pas. Aucune posologie, ni aucun conseil d'achat. L'historique daté des changements, année par année, figure dans la partie destinée aux propriétaires ; la revue en détaille les versions, organisme par organisme (voir § 15).
2. Définitions et terminologie
2.1 Le trichobézoard et ses voisins
Nous appelons ici trichobézoard tout amas de poils ingérés, formé ou retenu dans le tube digestif, de l'œsophage au côlon, et laissons « boule de poils » au vocabulaire des propriétaires. Les sources n'ont pas cette rigueur. La revue que Cannon consacre au sujet en 2013 s'intitule « Hair balls » et range sous ce nom le boudin vomi comme l'obstruction [5]. Barrs et ses coauteurs parlent en 1999 de « trichobezoars » pour cinq masses qui obstruaient le grêle [9]. Dans les dossiers de clientèle générale britanniques, le trouble s'appelle « trichobézoard » chez les Persans vus en 2013 [29] et « hairball/furball » chez les Ragdolls vus en 2019 [30]. Rien, dans les passages lus, ne permet de savoir si l'étiquette recouvre une boule rapportée par le propriétaire, une boule vue en consultation ou une obstruction. Le mot « fur ball » figurait déjà dans le titre d'une note clinique de 1979 sur une boule récidivante, que cite la série de Sydney [9].
La composition distingue des formes mixtes. Le cinquième chat de Sydney portait un trichophytobézoard, poils mêlés d'akènes de Bidens pilosa [9]. Le mot figurait déjà en 1978 dans le titre d'une note sur une récidive, d'après sa notice PubMed, et la même série cite cette note sous un titre plus court, « Recurrent trichobezoar in a cat » [9]. Retenus longtemps dans l'estomac, poils et végétaux peuvent obstruer la sortie gastrique et se calcifier, écrivent ces auteurs d'après un cas de 1972 intitulé « tricholithiasis » et un chapitre de manuel de 1994 [9]. Plus grosses et plus dures, les boules partiellement minéralisées se vomissent mal, franchissent mal l'intestin et donnent des signes plus sévères, selon la revue de 2013 [5]. Le phytobézoard pur paraît rare : un seul chat figure parmi les 18 phytobézoards d'une série italienne de petits animaux [156]. Deux entités voisines ne sont pas des bézoards mais entrent dans le même diagnostic différentiel (voir § 8). L'une est l'entérolithe de phosphate et de carbonate de calcium, décrite chez un Persan de 8 ans qui vomissait de longue date [157]. L'autre est le granulome à corps étranger formé autour de follicules pileux inclus dans la muqueuse, qui a causé un iléus du grêle chez un chat âgé que l'on croyait atteint d'une tumeur [24]. Nous ne connaissons ces deux observations que par leur résumé.
La forme de la boule renseignerait sur son trajet. Pour un professeur associé de médecine des petits animaux de l'école vétérinaire de Cornell, la boule vomie est allongée parce qu'elle s'est formée dans l'œsophage ou y a transité, alors qu'une boule restée dans l'estomac est ronde [1]. La fiche ne cite aucune série à l'appui. Les amas de poils extraits des selles des chats coréens de l'essai de digestibilité contenaient 58,93 % de protéines brutes, 5,67 % d'eau, 4,66 % de cendres et 4,77 % de matières grasses. Cet essai comptait 14 chats selon les méthodes, alors que le résumé ne parle que des 10 chats filmés [40]. La cystéine serait l'acide aminé le plus abondant du poil de chat (15,8 %), d'après une analyse néo-zélandaise de 1998 que cite le même article [40].
Le bézoard désignait d'abord les concrétions digestives des ruminants. Maillé, dans une thèse d'Alfort de 2014, retrace le commerce de ces « pierres », leurs contrefaçons, puis leur sortie de la pharmacopée quand l'analyse scientifique a montré qu'elles n'avaient aucune vertu thérapeutique [158].
2.2 Un même mot pour trois objets
Le terme recouvre au moins trois objets que les études ne séparent pas toujours. Le propriétaire voit le boudin vomi et peut le compter. Ce que pèsent les essais d'aliments, c'est le poil évacué dans les selles : un essai brésilien de 2014 en extrait 87 à 143 mg par chat et par jour, soit 3,8 à 6,8 amas, et nomme ces amas « trichobézoards » [112]. Chez quatorze chats coréens, le poil fécal reste filiforme chez les poils longs et forme de petits nœuds chez les poils courts [159]. Le chirurgien retire enfin une masse qui obstrue un segment digestif (voir § 7). Un résultat d'essai exprimé en « trichobézoards » fécaux ne renseigne donc pas, à lui seul, sur le risque d'obstruction (voir § 13). Une fréquence de boules vomies ne dit pas davantage combien de poil transite par l'intestin.
2.3 Vomissement, régurgitation, toux
Le signalement d'une « boule » est lui-même incertain. La distinction entre vomissement et régurgitation est moins nette chez le chat que chez le chien, et mégaœsophage, œsophagite ou hernie hiatale sont souvent rapportés comme des vomissements, note la revue gradée du European Emesis Council [76]. Un cas œsophagien publié parle de « vomissement ou régurgitation » [160].
La toux crée l'autre confusion. Beaucoup de propriétaires disent que leur chat « tousse » une boule, et la revue de 2013 invite à interroger pour séparer une toux chronique de boules fréquentes [5]. Selon les lignes directrices AAHA/AAFP de 2021 sur les étapes de la vie, la toux n'est pas causée par les boules de poils [6]. Saigot, dans sa thèse sur l'asthme (Alfort, 2020), écrit que les quintes du chat asthmatique peuvent imiter le rejet d'une boule et que les propriétaires confondent souvent les deux [7]. Une étude microbiologique de 2021 reprend l'idée d'après un chapitre de manuel de 2009 [161]. Sur 153 chats atteints de maladie chronique des voies respiratoires basses, inclus dans une enquête internationale en ligne, un seul propriétaire a décrit spontanément des bruits de raclement « semblables au vomissement de boules de poils » [162]. La confusion joue dans les deux sens : le seul trichobézoard nasopharyngé publié en propre que nous ayons retrouvé avait d'abord été traité comme un asthme, diagnostic que la radiographie thoracique semblait confirmer [8] (voir § 7). À Munich, parmi 73 chats asthmatiques et 24 chats atteints de bronchite chronique, « vomissement ou régurgitation » figure dans l'anamnèse de 15 % et de 29 % d'entre eux, soit environ 11 et 7 chats (notre calcul) [163].
2.4 Mots empruntés à d'autres champs
Plusieurs termes de cette revue viennent d'autres disciplines, avec leurs définitions propres. Pour le consensus ACVIM de 2023 sur les entéropathies chroniques du chat, la chronicité tient à des signes présents depuis trois semaines au moins [164], seuil que reprend la seule série de biopsies de chats obstrués par un trichobézoard pour séparer formes aiguës et chroniques [10].
En dermatologie, l'alopécie dite psychogène recouvrait le plus souvent une cause médicale de prurit chez des chats adressés à ce titre [55]. Certains auteurs tiennent aujourd'hui l'alopécie auto-induite pour psychogène, sous le nom de « toilettage excessif lié au stress », et une équipe d'Alfort a proposé en 2018 de rebaptiser la dermatite ulcérative idiopathique féline « dermatite ulcérative comportementale », en faisant des comportements répétitifs de toilettage des indicateurs de mal-être [165]. Le « toilettage excessif » des enquêtes est une perception du propriétaire, celui des bases de dossiers une mention vétérinaire : les deux chiffres ne se comparent pas (voir § 5).
La « mue », enfin, ne désigne pas chez le chat un renouvellement synchrone du pelage. Ses follicules fonctionnent en mosaïque, et la perte de poils varie sans à-coup au fil des saisons (voir § 3).
3. Physiologie du toilettage, du pelage et de la mue
3.1 Le temps de toilettage : mesures directes et chiffres de seconde main
Les mesures directes donnent des valeurs basses. Onze chats en cage, filmés à Davis, consacraient 50 % de leur budget-temps au sommeil et au repos et 4 % au toilettage oral, soit 8 % du temps restant. Plus de neuf séquences orales sur dix (91 %) couvraient plusieurs régions du corps, et le grattage représentait environ un cinquantième du toilettage oral (2000, d'après le résumé) [166]. À Séoul, dix chats filmés 24 heures en cage se léchaient 2,29 % du temps, 2,64 % pour les cinq poils longs et 1,94 % pour les cinq poils courts (P = 0,28), et se grattaient 0,18 % du temps, pour 69,97 % de sommeil et de repos [40]. Cela fait environ 33 minutes par jour (notre calcul). Le fabricant d'aliments Daehan Feed a financé cette étude et fourni son aliment, et deux de ses cinq auteurs en sont salariés [40]. Porté par 28 chats vivant dans leur foyer en Nouvelle-Zélande, un accéléromètre dont la classe « toilettage », qui englobe le grattage, avait été validée sur 12 chats [167] mesure 5,5 ± 0,30 % du temps, soit environ 79 minutes par jour (notre calcul), avec 6,3 % chez les jeunes adultes contre 5,0 % chez les chats d'âge mûr (P = 0,018), et une tendance à moins de toilettage dans les foyers avec enfant (4,6 % contre 5,8 %, P = 0,096) [42].
Les chiffres élevés viennent d'ailleurs. D'après l'observation de cinq chattes de ferme pendant 360 heures, Cannon rapporte 3,6 heures de toilettage par jour pour 9,6 heures de sommeil, soit environ 25 % des heures d'éveil [5]. Rapportées aux 24 heures, ces 3,6 heures en font 15 % (notre calcul). Un essai de 2015 et une étude de 2019 écrivent qu'un chat peut passer 25 à 30 % de son temps à se toiletter, en citant tous deux Panaman (1981) et un même article de 1976, « Feline behavior » (Feline Practice, 7:14-17), que l'essai attribue à Benjamin [43] et l'étude à Hart [40]. Ni Panaman ni cet article de 1976 n'ont été lus. L'essai ajoute, sans référence, que ce temps pourrait s'allonger chez les chats privés d'extérieur [43]. Jusqu'à 24 % du temps d'éveil, soit environ 2,4 heures par jour, avancent Noel et Hu en citant un ouvrage de comportement de 2003 et une étude japonaise de 2005, d'après le compte rendu de lecture de leur article [41]. Hock et Schmidt reprennent les 24 % en citant cette étude japonaise, une étude de 1977 et celle de Davis, qui mesure pourtant 8 % du temps hors sommeil et repos [168, 166]. L'essai brésilien de 2014 avance, sans référence précise, jusqu'au tiers du temps d'éveil [112]. L'équipe d'Alfort retient 4 % du budget d'activité, deuxième activité d'éveil après la recherche de nourriture, et une part qui pourrait monter à 50 % chez des chats en mauvais bien-être, atteints d'alopécie psychogène ou d'excoriations de la tête et du cou [48].
Mesures et chiffres repris ne portent pas sur la même grandeur. Les mesures rapportent le toilettage aux 24 heures, chez des chats en cage ou au foyer, avec des définitions vidéo ou accélérométriques, quand les chiffres repris le rapportent au temps d'éveil, à partir d'observations de terrain anciennes. L'écart, de 2 à 6 % contre 24 à 30 %, n'est réconcilié par aucune des sources lues. Le temps de toilettage d'un chat qui vomit des boules de poils n'a été mesuré dans aucun des travaux retrouvés.
3.2 Une commande surtout centrale
Deux équipes concluent, par des voies différentes, à une commande centrale du toilettage. À Davis, après trois jours d'une collerette qui empêche le toilettage, le toilettage oral des douze heures suivantes dépasse de 67 % et le grattage de 200 % ceux de chats porteurs d'une collerette témoin, puis ce rattrapage s'éteint (d'après le résumé) [166]. À Alfort, 118 vidéos tournées par les propriétaires de 36 chats (40 vidéos de 11 chats à poil court, 27 de 9 chats à poil long, 29 de 9 chats nus, 22 de 7 chats atteints d'alopécie psychogène) donnent des séquences de 4,5 ± 2,5 minutes chez le poil court, 5,2 ± 2,1 chez le poil long et 4,9 ± 3,4 chez le chat nu, sans différence (P = 0,945) [48]. Deux à sept régions du corps sont touchées dans 95 % des séquences, et seule la durée du mordillement varie avec le pelage, plus longue chez le chat nu [48]. Trente chats sains et neuf chats malades avaient été recrutés. Un chat sain a été écarté, le toilettage filmé par son propriétaire étant trop court, et rien dans le texte n'explique l'absence de deux chats malades dans l'analyse [48]. La thèse dont l'article est issu, qui ne mentionne jamais les boules de poils, conclut à de très faibles variations selon la longueur du poil et à de fortes variations individuelles [119].
À Iéna, sur 17 chats filmés, l'ordre des régions toilettées dans 40 séquences de 10 chats suit la proximité spatiale plutôt qu'un programme fixe, avec une forte variation d'un chat à l'autre [168]. La répartition mesurée à Séoul place la face en tête (52 % du temps total de toilettage, grattage compris), devant les flancs et le dos (14 %), les membres postérieurs (9 %), le cou et le poitrail (8 %), puis la région anogénitale (3 % dans le texte, 4,06 % au tableau), la queue et l'abdomen (3 % chacun), sans différence entre poils longs et poils courts [40].
Le chat se lèche davantage dans l'heure qui suit un bain, en présence de puces ou après une collerette, et la douleur comme le stress chroniques modifient son toilettage [48]. L'effet des puces est chiffré. Neuf chats d'un foyer infesté, munis d'une collerette, hébergeaient trois semaines plus tard environ deux fois plus de puces que neuf témoins, et neuf chats exposés aux puces se toilettaient environ deux fois plus que dix chats d'une colonie indemne (d'après le résumé) [44]. En Floride, le meilleur toiletteur éliminait 17,6 % de sa charge de puces par jour, le moins efficace 4,1 % (d'après le résumé) [169]. Un chat allergique aux piqûres en élimine davantage qu'un chat non allergique, ce qui en efface les traces visibles : l'absence de puces n'exclut pas l'allergie [51], et la recherche de la cause d'un toilettage accru s'en trouve brouillée (voir § 5).
Des chats d'un même groupe social se toilettent entre eux [170], et la parenté comme la familiarité s'associent à plus d'allotoilettage dans une colonie de 28 chats (d'après le résumé) [171]. La quantité de poils d'un congénère avalée de cette façon n'a jamais été mesurée dans les travaux retrouvés.
3.3 La langue et la salive
Noel et Hu ont décrit en 2018 la mécanique de la langue sur les langues post mortem de six félins et les pelages de 19 espèces. Nous n'en connaissons le contenu que par le compte rendu, paraphrasé, d'un outil de lecture web, la page de l'éditeur ayant ensuite été refusée : aucun chiffre de ce paragraphe n'a pu être confronté au texte lui-même. Selon la notice de PMC, les auteurs ont déposé un brevet provisoire sur la technique décrite [41]. La langue du chat domestique porte, dans sa partie distale, 290 papilles creuses hautes de 2,3 ± 0,2 mm, hauteur presque constante chez six félins dont le poids varie d'un facteur 30. Chacune retient environ 0,014 µL de salive, 4,1 µL pour l'ensemble [41]. Au toilettage, les papilles se redressent perpendiculairement à la langue. Un coup de langue dépose en moyenne 56,6 ± 25,6 µL de salive, près de la moitié de celle que porte la langue. En supposant que les papilles se remplissent à nouveau à chaque coup de langue, les auteurs estiment le dépôt quotidien à environ 48 g [41].
La langue comprime aussi le pelage, de 37 à 1,2 mm chez un chat domestique à poil court et de 81 à 2,6 mm chez un Persan. Un pelage comprimé plus épais que la hauteur des papilles ne pourrait plus être toiletté jusqu'à la peau, ce que les auteurs appliquent à des Persans : 2,6 mm contre 2,3 mm, selon notre lecture du compte rendu [41].
D'après le résumé d'un travail histologique de 1982, les papilles filiformes changent selon la région : courtes et à plusieurs pointes coniques à l'extrémité, elles portent au milieu du dos de la langue une large base surmontée d'une épine unique dirigée vers l'arrière [39]. Cannon et l'étude coréenne de 2019 attribuent l'ingestion de poils à la durée du toilettage et à cette structure en crochets [5, 40].
3.4 Pousse, perte et poils avalés : les quantités
Les quantités de poils reposent sur la thèse de Hendriks (Massey, 1996), dont les deux articles publiés ensuite n'ont été lus que dans leur version de thèse [45]. Seize chats à poil court de 2 à 6 ans, huit mâles et huit femelles, vivaient en enclos extérieurs à Palmerston North (40°22' S), sous lumière naturelle. Suivis 416 jours, de février 1994 à avril 1995, ils ont passé chacun six périodes de 31 jours en cage de collecte (douze périodes en tout, en alternance entre deux enclos), où tout le poil tombé et tout le poil fécal étaient recueillis, un brossage régulier imitant l'abrasion du milieu [45]. La perte totale atteint 28,1 g de poils par kilogramme et par an, dont environ deux tiers retrouvés dans les selles. Sur le tableau mensuel, nous trouvons 18,3 g/kg/an de poils ingérés sur 28,0 g/kg/an, soit 65 %, avec 2,32 g/kg ingérés au mois le plus chargé (décembre, été austral ; 2,30 en janvier) et 0,77 g/kg au plus faible (juin) : environ 75 et 26 mg par kilogramme et par jour (notre calcul), quand le texte de la thèse écrit 75 et 25 [45].
Mesurée chez 39 chats à poil court, la pousse suit une courbe sinusoïdale calquée sur la durée du jour et la température, de 289 µg/cm²/jour en été à 62 en hiver, rapport de 4,7 (notre calcul), avec un pic plus précoce chez les femelles. Estimée à 32,7 g/kg/an, la pousse annuelle est proche de la perte mesurée [45]. La thèse place perte et pousse à environ 75 jours l'une de l'autre, mais se contredit sur le sens du décalage : la discussion du chapitre sur la perte situe les minimums et maximums de la pousse 75 jours après ceux de la perte, la discussion générale 75 jours avant. Le pelage y est le plus dense au plus froid de l'année, le plus clairsemé au plus chaud [45]. Les auteurs trouvent surprenant, sans le dire inattendu, que deux tiers des poils perdus finissent dans les selles, et rappellent les troubles liés à l'ingestion de poils décrits dans les années 1970 [45]. Les articles ultérieurs reprennent ces chiffres, environ 28 g/kg/an dont deux tiers ingérés [43] ou 25 à 75 mg/kg/jour de poils fécaux [40, 159], et notre calcul sur le tableau de Hendriks retrouve 26 à 75 mg/kg/jour.
L'essai de Royal Canin (Aimargues, 2015), dont tous les auteurs sont salariés du fabricant, réunit 21 chats en trois panels de sept : un panel brossé pour suivre la mue, et deux panels dont on mesure le poil fécal, l'un à poil court (six Chartreux et un British Shorthair), l'autre à poil long [43]. Les selles y sont recueillies par panel et non par chat, si bien qu'aucune valeur n'est individuelle. Sous l'aliment témoin, le panel à poil long excrète 1 512 et 1 610 mg de poils par jour, le panel à poil court 1 627 et 1 084 mg, des quantités voisines. Sous les deux aliments enrichis en fibres, le panel à poil long passe à 2 735 et 3 435 mg, le panel à poil court à 1 431 et 1 631 mg [43]. Divisé par sept, cela fait environ 155 à 232 mg par chat et par jour sous l'aliment témoin, et 391 et 491 mg chez les poils longs sous les aliments enrichis (notre calcul, voir § 13). L'essai, concluent les auteurs, n'a pas eu lieu en période de mue, faute de variation du poil recueilli au brossage normalisé de juillet à septembre. Ils recueillent 63 mg de poils par coup de brosse, valeur proche des 70 mg rapportés hors mue chez des chats à poil mi-long par des actes de congrès de 2005 qu'ils citent, où la quantité montait jusqu'à 140 mg pendant la mue [43].
Six Persans et huit chats domestiques à poil court ont livré à Séoul, en cinq jours, 5,62 g de poils pour 59,18 g de selles sèches chez les poils longs (9,49 %) et 4,84 g pour 65,82 g chez les poils courts (7,35 %) [159]. L'article ne dit pas s'il s'agit de totaux de groupe ou de moyennes par chat. S'il s'agit de totaux, cela fait environ 187 et 121 mg par chat et par jour (notre calcul). Le même rapport est écrit 9,49 % puis 9,69 % pour les poils longs selon le paragraphe [159]. Au Brésil, 32 chats évacuaient 87 à 143 mg d'amas de poils par jour selon l'aliment, dans un essai financé par SPF do Brasil [112]. Hendriks et Weber pèsent tout le poil fécal, Loureiro les seuls amas : ces chiffres ne se comparent pas directement (voir § 2).
Le transit du poil paraît plus courant que sa rétention gastrique. Dans une colonie de chats libres d'un arsenal de Portsmouth, en 1980, des poils ont été trouvés dans l'estomac de 4 chats autopsiés sur 14 (28,6 %, notre calcul), une seule fois en quantité formant une boule, et dans 22 échantillons de selles sur 23, d'après la revue de 2013 qui rapporte ce travail [5]. L'ingestion se lit aussi en coproscopie, où l'on retrouve des Demodex gatoi avalés au cours d'un toilettage excessif [172].
3.5 La mue : saisons, lumière et chats d'intérieur
Les follicules du chat fonctionnent indépendamment, en mosaïque, et non par vagues comme chez le rat ou le lapin [45]. Quatre chats suivis vingt mois en Australie avaient un poil de couverture de 25 mm en été contre 30 mm en hiver, un sous-poil de 12 contre 15 mm. L'activité folliculaire culminait vers février, à la fin de l'été austral, et touchait son minimum en août, sans jamais dépasser en été 70 % des poils de couverture et 50 % du sous-poil en croissance (1976, d'après le résumé) [46]. Le renouvellement est donc progressif malgré le cycle saisonnier. Chez les seize chats de Hendriks, la perte décroît sans à-coup jusqu'au jour 131 puis croît sans à-coup jusqu'au jour 314, ce qui confirme l'absence de mue franche notée par Ryder. D'après le tableau mensuel, elle culmine en été austral (décembre) et touche son minimum en hiver (juin), chez des chats vivant dehors sous lumière naturelle dans l'hémisphère Sud. Le texte de la thèse range, lui, les plus fortes pertes au printemps et en été, les plus faibles en automne et en hiver [45]. Pour iCatCare, la mue se produit « dans une certaine mesure » toute l'année, dans la fiche de 2013 comme dans celle de 2019 [47], et plus ou moins selon la période dans celle de 2025 [47].
La saison n'est reliée aux boules de poils que par une série chiffrée. Deux enquêtes japonaises en ligne, conduites par un salarié du fabricant d'aliments Unicharm, trouvent un vomissement de boules dans le mois écoulé chez 50,9 % des chats en juillet 2015 et 33,7 % en janvier 2016, alors que les vomissements d'aliment restent vers 60 % aux deux dates [27]. Le tableau 5 de l'article en donne les effectifs, 524 répondants sur 1 030 en juillet et 347 sur 1 031 en janvier [27]. Les deux échantillons diffèrent largement, avec 239 répondants seulement présents aux deux dates [27]. L'auteur conclut à une saisonnalité et suppose un lien avec la mue. Le pic de juillet, en été boréal, va dans le sens de la perte estivale mesurée par Hendriks, mais les deux travaux ne portent ni sur les mêmes chats ni sur la même grandeur. Ailleurs, le lien est affirmé sans données : boules plus fréquentes aux saisons de mue pour Cornell [1], phénomène « particulièrement visible » chez les chats à poil long vivant en intérieur et pendant les mues de printemps et d'automne pour l'essai de Royal Canin, sans référence [43].
Le toilettage lui-même varie avec la saison, mais pas dans le même sens d'une étude à l'autre. Six chats de recherche en enclos semi-extérieur se toilettaient le plus en automne (6,83 ± 0,47 % du temps), puis en hiver (4,57 %), au printemps (4,46 %) et en été (4,04 %), l'automne dépassant les trois autres saisons (P < 0,001). Sur huit chats enrôlés, l'un avait été euthanasié pour une maladie sans rapport avec l'étude, et le toilettage d'une chatte atteinte d'allergies saisonnières avait été écarté de l'analyse [173]. Chez les 28 chats de foyer suivis par la même équipe néo-zélandaise, la saison n'agit que chez les mâles, qui se toilettent moins en hiver (4,7 %) qu'en été (6,8 %, P = 0,006) [42].
La mue du chat qui vit uniquement en intérieur, sous éclairage artificiel, n'a été mesurée dans aucun travail retrouvé, pas plus que l'effet de la photopériode seule. Hendriks a étudié des chats logés dehors, et le résumé de Ryder ne dit pas comment vivaient ses quatre chats [45, 46]. Les fiches d'iCatCare, qui disent la mue étalée sur toute l'année, ne distinguent pas le chat d'intérieur de celui qui sort [47].
3.6 Le poil long : génétique et conséquences mesurées
Caractère autosomique récessif, le poil long est porté par le gène FGF5, qui règle le cycle de croissance du follicule. Quatre mutations indépendantes l'expliquent, d'après le séquençage de 26 races et l'analyse de plus de 380 chats génotypés, de race ou non [50]. Une mutation faux-sens est homozygote chez 25 chats à poil long (Somali, Persan, Maine Coon, Ragdoll, croisés), alors que 55 chats à poil court en portent zéro ou une copie. Une deuxième mutation est propre au Norvégien, et une délétion est fréquente chez le Maine Coon [49]. Un laboratoire commercial de génétique a décrit une cinquième variante chez des Maine Coons [174]. Ces trois travaux ne sont connus que par leur résumé.
D'après les mesures de Séoul et d'Alfort, la durée et l'organisation du toilettage varient très peu avec la longueur du poil, et seul le mordillement était plus long chez les chats nus d'Alfort [40, 48, 119]. Change en revanche la quantité de poil qui transite, du moins sous certains aliments. Avec les deux aliments enrichis en fibres de l'essai de Royal Canin, le panel à poil court excrète 40 et 60 % de poils de moins que le panel à poil long selon la discussion, 48 et 53 % de moins d'après le tableau (notre calcul), alors que sous l'aliment témoin les deux panels excrètent des quantités voisines [43]. Dans l'essai coréen, le poil fait 9,49 % du poids sec des selles chez les poils longs contre 7,35 % chez les poils courts [159]. Parrella, dans une thèse d'Alfort sur le Persan lue en texte intégral, écrit que les chats à poil long, comme le Persan, éliminent « 2,5 fois plus » de poils dans leurs selles que les chats à poil court, d'où un risque supposé plus grand, en ne citant que l'essai de Royal Canin [175]. Ce chiffre figure bien dans l'essai, mais pour le lendemain d'une purge de trois jours (6,31 g de poils chez le panel à poil long contre 2,45 g chez le panel à poil court), chez des chats sans signe de boule et sans aucun Persan, et non sous un aliment donné [43].
La structure du pelage compte aussi, puisque le pelage comprimé d'un Persan resterait plus épais que la hauteur des papilles [41]. Une réflexion britannique de 2025 sur le bien-être des chats de race propose de tenir pour extrême tout type morphologique qui rend l'humain indispensable à l'entretien du pelage, en rappelant que le poil long demande un toilettage fréquent pour éviter les nœuds douloureux et réduire les boules de poils [69].
3.7 Du poil avalé à la boule : motilité et hypothèses
Pourquoi le poil s'accumule-t-il dans l'estomac au lieu de passer ? Selon l'équipe de Sydney, qui s'appuie sur un chapitre de manuel de 1994, le chat n'aurait pas de complexes moteurs migrants interdigestifs partant de l'estomac, ceux-ci n'étant détectés que près de l'iléon [9]. Cannon nuance en 2013 cette hypothèse d'un défaut de contractions « de ménage » à jeun. Des complexes de pointes migrantes ont bien été décrits chez le chat à jeun, rares dans le duodénum et absents de l'antre, et le défaut de péristaltisme gastrique à jeun n'a jamais été démontré in vivo. Une étude au baryum a même trouvé une vidange plus rapide à jeun [5]. Les électrophysiologistes toulousains n'ont vu, chez 11 chats porteurs d'électrodes, une activité semblable au complexe moteur migrant que dans la partie distale du grêle (1982) [176]. Chez 12 chats à jeun, les complexes de pointes migrantes surviennent à des intervalles de moins d'une minute à plus de cinq heures (moyenne 51,2 min, erreur type 2,8) et progressent de 1 à 8 mm/s en accélérant vers l'aval (1993) [177]. Ces deux travaux ne sont connus que par leur résumé.
Toujours d'après ce chapitre de 1994, l'équipe de Sydney énumère les facteurs qui réduiraient la motilité gastrique et favoriseraient la boule : activation sympathique due à la douleur ou au stress, hypokaliémie, urémie, gastrite, médicaments anticholinergiques. Le poil court franchirait plus aisément le pylore et l'intestin [9].
Le mécanisme de formation est emprunté à la médecine humaine. Le poil échapperait au péristaltisme et resterait pris dans les plis de la muqueuse gastrique, puis le péristaltisme l'enroulerait en boule, mécanisme qu'un cas canadien de 2023 reprend de publications humaines [21]. Chez l'humain, la masse prendrait la forme de l'estomac, et l'acide dénaturerait la protéine et la noircirait, d'après le compte rendu de lecture d'une revue de cas que nous n'avons pas pu confronter au texte [154]. L'éditorial de 2013 rappelle que la boule peut être la cause comme la conséquence d'une obstruction ou d'un trouble de la motilité, et y voit le dilemme de l'œuf et de la poule [2]. La motilité gastrique des chats qui font des boules n'avait fait l'objet d'aucune mesure en 2013 [5]. Nous n'en avons trouvé aucune depuis.
Les comparaisons entre espèces tiennent en peu de lignes. Incapable de vomir, le lapin est exposé aux boules gastriques [9], et sa stase digestive accumule fourrure et aliments dans l'estomac ou le cæcum, surtout avec une ration pauvre en fibres [5]. Chez l'humain, les phytobézoards sont plus fréquents que les trichobézoards et compliquent la gastroparésie diabétique ou la vagotomie, deux situations où l'activité motrice interdigestive est réduite [9]. Le lynx du Canada opéré d'un trichobézoard pylorique portait des puces, jugées cause probable de l'ingestion de poils (d'après le résumé) [178]. L'argument tiré des rapaces, qui rejettent une pelote après chaque repas, est discuté plus loin (voir § 6).
4. Épidémiologie
4.1 Trois façons de compter
En population générale, la fréquence des boules de poils n'a fait l'objet d'aucune étude dédiée. Cannon le constatait en 2013 [5], l'essai de Royal Canin le répétait en 2015 [43], et les chiffres publiés depuis viennent de questions secondaires d'enquêtes conçues pour autre chose [27, 38, 28, 66]. Trois mesures coexistent, et elles ne se comparent pas. Le dossier vétérinaire de clientèle générale note la boule de poils quand elle motive ou accompagne une consultation. L'enquête recueille ce que le propriétaire dit avoir vu, sur un mois, sur un an ou « déjà ». La série chirurgicale ou d'imagerie compte les trichobézoards parmi des chats opérés ou imagés pour corps étranger. Le tableau A1 réunit tous les chiffres avec leur dénominateur, leur plan et notre niveau d'accès.
4.2 Ce que voient les propriétaires
Avant 2012, Cannon ne trouvait aucune donnée publiée, d'où deux sondages informels menés dans sa clinique féline d'Oxford [5]. Dans le sondage conduit en consultation, vétérinaires et auxiliaires interrogeaient les propriétaires de 48 chats à poil court en bonne santé apparente, les chats à antécédents cutanés ou digestifs étant exclus : 35 n'avaient jamais eu de boule (73 %), 8 en avaient environ une par an (17 %), 5 deux ou plus par an (10 %) [5]. Le sondage par courriel, adressé aux clients, portait sur des chats sains selon leur propriétaire, sans examen ni dossier, échantillon non aléatoire que l'autrice reconnaît biaisé. Sur 87 chats à poil court, 37 n'avaient jamais de boule (43 %), 27 une par an (31 %) et 23 plus de deux par an (26 %). Sur 38 chats à poil long, ces effectifs étaient de 9 (24 %), 8 (21 %) et 21 (55 %) [5]. Recalculés, les pourcentages sont exacts. Le seuil change d'un sondage à l'autre (« deux ou plus » contre « plus de deux » par an), de sorte que les 10 % et les 26 % de chats à poil court ne mesurent pas la même chose.
Ces chiffres ont glissé en circulant. Les « environ 10 % » de chats sains qui ramènent régulièrement des boules viennent du seul sondage conduit en consultation, qui ne portait que sur des chats à poil court. L'éditorial du même numéro les étend aux chats sains en général [2], et l'essai de Royal Canin parle d'une « enquête » de 48 chats [43].
À Liverpool, la cohorte de vieillissement CatPAWS, financée par Royal Canin avec un coauteur salarié du fabricant, a interrogé à l'inclusion, de 2017 à 2019, les propriétaires de 206 chats de 7 à 10 ans [38]. Un vomissement dans l'année est rapporté chez 130 chats sur 205 (63 %). Sa fréquence était inférieure à une fois par mois chez 70 de ces chats (54 %), de quelques fois par mois chez 34 (26 %), hebdomadaire chez 13 (10 %), pluri-hebdomadaire chez 4 (3 %), non précisée chez 9 (7 %). Le vomi contenait toujours des boules de poils chez 22 des 130 (17 %), parfois chez 78 (60 %), jamais chez 24 (18 %), et 6 propriétaires (5 %) ne savaient pas. Rapportés aux 205 chats, 100 ont vomi au moins parfois des boules (48,8 %, notre calcul) [38]. La discussion écrit que 39 % des propriétaires ont vu un vomissement au moins mensuel et 77 % des boules dans le vomi. Ces deux pourcentages se rapportent en réalité aux 130 chats qui vomissaient (51/130 et 100/130), et tombent à 24,9 % et 48,8 % si on les rapporte aux 205 chats renseignés (notre calcul).
À Sydney, une cohorte de 767 chats adoptés en refuge, suivie pour la péritonite infectieuse féline, a interrogé les adoptants sur douze mois, sans lien d'intérêt déclaré [28]. Des boules de poils ont été vues chez 419 des 704 chats renseignés (59,5 %), au moins une fois par mois chez 94 (13,4 %). Les mêmes adoptants signalent des vomissements chez 486 chats sur 719 (68 %), au moins mensuels chez 102 (14 %), et une constipation chez 106 sur 566 (19 %) [28].
Au Royaume-Uni, 382 chats de clients d'un fabricant de clôtures pour chats, en partie financeur de l'étude, ont été décrits avant et après l'installation d'un espace extérieur clos [66]. Jamais survenue chez 129 d'entre eux (33,8 %), la boule de poils avait donc déjà été observée chez 253 (66,2 %, notre calcul), et l'effet déclaré de la clôture est discuté plus loin (voir § 5). Les deux enquêtes japonaises donnent un vomissement de boule dans le mois chez le chat de 524 répondants sur 1 030 (50,9 %) en juillet 2015 et de 347 sur 1 031 (33,7 %) en janvier 2016 (voir § 3) [27]. Chez 8 175 chats finlandais, de 30 races selon le résumé, de 29 races et 1 545 chats sans race selon les résultats, les « vomissements répétés » touchent 4 % des chats, environ 327 (notre calcul), sans que les boules de poils soient isolées [179].
Selon la période interrogée, la population et la formulation, les boules vues par le propriétaire concernent donc de 10 % à 66 % des chats. Pas une de ces enquêtes ne combine une définition standardisée, un échantillon représentatif et un examen vétérinaire.
4.3 Ce que notent les vétérinaires
Les bases VetCompass de dossiers de clientèle générale donnent des chiffres d'un autre ordre. Chez 3 235 Persans vus en 2013, parmi 285 547 chats, une boule de poils (trichobézoard) est enregistrée dans l'année chez 47 (1,5 % selon les auteurs, IC 95 % 1,1-1,9 ; 1,45 % notre calcul). C'est le 25e trouble de la race, sans différence entre sexes (1,3 % contre 1,5 %, P = 0,586) [29]. Chez 2 025 Ragdolls tirés au sort sur 21 358 en 2019, « hairball/furball » concerne 19 chats (0,94 %, IC 0,52-1,36), d'âge médian 4,90 ans (0,93-13,59). Cette étude est financée par le Kennel Club Charitable Trust et par l'assureur Agria, sans rôle dans sa conduite [30].
L'échantillon général de 18 249 chats, tirés au sort sur 1 255 130 en 2019, ne compte pas la boule de poils parmi ses 30 troubles les plus fréquents, dont le dernier, l'accident de la route, touche 148 chats (0,8 %) [151]. Elle concerne donc moins de 148 chats, soit moins de 0,81 % (notre déduction). Pour situer ce plafond, le même tableau compte des vomissements chez 589 chats (3,2 %), des troubles du pelage chez 477 (2,6 %), un toilettage excessif chez 167 (0,9 %) et une constipation chez 153 (0,8 %) [151]. L'analyse des comorbidités du même échantillon range « hairball, furball » parmi les 40 autres troubles les plus fréquents, sans publier son effectif [68]. L'étude VetCompass anglaise de 2014 ne cite pas la boule de poils dans son résumé, seul lu [180].
Rapprocher 1,5 % chez le Persan, 0,94 % chez le Ragdoll et moins de 0,81 % dans l'échantillon général ne mesure pas une prédisposition. Les années diffèrent, le plafond général est une déduction de notre part, et aucune des trois études ne compare les races entre elles pour ce trouble. Un dossier de clientèle générale ne contient, lui, que ce que le propriétaire a signalé et que le vétérinaire a jugé utile de noter.
4.4 Ce que comptent les séries chirurgicales et d'imagerie
Parmi 667 chats opérés pour corps étranger digestif dans six hôpitaux de référé américains, de 2016 à 2022, 44 (6,6 %) avaient un trichobézoard et au moins une biopsie, condition d'inclusion de l'étude, les chats déjà diagnostiqués d'une entéropathie étant exclus [10]. La part réelle des trichobézoards parmi ces chats opérés est donc d'au moins 6,6 %. Sur vingt ans, à Naples, 29 des 2 895 chats référés avaient une obstruction par corps étranger, dont 4 par trichobézoard (13,8 %, notre calcul) et 18 par corps étranger linéaire (62,1 %). Les quatre chats à trichobézoard avaient tous plus de 8 ans [67]. Grébert compte, dans une thèse d'Alfort sur 34 chats porteurs d'un corps étranger linéaire (2010-2016), un corps étranger formé de poils (2,9 %, écrit 3 %) [73]. En Géorgie, sur 56 chats opérés pour corps étranger, des « hairballs » figurent parmi les signes rapportés chez 2 chats (3,6 %, notre calcul), sans que la série donne la nature des corps étrangers discrets dans les passages lus [94]. Sur dix ans, deux centres de référé britanniques ont réuni 24 chats échographiés dont l'ulcère digestif a été confirmé par l'endoscopie (10), la chirurgie (12) ou l'autopsie (2), l'histologie manquant dans plusieurs cas de l'aveu des auteurs : 3 ulcères relevaient d'un corps étranger, dont 2 d'un trichobézoard, l'un gastrique, l'autre jéjunal, soit 2 chats sur 24 (8,3 %, notre calcul) [72].
Ces proportions se rapportent à des chats déjà opérés ou imagés dans des centres de référé. Rien n'y renseigne sur la fréquence des obstructions dans la population féline, qu'aucune source ne chiffre (voir § 7).
4.5 Les données françaises
Aucune thèse vétérinaire française consacrée au trichobézoard du chat n'a été retrouvée. Le sujet n'apparaît qu'en passage, et souvent par un seul chat. À Alfort, un trichobézoard enchâssé dans l'antre pylorique était le seul corps étranger gastrique parmi 34 chats atteints de sténose pylorique [181], et un corps étranger linéaire fait de poils figurait parmi 34 chats porteurs d'un corps étranger linéaire, dont 30 opérés [73]. Des antécédents de trichobézoards sont relevés chez 4 des 24 chats d'une série d'infiltrations éosinophiliques du tube digestif (voir § 5) [182]. L'essai d'Aimargues mesure du poil fécal sous des aliments, pas une fréquence [43], et la thèse d'Alfort sur le toilettage ne parle pas des boules [119]. Aucune prévalence française, ni en clientèle ni par enquête, n'est disponible.
5. Facteurs de risque et associations
Le risque de faire des boules de poils, ou un trichobézoard obstructif, n'a jamais été estimé par une étude conçue pour cela. Les associations publiées reposent sur des séries de malades sans témoins, des enquêtes déclaratives, une cohorte de naissance connue par un bulletin, deux analyses multivariées et une seule comparaison à une population de référence, celle des sténoses œsophagiennes. Une proportion relevée parmi des chats malades n'y vaut jamais risque. Le sens des liens reste presque toujours ouvert.
5.1 Longueur du poil et race
Facteur le plus souvent invoqué, le poil long est aussi le moins mesuré. La seule comparaison au sein d'une même population vient du sondage par courriel de Cannon : plus de deux boules par an chez 21 chats à poil long sur 38 (55 %) contre 23 chats à poil court sur 87 (26 %), soit un rapport de 2,1 (notre calcul), sur un échantillon non aléatoire et des déclarations de propriétaires [5]. Sans le démontrer, les séries de malades penchent dans le même sens. Quatre des cinq chats obstrués de Sydney avaient le poil long, et les auteurs notent que le poil court franchit plus aisément le pylore [9]. Parmi les 44 chats de la série américaine figurent 20 chats domestiques à poil long (45,5 %), 9 Maine Coons (20,5 %), 7 chats domestiques à poil court (15,9 %), 4 chats domestiques à poil mi-long (9,1 %), puis un Himalayen, un Norvégien, un Ragdoll et un Bobtail. Poil long et poil mi-long y concernent 36 chats sur 44 (81,8 %, notre calcul), ou 37 (84,1 %, chiffre de l'article) si l'on y range le Bobtail [10]. Faute de population de référence, ces proportions décrivent la série, pas un risque.
Les races sont encore moins documentées. Cornell juge le Persan et le Maine Coon plus exposés, sans données [1]. Les 1,5 % de Persans et 0,94 % de Ragdolls notés dans les dossiers britanniques ne sont comparés à aucune autre race par leurs auteurs (voir § 4) [29, 30]. Six diverticules gastriques décrits en série touchaient notamment deux Maine Coons au passé de boules de poils, l'un opéré d'un trichobézoard gastrique après trois ans de vomissements et d'amaigrissement, l'autre vomissant des boules depuis six ans. La surreprésentation du Maine Coon qu'elle montre (3 Maine Coons sur 122 vus contre 3 chats d'autres races sur 11 815 vus, test exact de Fisher) porte sur le diverticule, non sur le trichobézoard [74].
5.2 Prurit, puces et dermatoses
Le prurit augmente le toilettage, donc, en hypothèse, le poil avalé. Cannon estime que les puces accroissent le toilettage de tout chat, allergique ou non, comme les dermatoses prurigineuses et le toilettage excessif lié à la douleur ou à l'anxiété [5]. Un des cinq chats de Sydney portait des puces abondantes et une dermatite miliaire, et les auteurs tiennent tout prurit pour un facteur de risque, surtout chez le poil long [9]. Mesuré sur le toilettage (voir § 3), l'effet des puces ne l'est pas sur les boules de poils.
La dermatologie établit surtout que le toilettage excessif a le plus souvent une cause médicale. Chez 21 chats adressés pour une alopécie supposée psychogène, le bilan a trouvé une cause médicale de prurit chez 16 (76 %), une alopécie purement psychogène chez 2 (10 %) et un mélange des deux chez 3 (14 %). Une réaction alimentaire indésirable était en cause chez 12 (57 %) et suspectée chez 2 autres (d'après le résumé) [55]. Sur 1 407 chats vus en dermatologie à Cornell de 1988 à 2003, parmi 22 135 chats présentés à l'hôpital, l'alopécie psychogène ne concerne que 3 chats [183]. Les prurits symétriques apparents y relèvent le plus souvent d'une allergie, avec, sur 1 887 diagnostics, 298 « allergies », 194 dermatites atopiques, 70 allergies aux piqûres de puces et 48 allergies alimentaires, à côté de 99 infestations par les puces [183]. Dans les réactions alimentaires cutanées publiées chez 210 chats issus de douze articles, l'alopécie auto-induite, souvent symétrique, est la présentation la plus décrite, chez 40 à 100 % des chats selon neuf articles [184]. Demodex gatoi provoque surtout un prurit et un toilettage excessif avec alopécie auto-induite [172]. Une thèse de Toulouse sur le refuge écrit que les chats atteints de teigne généralisée avaleraient beaucoup de poils en se toilettant, au risque de vomissements, de constipation, d'anorexie ou de trichobézoards gastriques. L'affirmation vient d'une recension, sans donnée propre [54].
Ni la quantité de poils avalés ni la fréquence des boules n'ont été mesurées chez des chats prurigineux ou parasités comparés à des témoins.
5.3 Stress, comportement et douleur
Le lien entre stress, toilettage excessif et boules de poils est une inférence répétée de revue en revue. Une revue clinique de 2018 écrit que le toilettage excessif en réponse au stress aboutit souvent à des boules de poils, en citant la série dermatologique de Cornell et la revue de Cannon [185]. Or la série de Cornell, dont tout le texte a été interrogé, ne contient aucune occurrence de « hairball » ni de « trichobezoar », et Cannon range le toilettage excessif lié à la douleur ou à l'anxiété parmi les causes d'ingestion excessive de poils sans référence ni donnée [183, 5]. Selon le résumé d'une revue espagnole de 2016, des troubles compulsifs comme le toilettage excessif peuvent naître d'un environnement stressant. Le reste de son contenu, dont une alopécie psychogène plus fréquente au Siamois et à l'Abyssin, ne nous est connu que par un compte rendu de lecture [153]. Pour iCatCare en 2025, la plupart des toilettages excessifs auraient une composante de stress, et certaines races orientales arracheraient leur poil sous stress, sans que la fréquence de ces formes soit connue [126].
Les enquêtes chiffrent le comportement, jamais son lien avec les boules. Chez 3 255 chats finlandais, un score de toilettage excessif plus élevé est associé aux problèmes de santé signalés par le propriétaire, à la peur et à l'absence d'accès libre à l'extérieur. Le Ragdoll y a le score moyen le plus haut, l'Angora turc le plus bas, et la plateforme d'enquête appartient à une société cofondée par un auteur [186]. Une autre enquête de la même équipe, sur 5 683 chats, associe un sevrage à 14-15 semaines à moins de toilettage excessif qu'un sevrage à 12-13 semaines (χ² = 7,14 ; P = 0,0075), mais seulement dans les modèles sans traits de personnalité. Avec eux, l'âge au sevrage n'est plus significatif, effet que les auteurs disent en partie expliqué par l'agressivité [187]. Parmi 1 376 chats japonais, dont 95,5 % vivaient en intérieur, les seniors avaient plus de chances que les adultes de présenter un toilettage excessif (rapport de cotes 1,68, au seuil corrigé de P < 0,0029), mais la prévalence du comportement, donnée en figure, n'a pas été lue [188]. À une enquête sur les pointeurs laser, 84 des 618 répondants ont décrit l'effet d'un toilettage excessif chez leur chat, soit 13,6 % selon notre lecture, proportion que l'article ne publie pas telle quelle [189]. Les dossiers britanniques notent un toilettage excessif chez 167 chats sur 18 249 (0,9 %), plus souvent chez les femelles et à partir de 8 ans [151], et chez 13 Ragdolls sur 2 025 (0,64 %), pour 81 troubles du pelage (4,00 %) [30].
Du côté des malades, les séries décrivent le terrain de l'alopécie comportementale. Huit des 11 chats d'une série d'alopécie psychogène vivaient exclusivement en intérieur, et un stress du milieu déclenchait ou aggravait le trouble chez 9 (d'après le résumé) [190]. Sur 45 chats vus en dermatologie à Alfort pour des lésions de grattage ou de léchage, une thèse retient comme éléments clés d'une dermatose comportementale un milieu inadapté, mesuré par un score de mal-être, et une alopécie auto-induite bien circonscrite, surtout ventrale, sur une peau saine, avec un déclencheur fréquent, telle une séparation d'avec le propriétaire [127]. Cette thèse ne mentionne jamais les boules de poils. Dans un essai contre placebo mené sur 25 chats atteints d'alopécie psychogène, dont 11 par groupe ont terminé, le nombre de séquences de toilettage n'a pas changé de façon significative sous clomipramine. L'échec peut tenir au médicament, à la durée de l'essai ou au petit nombre de chats, sans que les auteurs puissent trancher (d'après le résumé) [128].
Un cas relie directement le comportement à l'obstruction. Opérée deux fois en douze mois de trichobézoards obstructifs, une chatte australienne de 3 ans toilettait à l'excès et s'arrachait les poils. Le diagnostic de travail était un trouble anxieux, avec un inconfort digestif et une dermatose possibles, et la prise en charge médicale, environnementale et comportementale a fait cesser le toilettage excessif et l'ingestion de poils [58, 191]. Une pâte laxative à la paraffine figurait parmi les médicaments de ce plan, appliqué d'un bloc, si bien que la part de chaque mesure ne peut pas être séparée [58]. Cette chatte a le poil long dans le résumé de congrès et dans le résumé de l'article publié ensuite, mi-long dans la description du cas de ce même article [58, 191].
La douleur modifie le toilettage dans les deux sens. Les recommandations sur la douleur citent sa baisse comme signe en 2007, 2015 et 2022, et la version de 2015 y ajoute le toilettage excessif d'une zone douloureuse [192, 56, 193]. Selon les recommandations seniors de 2021, des zones tondues ou surtoilettées peuvent signaler une douleur sous-jacente, et l'arthrose peut empêcher l'auto-toilettage [194]. Chez une chatte d'environ 15 ans, l'alopécie et les érosions par léchage de la face interne de l'avant-bras droit accompagnaient une arthrose des coudes et ont cessé avec le traitement de la douleur. Les auteurs citent une étude japonaise trouvant de l'arthrose chez 74 % de 101 chats dépistés [57]. Construisant une grille de douleur chronique, une thèse d'Alfort rapporte, dans sa partie bibliographique, une liste des changements de comportement liés à l'arthrose où les « boules de poils » figurent dans la rubrique du toilettage, à côté de sa baisse et du surtoilettage des zones douloureuses. La grille qu'elle construit, elle, n'en parle pas. Le propriétaire, y lit-on d'après un auteur qu'elle cite, peut remarquer un toilettage accru à des vomissements de boules plus nombreux, à des poils dans les selles ou à des zones dépilées [195]. Nulle part la fréquence des boules n'est mesurée chez le chat douloureux.
5.4 Entéropathie chronique et lymphome
L'association la mieux documentée est aussi la plus difficile à orienter. Une seule série biopsie l'intestin des chats obstrués par un trichobézoard : 44 chats de six hôpitaux de référé américains (2016-2022), sans lien d'intérêt déclaré [10]. Tous étaient présentés pour un vomissement aigu ou l'aggravation d'un vomissement chronique. Vingt n'avaient que des signes aigus, de moins de trois semaines (45,5 %), et 24 des signes chroniques (54,5 %), parmi lesquels un vomissement chez 23, une perte de poids chez 5 et une obstruction par trichobézoard antérieure chez 5 (20,8 %) [10]. Le tableau des diagnostics de Pawenski range 69 des 100 biopsies parmi les inflammations, dont 25 lymphoplasmocytaires et 25 lymphoplasmocytaires et éosinophiliques, 18 parmi les lymphomes à petites cellules, 8 parmi les prélèvements sans muqueuse et 5 parmi les biopsies sans inflammation notée. Les 10 chats atteints de lymphome (10 sur 44, 22,7 %) avaient tous des signes chroniques, soit 10 sur 24 (41,7 %), et une moyenne d'âge de 12,5 ± 3,4 ans, contre 6,4 ± 3,7 ans pour les formes aiguës et 9,3 ± 4,3 ans pour l'ensemble des formes chroniques [10]. L'inflammation neutrophilique et les lésions de la muqueuse se concentrent au site de l'obstruction : 14 des 17 biopsies à neutrophiles, et les 14 érosions ou ulcérations relevées sur 73 biopsies. La discussion souligne que 5 biopsies sur 100 seulement étaient sans inflammation, toutes en amont, mais les 95 autres comprennent les 18 lymphomes et les 8 prélèvements sans muqueuse (notre remarque). Le lymphome concordait d'un site à l'autre chez 6 des 7 chats biopsiés en plusieurs points selon la discussion, alors que les résultats décrivent, parmi les 10 chats à lymphome, 5 chats concordants et 5 chats à inflammation variée sur un site ou plus [10].
Tous les chiffres de cette série ne concordent pas. L'âge moyen global publié, 14,2 ± 4,3 ans, est incompatible avec les moyennes des deux groupes qui composent la série : leur moyenne pondérée vaut environ 8,0 ans (notre calcul), et le tableau 2 donne 7,9 ans (médiane 8,0). L'âge des chats à lymphome est écrit 12,5 ans dans les résultats et 12,9 dans la discussion, valeur qui est la médiane du tableau 2. La part de lymphomes parmi les chats domestiques à poil court, écrite 66 %, vaut 4 sur 7, soit 57,1 % (notre calcul) [10]. Surtout, sans groupe témoin, la série ne dit pas si ces lésions précèdent l'obstruction ou en découlent. Les biopsies n'ont pas été lues en aveugle, et les normes histologiques disponibles avaient été établies, rappellent les auteurs, sur des chats de colonie exempts de pathogènes spécifiés âgés de 5 à 18 mois [10]. Leur conclusion est prudente : les biopsies prises lors de la chirurgie peuvent révéler une entéropathie chronique, et celles du site d'obstruction s'interprètent avec précaution [10].
D'autres observations vont dans le même sens, une à une. Le troisième chat de Sydney, obstrué à la jonction iléo-cæco-colique, avait une entérite éosinophilique avec fibroplasie de l'iléon, et les auteurs avancent, au conditionnel, une baisse locale de motilité sur fibrose et inflammation pour expliquer l'obstruction [9]. En 2013, German et German décrivent un Persan de 9 mois qui vomissait des boules de façon persistante, porteur de nodules pyloriques fibreux, d'un ulcère duodénal proximal et d'organismes de type Helicobacter, puis un chat de 4 ans dont un trichobézoard duodénal grand et sec obstruait l'écoulement biliaire, avec cholangite et pancréatite concomitantes [2].
Bruguière, dans sa thèse d'Alfort sur 24 chats atteints d'infiltration éosinophilique du tube digestif, relève des antécédents de trichobézoards chez 4 d'entre eux (16,7 %), deux européens, un Maine Coon et un Ragdoll, dont 2 des 8 chats atteints de fibroplasie sclérosante [182]. Six chats sur 24 avaient le poil long, ce que l'autrice ne juge pas surreprésenté. Elle rappelle l'hypothèse, jamais démontrée, qu'un corps étranger, végétal, trichobézoard ou os, explique la localisation pylorique et iléo-cæco-colique de la fibroplasie sclérosante [182]. En Australie, sur 13 fibroplasies sclérosantes, poils et végétaux avaient été cherchés à l'histologie pour exclure un trichobézoard, et aucun des 13 chats n'avait d'antécédent d'obstruction par une boule ou un corps étranger [196].
Le pica ouvre une autre piste. Un mémoire de maîtrise de Montréal (2017) a suivi au moins six mois 8 chats qui ingéraient du tissu chaque semaine ou plus [36]. Chacun avait une anomalie digestive : entérite ou gastro-entérite éosinophilique chez 6, retard de vidange gastrique suspecté chez 5 selon les résultats et 4 selon le résumé anglais, reflux chez 1, Giardia chez 1. Trois portaient de gros trichobézoards, retirés à l'endoscopie ou à la laparotomie, dans le jéjunum d'un Sacré de Birmanie, l'antre pylorique d'un chat de gouttière à poil long, l'antre et le pylore d'un Siamois [36]. Le pica de la moitié des chats s'est amélioré après le traitement de la maladie digestive. Petit effectif, sans témoins, chats recrutés pour leur pica : l'étude ne mesure pas un risque. Le mémoire rapporte en recension deux hypothèses, l'hypomotilité d'une entérite chronique du grêle qui favoriserait les trichobézoards, attribuée à Norsworthy (2013), et un trouble de la motilité gastrique qui favoriserait leur forme gastrique [36]. Publiée en 2025, une série américaine qui tient le pica pour un signe d'entéropathie chronique trouve une entérite chronique chez chacun des 41 chiens et chats biopsiés après l'ablation d'un corps étranger gastrique, dans une population là encore sélectionnée (d'après le résumé) [197].
Sur les entéropathies chroniques du chat, le consensus ACVIM de 2023 ne mentionne pas les boules de poils [164]. Norsworthy trouve une maladie chronique du grêle chez presque tous les chats à signes digestifs chroniques et intestin épaissi qu'il biopsie, et ses séries relèvent de la question du vomissement « normal » (voir § 6).
5.5 Maladie œsophagienne
Un seul terrain a été comparé à une population de référence. Sur 8 chats et 20 chiens traités par bougienage pour une sténose œsophagienne bénigne, les chats avaient plus souvent que la population de référence une anesthésie récente, des vomissements ou des trichobézoards digestifs. Le résumé, seul lu, ne chiffre pas l'association [64]. Le sens reste ouvert là aussi : le poil peut se loger sur une sténose existante, et une sténose peut suivre un trichobézoard œsophagien, selon la discussion d'un rapport de deux cas de 2019 [25]. Sur les sept rapports de cas œsophagiens publiés avant 2019, la plupart reposaient sur une maladie œsophagienne préexistante, alors que les deux chats de ce rapport n'en avaient ni signe ni antécédent, sans que leur motricité œsophagienne ait été explorée [25] (voir § 7).
5.6 Vie en intérieur
Bristol Cats, cohorte de naissance britannique, est la seule à avoir estimé ce risque. Sur 1 318 chats suivis jusqu'à 2,5 ans, 28,3 % n'avaient « jamais » accès à l'extérieur, environ 373 (notre calcul), alors que la définition du chat d'intérieur retenue par le bulletin inclut les chats sortis seulement dans un enclos ou en laisse. Ces chats d'intérieur avaient un risque accru de boules de poils signalées par le propriétaire, comme de surpoids et de mastication de tissus, dans des régressions logistiques dont le bulletin cite des modèles univariés et multivariés sans dire duquel vient ce résultat [65]. L'association n'est connue que par le bulletin adressé aux participants, qui ne donne ni rapport de cotes ni intervalle, le résumé de congrès complet n'ayant pas pu être lu [65]. Une étude suédoise cite ce travail pour écrire que les chats d'intérieur souffrent davantage de boules de poils [198].
Les autres indices sont indirects. L'accès libre à l'extérieur s'associe à moins de toilettage excessif chez les chats finlandais [186], et 8 des 11 chats d'une série d'alopécie psychogène vivaient enfermés, sans comparaison avec la population d'origine (d'après le résumé) [190]. Après l'installation d'un espace extérieur clos, les propriétaires déclarent moins de boules chez 38 chats sur 382 (9,9 %), autant chez 210 (55,0 %), davantage chez 5 (1,3 %), sans groupe témoin et dans une étude financée en partie par le fabricant de la clôture [66]. Weber et ses coauteurs supposent, sans référence, un toilettage plus long chez le chat d'intérieur [43]. Quant à sa mue, elle n'a jamais été mesurée (voir § 3).
5.7 Âge et sexe
L'âge n'est relié directement à la fréquence des boules dans aucune source retrouvée, et les indices divergent. Chatons et jeunes chats en feraient moins que les chats plus âgés, toiletteurs plus expérimentés, selon un avis de Cornell sans données [1]. Or les jeunes adultes se toilettent davantage que les chats d'âge mûr (6,3 % contre 5,0 % du temps) [42]. Plus fréquent à partir de 8 ans dans les dossiers britanniques [151], le toilettage excessif est plus probable chez le senior dans une enquête japonaise [188], mais sans lien avec l'âge ni le sexe dans deux enquêtes finlandaises, sur 3 255 et 5 683 chats [186, 187]. Chez les chats obstrués, les moyennes d'âge vont de 6,4 ans pour les formes aiguës à 12,5 ans pour les lymphomes [10], et les quatre chats de Naples avaient plus de 8 ans [67]. Trois des cinq chats de Sydney avaient 10 ans ou plus, et les deux autres sont dits de moins de 4 ans dans le résumé, alors que le cas 2 a 4 ans dans le texte et le tableau, et le cas 5 7 mois dans le texte et 4 ans dans le tableau [9]. Les Ragdolls notés « hairball/furball » ont un âge médian de 4,90 ans [30].
Pour le sexe, les Persans ne diffèrent pas (1,3 % contre 1,5 %, P = 0,586) [29]. La saison n'influe sur le toilettage que chez les mâles [42], et le toilettage excessif est plus souvent noté chez les femelles dans les dossiers britanniques [151], pas dans les deux enquêtes finlandaises [186, 187].
5.8 Parodontite et hyperthyroïdie
Dans l'échantillon britannique de 18 249 chats, chacune des 40 autres affections fréquentes a été confrontée à la parodontite dans un modèle logistique multivarié, ajusté sur la race pure, le poids adulte, l'âge, le sexe, la stérilisation et le groupe vétérinaire [68]. Enregistrée, la boule de poils y est associée à la parodontite avec un rapport de cotes de 2,31 (IC 95 % 1,57-3,41, P < 0,001), l'une des trois associations les plus fortes. C'est une association statistique, sans sens de causalité. Aucun mécanisme propre aux boules de poils n'est proposé, et le résultat n'a été constaté qu'une fois [68].
Pelage négligé ou léchage excessif : l'hyperthyroïdie donne les deux tableaux selon la source. Les recommandations AAFP de 2016 citent un pelage négligé parmi ses signes classiques [199], alors que la série dermatologique de Cornell décrit 6 chats hyperthyroïdiens vus pour une alopécie auto-induite, surtout de l'abdomen et de la croupe [183]. Les deux grandes séries historiques, de 126 et 131 chats, citent les vomissements, et la première des lésions cutanées, sans parler du toilettage ni des boules de poils (d'après les résumés) [200, 201]. Aucune des sources lues ne relie l'hyperthyroïdie aux boules de poils.
5.9 Plantes
Que le chat mange des plantes pour évacuer son poil est une idée répandue. Deux enquêtes en ligne de Davis, sur 1 872 à 2 036 réponses analysées puis sur 1 021, trouvent que 65 % des chats mangeaient des plantes chaque semaine. Seuls 6 % puis 9 % semblaient malades avant, et 37 % puis 27 % vomissaient souvent après [122]. Chats domestiques à poil court et à poil long en mangeaient autant, avec plus de dix prises chez 310 sur 373 (83 %) contre 54 sur 64 (84,4 % selon notre calcul, écrit 85 %), et vomissaient après dans 97 cas sur 373 (26 %) contre 12 sur 64 (19 %). Pour l'équipe de Davis, la consommation de plantes ne sert donc pas à expulser les boules de poils [122]. L'article range le Burmese parmi les races à poil long, ce qui retire à sa comparaison entre Burmeses et Siamois toute portée sur la longueur du poil (notre remarque). Chez des panthères des neiges de zoo, 11 observées et les fèces de 10 analysées (8 des 11 et 2 autres), la quantité de plantes fécales n'est pas liée à celle des poils, et les vomissements sont bien plus rares que les prises de plantes [202]. À l'appui de l'hypothèse inverse, six masses de plantes régurgitées par deux chats appartenant à l'une des autrices portaient, au microscope électronique, des dentelures ou des poils microscopiques où s'accrochaient des poils animaux, observation que les autrices jugent compatible avec l'hypothèse de l'évacuation (2025, d'après le résumé) [123]. Deux enquêtes totalisant quelque trois mille réponses font face à six échantillons de deux chats, sans comparaison. La question revient avec l'herbe à chat (voir § 13).
6. Le vomissement de poils : physiologique ou signe d'appel
6.1 L'idée d'un processus normal, et ses appuis
Que vomir périodiquement une boule de poils soit un processus physiologique, les sources lues le font remonter à un chapitre de manuel de 1984, que cite la série de Sydney [9]. Un cas canadien de 2023 le répète en renvoyant à cette série, sans donnée à l'appui [21]. La revue du European Emesis Council écrit en 2013 que le chat vomit souvent des trichobézoards, comparé aux autres espèces, probablement à cause de son toilettage, et n'appuie cette phrase que sur la série de Sydney, qui ne mesure aucune fréquence de vomissement. Dans son tableau des causes, les trichobézoards figurent dans la ligne des corps étrangers, notée C dans son ensemble, au niveau 4c (série de moins de 20 cas), sur cette même série [76]. Cette revue a reçu le soutien de Pfizer Animal Health, fabricant d'un antiémétique, dont un auteur était salarié, et un autre de ses auteurs était financé par Royal Canin [76].
Les fiches de l'école de Cornell vont plus loin dans la tolérance. Selon le professeur Goldstein, il n'est pas rare qu'un chat rejette une boule toutes les une à deux semaines [1]. Sa fiche existe au plus tard en avril 2011 et n'a pas changé de fond jusqu'en 2026 ; février 2018, sa date d'archivage, est celle du nouveau site de l'école, pas celle du texte [1]. Dès mars 2006, une autre fiche de Cornell donnait la même fréquence pour « pas rare », sur l'avis d'une vétérinaire d'une clinique féline de Seattle [118]. Datée de décembre 2010, la fiche « Vomiting » était plus stricte. Le vomissement n'y était pas normal, un propriétaire ne devait pas le tolérer, et un vomissement répété devait être exploré même s'il survenait moins d'une fois par semaine [31]. Réécrite entre la mi-juin et le début de juillet 2021, elle garde à l'identique son paragraphe sur les boules, avec la même fréquence « pas rare » et le risque d'une complication grave chez un chat qui ne ramène jamais de boule. L'alerte n'y vient plus qu'au-delà d'un vomissement par semaine ou devant des signes associés, et la consigne d'explorer un vomissement répété moins fréquent a disparu [31]. Ce sont des avis d'expert, sans source chiffrée.
6.2 Les arguments en faveur d'un signe d'appel
Cannon renverse la perspective en 2013. Les rapaces rejettent une pelote de matières indigestes après chaque repas, alors que la plupart des chats, grands ou petits, ne ramènent que rarement ou jamais de boule. Une enquête informelle auprès de vétérinaires de zoos britanniques n'a trouvé aucun soigneur qui ait vu un félin vomir une boule de poils, observation qu'elle juge elle-même anecdotique [5]. Elle en tire un doute sérieux sur la normalité du phénomène. Chez la plupart des chats à poil court, l'élimination fréquente de boules signalerait selon elle une maladie chronique qui augmente l'ingestion de poils ou modifie la motilité (prurit, puces, intolérance alimentaire, maladie inflammatoire de l'intestin), et des vomissements réguliers pourraient traduire une maladie digestive primaire [5]. Traiter la maladie réduirait souvent les vomissements de poils, d'après son expérience et non d'après une étude. Ses points clés appellent « régulier » le fait d'en ramener deux ou plus par an chez un chat à poil court, ce que faisaient 5 chats sur 48 du premier sondage, et son texte voit dans ces vomissements réguliers, chez le poil court, l'indice possible d'une maladie digestive ou cutanée [5]. Les autopsies de Portsmouth, qui trouvent du poil dans presque toutes les selles et une seule boule gastrique sur 14 estomacs, vont dans son sens (voir § 3).
Dans l'éditorial qui accompagne cette revue, environ 10 % des chats sains vomiraient des boules, et tout changement de rythme ou de fréquence, toute perte de poids ou d'appétit doivent faire chercher une maladie [2]. Les auteurs du cas nasopharyngé de 2010 tiennent le vomissement fréquent de trichobézoards pour la manifestation d'une affection digestive, dermatologique, neurologique ou comportementale, reconnaissent qu'aucune grande étude n'existe et invitent à chercher la cause des vomissements fréquents [8].
L'argument le plus chiffré vient de Norsworthy, au Texas. Chez 100 chats présentant des vomissements chroniques, une diarrhée chronique ou une perte de poids, avec un intestin grêle épaissi à l'échographie, les biopsies chirurgicales ont montré une maladie chronique du grêle chez 99. Ces signes, concluent les auteurs, ne doivent pas être tenus pour normaux, quelles que soient les explications des propriétaires (2013, d'après le résumé) [37]. Sur 300 chats sélectionnés de la même façon, 288 avaient des anomalies histologiques (96 %), dont 150 une entérite chronique et 124 un lymphome intestinal (2015, d'après le résumé) [203]. Dans une lettre de 2019, Norsworthy dit avoir biopsié plus de 700 chats présentant des vomissements chroniques, deux fois par mois ou plus, une diarrhée chronique ou une perte de poids. Parmi les quatre excuses qui font accepter ces vomissements comme normaux, il range l'idée que les boules de poils ne compteraient pas, et juge qu'un chat qui vomit deux fois par mois a presque certainement une maladie chronique du grêle [32]. Ces 700 chats n'ont pas été publiés en série. Interrogé en 2014, il redit que le vomissement chronique est sous-estimé parce qu'on l'attribue aux boules de poils [204].
6.3 Le contrepoint des chats « sains »
À Texas A&M, une équipe a pris le contre-pied en 2019. Pour constituer un groupe de 20 chats « sains » destinés à des biopsies du grêle, elle a admis des chats qui vomissaient jusqu'à deux fois par mois, et exclu les autres [33]. Leurs biopsies étaient très souvent anormales. La lecture conjointe de l'histologie, de l'immunohistochimie et de la clonalité concluait à un lymphome à petites cellules chez 12 des 20 chats, le plus souvent sans traduction clinique, puisque 17 chats restaient sans signe d'entéropathie chronique après une médiane de 709 jours. Trois en ont développé les signes, dont deux, que l'histologie classait déjà en lymphome, ont été euthanasiés pour maladie digestive 295 et 654 jours après l'endoscopie [33]. Ceux qui vomissaient étaient, selon les auteurs, soit des chats à poil long rejetant surtout des boules de poils, soit des chats vomissant occasionnellement, jusqu'à deux fois par mois [33]. En réponse à la lettre de Norsworthy, l'autrice précise que seuls 4 des 20 chats vomissaient occasionnellement à l'inclusion, deux avec un lymphome à petites cellules, deux avec une entérite lymphoplasmocytaire restée stable à 837 et 869 jours. Appeler « malades » ces deux chats restés stables relèverait selon elle de la surdéfinition et du surdiagnostic, tout en admettant qu'un vomissement occasionnel peut être un signe précoce d'entéropathie, à surveiller de près [205].
Une donnée de population vient de Liverpool : chez les chats de 7 à 10 ans, la présence de boules dans le vomi n'est pas associée à la fréquence des vomissements (P = 0,33) [38]. Le consensus ACVIM de 2023 cite le vomissement parmi les signes d'entéropathie chronique sans mentionner les boules de poils [164], et le résumé de la revue de 2016 sur les vomissements chroniques du chat ne les compte pas parmi les causes courantes [206].
6.4 Quatre seuils, aucun validé
Quatre seuils circulent, et ils ne comptent pas la même chose. Cornell parle de boules et en tolère une toutes les une à deux semaines. Pour les vomissements, sa fiche ne fixe plus l'alerte, depuis 2021, qu'au-delà d'un par semaine, alors que sa version de 2010 demandait d'explorer tout vomissement répété, même moins fréquent [1, 31]. Cannon raisonne elle aussi en boules, mais sur l'année : dès deux rejets annuels chez un chat à poil court, elle les qualifie de « régulières » et les tient pour un possible signe d'affection sous-jacente [5]. Norsworthy compte les épisodes de vomissement, boules comprises, et tient deux par mois pour pathologiques [32]. Marsilio compte également les vomissements et en admet jusqu'à deux par mois chez des chats qu'elle tient pour sains [33]. Entre Cornell et Cannon, l'écart va d'un facteur 13 à 26 (notre calcul : 26 à 52 boules par an contre 2). Pas un de ces seuils n'a été validé. Il s'agit d'avis, ou d'un critère d'inclusion choisi par une équipe, et le tableau A4 les met côte à côte. Le débat est repris avec les autres controverses (voir § 16).
6.5 Ce que les études ne permettent pas de dire
Jamais la fréquence des vomissements de poils n'a été comparée, dans une même population, entre chats sains et chats atteints d'une maladie digestive démontrée. Norsworthy recrute des chats déjà malades, à l'intestin épaissi : ses séries établissent que ces chats sont malades, pas quelle part des « vomisseurs de poils » l'est [37, 203]. L'étude de Marsilio porte sur 20 chats et tolère, par construction, deux vomissements par mois [33]. Les séries d'obstruction trouvent une entéropathie ou un lymphome chez une partie des chats, sans témoins (voir § 5) [10]. Restent inconnus, chez le chat qui vomit des boules, son temps de toilettage, sa motilité gastrique et la quantité de poil qu'il avale (voir § 3).
6.6 À l'interrogatoire
Nombre de propriétaires jugent normal qu'un chat vomisse des boules [5]. Certains clients le pensent du jeune adulte, notent en 2021 les lignes directrices AAHA/AAFP sur les étapes de la vie, qui demandent d'interroger sur ces vomissements à chaque étape et tiennent la question pour essentielle chez l'adulte mûr et le senior [6]. Leur version de 2010 n'en parlait pas [207] (voir § 15). Au Japon, en janvier 2016, un peu plus de la moitié des 347 propriétaires dont le chat avait vomi une boule dans le mois s'en disaient inquiets (8,1 % très, 46,1 % un peu). Seul le vomissement d'aliment a fait l'objet d'une question sur la consultation, et plus de 90 % des propriétaires interrogés n'avaient jamais fait examiner leur chat pour ce motif [27]. Sous le mot « boule » peut aussi se cacher une toux (voir § 2). L'antécédent de boules vomies, chez les chats obstrués, existe chez certains et manque chez d'autres. Un rapport de deux cas œsophagiens conclut qu'il oriente, mais que son absence n'exclut rien [25] (voir § 7).
7. Formes cliniques et localisations
La matière de cette partie vient presque entière de rapports de cas et de deux séries, l'une de 5 chats [9], l'autre de 44 [10]. Les séries d'imagerie qui comptent des trichobézoards mêlent tous les corps étrangers, et souvent chiens et chats. Ce qui suit décrit donc ce qui a été publié, organe par organe. La fréquence réelle de chaque forme reste inconnue.
7.1 Vue d'ensemble et décompte des localisations
Cannon décrit en 2013, dans une revue britannique, trois voies de complication quand le trichobézoard n'est pas vomi : l'intestin grêle, l'œsophage et le nasopharynx [5]. La série australienne de 1999 avait ajouté, dans sa discussion, l'obstruction de la sortie gastrique, la constipation et une colite liée aux poils [9].
Le tableau B1 réunit, une ligne par publication, ce que nos dossiers contiennent de trichobézoards du chat domestique, publiés ou seulement indexés, thèses et résumés de congrès compris (voir § 19). Notre décompte y trouve 64 publications sur 63 lignes, la série d'Alfort sur les stents et l'article argentin qui la cite partageant une ligne [208, 209] ; 9 ne sont connues que par leur titre, parfois avec leur indexation, et 7 par ce qu'en dit une source lue qui les cite. Par siège, 19 publications portent sur l'œsophage ou la jonction gastro-œsophagienne, 17 sur l'estomac, le pylore ou le duodénum proximal, 17 sur l'intestin grêle, 3 sur le côlon et 2 sur le nasopharynx ; 7 ne disent pas où siégeait le bézoard, et 4 comptent à la fois pour l'estomac et pour le grêle. Parmi les publications œsophagiennes figurent une série qui mesure une association [64] et deux cas illustrés connus par leur seule indexation, où rien ne garantit que le bézoard soit fait de poils. L'intestin grêle réunit deux séries cliniques [9, 10] et une série d'imagerie qui mêle chiens et chats sans donner la part des chats [78] ; une série britannique d'ulcères gastro-intestinaux, comptée à la fois pour l'estomac et pour le grêle, y ajoute un trichobézoard gastrique et un jéjunal [72]. Une seconde série d'imagerie compte quatre trichobézoards sans dire où ils siégeaient [67]. Le côlon tient en trois cas [12, 13, 14], plus un trichobézoard de la jonction iléo-cæco-colique [9] ; le nasopharynx, en un cas publié en propre [8] et une figure de revue [5], un stent nasopharyngé encombré de poils restant à part, chez un animal dont l'espèce n'est pas dite [210].
En ne gardant que les cas où le poil est certain et le chat identifiable, dans une publication lue ou rapportée par une source lue, ces 64 publications décrivent au moins 105 chats (notre décompte) : 60 pour l'intestin grêle, dont 44 dans la série de Pawenski et 5 dans celle de Barrs, 18 pour l'œsophage, 14 pour l'estomac et le duodénum, 3 pour le côlon, 2 pour le nasopharynx et 8 dont le siège n'est pas dit. Ce total laisse de côté les 10 trichobézoards de la série coréenne de Koo (chiens et chats mêlés, part des chats non donnée) [78], les publications connues par leur seul titre, celles dont la nature du bézoard ou l'espèce n'est pas vérifiée, la nécrose avec poils d'un ulcère gastroduodénal [211] et un granulome de follicules pileux [24].
Un tel décompte décrit la littérature, pas la clinique. Les rapports de cas favorisent l'inhabituel (anneau vasculaire, stent, diverticule) et les centres de référé, alors que les deux séries cliniques portent l'une et l'autre sur l'intestin grêle [9, 10]. Il dépend aussi de nos recherches : thèses françaises, résumés de congrès japonais et littérature grise brésilienne y entrent parce que nous les avons fouillés, non parce qu'ils seraient plus fréquents qu'ailleurs.
Deux proportions seulement existent, et toutes deux parmi des chats déjà opérés ou imagés pour corps étranger, jamais parmi l'ensemble des chats. Dans six hôpitaux privés de référé américains, de 2016 à 2022, 44 des 667 chats opérés pour corps étranger digestif avaient un trichobézoard et au moins une biopsie (6,6 %) [10]. La proportion est sous-estimée par construction : la biopsie était un critère d'inclusion, et les chats déjà diagnostiqués d'une entéropathie chronique étaient exclus [10]. À Naples, sur vingt ans, 29 des 2 895 chats référés à un centre universitaire avaient une obstruction par corps étranger ; 4 étaient dues à un trichobézoard (13,8 %, notre calcul), 18 à un corps étranger linéaire (62,1 %) [67]. Quatre chats ne font pas une fréquence. Ces deux chiffres donnent l'ordre de grandeur d'un recrutement hospitalier, sans plus.
Deux travaux qui auraient compté n'ont pu être lus le jour de la recherche : un mémoire brésilien de fin d'études sur trois chats obstrués par un trichobézoard (Sergipe, 2021, dépôt injoignable) et une série égyptienne de 22 chats à obstruction intestinale (Assiut, 2017, site inaccessible), dont seul un extrait de moteur de recherche indique qu'elle cite les trichobézoards parmi les causes ; tous deux figurent au tableau B1 pour leur seul titre. Deux autres titres brésiliens, un cas présenté à Recife en 2009 et un article de 2012, ne sont connus que par les références d'un cas de 2021 et n'ont pas été trouvés en ligne [53]. Aucun cas félin n'a été retrouvé dans la littérature chinoise ou coréenne. En langue japonaise, les trichobézoards du chat ne nous sont connus que par quatre résumés de congrès des années 1990, décrits plus bas, et un rapport de cas de 2023 [89]. La fréquence des vomissements de poils dans la population générale est une autre question (voir § 4).
7.2 Œsophage
Deux mécanismes sont avancés, sans preuve expérimentale. L'un est le vomissement incomplet d'un trichobézoard gastrique, qui se loge dans l'œsophage au lieu d'être rejeté. L'autre est la rétention de poils sur une maladie œsophagienne préexistante, hypomotilité ou sténose [9, 5]. Consacrée à un os d'oiseau resté deux mois dans l'œsophage, une observation britannique rappelle, d'après un manuel, qu'un corps étranger peut s'y loger quand il est vomi depuis l'estomac, par exemple avec des boules de poils [212]. Dans les rapports publiés, une maladie œsophagienne coexiste souvent, et l'ordre des causes ne peut pas être établi [5, 25].
Woerde et coll. recensaient en 2019 sept cas antérieurs, publiés de 1970 à 2009, la plupart sur une pathologie œsophagienne : sténose avec dilatation (Clifford, 1970), trichobézoards récidivants (Van Stee, 1980), mégaœsophage avec œsophagite (Regnier, 1985), un Persan de 9 ans (Squires, 1989, d'après son résumé [88]), un cas australien de 1994, invagination gastro-œsophagienne (Owen, 2005) et diverticule (Durocher, 2009) [25]. Le cas australien de 1994 avait été extrait à la pince, d'après une observation britannique qui le cite [212]. Pour Cariou et Lipscomb (2011), la plupart des corps étrangers œsophagiens félins rapportés dans la source qu'ils citent étaient des trichobézoards obstructifs, un seul étant un os ; cette source n'a pas pu être identifiée dans la copie lue [213]. La série égyptienne de 30 chats à corps étranger œsophagien, admis dans un même service universitaire, n'en compte au contraire aucun : 25 aiguilles et 5 os [214]. Dans un centre de référé britannique, 5 des 33 chats atteints d'une maladie œsophagienne avaient un corps étranger, dont une seule boule de poils, qui enfermait une agrafe [90]. Des séries d'un même hôpital ne ressemblent pas à une littérature de cas remarquables, et la composition de leurs corps étrangers dépend d'abord du recrutement.
Les terrains publiés sont variés. Neuf mois après une première obstruction œsophagienne par un trichobézoard, retiré par endoscopie, un chat domestique à poil long de 9 ans en avait un second, logé dans un diverticule à l'entrée de la poitrine [61, d'après le résumé]. Un Birman adulte avait une invagination gastro-œsophagienne sur une hernie hiatale chronique, le trichobézoard étant impacté dans l'intussusceptum ; le diagnostic a été fait à l'autopsie [160, d'après le résumé]. Un chat domestique à poil court de 3 ans, qui régurgitait depuis qu'il était chaton, avait un arc aortique droit persistant avec artère sous-clavière gauche aberrante, diverticule de Kommerell et tronc bicarotidien : son œsophage dilaté contenait de multiples trichobézoards compacts, sur une œsophagite [62]. Chez un Maine Coon de 2 mois, un anneau vasculaire formé d'un canal artériel droit persistant et d'un arc aortique gauche retenait une boule d'environ 10 cm contenant du liquide [63]. Après la correction d'un anneau vasculaire, l'œsophage peut rester dilaté et retenir du poil. Au Canada, juste après la thoracoscopie, l'endoscopie a vu dans la dilatation une grosse masse de poils, qu'elle n'a pas pu retirer faute de pouvoir y avancer l'instrument ; la chatonne l'a régurgitée quatre jours plus tard, et ses seules régurgitations ensuite étaient « associées aux boules de poils » [215]. Au Japon, une chatte opérée à 8 mois d'une artère subclavière droite aberrante régurgitait de nouveau deux mois plus tard, et une boule de poils logée dans l'œsophage resté dilaté a été retirée à la pince sous endoscopie [89]. À Montpellier, une aorte thoracique tortueuse comprimait l'œsophage d'un Siamois de 5 ans, avec une sténose ulcérée au site même du trichobézoard [216, d'après le résumé].
Les stents posent un problème à part. Une chatte d'un an, traitée par stent métallique auto-expansible pour une sténose récidivante survenue après une prise de clindamycine, a présenté douze mois après la pose une dysphagie totale ; le stent, obstrué par des poils avalés, a été constaté à l'autopsie [60, d'après le résumé]. À Alfort, sur des stents posés pour sténose bénigne chez des chiens et des chats, la découpe progressive des mailles a réduit la formation de trichobézoards « dans trois cas » selon le résumé, qui ne dit pas l'espèce [208]. Une équipe argentine qui cite ce travail écrit que des trichobézoards s'étaient accrochés « chez les trois chats » porteurs d'un stent, tout en comptant cinq chiens et trois chats pour « sept animaux » [209].
Une seule source compare à une population de référence. Sur 28 sténoses œsophagiennes bénignes traitées par bougienage en Caroline du Nord de 1995 à 2004, les 8 chats avaient plus souvent que cette population une anesthésie récente, des vomissements ou des trichobézoards digestifs [64]. L'ampleur de l'association n'a pas été lue (résumé seul), et rien ne dit si le poil a précédé la sténose ou l'a suivie. Aucune autre série de sténoses ne nomme le poil dans son résumé, qu'il s'agisse de 6 chats dilatés au ballonnet en 1995, d'une série de 2001 ou de 32 cas suivis de 2006 à 2022, où la sténose féline suivait trois fois une régurgitation périanesthésique et une fois un corps étranger œsophagien [217] ; à Alfort, 9 chats figurent parmi 27 cas dilatés ou munis d'un stent [208].
Deux cas australiens de 2019 n'avaient aucun antécédent œsophagien connu : un Birman de 6 ans et un Ragdoll de 2 ans, présentés pour une dyspnée aiguë avec hypersalivation, sans régurgitation préalable [25]. Leur œsophage n'a pas été exploré à la recherche d'une maladie sous-jacente, si bien que la question reste ouverte pour eux aussi. Les antécédents du Persan de 9 ans de Squires ne figurent pas dans le résumé [88].
Ce qui amène l'animal va de la détresse respiratoire aiguë, avec haut-le-cœur, hypersalivation et cyanose [25], aux régurgitations persistantes ou récidivantes [61, 62, 63, 89]. Un Birman présentait des vomissements ou des régurgitations récidivants et intermittents, parfois accompagnés d'une gêne abdominale (d'après le résumé) [160], et la chatte au stent obstrué une dysphagie totale [60]. Le chat à arc aortique droit était maigre, avec une tuméfaction cervicale ferme [62]. Laissé sans diagnostic, le Ragdoll australien régurgitait chaque jour, ne mangeait plus et avait perdu un tiers de son poids en 19 jours quand il est revenu [25]. Les âges publiés vont de 2 mois [63] à 9 ans [88, 61], en passant par 6 mois [215], 10 mois [89], 1 an [60], 2 ans [25], 3 ans [62], 5 ans [216] et 6 ans [25]. L'imagerie de ces formes est décrite plus loin (voir § 8), leur extraction (voir § 10) et leurs séquelles (voir § 12) dans d'autres parties.
7.3 Nasopharynx
Le nasopharynx ne compte qu'un cas publié en propre, aux États-Unis en 2010 [8]. Le chat, un mâle castré de 5 ans à poil mi-long vivant en intérieur, avait une toux grasse depuis trois jours, un jetage mucoïde teinté de sang devenu mucopurulent et unilatéral, une respiration bouche ouverte et des haut-le-cœur fréquents. Il avait une toux sèche toutes les trois à quatre semaines et avait été traité pour un asthme [8]. La radiographie du thorax évoquait, elle aussi, un asthme. Un cliché latéral du cou a montré une opacité tissulaire comblant le nasopharynx caudal, interprétée comme une tumeur ou un polype. Sous anesthésie, la masse pédiculée couverte de mucus, qui occupait environ 80 % de l'oropharynx, s'est désagrégée en poils [8].
La récidive est survenue environ un an plus tard : haut-le-cœur et respiration bouche ouverte quatre heures après un vomissement, chez un chat dont le propriétaire rapportait alors des vomissements de boules deux à trois fois par semaine. Le cliché du cou était cette fois normal. Seule l'endoscopie a montré le trichobézoard, juste en arrière des choanes [8]. Les auteurs concluent à la nécessité de chercher la cause de vomissements aussi fréquents ; l'endoscopie digestive qu'ils proposaient n'a pas été faite, le propriétaire n'étant pas revenu [8] (voir § 6).
Le mécanisme admis est rétrograde : du matériel vomi, ou toussé, gagne le nasopharynx. Reed et Gunn-Moore, dans une revue de 2012 qui reprend ce cas et son aspect radiographique de masse tissulaire, rappellent aussi la possibilité d'une inhalation [75]. Cannon illustre en 2013 une touffe de poils retirée du nasopharynx d'un chat présenté pour des éternuements aigus, et range parmi les signes les éternuements soudains, les haut-le-cœur, l'halitose et le jetage [5].
Aucun trichobézoard n'est nommé dans les résumés des séries de maladies nasales chroniques, alors que les corps étrangers y représentent 8 cas sur 77 au Royaume-Uni et 2 sur 41 en Autriche [218]. Une série américaine de stents nasopharyngés (3 chats, 3 chiens) rapporte qu'il a fallu raccourcir l'extrémité du stent d'un animal dont la sténose était très caudale, à cause d'une boule de poils piégée et d'une déglutition exagérée ; le résumé ne précise pas l'espèce de cet animal [210, d'après le résumé].
7.4 Estomac, pylore et duodénum, dont l'obstruction biliaire
Un trichobézoard trop gros pour franchir le pylore est normalement vomi [5]. Quand il ne l'est pas, les poils, ou un mélange de poils et de végétaux, peuvent séjourner longtemps dans l'estomac, en obstruer la sortie et former des concrétions calcifiées : Barrs l'écrit d'après un cas de hernie hiatale avec « tricholithiase » publié en 1972 et un texte de Twedt (1994) [9]. Les boules partiellement minéralisées seraient plus grosses, plus dures, plus difficiles à vomir ou à faire passer, et associées à des signes plus sévères, selon une revue qui ne chiffre rien [5].
Deux notes de 1978 et 1979, dont l'une sur un trichophytobézoard, rapportent des récidives après retrait chirurgical, malgré le toilettage, un antiparasitaire et un laxatif ; Barrs les cite juste avant d'évoquer un trouble de la motilité gastrique, sans dire où siégeaient ces boules, et nous ne les connaissons que par sa discussion [9]. En 2021, un Maine Coon de 10 ans opéré selon Billroth II pour une perforation spontanée a dû être réopéré sept semaines plus tard pour un trichobézoard, dont le résumé ne donne pas la localisation [219] (voir § 12).
La forme pylorique la mieux documentée concerne un chat domestique à poil long de 16 ans, d'intérieur, qui vomissait toutes les trois heures depuis la veille, son dernier vomi contenant une petite boule [21]. Ses radiographies montraient une structure tissulaire lobulée dans l'antre pylorique et une dilatation gazeuse du fundus. L'échographie abdominale rapide trouvait un matériau hyperéchogène à ombre nette dans l'estomac, avec un pylore et un duodénum proximal distendus. À l'endoscopie, un gros trichobézoard fixé dans l'antre a été retiré ; il restait une érosion discrète avec des poils au duodénum distal, et un second trichobézoard dans le jéjunum, hors de portée [21]. Ce chat mangeait aussi du papier et du plastique, ce qui orientait d'abord vers un autre corps étranger, et avait une maladie rénale chronique [21]. La suite de sa prise en charge est décrite ailleurs (voir § 10).
Au duodénum proximal, une obstruction complète s'est révélée chez une Australian Mist de 18 mois par des tremblements et des fasciculations, avec un seul vomissement [22]. Le raisonnement biologique qui a conduit au diagnostic est détaillé plus loin (voir § 8).
D'autres observations gastriques viennent de revues, de thèses et d'un mémoire. Au Brésil, une Persane de 12 ans qui se léchait à l'excès, sur une dermatite allergique aux piqûres de puces, a été opérée par gastrotomie d'une obstruction de l'estomac par une masse de poils ; un acarien du pelage, Lynxacarus radovskyi, a été trouvé ensuite au raclage cutané [53]. À Montréal, deux des huit chats suivis pour un pica portaient un gros trichobézoard de l'antre pylorique, l'un jusque dans le pylore, retiré à l'endoscopie ou à la laparotomie [36]. Une thèse toulousaine qui met en ligne un atlas d'images montre, chez un chat norvégien de 2 ans et demi, une boule de 10 cm engagée de l'estomac dans le pylore et le duodénum, retirée à l'endoscopie [220]. En Floride, chez un British Shorthair de 6 ans fiévreux et anorexique, une boule de poils entourant un élastique à cheveux a été retirée de l'estomac par endoscopie, abdomen ouvert ; le chat, qui s'est dégradé dans les 48 heures suivantes avec une pancréatite suspectée, a été euthanasié, son propriétaire ne souhaitant pas poursuivre les soins [92].
Une atteinte biliaire est rapportée trois fois. Vu pour des douleurs abdominales récidivantes, de la fièvre et un seul vomissement, un chat domestique à poil long de 4 ans avait un trichobézoard « grand et sec » impacté dans le duodénum, qui bloquait l'écoulement de la bile ; une cholangite et une pancréatite coexistaient [2]. Koo et coll. montrent en figure un trichobézoard duodénal avec un cholédoque dilaté à 8,6 mm par obstruction de la papille, chez un animal dont l'espèce n'est pas précisée (chiens et chats mêlés, part des chats non donnée) [78]. Avant la seconde intervention d'une chatte australienne opérée deux fois, l'échographie montrait une paroi vésiculaire épaissie et des voies biliaires dilatées, revenues à la normale après le retrait [58]. Ces trois observations ne disent ni la fréquence de l'atteinte biliaire ni si elle précède l'obstruction.
Des lésions gastriques et duodénales accompagnent certains cas. Un Persan de 9 mois qui vomissait des boules de façon persistante avait des nodules pyloriques fibreux, un ulcère du duodénum proximal, des organismes spiralés de type Helicobacter et une inflammation légère [2]. Dans une série australienne de 8 ulcères gastroduodénaux, l'histologie de l'un d'eux montrait une nécrose « associée à des poils et à du matériel étranger », chez un chat de 7 mois qui avait mangé une carcasse de poulet cuit, la cause restant indéterminée et compatible avec un traumatisme selon les auteurs [211]. Deux trichobézoards, l'un gastrique, l'autre jéjunal, figurent parmi les causes de 24 ulcères digestifs félins réunis sur dix ans par deux centres de référé britanniques, confirmés par l'endoscopie, la chirurgie ou l'autopsie après une échographie qui en avait manqué 6 : ce sont 2 des 3 corps étrangers de la série, à côté de tumeurs (8), d'inflammations (8) et de traumatismes (3), et 4 des 24 ulcères (16,7 %, notre calcul) étaient perforés [72]. Ces catégories ne totalisent que 22 chats sur 24, et la discussion attribue 8 ulcères aux causes moins décrites, traumatismes et corps étrangers, qui n'en font que 6 dans les résultats ; les auteurs reconnaissent aussi que l'histologie manque dans plusieurs cas [72]. Sur 6 chats à diverticule gastrique (États-Unis, 2011-2020), un Maine Coon de 15 ans a été opéré d'un trichobézoard gastrique après trois ans de vomissements et d'amaigrissement, et un autre, de 10 ans, « vomissait des boules de poils depuis 6 ans » avant de vomir sans boules depuis un mois [74]. Ces diverticules étaient surreprésentés chez le Maine Coon, 3 Maine Coon sur 122 vus contre 3 chats d'autres races sur 11 815 vus (test exact de Fisher) [74]. À propos d'une gastropathie ressemblant à la maladie de Ménétrier, des auteurs britanniques rappellent que des trichobézoards figuraient dans des cas publiés d'infestation par Ollulanus [221]. Une revue d'endoscopie féline range les corps étrangers, « dont les trichobézoards », parmi les anomalies gastroscopiques les plus fréquentes, sans chiffre [87].
Le rétrécissement pylorique acquis, défini à Alfort par un pylore infranchissable à l'endoscopie, a été comparé chez 27 chats et 35 témoins : le vomissement chronique y était le plus souvent alimentaire (23 sur 25 contre 17 sur 30), et le résumé ne parle pas de boules de poils [222]. La thèse qui s'y rattache, sur 34 chats, n'en dit rien dans son résumé, mais son texte décrit à l'endoscopie un trichobézoard enchâssé dans l'antre pylorique, seul corps étranger gastrique des 34 chats (voir § 4) [181].
7.5 Intestin grêle
Barrs et coll. ont réuni à Sydney, de 1997 à 1999, cinq chats, tous « croisés » selon le résumé alors que le cas 5 est décrit comme un Birman, dont quatre à poil long [9]. Tous avaient une masse abdominale palpable. L'obstruction siégeait au jéjunum proximal chez trois chats, à l'iléon distal chez un, à la jonction iléo-cæco-colique chez le cinquième. Elle était simple chez quatre d'entre eux. Le chat restant, un chat domestique à poil long de 15 ans (cas 1), avait une strangulation : 12 cm de jéjunum non viable ont été réséqués, et il est mort une heure après un arrêt cardiaque survenu en fin d'intervention [9]. Trois chats avaient 10 ans ou plus ; les deux autres sont dits « less than 4 years » dans le résumé, mais le cas 2 a 4 ans dans le texte comme dans le tableau 1, et le cas 5, un Birman, 7 mois dans le texte et 4 ans dans le tableau 1 [9].
Âgé d'environ 10 ans, le chat domestique à poil court du cas 4 portait au jéjunum proximal une boule sphérique d'environ 1 cm. En amont, l'intestin était dilaté au triple de son diamètre, avec des érosions longitudinales de la muqueuse [9]. Un trichobézoard d'un centimètre a suffi à obstruer le grêle d'un chat adulte. Le cas 5 était un trichophytobézoard, fait de poils et d'akènes de Bidens pilosa [9]. Comme facteurs, les auteurs retenaient le poil long chez quatre chats, un pelage emmêlé avec puces et dermatite miliaire chez un, une entérite éosinophilique chez un autre et des plantes chez le Birman, sans rien trouver chez le chat à poil court [9] (voir § 5).
Pawenski et coll. (2023) ont publié la plus grande série : 44 chats opérés d'une obstruction du grêle par trichobézoard dans six hôpitaux privés de référé américains, de 2016 à 2022, retenus parce qu'ils avaient au moins une biopsie [10]. Tous avaient été présentés pour un vomissement aigu ou l'aggravation d'un vomissement chronique. Les signes étaient seulement aigus, de moins de trois semaines selon la définition du consensus de l'ACVIM [164], chez 20 chats (45,5 %), chroniques chez 24 (54,5 %). Parmi ces 24, 23 vomissaient, 5 maigrissaient et 5 (20,8 %) avaient un antécédent d'obstruction par trichobézoard [10]. Sur l'ensemble, 27 chats (61,4 %) mangeaient peu ou plus du tout, 10 (22,7 %) étaient léthargiques ; un sifflait ou avait des haut-le-cœur aigus, un autre était en décubitus [10]. Les chats à poil long ou mi-long y sont 37 sur 44 en comptant le Bobtail, 36 (81,8 %) sans lui, pour 84,1 % publiés, et l'absence de population de référence interdit d'y lire une prédisposition (voir § 5).
Les âges de cette série posent un problème que nous ne pouvons pas résoudre. Le texte donne un âge moyen de 14,2 ± 4,3 ans, le tableau 2 une moyenne de 7,9 ans et une médiane de 8,0. Pour les chats à signes aigus, le texte dit 6,4 ans et le tableau 6,3 ; ceux à signes chroniques ont 9,3 ans [10]. La moyenne pondérée des deux groupes fait environ 8,0 ans (notre calcul), proche du tableau ; l'écart avec le texte n'est pas expliqué, et nous gardons les deux chiffres. D'autres discordances internes, sur les biopsies, sont exposées plus loin (voir § 8). La série cumule un recrutement de référé, une présélection chirurgicale et biopsique, l'exclusion des entéropathies déjà connues et l'absence de tout suivi.
Un passage spontané est documenté une fois [23]. Le Devon Rex de 12 ans de l'auteur, d'intérieur, sans parasite ni dermatose, s'est montré agité, incapable de tenir en place et vocalisant pendant 24 à 36 heures, avec un appétit normal. Il a ensuite vomi un liquide brun à odeur fécale, puis émis une heure plus tard une selle fusiforme d'environ 3 cm sur 1 : c'était une boule de poils. Il allait bien le lendemain [23]. L'auteur suppose une obstruction partielle et passagère, peut-être à la jonction iléo-cæco-colique. Une lettre, un chat, une hypothèse de localisation.
Kurita et Koyama ont présenté en 1994 deux chattes Chinchilla (Persans) de 1,5 et 6 ans, atteintes d'une invagination de l'iléon distal reconnue à l'échographie par son image en cocarde [70] (résumé de congrès, lu sur une numérisation, traduit par nos soins). À l'ouverture des pièces, des poils rassemblés en cordon se trouvaient chez les deux ; l'une avait un antécédent de « maladie des boules de poils ». De là, les auteurs déduisent que cette maladie évoluerait « relativement souvent » vers l'invagination chez le chat [70]. L'inférence repose sur deux cas. Les séries occidentales d'invaginations félines, dont seuls les résumés ont été lus, ne citent pas le poil : 20 chats [223], 7 [224], 18 [225], 9 [226], 21 [227], une série de Maine Coons [228]. Le texte intégral de l'une d'elles (recherche des mots) [227] et une thèse lyonnaise de 2024 sur 10 chats [229] n'en parlent pas davantage. Le désaccord peut tenir au recrutement, ou à ce qu'on cherche en ouvrant la pièce ; aucune donnée ne permet de le dire. Une invagination d'un autre type, gastro-œsophagienne, avec un trichobézoard impacté dans l'intussusceptum, a été décrite plus haut [160].
Une perforation digestive due à un trichobézoard figure dans une série échographique de 19 perforations (14 chiens, 5 chats) ; le résumé ne dit pas l'espèce, mais une série de 2025 qui cite ce travail en fait un chat, sans ulcère décrit [71, 72], et une thèse toulousaine qui en reproduit les images situe la perforation dans l'intestin grêle [230]. Un cas néerlandais de 1975, indexé « bézoard, obstruction intestinale, perforation intestinale, péritonite » chez une chatte, n'est connu que par son titre et son indexation (voir § 19). La série française de 13 perforations digestives spontanées du chat ne mentionne pas le poil (recherche des mots dans le texte) [231].
Une forme pariétale est décrite en Allemagne en 2014. Des follicules pileux inclus dans la muqueuse du grêle formaient un granulome à corps étranger, qui a provoqué un iléus chez un chat âgé suspect de tumeur ; le segment a été réséqué [24, d'après le résumé].
Deux fois opérée en douze mois pour des trichobézoards obstructifs, une chatte australienne de 3 ans vomissait des boules tous les deux à trois jours, se toilettait à l'excès et s'arrachait les poils [58]. L'article la dit à poil long dans son résumé et à poil mi-long dans la description du cas, le résumé de congrès du même cas à poil long [58, 191]. Le résumé de congrès retient un trouble anxieux comme diagnostic de travail et rapporte l'arrêt du toilettage excessif et de l'ingestion de poils après une prise en charge médicale, environnementale et comportementale [191] (voir § 12).
Des observations brésiliennes, canadiennes et françaises s'ajoutent à ces séries. À Rio de Janeiro, un chat de 11 ans à poil mi-long, opéré d'un trichobézoard de 5 cm du jéjunum, avait un lymphome intestinal de bas grade à la biopsie ; huit jours plus tard, l'échographie montrait l'estomac distendu de gaz avec au moins quatre structures à forte ombre acoustique, et une laparotomie en a retiré un trichobézoard de 16 cm sur 1,5 [104]. La même équipe décrit une chatte de 5 ans qui se léchait sans cesse et a subi trois entérotomies pour des trichobézoards intestinaux, la dernière pour une obstruction complète du jéjunum, alors qu'un aliment hypoallergénique, un antihistaminique et un antipuces n'avaient pas réduit son léchage [59]. À Montréal, le jéjunum d'un Birman atteint de pica contenait lui aussi un gros trichobézoard [36]. Deux thèses françaises en rapportent en passant : une chatte d'un an et demi opérée par entérotomie pour des vomissements aigus [232], et un chat en iléus mécanique, au « signe du gravier » sur la radiographie, dont l'obstacle retiré mêlait trichobézoard et débris végétaux [77]. Une troisième range un trichobézoard parmi les corps étrangers linéaires de 34 chats, sans dire où il siégeait [73].
Dans les grandes séries de corps étrangers, le trichobézoard n'est pas isolé. À propos de 56 chats opérés en Géorgie, Gollnick et coll. citent les « hairballs » parmi les signes rapportés chez 2 chats (3,6 %, notre calcul), sans dire, dans les passages lus, la nature des corps étrangers non linéaires [94]. Les résumés de Hayes (208 cas, dont 24 chats d'après une série qui la cite), de Miller (169 chats), de Kan (20 chats, 52 chiens), de Puzio (97 chats sur 537 animaux) et de Böhmer (704 chiens et chats) n'en parlent pas [233, 234, 235, 26, 236]. MacPhail range pourtant les trichobézoards parmi les causes d'obstruction plus propres au chat, avec les corps étrangers linéaires, les tumeurs focales, la péritonite infectieuse féline et le mégacôlon [237, d'après le résumé].
L'imagerie confirme la place du grêle sans la chiffrer pour le chat seul. Les 15 bézoards de Koo, dont ses 10 trichobézoards, siégeaient au jéjunum (7), sur plusieurs segments (4), à l'estomac (2) et au duodénum (2), sans ventilation pour les trichobézoards (chiens et chats mêlés, part des chats non donnée) [78]. À Naples, les 4 chats à trichobézoard avaient tous plus de 8 ans, et le texte lu ne précise pas leur localisation [67].
7.6 Côlon et rectum : constipation, fécalome, mégacôlon et la part réelle du poil
Nous n'avons trouvé que quatre cas publiés qui placent un trichobézoard dans le gros intestin ou à son entrée. À la jonction iléo-cæco-colique, le cas 3 de Barrs, un Persan croisé de 10 ans, montrait à la radiographie une masse tubulaire hétérogène dans la région du côlon ascendant et transverse ; après résection, l'iléon portait une entérite éosinophilique avec fibroplasie [9]. Une chatte japonaise de 12 ans, hospitalisée et opérée plusieurs fois (lymphome trachéal, sonde de gastrostomie), a présenté un iléus suspecté à la palpation et sur les radiographies, et une boule qui obstruait le côlon ascendant lui a été retirée par colotomie [14].
Iida a décrit en 1994, dans un résumé de congrès publié en 1995, chez un chat croisé castré de 3 ans, une boule d'environ 3 × 1 × 0,2 cm adhérente à la muqueuse du côlon, qui en obturait la lumière [13] (résumé lu sur une numérisation, traduit par nos soins). Le chat vomissait depuis quatre jours, ne mangeait plus depuis la veille et avait une diarrhée mucoïde ; son bilan sanguin était normal, et la radiographie montrait une stase de baryum dans le côlon. L'auteur décrit, pour ce chat comme pour le chien du même résumé, un état « semblable à un iléus fonctionnel » dû à une petite quantité de poils, et l'issue n'est pas rapportée [13].
Kobayashi a présenté en 1992 le mégacôlon d'un chat japonais castré de 10 ans : anorexie, difficulté à déféquer et à uriner, masse de selles comprimant probablement l'urètre, lavements inefficaces [12] (résumé de congrès, lu sur une numérisation, traduit par nos soins). La colotomie a montré des selles faites « de sable et de boules de poils », avant une colectomie. L'auteur range « l'ingestion de poils » parmi les causes alimentaires de constipation persistante [12].
Pour le côlon aussi, les mécanismes proposés n'ont pas de données. Incorporé aux selles, le poil formerait des impactions dures, difficiles ou douloureuses à évacuer, selon Barrs qui s'appuie sur un chapitre de 1994 [9]. Une « colite liée aux poils », avec abrasion de la paroi, défécation douloureuse et sang frais chez un chat en bonne santé pour le reste, ne repose que sur des observations non publiées de Menrath et Malik [9] et sur une communication personnelle de Malik reprise en 2013 [5].
Constipation et mégacôlon : les séries publiées ne disent rien du poil. Aux urgences d'un hôpital de Pennsylvanie, 189 chats constipés ont été comparés à 99 témoins : l'âge, une note d'état corporel élevée, la maladie rénale chronique et les épisodes antérieurs étaient retenus [15]. Les chats domestiques à poil long y faisaient 12 sur 189 (6 %) contre 6 sur 99 (6 %), les Persans 3 contre 1, les Maine Coons 1 contre 2, effectifs jugés trop petits par les auteurs pour une comparaison, et le poil n'était ni étudié ni cité [15]. Ni la revue de Washabau et Holt sur le mégacôlon idiopathique [238], ni celle de Bertoy [239], ni les séries chirurgicales de colectomie [240], ni deux revues de 2026 [241] ne le nomment dans leur résumé. Quant aux essais d'aliments enrichis en psyllium, financés ou conduits par leur fabricant (Royal Canin) [242, 243], à la série égyptienne de mégacôlons [244], à l'étude des refuges britanniques [245] et à l'enquête américaine sur la défécation [246], ils ne citent pas davantage le poil comme cause, d'après la recherche des mots dans leurs textes. Une étude radiographique thaïlandaise de 1 365 chats relie les anomalies lombo-sacrées à la constipation, sans parler de poil [247, d'après le résumé]. Le mégacôlon reste dit idiopathique « dans deux tiers des cas », selon Benjamin et Drobatz qui citent une revue [15].
La part du poil dans la constipation, le fécalome et le mégacôlon n'a donc jamais été chiffrée. Elle repose sur quatre cas [9, 12, 13, 14] et sur des avis [9, 5, 12]. Les mesures radiographiques du côlon, qui ne distinguent pas un fécalome de poils d'un fécalome ordinaire, sont reprises plus loin (voir § 8) ; le traitement de la constipation l'est ailleurs (voir § 9).
7.7 Localisations rares et félins sauvages
Les localisations dites rares sont surtout des terrains. Le poil s'accroche à un stent œsophagien [60, 208, 209] ou nasopharyngé [210], se loge dans un diverticule œsophagien [61], accompagne un diverticule gastrique sans que sa position par rapport à lui soit précisée [74], s'accumule dans un œsophage resté dilaté après la correction d'un anneau vasculaire [215, 89], retentit sur les voies biliaires, jusqu'à obstruer la papille dans un cas [2, 78, 58], s'inclut dans la muqueuse intestinale sous forme de follicules pileux [24], s'impacte dans une invagination gastro-œsophagienne sur hernie hiatale [160]. Toutes ont en commun un obstacle anatomique ou un matériel qui retient le poil. Aucune ne se compte au-delà de l'unité ou de la poignée de cas.
Chez les félins sauvages, deux observations seulement. Un lynx du Canada, anorexique et léthargique depuis trois semaines, puis à la démarche anormale, avait une obstruction pylorique visible au transit baryté, due à un trichobézoard ; des puces ont été notées, jugées cause probable de l'ingestion de poils [178, d'après le résumé]. Une lettre de 1978, connue par son seul titre et son indexation, décrit l'abord endoscopique d'un bézoard œsophagien chez une panthère des neiges (voir § 19). Ces deux cas ne valent pas preuve pour le chat domestique.
7.8 Les signes, et ce qui les fait confondre, dont la toux
Les obstructions de l'estomac et du grêle se présentent par un vomissement aigu, chronique ou aggravé, une anorexie, une léthargie, une déshydratation, des haut-le-cœur secs, une douleur abdominale, une masse palpable ou un amaigrissement [9, 10, 21, 22]. Deux chats n'avaient vomi qu'une fois [2, 22]. L'un avait un vomi à odeur fécale [23], un autre, à localisation colique, une diarrhée mucoïde [13], un troisième n'avait plus émis de selles depuis 24 heures [21].
Les 5 chats de Barrs [9] et les 2 chattes de Kurita [70] avaient une masse palpable. Elle n'est pas décrite chez l'Australian Mist de Jukes, dont l'abdomen crânial était douloureux [22], ni chez le chat de Wilson, dont le caractère limitait la palpation [21], ni chez trois chats à trichobézoard gastrique dont l'abdomen était seulement sensible, tendu ou douloureux [92, 220, 53]. Sur les obstructions de l'estomac et du grêle où la palpation est rapportée, la masse est notée 7 fois sur 12 (notre décompte). Parmi 56 chats opérés de corps étrangers de tous types, une masse ou un objet était palpable chez 7 (12 %) [94]. Ce signe qui conduit au diagnostic est aussi celui qui trompe : chez le chat âgé, il fait penser à une tumeur (voir § 8).
Plusieurs présentations égarent. Chez une Australian Mist de 18 mois, des tremblements et des fasciculations généralisées évoquant une intoxication à la perméthrine ont d'abord fait traiter une intoxication présumée, avec un seul vomissement [22]. Agité et vocalisant depuis un jour et demi, le Devon Rex de Malik n'avait d'abord aucun signe digestif [23]. Les formes œsophagiennes peuvent se présenter par une dyspnée aiguë avec hypersalivation [25], la forme nasopharyngée par une toux, un jetage et une respiration bouche ouverte [8]. Chez le chat de German et German dont le trichobézoard duodénal bloquait la bile, la fièvre et une douleur abdominale récidivante dominaient, avec un seul vomissement [2].
Vomissement et régurgitation se distinguent moins nettement chez le chat que chez le chien, et le mégaœsophage, l'œsophagite ou la hernie hiatale sont souvent rapportés comme des vomissements, selon la revue du European Emesis Council, soutenue par un fabricant d'antiémétique (Pfizer Animal Health) [76]. Un cas d'invagination gastro-œsophagienne est d'ailleurs décrit par « vomissement ou régurgitation » [160]. La même revue écrit que les trichobézoards peuvent causer des vomissements (note C) ; dans la ligne des corps étrangers de son tableau des causes, ils figurent au niveau 4c, sur la seule série de Barrs (voir § 6) [76].
La toux et le trichobézoard se confondent dans les deux sens. Les propriétaires disent souvent que leur chat « tousse » une boule, et une revue conseille d'interroger pour séparer une toux chronique de boules fréquentes [5]. Pour les recommandations AAHA/AAFP de 2021, la toux n'est pas causée par les boules de poils [6] (voir § 15). Pour les auteurs d'une étude microbiologique de 2021, toux et détresse respiratoire peuvent être prises par les propriétaires pour « un problème de boules de poils », d'après un chapitre de manuel de 2009 que nous n'avons pas lu [161]. Parmi les propriétaires de 153 chats atteints de maladie chronique des voies respiratoires basses, interrogés dans une enquête internationale, un seul a décrit des « bruits de raclement semblables au vomissement de boules de poils » [162]. À l'inverse, le chat au trichobézoard nasopharyngé avait été traité pour un asthme, et sa radiographie thoracique en évoquait un [8]. Chez 73 chats asthmatiques et 24 chats atteints de bronchite chronique à Munich, « vomissement ou régurgitation » était rapporté chez 15 % et 29 % (environ 11 sur 73 et 7 sur 24, notre calcul) [163]. À Sydney, sur 25 maladies bronchiques félines, le vomissement n'est cité qu'une fois, et une série américaine de 2020 sur l'inflammation des voies respiratoires ne contient ni « vomit », ni « hairball », ni « retch » [248].
Un antécédent de boules vomies existe chez certains chats : toutes les quelques semaines [25], deux à trois fois par semaine [8], tous les deux à trois jours [58], depuis six ans [74], sous le nom de « maladie des boules de poils » [70], ou sous la forme d'un vomissement chronique chez 23 des 24 chats à signes chroniques de Pawenski [10]. Il manque chez d'autres. Le Ragdoll australien n'avait « aucun antécédent de boule vomie » [25], l'article de Jukes ne dit rien des antécédents de son Australian Mist [22], et le chat à obstruction biliaire avait vomi une seule fois [2]. Pour Woerde et coll., un antécédent oriente, mais son absence n'exclut rien [25]. La valeur prédictive d'un antécédent de boules pour une obstruction n'a jamais été mesurée. Savoir quand un vomissement de poils cesse d'être banal relève d'une autre partie (voir § 6).
8. Diagnostic
L'exactitude d'un examen n'a jamais été mesurée pour le trichobézoard du chat en particulier. Les chiffres de performance viennent de séries de corps étrangers de toute nature, souvent chiens et chats confondus, et l'aspect propre du trichobézoard repose sur des cas isolés et sur une série coréenne où les espèces sont mêlées [78]. Les performances publiées sont rassemblées dans le tableau B2 (voir § 19).
8.1 Biologie
La biologie ne montre pas le poil. Elle reflète le niveau de l'obstacle, la déshydratation et les complications, et c'est par ce biais qu'elle a parfois orienté le diagnostic.
Dans les obstructions hautes, l'anomalie décrite est une alcalose métabolique hypochlorémique. Chez les cas 1 et 2 de Barrs, obstrués au jéjunum proximal, on relevait un chlore à 85 mmol/l, des bicarbonates à 32 mmol/l et un potassium à 2,0 mmol/l pour celui dont l'anse était étranglée, un chlore à 94 et des bicarbonates à 30 pour l'autre [9]. L'obstruction duodénale proximale de Jukes donnait un chlore à 74 mmol/l (intervalle de référence 106-123), des bicarbonates à 45 mmol/l, un sodium à 143 et un pH veineux de 7,42 avec compensation respiratoire, la PCO2 atteignant 53 mmHg [22]. Ce chat avait d'abord été traité pour une intoxication. L'alcalose hypochlorémique a fait chercher une obstruction proximale, que l'échographie a confirmée [22]. Les 45 mmol/l de bicarbonates viennent du laboratoire, les 31,2 mmol/l d'un gaz veineux fait après une heure de perfusion : deux mesures à deux moments, que l'article distingue [22]. Barrs attribue l'alcalose à la perte d'acide gastrique, l'hypokaliémie à la perte de sécrétions riches en potassium en amont de l'obstacle et à la réponse rénale [9].
Pour situer ces valeurs, on ne dispose que de séries de tous corps étrangers, en partie chez le chien. Sur 138 chiens à corps étranger digestif, l'hypochlorémie touchait 51,2 % des animaux, l'alcalose métabolique 45,2 %, l'hypokaliémie 25 %, l'hyponatrémie 20,5 % et l'hyperlactatémie 40,5 %, sans lien avec le site de l'obstacle [249, chiens, d'après le résumé]. L'obstruction digestive figure parmi les quatre causes principales d'alcalose métabolique sur 1 805 chiens et chats, dont 30 chats en alcalose [250, d'après le résumé]. À Vienne, 367 de 1 363 prélèvements félins (27 %) montraient une hypochlorémie, et 253 chats après correction (19 % selon le résumé, 18,6 % de 1 363 selon notre calcul), le résumé passant des prélèvements aux chats sans le dire ; 44 % de ces chats vomissaient, mais la plupart avaient un pH normal ou bas [251, d'après le résumé]. Dans l'entéropathie chronique féline, l'anomalie la plus fréquente est au contraire une hyperchlorémie, chez 26 des 132 chats (19,7 %), devant l'hypokaliémie (14 sur 132, 10,6 %) [252]. Une hypochlorémie avec alcalose oriente vers un obstacle haut sans lui être propre.
D'autres anomalies sont rapportées au cas par cas. Au cas 1 de Barrs, celui de la strangulation, s'ajoutaient une neutrophilie avec déviation à gauche, une monocytose, une azotémie, une hypoalbuminémie et une anémie, alors que la sonde gastrique avait ramené un liquide contenant du sang digéré [9]. Hémoconcentration, azotémie et hyperglycémie se retrouvaient chez le cas 2 de Barrs [9] et chez le chat de Jukes [22]. Le Ragdoll de Woerde avait une anémie régénérative attribuée aux puces et une urée augmentée par la déshydratation [25], le chat au trichobézoard nasopharyngé un leucogramme de stress avec hyperglycémie [8], le chat de Wilson l'azotémie d'une maladie rénale chronique sous-jacente [21].
La biologie était normale chez les cas 3 et 5 de Barrs, obstrués à l'iléon distal ou à la jonction iléo-cæco-colique [9], chez le Birman de Woerde à trichobézoard œsophagien [25], chez le chat d'Iida à localisation colique [13], chez les deux chattes de Kurita atteintes d'invagination [70] et, sans anomalie notable, chez la Persane brésilienne à trichobézoard gastrique [53]. Ces chats, obstrués pour la plupart en position distale, avaient pourtant un trichobézoard : un bilan normal ne l'écarte pas. Un dosage de la T4 totale est préconisé par le European Emesis Council chez le chat qui vomit après 6 ans [76] ; aucune source de ce volet ne relie l'hyperthyroïdie au trichobézoard (voir § 5).
8.2 Radiographie sans et avec produit de contraste
Les clichés publiés des cas de trichobézoard montrent surtout les conséquences de l'obstacle. L'estomac du cas 1 de Barrs, à strangulation, était massivement distendu de gaz et de liquide, avec une anse dilatée au contenu d'opacité hétérogène [9]. Au cas 2 se voyaient un estomac distendu et des anses liquidiennes dilatées et regroupées [9]. Une masse tubulaire hétérogène, mêlant gaz et tissu mou, occupait chez le cas 3 la région du côlon ascendant et transverse ; c'est la radiographie qui a orienté vers un corps étranger, alors que l'échographie faite avant avait conclu à une tumeur [9]. Les autres cas montraient une structure tissulaire lobulée dans l'antre pylorique [21], une simple dilatation gastrique [22], une masse ou une masse contenant du gaz [70], une dilatation focale du grêle au contenu marbré et solide (chiens et chats mêlés, part des chats non donnée) [78]. Un estomac très dilaté, à l'opacité hétérogène piquetée de gaz se prolongeant dans le duodénum, a été décrit chez un chat norvégien [220], et un objet très dense, presque métallique mais très fin, dans l'estomac d'un chat de Floride, où l'on a retiré un élastique pris dans une boule de poils [92].
À l'étage thoracique, les deux cas de Woerde montraient un médiastin crânial élargi, un œsophage dilaté jusqu'au diaphragme par un contenu liquidien, ou tissulaire et parsemé de fines bulles de gaz chez le cas 2, et une trachée déviée ventralement et rétrécie ; seul le cas 1 avait des opacités alvéolaires des lobes crâniaux [25]. L'ensemble prenait, selon leur discussion, l'aspect d'un mégaœsophage généralisé [25]. L'œsophage cervical et thoracique crânial était sévèrement dilaté chez le chat à arc aortique droit [62]. Squires a posé le diagnostic par la radiologie puis l'œsophagoscopie [88], Owen par un œsophagogramme qui montrait l'obstruction [160], Durocher par une radioscopie avec contraste révélant un diverticule à l'entrée de la poitrine et un défaut de remplissage ovoïde [61]. Pour le nasopharynx, le cliché latéral du cou a montré l'opacité tissulaire lors de l'épisode initial, et rien à la récidive [8].
Ce que vaut la radiographie n'a été mesuré que sur des corps étrangers de toute nature. À Melbourne, sur 16 animaux (11 chiens, 5 chats), le corps étranger était visible sur 9 radiographies et la distension du grêle sur 7, contre 16 sur 16 à l'échographie [253, d'après le résumé]. Dans l'Ohio, les radiographies confirmaient le corps étranger chez 24 des 50 chats (48 %) explorés ensuite par endoscopie de l'œsophage ou de l'estomac [91, d'après le résumé]. À Naples, le signe radiographique le plus fréquent chez le chat était le regroupement des anses : 6 chats sur les 12 radiographiés d'après le tableau 2, que le texte des résultats écrit « 6/29 (21 %) » [67]. Sur les 6 bézoards de Koo explorés par les trois examens, le corps étranger n'était visible qu'une fois à la radiographie, le grêle était dilaté 5 fois et le cliché normal une fois (chiens et chats mêlés, part des chats non donnée) [78]. Chez 82 chiens qui vomissaient, la radiographie concluait pour 58 (70 %), contre 97 % pour l'échographie, et environ 30 % des chiens obstrués (8 sur 27) n'avaient aucune dilatation segmentaire visible [254, chiens, d'après le résumé].
Les résultats divergent donc : corps étranger visible 9 fois sur 16 tous corps étrangers confondus [253], une fois sur 6 pour les bézoards [78]. Chez Barrs, la radiographie a mieux orienté que l'échographie dans un cas [9], alors que l'échographie l'emporte dans la série napolitaine [67]. Une étude viennoise de 2025 rejoint Barrs : sur 35 chats et 60 chiens, la radiographie concordait mieux que l'échographie avec les constatations chirurgicales, selon des chiffres détaillés plus bas [80]. Ni les animaux, ni les appareils, ni l'époque ne sont les mêmes d'une série à l'autre, et aucune ne tranche pour le trichobézoard du chat.
Une mesure a été étudiée chez le chat lui-même. Sur 74 chats, un rapport entre le diamètre maximal du grêle et la hauteur du plateau vertébral crânial de L2 supérieur à 2,0 rendait une obstruction plus probable qu'une maladie non obstructive ; à 3,0, la probabilité d'une obstruction mécanique dépassait 70 % [255, d'après le résumé]. Ce rapport à L2 est repris pour le chat par la série coréenne au seuil de 2,0 [78] ; la série napolitaine le mesure sans écrire de seuil [67].
Répéter les clichés n'apporte pas de gain démontré. Sur 57 animaux, dont 17 chats, avec 19 obstructions (8 chez des chats), toutes par corps étranger non radio-opaque, des radiographies de contrôle faites 7 à 28 heures plus tard n'ont pas amélioré significativement l'exactitude, et les auteurs suggèrent d'envisager plutôt l'échographie [256, d'après le résumé]. Dans une autre série de chiens et de chats, la résolution radiographique était plus fréquente quand la dilatation était gastrique (18 sur 48, 37,5 %) que lorsqu'elle touchait le grêle (6 sur 35, 17,1 %) [257, d'après le résumé].
Les produits de contraste ont servi surtout à l'œsophage. Squires avait employé le baryum, d'après Woerde, qui rappelle que le baryum aggrave les conséquences d'une aspiration et qu'un produit iodé est plus sûr [25]. L'iohexol a été employé sans effet indésirable signalé dans une série de 3 chiens, 5 chats et un oiseau suspects d'obstruction ou de perforation [258, d'après le résumé]. Le baryum peut, rarement, s'incorporer à la muqueuse et causer une sténose, rapportée chez un chat deux mois après un transit dans une observation que ses auteurs disent inédite chez l'animal, et la péritonite barytée, très rare, est grave [258, d'après les résumés]. Une stase de baryum dans le côlon a orienté le diagnostic du cas d'Iida [13], une radiographie à contraste négatif (air) celui des diverticules gastriques [74], un transit baryté celui du lynx [178], une radiographie de contraste celui de la boule restée dans un œsophage dilaté après la correction d'un anneau vasculaire [89]. Les deux produits n'ont jamais été comparés pour le trichobézoard.
Au côlon, un rapport entre le diamètre maximal et la longueur de L5 inférieur à 1,28 indiquait fortement un côlon normal (sensibilité 96 %, spécificité 87 %), un rapport supérieur à 1,48 un mégacôlon (77 % et 85 %), sur 50 chats normaux, 13 constipés et 26 atteints de mégacôlon à Glasgow [259, d'après le résumé]. En Égypte, les mégacôlons idiopathiques avaient un rapport de 1,86 en moyenne selon le tableau et le texte des résultats, de 1,77 selon le résumé (la borne basse de l'intervalle de confiance du tableau), contre 0,98 chez les témoins, et de 1,98 contre 1,67 selon que les signes duraient depuis au moins six mois ou non [244]. Ces mesures ne distinguent pas un fécalome de poils d'un fécalome ordinaire.
8.3 Échographie
L'aspect du trichobézoard n'est décrit que dans des cas isolés et une petite série mixte. À l'échographie du chat de Barrs à strangulation, un segment intestinal était distendu par un matériau solide, la paroi non épaissie et sans l'aspect en couches d'une invagination, et l'aspiration à l'aiguille a ramené un contenu fétide [9]. Le trichobézoard pylorique de Wilson apparaissait comme un matériau hyperéchogène à ombre nette dans l'estomac [21]. L'estomac du chat de Jukes était rempli de liquide à particules hyperéchogènes, et le duodénum proximal obstrué [22]. Chez la chatte australienne opérée deux fois, l'échographie montrait un long objet hyperéchogène à ombre, avec un estomac, un duodénum et un jéjunum dilatés en amont, un épanchement péritonéal et des voies biliaires dilatées [58]. D'autres cas vont dans le même sens : une boule de poils gastrique sous laquelle la paroi gardait ses couches normales, avec une forte ombre acoustique, dans un résumé de congrès japonais de 1994 [155] ; une ombre faible, que l'échographie jugeait « befitting a trichobezoar », chez le chat d'Israeli [92] ; au moins quatre structures à forte ombre dans l'estomac distendu de gaz du chat brésilien à lymphome [104] ; une ombre qui cachait tout le contenu gastrique chez la Persane d'Arruda [53]. Quant aux 6 bézoards de Koo, l'ombre acoustique y était présente 4 fois et absente 2 fois, la surface hétérogène, mêlant zones hypo- et hyperéchogènes, ou en arc, et le grêle dilaté dans les 6 cas (chiens et chats mêlés, part des chats non donnée) [78].
Plusieurs pièges sont rapportés. Le gaz intraluminal crée une interface très échogène avec une ombre distale qui gêne l'examen [9]. Chez le Persan croisé de Barrs (cas 3), l'échographie a montré une paroi épaissie et des nœuds lymphatiques agrandis, interprétés comme une tumeur avec métastases ; la cytologie s'est révélée réactionnelle, et la radiographie a ensuite orienté vers le corps étranger [9]. Dans une pseudo-obstruction par léiomyosite chez un Ragdoll, des anses fermes au contenu hyperéchogène et à ombre ont été « pensées représenter des fèces, un trichobézoard ou du matériel étranger » [260]. Une ombre acoustique derrière la paroi colique proche est habituelle au côlon normal, par les gaz et les fèces [261]. Pour l'invagination, l'image en cocarde est décrite [70, 224], mais dans les deux cas japonais, les poils n'ont été trouvés qu'à l'ouverture de la pièce, pas à l'échographie [70].
La sensibilité de l'échographie, mesurée sur des corps étrangers de toute nature, varie d'une étude à l'autre. En 1996, une équipe de Giessen écrit que l'échographie ne détectait le corps étranger intestinal que dans « environ la moitié des cas », les signes secondaires d'iléus étant souvent décisifs [79, d'après le résumé]. À Melbourne en 2006, elle le voyait 16 fois sur 16, grâce à l'ombre acoustique distale et au reflet de surface [253, d'après le résumé]. Sur 92 chiens et chats suspects d'obstruction du grêle, dont 21 obstrués, une étude prospective brésilienne de 2011 donne pour l'obstruction une sensibilité de 100 %, une spécificité de 95,8 %, une valeur prédictive positive de 87,5 % et une valeur prédictive négative de 100 % [262, d'après le résumé]. La même année, chez 82 chiens, l'échographie concluait dans 97 % des cas [254, d'après le résumé]. À Vienne, sur 35 chats et 60 chiens opérés dans les 48 heures suivant l'imagerie en 2021 et 2022, l'imagerie concordait avec la chirurgie chez 84 animaux sur 95 (88 %), le corps étranger étant la lésion principale chez 20 chats et 29 chiens ; toutes espèces confondues, la sensibilité atteignait 81,6 % pour l'échographie et 100 % pour la radiographie, et les auteurs concluent que la radiographie concordait mieux avec la chirurgie [80]. Les données félines n'y sont pas séparées par examen dans les parties lues, le clinicien choisissait la modalité, seule l'imagerie jugée décisive était retenue et la prévalence préalable était élevée. L'écart avec la sensibilité de 100 % mesurée au Brésil [262] et avec la place que l'équipe napolitaine donne à l'échographie [67] reste entier, et nous ne tranchons pas. La série napolitaine a échographié 27 de ses 29 chats (17 à l'échographie seule, 10 avec radiographie) : le corps étranger était vu chez les 27 (le texte écrit « 27/29, 93 % ») et une dilatation liquidienne chez 18 (le texte écrit « 18/27 », avec 62 % dans les résultats et 67 % dans la discussion ; 18/27 = 66,7 %, notre calcul) ; radiographie et échographie, utilisées seules ou ensemble selon les chats, atteignaient 100 % de sensibilité et de spécificité chez le chat, si bien que ce chiffre ne peut être attribué à l'échographie seule [67]. En télé-échographie, l'exactitude allait de 78,9 à 87,8 %, la valeur prédictive positive de 55,9 à 70,8 %, avec un accord modéré entre lecteurs (kappa 0,6) [263, d'après le résumé]. Entre 1996 et 2026, appareils, opérateurs et populations ont changé, et aucune de ces études ne porte sur le trichobézoard seul ; sur les 6 bézoards de Koo, l'ombre manquait deux fois (chiens et chats mêlés, part des chats non donnée) [78].
L'échographie sert aussi au diagnostic différentiel. Un épaississement de la musculeuse, avec un rapport entre musculeuse et sous-muqueuse supérieur à 1, se voit dans le lymphome intestinal à petites cellules T et dans la maladie inflammatoire chronique de l'intestin, plus souvent dans le lymphome chez le chat âgé [264, d'après les résumés]. Chez 5 chats, l'adénocarcinome donnait un épaississement segmentaire avec perte des couches, d'échogénicité mixte chez 4 [265, d'après le résumé] ; au gros intestin, 30 % de 44 adénocarcinomes félins étaient obstructifs [265, d'après le résumé]. La sténose fibrotique bénigne de 8 chats s'accompagnait chaque fois d'une distension gastrique, avec une paroi épaissie de 3 à 6 mm aux couches désorganisées [266, d'après le résumé]. Le corps étranger linéaire se signale par un plissement de l'intestin et une ligne hyperéchogène dans la lumière, et un épaississement sélectif de la musculeuse en amont d'une sténose par corps étranger a été rapporté chez un chat, d'après une publication que cite Griffin [261]. Le consensus ACVR et ECVDI de 2022 sur l'examen échographique abdominal ne dit rien, dans son résumé, des corps étrangers ni des poils [267] (voir § 15).
8.4 Scanner
Le bézoard n'est décrit au scanner que par la série coréenne de Koo et coll. (2025), rétrospective et multicentrique, sur 33 animaux, 26 chiens et 7 chats, dont 10 trichobézoards (chiens et chats mêlés, part des chats non donnée) [78]. Sur ces 10 trichobézoards, le scanner n'en a « identifié » que 2 d'après le tableau 1, un seul d'après le texte ; les autres étaient seulement « suspectés ». Leur atténuation était toujours hétérogène, graisseuse 8 fois, liquidienne 2 fois, en masse intraluminale à motif gazeux marbré [78]. Les limites étaient nettes pour 5 bézoards sur 15 contre 17 corps étrangers distincts sur 18, une zone de transition visible pour 12 bézoards sur 13 contre 5 sur 12, et le rapport des diamètres en amont et en aval atteignait 2,9 contre 1,25 [78]. Les valeurs médianes de leur atténuation moyenne, maximale et minimale étaient de −61,2, 53 et −364 UH. L'un des « trichobézoards » était surtout fait de fibres synthétiques, probablement issues de jouets [78].
Quatre anomalies internes de cette série sont à connaître : la médiane de 5,5 jours de durée des signes pour les corps étrangers distincts s'accompagne d'un intervalle interquartile « 6,5-13 » qui ne la contient pas ; « deux (16,6 %) » des six plastiques hétérogènes font en réalité 33,3 % (notre calcul) ; le tableau 1 compte 2 trichobézoards identifiés au scanner, le texte un seul « visible » ; l'ombre acoustique, présente 4 fois sur 6, fait « 83 % » dans le résumé et 66,7 % dans les résultats [78].
Sur 97 chiens et chats, dont 22 chats, scannés pour suspicion d'obstruction mécanique, le scanner a été confirmé par la chirurgie chez les 45 animaux opérés [268]. La nature des corps étrangers félins n'est pas détaillée dans les passages lus. Le contraste avec la série coréenne, où le trichobézoard n'était le plus souvent que suspecté [78], n'a pas été étudié en face à face.
Le scanner a surtout servi, pour l'œsophage, à montrer l'anomalie vasculaire sous-jacente, par angioscanner ou imagerie multimodale [62, 63, 216]. L'équipe napolitaine ne le juge utile que si radiographie et échographie n'ont pas conclu [67].
8.5 Endoscopie diagnostique
À l'œsophage, l'endoscopie confirme le trichobézoard dans la plupart des cas publiés [25, 88, 61, 62, 63, 216, 215, 90, 89] et montre l'œsophagite à son site [25, 62]. Elle a échoué à le retirer chez les deux chats de Woerde : chez le cas 1, le poil se fragmentait sous la pince et l'opérateur a renoncé après environ deux heures ; chez le cas 2, plusieurs tentatives ont échoué sans que la cause soit précisée. Selon les mêmes auteurs, elle avait réussi chez les chats de Squires et de Durocher [25]. Les gestes d'extraction sont traités ailleurs (voir § 10). Au nasopharynx, elle seule a montré le trichobézoard lors de la récidive, quand le cliché du cou était normal [8].
Dans l'estomac et le duodénum, l'endoscopie a montré et retiré le trichobézoard antral du chat de Wilson, et montré la lésion duodénale où restaient des poils [21]. Un trichobézoard de l'antre pylorique a été vu à l'endoscopie dans une thèse d'Alfort [181], deux autres retirés à l'endoscopie ou à la laparotomie dans un mémoire de Montréal [36], et une boule de 10 cm engagée dans le pylore retirée par endoscopie dans un atlas toulousain [220]. L'endoscopie a révélé, chez le Persan de 9 mois de German et German, les nodules pyloriques et l'ulcère duodénal [2]. Neiger et coll. illustrent dans leur revue d'endoscopie féline un trichobézoard antral chez un chat de 15 ans, et rappellent que la présence de nourriture plus de douze heures après le repas signe un trouble de la motilité [87].
Ses limites tiennent à la portée de l'instrument et au recrutement. Un endoscope de 140 cm n'a pas atteint le trichobézoard jéjunal du chat de Wilson [21]. Dans l'Ohio, le retrait endoscopique de corps étrangers œsophagiens ou gastriques a réussi chez 49 des 52 chats (94,2 %), sans que le résumé dise leur nature [91]. Les 6 corps étrangers félins d'une série italienne (2 aiguilles, 2 fils, un lacet, une peluche) ne comptaient aucun trichobézoard [269]. À Alfort, le rétrécissement pylorique acquis se définissait justement par un pylore infranchissable à l'endoscope [222].
Pour la lecture des biopsies, le groupe de standardisation gastro-intestinale de la WSAVA a publié en 2008 des normes histologiques destinées aux biopsies endoscopiques [270, d'après le résumé] ; selon Pawenski et coll., elles reposaient sur des biopsies de pleine épaisseur de chats de colonie exempts d'organismes pathogènes spécifiés, âgés de 5 à 18 mois [10]. Leur résumé ne parle pas des trichobézoards, et les recommandations endoscopiques de 2010 qui les complètent n'ont pas pu être lues (voir § 15). Appliquer ces normes à des chats adultes obstrués est l'une des réserves de la série de Pawenski, discutée plus bas.
8.6 Diagnostic différentiel publié
D'après un chapitre de 1994 cité par Barrs, les causes d'obstruction intestinale du chat comprennent les tumeurs (lymphome, adénocarcinome, mastocytome), les corps étrangers, l'invagination et d'autres causes mécaniques, énumérées sans ordre de fréquence [9]. Prise pour une tumeur, la masse palpable du trichobézoard a égaré le diagnostic chez des chats âgés [9, 5] ; chez un chat âgé allemand, c'est un granulome de follicules pileux qui faisait suspecter la tumeur, d'après le résumé [24], avec les conséquences décrites plus bas. Au nasopharynx, le diagnostic différentiel retenu était une tumeur (lymphome, adénocarcinome, carcinome épidermoïde) ou un polype [8]. Un cas illustré américain de 2003, indexé à la fois « adénocarcinome », « bézoard » et « jéjunum », n'est connu que par son titre et son indexation (tableau B1), et ne peut être exploité. Les aspects échographiques qui orientent vers une tumeur ont été décrits plus haut [264, 265].
Parmi les autres corps étrangers, les linéaires sont les plus fréquents chez le chat obstrué, 18 sur 29 à Naples [67], reconnaissables au plissement de l'intestin et à des bulles en croissant [261]. À l'œsophage, aiguilles et os dominent la série égyptienne [214]. Les phytobézoards sont rares : un seul chat parmi 18 cas à Parme [156]. Des entérolithes de phosphate et de carbonate de calcium ont été décrits au Japon chez un Persan de 8 ans à vomissements chroniques [157, d'après le résumé]. Le trichophytobézoard, mélange de poils et de végétaux, existe à part entière [9].
D'après la même source de 1994, Barrs cite comme autres causes mécaniques l'invagination, le volvulus, la torsion, la hernie, les adhérences, la sténose, l'abcès, le granulome, l'hématome et les malformations [9]. L'invagination figurait au diagnostic différentiel de son cas 1, et elle peut elle-même contenir du poil [70, 160]. Les publications y ajoutent la sténose fibrotique du grêle [266], un kyste épidermoïde jéjunal révélé par une masse palpable caudale et une obstruction [271, d'après le résumé], un diverticule gastrique [74] et une pseudo-obstruction par léiomyosite [260]. Dans la fibroplasie sclérosante éosinophilique gastro-intestinale, une équipe australienne a cherché poils et végétaux à l'histologie pour exclure un trichobézoard ; aucun des 13 chats n'avait d'antécédent d'obstruction par une boule ou un corps étranger [196].
Une entéropathie chronique ou un lymphome peuvent coexister avec le trichobézoard plutôt que s'y substituer, comme le montrent les biopsies discutées plus bas. Chez des chiens et des chats dont un corps étranger gastrique avait été retiré par endoscopie, chacun des 41 animaux biopsiés avait une entérite chronique, sans groupe de comparaison et dans une population sélectionnée ; les auteurs en font un argument pour tenir le pica pour un signe d'entéropathie chronique [197, d'après le résumé]. Pancréatite et cholangite accompagnaient le trichobézoard duodénal de German et German [2], une dilatation biliaire deux autres trichobézoards [78, 58]. La revue américaine de 2016 sur le vomissement chronique du chat cite la maladie inflammatoire chronique de l'intestin, l'allergie alimentaire, les troubles de la motilité, les tumeurs et les maladies extradigestives (rein, foie, hyperthyroïdie), sans nommer les boules de poils dans son résumé [206]. Trois thèses françaises, sur l'échographie des entéropathies du chat âgé, le lymphome digestif de bas grade et l'hypokaliémie, n'en parlent pas davantage dans leurs résumés [272].
Hors du tube digestif, le diagnostic différentiel publié comprend l'intoxication pour la forme à tremblements [22], la maladie respiratoire pour les formes œsophagienne et nasopharyngée [25, 8], et, comme cause sous-jacente d'une rétention œsophagienne, l'anneau vasculaire, l'anomalie aortique ou la sténose [64, 62, 63, 216]. La confusion entre toux et vomissement est décrite avec les signes (voir § 7).
8.7 La détection avant l'opération : ce qui a permis le diagnostic, ce qui a été manqué, le délai
Les chemins qui ont mené au diagnostic avant l'intervention sont réunis dans le tableau B3 (voir § 19). La palpation d'une masse puis la radiographie, complétée par l'échographie chez deux d'entre eux, ont orienté le diagnostic chez trois chats de Barrs, et la palpation, la radiographie et l'échographie chez les deux chattes de Kurita [9, 70]. Chez l'Australian Mist de Jukes, c'est la biologie, avec son alcalose hypochlorémique, qui a mené à l'échographie [22]. Wilson et coll. ont enchaîné radiographie, échographie rapide et endoscopie [21] ; pour la chatte australienne opérée deux fois, c'est l'échographie qui a montré l'obstacle [58], comme chez les deux chats brésiliens réopérés [104, 59] ; chez la Persane d'Arruda, elle ne montrait qu'un estomac dilaté de gaz, à l'ombre opaque, et la laparotomie a tranché [53]. Radiographie puis échographie ont précédé la laparotomie chez le chat d'Israeli [92], la radiographie l'endoscopie dans l'atlas toulousain [220]. Pour l'œsophage, la radiographie thoracique a précédé l'œsophagoscopie [25, 88], avec parfois une radioscopie de contraste [61], une radiographie de contraste [89] ou un angioscanner [62]. Le trichobézoard nasopharyngé a été vu sur un cliché du cou puis sous anesthésie lors de l'épisode initial, à l'endoscopie seule lors de la récidive [8]. Une radiographie barytée a orienté le cas colique d'Iida [13] et celui du lynx [178]. Aucun examen pour le Devon Rex de Malik : la boule est sortie dans la selle [23].
Le défaut le mieux documenté est la masse prise pour une tumeur. Chez les trois chats de 10 ans ou plus de la série de Sydney, les vétérinaires traitants ont jugé probable une tumeur abdominale. Chez deux d'entre eux, les examens ont été retardés ou refusés à cause du pronostic présumé, ce que Barrs écrit en toutes lettres (« investigations were delayed or declined ») [9]. Euthanasié sans imagerie, le cas 4 avait à l'autopsie une boule de 1 cm au jéjunum [9]. Référé trois jours seulement après la consultation initiale, le cas 1 est arrivé moribond, avec une anse étranglée [9]. Cannon reprend l'avertissement en 2013 : sans examens, le pronostic peut être faussement sombre [5]. L'article allemand de 2014 sur le granulome de follicules pileux le formule à son tour, à propos de l'animal âgé atteint d'iléus, dont les propriétaires choisissent souvent l'euthanasie sans faire vérifier le diagnostic présumé de tumeur [24, d'après le résumé]. Trois chats d'une série de cinq, une revue, un résumé : la fréquence du phénomène n'est pas mesurée, mais il est décrit sur deux continents et à quinze ans d'écart.
Le terrain rend la confusion compréhensible. Les 4 chats à trichobézoard de Naples avaient tous plus de 8 ans [67], et les 10 chats à lymphome de Pawenski 12,5 ans en moyenne [10]. Une masse abdominale de chat âgé peut donc être une tumeur, un trichobézoard, ou un trichobézoard sur un lymphome, et seul un examen les sépare.
D'autres erreurs sont rapportées. L'échographie du cas 3 de Barrs, avec une paroi épaissie et des nœuds lymphatiques agrandis, a d'abord fait conclure à une tumeur métastatique [9]. Un autre diagnostic a précédé le bon, ou a été envisagé d'abord, chez trois chats : intoxication traitée chez celui de Jukes [22], asthme chez celui de Haynes [8], crainte d'un corps étranger de papier ou de plastique chez celui de Wilson [21]. Deux chats n'ont d'abord eu aucun examen complémentaire. Sorti contre avis médical, ses propriétaires ayant refusé les examens, le Ragdoll de Woerde est revenu 19 jours plus tard émacié [25] ; le propriétaire du Devon Rex, vétérinaire et auteur de la lettre, jugeait les signes comportementaux [23]. Trois diagnostics n'ont été faits qu'à l'autopsie : le cas 4 de Barrs, l'invagination gastro-œsophagienne d'Owen et le stent obstrué de Glanemann [9, 160, 60].
L'ordre des examens divise les auteurs, et ce désaccord se lit sans être tranché. En 1999, Barrs et coll. conseillaient de faire les radiographies avant l'échographie quand un iléus est suspecté, le gaz gênant l'échographie [9]. Tyrrell et Beck estimaient en 2006 que l'échographie seule pourrait suffire [253, d'après le résumé]. En 2013, la revue gradée du European Emesis Council recommandait une imagerie abdominale chez tout chat qui vomit, surtout si la palpation est anormale, l'échographie étant « souvent la plus appropriée », complétée par la radiographie, et des radiographies thoraciques en cas de dyspnée ou de suspicion œsophagienne [76]. En 2020, Elser et coll. préféraient l'échographie à la répétition des clichés [256, d'après le résumé]. L'équipe viennoise de Kneissl concluait en 2025, chiens et chats mêlés, que la radiographie concordait mieux que l'échographie avec la chirurgie [80]. L'équipe napolitaine place en 2026 l'échographie en tête, la radiographie en complément, le scanner ou le transit seulement si les deux échouent [67]. Populations, époques et appareils diffèrent, et aucune de ces positions n'a été évaluée sur des trichobézoards. Les recommandations sont comparées dans une autre partie (voir § 15).
Le délai diagnostique n'a été mesuré pour le trichobézoard du chat seul dans aucune étude. Dans la série coréenne, les signes duraient plus longtemps avant le diagnostic pour les bézoards, médiane 14 jours (intervalle interquartile 11-25), que pour les corps étrangers distincts, médiane 5,5 jours avec l'intervalle incohérent signalé plus haut (chiens et chats mêlés, part des chats non donnée) [78]. Les signes duraient depuis au moins trois semaines chez 24 des 44 chats de Pawenski [10]. Au cas par cas, la durée remontait à quatre jours pour les cas 1, 3 et 5 de Barrs et à trois jours pour le cas 2 [9], à une semaine dans l'atlas toulousain [220], à trois jours chez la Persane d'Arruda [53], à 24 heures chez l'Australian Mist de Jukes [22] et chez la chatte de Farias [59], à la veille chez le chat de Wilson [21] ; le Ragdoll de Woerde a passé 19 jours sans diagnostic, sous un antibiotique prescrit à la sortie, ses propriétaires ayant refusé les examens [25].
Toutes natures confondues, les séries de corps étrangers éclairent l'effet du délai sans viser le poil. Sur 537 animaux, dont 97 chats, un antiémétique donné au début des signes allongeait le délai jusqu'aux soins définitifs (3,2 jours contre 1,6) sans augmenter les complications, alors qu'une durée plus longue des signes était associée aux complications [26, d'après le résumé]. Une durée plus longue des signes était associée à la mortalité dans la série britannique de 208 cas [233, d'après le résumé]. Chez 20 chats et 52 chiens à corps étranger « chronique », présent depuis au moins sept jours, la résection était plus fréquente quand les signes avaient duré davantage [235].
À notre lecture, ces cas dessinent trois moments où le diagnostic s'est égaré : l'interprétation d'une masse chez un chat âgé, la présentation extradigestive, neurologique ou respiratoire, et l'absence d'examen chez un chat qui ne vomissait pas de boules. C'est une lecture de cas publiés, pas une mesure.
8.8 Pronostic au diagnostic et maladies sous-jacentes trouvées aux biopsies
Les issues rapportées au moment du diagnostic sont hétérogènes. Sur les 5 chats de Barrs, 3 ont guéri, 1 est mort une heure après un arrêt cardiaque survenu en fin d'intervention (strangulation, aspiration, choc) et 1 a été euthanasié avant tout examen complémentaire [9]. Des deux chats de Woerde, l'un est mort dans les 24 heures qui ont suivi le retrait, probablement d'une pneumonie par aspiration, sans autopsie ; l'autre a gardé un collapsus laryngé avec trachéostomie permanente et allait bien plus de 18 mois après [25]. Le Birman à invagination gastro-œsophagienne a été euthanasié avant traitement [160], le chat à diverticule œsophagien est mort subitement deux mois après le second retrait [61], la chatte au stent obstrué a été euthanasiée douze mois après la pose [60], et le chaton à anneau vasculaire a fait une aspiration au réveil [63]. Ont guéri les chats de Malik, de Kurita et de Jukes, ainsi que celui de Haynes, avec une récidive [23, 70, 22, 8] ; celui de Wilson ne vomissait plus six semaines plus tard, d'après un appel téléphonique [21]. Opéré d'un trichobézoard gastrique, le chat d'Israeli a été euthanasié dans les trois jours qui ont suivi l'intervention, une pancréatite étant suspectée [92], alors que ceux de Plesman, de Noguchi, d'Arruda et de Devedeix allaient bien au dernier contrôle [215, 89, 53, 232]. L'issue du chat d'Iida n'est pas rapportée [13]. Chez Koo, l'issue était défavorable pour 6 animaux sur 33 (5 morts, 1 réintervention), associée à une rupture de paroi, sans distinction pour les trichobézoards (chiens et chats mêlés, part des chats non donnée) [78]. La série de Pawenski ne donne aucun suivi [10]. La survie après chirurgie (voir § 11) et les séquelles (voir § 12) sont traitées ailleurs.
Trois signes de gravité au diagnostic reviennent : la strangulation, avec paroi violacée, segment non viable, choc, hypothermie et anémie [9] ; la pneumonie par aspiration, surtout dans les formes œsophagiennes [25, 9, 63] ; la perforation avec péritonite [71]. Pour la péritonite septique féline, toutes causes confondues, la survie était de 58 chats sur 83 (69,9 %) dans une série et de 66 % sur 95 chats dans une autre ; dans cette dernière, une masse abdominale palpable ne prédisait pas nettement une tumeur et n'assombrissait pas le pronostic, et une douleur à la palpation n'était notée que chez 29 chats sur 47 (62 %) dans une troisième [273, d'après les résumés].
Seule la série de Pawenski a biopsié l'intestin de chats obstrués par un trichobézoard [10]. Sur 100 biopsies, le tableau des diagnostics en classe 69 comme inflammatoires, dont 25 lymphoplasmocytaires et 25 lymphoplasmocytaires et éosinophiliques, 18 comme lymphomes à petites cellules, 8 comme sans muqueuse et 5 comme sans inflammation. Dix chats sur 44 (22,7 %) avaient un lymphome, tous parmi ceux à signes chroniques (10 sur 24, soit 41,7 %), plus âgés, 12,5 ± 3,4 ans en moyenne [10]. L'inflammation neutrophilique, les érosions et les ulcères se concentraient au site de l'obstacle : les 14 érosions ou ulcères relevés sur 73 biopsies y siégeaient tous [10]. Les 5 biopsies sans inflammation avaient toutes été prélevées en amont. De là le conseil des auteurs de biopsies multiples, en amont et en aval, et de prudence dans la lecture du site même [10]. L'accord entre sites intestinaux était de 9 chats sur 11 à deux biopsies et de 7 sur 13 à trois ; pour les chats à lymphome, la discussion écrit 6 concordants sur 7 biopsiés en plusieurs sites, les résultats 5 concordants et 5 à inflammation variée sur 10 [10]. Ces résultats viennent d'une lecture histologique sans insu, sans groupe témoin, selon des normes établies, d'après Pawenski et coll., sur de jeunes chats de colonie [10].
Texte et tableaux ne concordent pas toujours, et nous exposons les écarts sans les résoudre (tableau B4, voir § 19). Le tableau 3 totalise 13 chats biopsiés en un site et 7 en quatre, alors que la somme de ses colonnes donne 12 et 8, pour un total de 44 inchangé (notre calcul). Les biopsies à neutrophiles au site sont dites « 14 sur 17 (83,3 %) », ce qui fait 82,4 %, et le texte évoque ailleurs une composante neutrophilique dans 18 biopsies sur 100. L'inflammation sévère en amont et en aval est donnée à « 8,3 % » et « 12 % », contre 2 sur 22 (9,1 %) et 3 sur 21 (14,3 %) au tableau 6 ; au site, le texte annonce « 42,4 % » d'inflammation marquée ou sévère, le tableau 14 sévères sur 30 (46,7 %). Parmi les 7 chats domestiques à poil court, 4 avaient un lymphome (57,1 %), que le texte chiffre à « 66 % ». L'âge moyen des chats à lymphome vaut 12,5 ans dans les résultats et 12,9 dans la discussion, qui reprend la médiane du tableau [10].
Hors de cette série, les maladies trouvées au diagnostic sont des observations isolées : entérite éosinophilique avec fibroplasie sous-muqueuse de l'iléon [9], maladie inflammatoire chronique éosinophilique avec diverticule gastrique [74], inflammation légère avec nodules pyloriques et Helicobacter [2], cholangite et pancréatite [2], granulome de follicules pileux [24], maladie rénale chronique [21], trouble anxieux [58, 191], lymphome intestinal de bas grade [104], entérite éosinophilique ou retard de vidange gastrique suspecté chez des chats atteints de pica [36], acariose du pelage à Lynxacarus radovskyi sur une dermatite allergique aux piqûres de puces [53], léchage excessif et constant [59]. Pour l'œsophage s'y ajoutent les anomalies vasculaires, diverticules et sténoses décrits avec les formes cliniques (voir § 7).
Reste le sens du lien, toujours ouvert. L'entéropathie cause-t-elle l'obstruction par un trouble de la motilité, ou le trichobézoard entretient-il l'inflammation ? Ni Pawenski et coll. ni German et German ne tranchent [10, 2]. Pour son cas 3, Barrs avance, au conditionnel, une baisse locale de motilité sur la fibrose et l'inflammation de l'iléon [9]. Faute d'étude cas-témoins, la question reste entière (voir § 5).
9. Traitement médical
9.1 Ce que contient la littérature, et ce qu'elle ne contient pas
Le traitement médical du trichobézoard n'a jamais été évalué. Nos interrogations de PubMed, d'Europe PMC, de J-STAGE et de HAL, complétées pour SciELO par un moteur de recherche généraliste faute d'accès direct (voir § 1), n'ont trouvé aucun essai, contrôlé ou ouvert, où un lubrifiant, un laxatif, un prokinétique ou un aliment aurait été donné à des chats pour lever une obstruction par des poils, ni pour éviter qu'elle revienne. Tout ce qui suit vient d'avis d'auteurs, de chapitres de manuels et de cas isolés. La seule tentative médicale publiée que nous ayons trouvée contre un trichobézoard obstructif félin est l'instillation endoscopique d'une boisson au cola chez un chat (voir § 10) ; ses auteurs écrivent qu'aucun traitement non chirurgical d'un trichobézoard obstructif du grêle n'avait été rapporté dans l'espèce avant le leur [21].
Pour le vomissement en général, la situation n'est guère meilleure. La revue gradée du European Emesis Council, soutenue par Pfizer, qui fabrique un antiémétique, constatait en 2013 l'absence de tout essai clinique publié d'antiémétique dans le vomissement spontané du chat, l'efficacité étant déduite d'études expérimentales [76]. Treize ans plus tard, la méta-analyse turque d'Ersöz (cinq études contrôlées, 293 chats, financée par l'université Atatürk, aucun lien d'intérêt déclaré, texte intégral) porte sur le seul vomissement provoqué par les agonistes α2 et les opioïdes : sous maropitant, 11 chats sur 141 vomissaient contre 70 sur 152 témoins (risque relatif 0,20, IC 95 % 0,08 à 0,55, avec un intervalle de prédiction approché de 0,04 à 1,05, qui franchit 1). Le chat obstrué n'y figure pas, ni celui qui vomit des poils [274].
Cannon, autrice de la revue britannique de 2013 consacrée aux boules de poils, tire la même conclusion pour la prévention : faute d'étude, aucune approche n'a de base de preuve qui la ferait préférer à une autre. Un médicament donné à vie ne devrait pas être nécessaire selon elle, et une recherche attentive d'une maladie sous-jacente doit précéder tout traitement prolongé [5].
Les trois chapitres de manuels en accès libre que nous avons lus énumèrent des mesures sans en apporter la preuve. Contre les trichobézoards récidivants, Little (The Cat, 2012) cite le toilettage régulier, la tonte des chats à poil long, la lutte contre les puces, le traitement d'une dermatose sous-jacente, les laxatifs semi-solides à base de pétrole, les aliments du commerce « boules de poils », puis un prokinétique chez le chat malade suspect d'un trouble de la motilité ; à l'œsophage, elle ajoute un aliment modérément à très riche en fibres [275]. Selting et Lappin (2001) rangent le trichobézoard parmi les causes moins fréquentes d'obstruction, logée le plus souvent entre le jéjunum proximal et l'iléon distal [276]. Quant à Washabau (2013), il écrit que la masse peut obstruer partiellement ou totalement l'intestin du chat, souvent sur une maladie infiltrante préexistante, affirmation discutée plus loin (voir § 11) [277].
Attendre le passage d'un corps étranger n'a été étudié chez le chat que pour deux catégories d'objets. Au Canada, Basher et Fowler (1987, série rétrospective, résumé seul) ont suivi 24 chats porteurs d'un corps étranger linéaire : l'objet est passé chez 9 chats traités médicalement, 10 ont été opérés après échec de cette attente, 5 d'emblée, sans aucun mort ; les chats aux signes plus courts, sans douleur ni plicature palpable, ont plus souvent évité la chirurgie [85]. Une série britannique décrit la même abstention pour des objets métalliques droits et pointus chez 4 chats et 13 chiens : l'objet est passé chez 15 des 17 animaux, 2 ont été opérés quand il ne progressait plus, et tous sont sortis, chiens et chats réunis (résumé seul) [278]. Pour le trichobézoard, rien de tel. Barrs en fait une hypothèse rétrospective, à propos d'une boule d'un centimètre (voir plus bas), et le seul passage spontané publié que nous ayons trouvé est celui d'un Devon Rex de 12 ans dont la selle fusiforme contenait la boule, présentée comme la cause probable d'une obstruction partielle et passagère ; le chat a reçu un antibiotique dit prophylactique et s'est remis sans opération [9, 23].
9.2 Lubrifiants : ce qui est écrit, ce qui est prouvé
Plusieurs sources proposent un corps gras. Pour Cannon, les huiles inertes comme la paraffine liquide et les pâtes de paraffine aromatisées sont susceptibles de lubrifier le contenu et de faire passer les poils de l'estomac au duodénum [5]. Trepanier, dans une revue américaine de 2010 sur le vomissement aigu du chat, propose d'abord les produits à base de pétrolatum à la ligne « boules de poils » de son tableau des traitements par cause, puis, en l'absence de réponse, le cisapride, le métoclopramide ou la ranitidine [82]. Barrs cite les laxatifs semi-solides à base de pétrole parmi d'autres mesures [9]. Dans les cas publiés, Squires a donné un laxatif oral après avoir refoulé dans l'estomac le reste d'un trichobézoard œsophagien (résumé seul) [88], Kottwitz a prévenu la récidive chez un lynx du Canada par la lutte contre les puces et un « laxatif pour boules de poils » [178], et Wilson a remis une pâte au pétrolatum à la sortie [21] ; le plan de traitement de la chatte de Bollaert comprenait aussi une pâte laxative à la paraffine, parmi d'autres mesures (voir § 12) [58].
Ce qui est prouvé tient en un mot : rien. Cannon ne cite aucune étude féline de ces lubrifiants [5], et nous n'en avons trouvé aucune depuis : la requête qui croise pétrolatum, laxatif et boule de poils chez le chat ne rend aucune notice dans PubMed (voir § 1). Barrs rapporte que la récidive après retrait chirurgical a été décrite malgré le toilettage régulier, la lutte contre les puces et des laxatifs, d'après deux cas de 1978 et 1979 que nous n'avons pas lus [9]. Le même article contient la seule phrase de la littérature qui prête un effet à un lubrifiant devant une obstruction. Elle porte sur le cas 4, une boule d'un centimètre en obstruction partielle, chez un chat euthanasié sans examen complémentaire, la boule ayant été trouvée à l'autopsie : les auteurs supposent qu'un laxatif à base de pétrole par la bouche aurait probablement permis son passage vers le côlon [9]. L'hypothèse, rétrospective, porte sur un seul chat ; ce n'est pas un résultat.
Dans l'Index des médicaments vétérinaires de l'ANSES-ANMV, consulté le 21 octobre 2026, aucun lubrifiant n'est un médicament vétérinaire. On y trouve la paraffine liquide légère comme substance, sans aucune spécialité, la vaseline n'y apparaît pas sous ce nom, et le criblage des 3 226 spécialités de l'Index par les mots de leur nom n'a trouvé ni pâte ni gel « boules de poils » [81]. La paraffine existe en revanche dans onze médicaments oraux à usage humain commercialisés en France [84]. Le statut réglementaire des pâtes vendues pour le chat relève d'une autre partie (voir § 14).
Deux laxatifs, qui ne sont pas des lubrifiants, sont autorisés chez le chat. Le premier, le lactulose, existe sous deux spécialités, LAXATRACT (Dechra, AMM du 29 novembre 2018, non soumis à ordonnance) et LAXASAN (Alfasan, AMM du 3 août 2026, soumis à ordonnance), dont l'indication actuelle écrit en toutes lettres le traitement de la constipation due, par exemple, « à des boules de poils » (pour LAXATRACT, le libellé lu est celui du RCP mis à jour le 20 octobre 2026, et sa présence dès 2018 n'est pas vérifiée) ; celle de LAXATRACT vise aussi les affections qui nécessitent de faciliter la défécation, « par exemple occlusions partielles » [81]. L'association de docusate de sodium et de laurilsulfate de sodium (LAXATIF BIOCANINA, AMM de 1989) est indiquée chez le chien et le chat dans les constipations et stases intestinales ; la rubrique pharmacodynamique de son RCP lui prête la propriété de désagréger, par effet tensioactif, les matières fécales durcies et les boules de poils [81]. Le docusate n'a été évalué chez le chat dans aucune des sources vétérinaires lues. Le tableau de Trepanier cite le lactulose pour l'encéphalopathie, pas pour les boules de poils [82]. Les RCP des deux lactuloses excluent l'occlusion totale ou complète et la perforation, alors que celui du docusate exclut l'occlusion intestinale sans qualificatif et demande d'arrêter le produit devant une constipation opiniâtre, « et surtout en présence de vomissements répétés » (tableau C2) [81].
9.3 La pneumonie lipidique par aspiration d'huile minérale
Le seul risque documenté d'un lubrifiant chez le chat est respiratoire. Mallol et ses collègues (Espagne, 2019) décrivent trois chats atteints de pneumonie lipidique exogène avec minéralisation pulmonaire dystrophique [117]. Tous trois recevaient de l'huile minérale par la bouche au long cours, de force selon le résumé et la discussion. Pour deux d'entre eux, c'était le traitement d'une constipation chronique : un chat de 4 ans arrivé en détresse respiratoire aiguë après une administration forcée, et un chaton Persan de 4 mois qui était constipé et vomissait. Le troisième l'avait reçue pour d'autres troubles intestinaux, une diarrhée chronique, un ténesme et des prolapsus rectaux récidivants, alors que le résumé prête une constipation chronique aux trois ; sans aucun signe respiratoire, ses lésions ont été découvertes sur les radiographies thoraciques prises avant l'anesthésie d'une IRM, demandée après un traumatisme. Deux des trois ont fini par une colectomie subtotale pour leur constipation réfractaire. Les auteurs tiennent l'administration forcée chronique d'huile minérale, « pour la constipation et les boules de poils », pour la cause la plus fréquente de pneumonie lipidique exogène du chat, et soulignent qu'une huile insipide peut être aspirée sans déclencher de toux [117]. Ils s'appuient sur trois cas félins antérieurs parus dans Feline Practice (1987, 1997, 1998), revue absente de PubMed, que nous connaissons seulement par eux [117].
Cannon décrit la même menace en d'autres termes. La paraffine liquide, insipide et inodore, peut être mélangée à l'aliment, mais les propriétaires ne doivent pas la donner à la seringue dans la gueule, l'inhalation accidentelle pouvant provoquer une pneumonie lipidique sévère ; une radiographie de lésions pulmonaires durables l'illustre [5]. Barrs va plus loin : les préparations liquides d'huile minérale devraient être évitées, et les auteurs leur préfèrent les laxatifs semi-solides à base de pétrole, sur la foi d'un chapitre de manuel de 1998 que nous n'avons pas lu [9].
Deux désaccords apparaissent quand on place ces textes côte à côte. L'un porte sur l'existence même des cas : Cannon écrit qu'aucun cas félin de pneumonie lipidique exogène n'était publié en 2013, alors que Mallol en cite trois, antérieurs et hors PubMed [5, 117]. L'autre touche à la conduite à tenir. Mélangée à l'aliment, la paraffine passe pour administrable sans danger à la plupart des chats chez Cannon, pendant que Barrs déconseille toute huile liquide [5, 9]. Chez Mallol, les trois chats recevaient l'huile par la bouche, de force selon le résumé. Aucune source ne compare les modes d'administration, et nous ne tranchons pas.
Nos requêtes sur la pneumonie lipidique du chat (voir § 1) n'ont fait apparaître que deux autres observations félines, connues par leur résumé ou leur seul titre : une pneumonie lipidique qui imitait une tumeur maligne au scanner couplé à la tomographie par émission de positons, en Corée, et une pneumonie lipoïde chronique d'où a été isolé Cryptococcus gattii, aux États-Unis, sans que le résumé dise l'origine du lipide [279]. Les pneumonies lipidiques endogènes, riches en cholestérol, sont une autre maladie, sans lien avec une huile avalée : 24 chats en série rétrospective, et un cas associé à un carcinome bronchique [280].
Cannon évoque enfin une baisse possible de l'absorption des vitamines liposolubles sous lubrifiant, sans effet cliniquement significatif chez l'humain traité longtemps d'après les études qu'elle cite ; il n'existe aucune mesure chez le chat [5].
9.4 Prokinétiques
Métoclopramide, cisapride et ranitidine sont proposés contre les boules de poils par Cannon et par Trepanier [5, 82] ; Barrs et Little réservent le cisapride au chat suspect d'un trouble de la motilité [9, 275].
Leur effet n'a jamais été mesuré chez un chat porteur d'un trichobézoard. L'essai croisé randomisé en double aveugle de Husnik (Louisiane, 2020, texte intégral, aucun lien d'intérêt déclaré) a porté sur 8 chats sains : le métoclopramide et l'érythromycine accéléraient la vidange gastrique d'un repas solide mesurée à l'échographie et augmentaient l'indice de motilité antrale par rapport au placebo, quand l'exénatide la retardait au début [83]. In vitro, le cisapride contracte le muscle lisse colique félin, sain comme atteint de mégacôlon idiopathique (deux études de Pennsylvanie, résumés seuls) [281, 282]. Ces données de physiologie disent qu'une molécule agit sur la motilité. Elles ne disent pas qu'elle fait progresser une masse de poils.
Les sources qui en parlent s'accordent sur une contre-indication. Les cinq RCP français du métoclopramide pour chat le contre-indiquent « lors de perforation ou d'obstruction gastro-intestinale », quatre y ajoutant l'hémorragie digestive [81]. Trepanier demande d'exclure l'obstruction par l'examen et la radiographie abdominale avant le métoclopramide, et déclare le cisapride contre-indiqué chez le chat à obstruction intestinale [82]. Le tableau 9 de la revue européenne, d'après l'extrait que nous en avons obtenu, contre-indique le métoclopramide et l'ondansétron en cas d'obstruction intestinale [76]. Hall et Washabau, dans une revue de 1999 sur les troubles de la vidange gastrique, demandent d'écarter les obstructions mécaniques avant de conclure à un trouble fonctionnel, que l'on traite par l'alimentation et les prokinétiques (résumé) [283] ; la revue de Husnik et Gaschen (2021) n'est connue que par son résumé [284]. Devant l'iléus du chat hospitalisé inappétent, le consensus de l'ISFM (2022, un auteur salarié de Royal Canin, plusieurs consultants de l'industrie) associe prokinétiques et nutrition entérale précoce [86].
En France, le métoclopramide est autorisé chez le chat sous cinq spécialités d'indication générale : le « traitement symptomatique des vomissements et de la réduction de la motilité gastro-intestinale » pour trois d'entre elles, des formules voisines pour les deux autres [81]. Ni le cisapride ni la ranitidine n'y existent plus, comme médicament vétérinaire ou humain [81, 84]. La prescription du cisapride humain y a été restreinte le 16 septembre 2002, après une réévaluation européenne de son risque d'allongement du QT et de troubles du rythme [285] ; les médicaments à la ranitidine ont été suspendus dans toute l'Union par une décision de la Commission européenne du 24 novembre 2020, après la recommandation du CHMP confirmée le 17 septembre 2020 [286] ; l'ANSM avait publié en septembre 2019 un point d'information sur le rappel des comprimés de ranitidine, que nous connaissons par son titre et sa date, sa page n'ayant pas pu être lue [286]. L'érythromycine n'a qu'une spécialité vétérinaire, pour les bovins, les veaux et les volailles. La dompéridone figure au référentiel des substances sans aucun médicament vétérinaire, et le prucalopride comme le mosapride en sont absents [81]. Le statut du cisapride à l'étranger figure dans la comparaison internationale (voir § 14).
9.5 Antiémétiques, réhydratation, protecteurs digestifs, nutrition
Donner un antiémétique peut retarder l'intervention. Puzio et ses collègues (États-Unis, 537 animaux dont 97 chats, 2012-2020, résumé seul) ont étudié des chiens et des chats atteints d'un corps étranger obstructif : l'antiémétique donné au début des signes était associé à un délai plus long jusqu'au traitement définitif (3,2 jours, IC 95 % 2,8 à 3,5, contre 1,6 jour, IC 1,4 à 2,0) et à une hospitalisation plus longue, mais pas à davantage de complications [26]. Les complications s'associaient à la durée des signes avant l'intervention. Les auteurs en concluent que l'antiémétique n'est pas en soi contre-indiqué quand une obstruction est possible, à condition que le propriétaire surveille l'évolution. Le résumé ne sépare pas les chats des chiens [26].
Placées côte à côte, les positions ne se recouvrent pas. Pour le European Emesis Council, les antiémétiques peuvent être contre-indiqués en cas d'obstruction gastro-intestinale, avec un grade D, celui de l'avis d'experts [76]. Trepanier demande une radiographie abdominale chez tout chat qui vomit avant d'envisager un antiémétique [82]. Les quatre RCP de maropitant que nous avons lus (VETEMEX, VOMINIL, MAROPITANT BIOVETA, MAROPICORD) ne portent aucune contre-indication en dehors de l'hypersensibilité, mais une mise en garde : les vomissements peuvent accompagner des états graves, « incluant des occlusions gastro-intestinales », et une recherche diagnostique adéquate doit être menée [81]. VETEMEX précise que l'antiémétique s'emploie avec d'autres mesures, contrôle alimentaire et fluidothérapie, pendant que la cause est recherchée. Les RCP du métoclopramide, eux, contre-indiquent formellement l'obstruction [81].
En France, sept spécialités injectables de maropitant sont autorisées chez le chat et le chien : trois par la procédure centralisée (CERENIA en 2006, PREVOMAX en 2017, ELMARO en 2025), dont nous n'avons pas lu le RCP, et quatre autres, autorisées de 2019 à 2026, dont l'Index donne le RCP [81]. L'indication féline lue dans ces quatre RCP vise la prévention des vomissements et la réduction des nausées, sauf celles du mal des transports, ainsi que le traitement des vomissements en association avec d'autres mesures. Les comprimés sont réservés au chien. L'ondansétron, sans aucune spécialité vétérinaire, n'est commercialisé qu'en médicament humain [81, 84]. Quant à l'étude de référence du maropitant chez le chat, conduite chez Pfizer Animal Health, fabricant du produit (affiliation du premier auteur), elle porte sur des chats de laboratoire (innocuité, pharmacocinétique, vomissements provoqués, mal des transports) et ne dit rien de l'obstruction (résumé seul) [287].
La réhydratation n'a pas de littérature propre au trichobézoard. Les déséquilibres décrits chez des chats obstrués par des poils, alcalose métabolique hypochlorémique sévère d'une obstruction duodénale et hypokaliémie d'une obstruction jéjunale strangulée, sont présentés avec le diagnostic (voir § 8) [22, 9]. Le European Emesis Council demande une fluidothérapie chez le chat déshydraté, avec un risque d'aspiration rappelé plus loin (voir § 11) [76]. Les recommandations AAHA/AAFP de 2013 et AAHA de 2024 sur la fluidothérapie, connues par leurs résumés, sont générales (voir § 15) [288, 289].
Pour les protecteurs digestifs, le consensus de l'ACVIM (2018) remet en cause leur emploi systématique (inhibiteurs de la pompe à protons, anti-H2, sucralfate) dans la gastrite, la pancréatite et les maladies hépatiques ou rénales sans facteur de risque d'ulcère, juge limitées les preuves du sucralfate dans l'œsophagite et ne mentionne ni les corps étrangers ni les boules de poils [290]. Ces produits n'ont aucune spécialité vétérinaire pour le chat en France : l'oméprazole n'est autorisé que chez le cheval et le chien, pantoprazole, famotidine et sucralfate ne sont présents à l'Index que comme substances [81]. Dans les publications, on trouve le pantoprazole chez le chat de Wilson [21] et le sucralfate après l'extraction d'un corps étranger œsophagien compliquée d'œsophagite, dans une revue sur l'endoscopie féline qui ne vise pas les poils [87].
La nutrition n'est documentée qu'en dehors du trichobézoard. Pour le chat hospitalisé inappétent, l'ISFM recommande une prise en charge multimodale (antiémétiques, analgésiques, prokinétiques, stimulants de l'appétit) sans retarder la pose d'une sonde, dont le consensus décrit aussi les complications [86]. Une revue de 2026 sur la péritonite septique du chien et du chat associe la nutrition entérale précoce à une meilleure survie (résumé) [291]. Dans la cohorte de Virginie, 26 des 126 chats opérés du tube digestif ont reçu une sonde d'alimentation [95]. La mirtazapine est autorisée chez le chat en pommade transdermique (MIRATAZ, procédure centralisée, sur ordonnance) pour favoriser la prise de poids des chats qui manquent d'appétit et maigrissent à la suite d'une affection chronique, indication lue sur un RCP archivé de 2023 [81].
Les traitements réellement administrés autour d'un trichobézoard, cités ici sans doses, se résument à quelques cas. Le chat de Wilson a reçu une fluidothérapie intraveineuse, du maropitant et du pantoprazole, puis à la sortie de la mirtazapine par voie orale, du maropitant et une pâte au pétrolatum [21]. Malik a donné un antibiotique après le passage spontané [23], et Barrs des antibiotiques après une entérotomie (cas 5) [9]. Ces pratiques anciennes d'antibiothérapie sont confrontées aux recommandations actuelles (voir § 11).
9.6 Changement d'aliment
Changer d'aliment est proposé dans trois situations, jamais évaluées. Cannon conseille un aliment d'exclusion quand le vomissement de boules traduit une maladie digestive répondant au régime [5]. Après l'entérite éosinophilique du cas 3, Barrs juge l'évolution compatible avec une hypersensibilité alimentaire [9]. Après l'extraction d'un trichobézoard œsophagien, Durocher passe à un aliment de prescription en conserve (résumé seul) [61]. En sens inverse, la chatte anxieuse de Bollaert, opérée deux fois, vomissait des boules tous les deux à trois jours malgré un aliment « boules de poils » [58].
Little range l'aliment riche en fibres parmi les traitements du trichobézoard œsophagien récidivant [275], quand Cannon écrivait en 2013 qu'aucune étude publiée ne montrait l'effet des aliments « boules de poils » [5]. Les essais d'aliments à fibres conduits depuis relèvent de la prévention (voir § 13).
9.7 Constipation et fécalome de poils
La constipation due aux poils n'a fait l'objet d'aucune série ; la part réelle du poil dans la constipation féline est discutée avec les formes cliniques (voir § 7). Ce qui existe porte sur la constipation du chat en général.
Jusqu'au 3 septembre 2026, aucune recommandation consensuelle que nous ayons trouvée n'écrivait de conduite à tenir devant un chat constipé. Ce jour-là, les recommandations d'iCatCare sur la maladie rénale chronique ont consacré une section entière à la constipation du chat insuffisant rénal, sans parler des boules de poils (lecture partielle) ; leur contenu est présenté avec les autres recommandations (voir § 15) [19].
Aux urgences de Pennsylvanie, Benjamin et Drobatz (2020, 189 chats, lecture partielle) ont observé que les chats douloureux à la palpation défèquent moins souvent après un lavement, et que fluides et laxatifs associés augmentent la probabilité de succès du lavement sans atteindre la signification [15]. Le polyéthylène glycol 3350, donné à des chats sains au Canada (effectif non relevé, résumé seul), ramollit les selles sans changement du poids ni de la prise alimentaire, la dose efficace variant beaucoup d'un chat à l'autre, avec une hyperkaliémie légère sans traduction clinique [292]. En 2026, un cas américain décrit une solution de polyéthylène glycol additionnée d'électrolytes, donnée par sonde d'œsophagostomie pour un fécalome persistant après une chirurgie biliaire, puis contre une constipation chronique (résumé seul) [293].
Deux accidents graves ont été publiés avec ce produit, un chat chacun, connus par leurs seuls résumés. Une instillation accidentelle dans les poumons a provoqué une pneumonie chimique [294]. Une administration intraveineuse par erreur a entraîné une hypernatrémie sévère et une azotémie passagère [295].
En France, deux spécialités de lactulose et une de docusate sont les seuls laxatifs vétérinaires pour chat que nous ayons trouvés à l'Index (voir plus haut) ; macrogol 3350 et 4000 ne sont commercialisés qu'en médicament humain, et ni le bisacodyl ni l'ispaghul n'ont de spécialité vétérinaire [81, 84]. Les aliments au psyllium sont discutés avec la prévention (voir § 13). Au bout du traitement médical d'une constipation réfractaire viennent la colotomie et la colectomie (voir § 11).
10. Endoscopie extractive et dissolution
10.1 Œsophage et nasopharynx : gestes tentés et issues
Les endoscopies de trichobézoard n'ont fait l'objet d'aucune série. Les observations œsophagiennes publiées, dont la présentation clinique est décrite ailleurs (voir § 7), permettent seulement de suivre, cas par cas, ce qui a été tenté et ce qu'il en est advenu.
L'extraction a réussi dans sept observations. Squires (1989, résumé seul) a retiré une partie de la masse à la pince et refoulé le reste dans l'estomac, puis donné un laxatif oral et fait tondre le chat ; la fonction œsophagienne était normale un mois plus tard [88]. Durocher (2009, résumé seul) a extrait deux trichobézoards à neuf mois d'écart chez le même chat, le second logé dans un diverticule à l'entrée de la poitrine, et le chat est mort subitement deux mois après, en hyperventilation et respiration bouche ouverte, sans cause établie [61]. Shannon (2015) a retiré plusieurs trichobézoards compacts de l'œsophage dilaté d'un chat de 3 ans à arc aortique droit persistant ; les signes ont disparu, l'eau et la pâtée passaient sans régurgitation, et l'anomalie vasculaire n'a pas été corrigée [62]. Au Japon, Noguchi (2023, texte intégral lu en japonais, traduction par nos soins) a retiré à la pince une boule de poils d'un œsophage resté dilaté, deux mois après la section chirurgicale d'une artère subclavière droite aberrante chez une chatte opérée à 8 mois ; elle allait bien après 12 mois de suivi sous alimentation molle, et les auteurs invitent à guetter la formation de boules dans un œsophage dilaté [89]. Takeuchi (2023) a extrait à la pince endoscopique et à la pince de Péan une boule d'environ 10 cm, gorgée de liquide, chez un chaton Maine Coon de 2 mois porteur d'un anneau vasculaire ; le chaton avait aspiré ce liquide au réveil de l'anesthésie du scanner, juste avant l'extraction, malgré sa position debout ; il a subi ensuite une thoracotomie pour l'anneau, et il est mort le lendemain de celle-ci, d'une pneumonie par aspiration constatée à l'autopsie [63]. Un cas australien de 1994, que nous ne connaissons que par une publication de 2005 qui le cite, aurait lui aussi été extrait à la pince [212]. Chez Frowde, au Royaume-Uni (2011, texte intégral), l'une des quatre extractions endoscopiques de corps étrangers œsophagiens a retiré une boule de poils qui contenait une agrafe, d'après le tableau de la série, qui ne donne pas à part le devenir de ce chat [90].
L'endoscopie a échoué chez les deux chats de Woerde (Australie, 2019, texte intégral) [25]. Dans le cas 1, l'extraction à la pince a duré environ deux heures, la masse se fragmentait, et l'opérateur a renoncé : une gastrotomie dans le corps proximal de l'estomac a permis de tirer le trichobézoard à travers le cardia, et le chat, chez qui une pneumonie par aspiration était suspectée dès l'admission, est mort le lendemain, en moins de 24 heures, probablement de cette pneumonie, sans autopsie. Pour le cas 2, après un nouvel échec, la poussée par une gastrotomie combinée à la traction endoscopique a sorti la masse d'un seul tenant par la bouche. Suivirent une œsophagite diffuse, une régurgitation à J3, la radiographie confirmant une pneumonie par aspiration déjà suspectée aux deux présentations, puis un collapsus laryngé à J10 qui a imposé une trachéostomie permanente ; le chat allait bien plus de 18 mois après l'intervention (plus d'un an selon le résumé) [25]. Les mêmes auteurs rappellent que le baryum, employé par Squires, expose à des complications graves en cas d'aspiration, et qu'un produit de contraste iodé est plus sûr [25].
En France, Coquet (2026, résumé seul) décrit chez un Siamois de 5 ans une sténose ulcérée due à un trichobézoard bloqué contre une aorte tortueuse ; le résumé ne dit pas comment la masse a été retirée, mentionne une prise en charge conservatrice et une amélioration [216].
Le nasopharynx a donné deux succès chez le même chat de 5 ans, aux États-Unis (Haynes, 2010, texte intégral) [8]. Lors de l'épisode initial, la masse saisie à la pince hémostatique pour biopsie, sous anesthésie, s'est désagrégée en poils. Un an plus tard, un second trichobézoard a été retiré par endoscopie nasopharyngée, à la pince crocodile passée dans le canal ; la muqueuse restait érythémateuse, les signes ont disparu les deux fois. Les auteurs recommandaient une endoscopie digestive avec biopsies, le chat vomissant des boules deux à trois fois par semaine, mais elle n'a pas été faite, le chat étant perdu de vue [8]. Cannon montre une autre touffe de poils retirée du nasopharynx, sans détail du geste [5].
Notre décompte. Parmi les 9 chats dont le geste est décrit (Squires, Durocher, Shannon, les deux chats de Woerde, Takeuchi, Noguchi, Haynes, et celui de Frowde, connu par le seul tableau de la série), l'extraction par voie orale ou endoscopique a abouti chez 7, en 8 épisodes, et échoué chez 2, convertis en gastrotomie. Trois sont morts : deux peu après l'intervention, d'une pneumonie par aspiration constatée à l'autopsie chez Takeuchi, probable et sans autopsie chez le premier chat de Woerde, alors qu'elle était soupçonnée ou constatée avant le retrait chez l'un comme chez l'autre, et un subitement deux mois plus tard (Durocher). Un a gardé une trachéostomie permanente, et le devenir du chat de Frowde n'est pas donné à part. Ces observations ne forment pas une série et ne mesurent aucune fréquence ; elles montrent ce qui peut arriver, avec le biais d'un cas compliqué qui se publie plus volontiers.
10.2 Stents et sténoses
Les poils s'accrochent aux prothèses. Un stent œsophagien posé chez un chat d'un an pour une sténose récidivante était obstrué par des poils à 12 mois, et le chat a été euthanasié (Allemagne, 2008, résumé seul) [60]. À Alfort, chez trois animaux dont le résumé ne dit pas l'espèce, la découpe progressive des mailles du stent a réduit l'inconfort et la formation de trichobézoards (Da Riz, 2021, résumé seul) ; une publication argentine de 2022 qui cite ce travail écrit que des trichobézoards s'étaient accrochés au stent chez les trois chats qui en portaient un, tout en comptant cinq chiens et trois chats pour « sept animaux » [208, 209]. Chez un animal dont le résumé ne précise pas l'espèce, l'extrémité d'un stent nasopharyngé a dû être raccourcie parce qu'une boule de poils s'y piégeait [210].
Le poil peut aussi précéder la sténose : le traumatisme par un trichobézoard figure parmi les causes de sténose œsophagienne dans la revue de Neiger [87]. Bissett relève plus de trichobézoards digestifs chez des chats à sténose bénigne que dans sa population de référence, association qui ne dit rien du sens de la cause (résumé seul) [64].
10.3 Séries d'extraction endoscopique chez le chat, tous corps étrangers
Les chiffres d'extraction endoscopique publiés pour le chat portent sur des corps étrangers de toute nature ; une seule de ces séries compte une boule de poils, celle de Frowde (voir plus haut), et aucune ne donne de taux propre au trichobézoard.
La plus grande série féline, celle de Dollo (États-Unis, 2020, 52 chats, œsophage et estomac, résumé seul), rapporte une extraction réussie chez 49 chats sur 52 (94,2 %) et des complications majeures chez 8 sur 52 (15,4 %) : épanchement pleural chez 2, pneumonie par aspiration chez 2, échec d'extraction chez 3, sténose œsophagienne chez 3, arrêt cardiorespiratoire chez 1. Ces types totalisent 11 événements pour 8 chats (notre calcul) : certains chats en ont sans doute cumulé plusieurs, ce que le résumé ne détaille pas. Les corps étrangers œsophagiens donnaient plus de complications majeures que les gastriques, et le résumé ne dit pas leur nature [91]. Wilson cite la même étude pour une survie de 96,2 % (50 sur 52, notre calcul) : c'est une autre mesure que le succès d'extraction [21].
En Italie, Maggi (2023, 92 animaux dont 6 chats, texte intégral) rapporte une extraction endoscopique réussie chez 81 animaux sur 92 (88 %), dont les 6 chats, tous porteurs d'un corps étranger gastrique (2 aiguilles, 2 fils, un lacet, une peluche), avec une gastrite mineure pour seule complication et 15 à 79 minutes d'extraction ; la durée moyenne, toutes espèces, est de 59,74 minutes dans le résumé et de 54,79 minutes dans les résultats, écart que nous ne tranchons pas [269]. Une série égyptienne de 30 chats à corps étranger œsophagien (25 aiguilles, 5 os, aucun poil) a retiré l'objet à la pince de Péan chez 17, par chirurgie chez 8 et par endoscopie chez 5 [214]. Pour des aiguilles à coudre, Pratt (Pennsylvanie, 38 chats et 27 chiens, résumé seul) les a extraites par endoscopie chez 18 des 19 chats à aiguille œsophagienne ou gastrique, et relève une perforation digestive chez 5 chats sur 37 [296]. Au Brésil, des embouts de lance-comprimés avalés par 13 chats ont été retirés par endoscopie dans 9 épisodes sur 15 (résumé seul) [297]. Frowde compte, sur 33 chats à maladie œsophagienne, une endoscopie thérapeutique chez 9 : 4 extractions de corps étrangers, dont la boule de poils à l'agrafe, et 5 dilatations [90].
Une enquête menée auprès de 268 spécialistes de l'ACVIM et de l'ACVECC (résumé seul) décrit les instruments préférés selon le type et la localisation du corps étranger, sans mentionner le trichobézoard dans son résumé [298].
Ces séries ne se comparent pas entre elles : objets et sites diffèrent, comme la définition du succès.
La revue de Neiger (Giessen, 2013, lecture partielle) donne des règles générales : radiographie de contrôle après l'induction pour vérifier que l'objet n'a pas migré, jamais de force, pas d'acharnement quand la chirurgie retirerait l'objet plus vite, consentement préalable du propriétaire à une chirurgie sous la même anesthésie. Elle ajoute que les corps étrangers duodénaux se retirent rarement par endoscopie et vont le plus souvent à la chirurgie, sans aucun taux propre au trichobézoard [87].
10.4 Ce qui est propre à une masse de poils
Deux traits reviennent dans les cas félins. La masse se fragmente sous la pince, au point de faire renoncer après deux heures (Woerde, cas 1) ou de se désagréger dès la prise (Haynes) [25, 8]. Elle peut être gorgée de liquide, que le chaton de Takeuchi a aspiré au réveil d'une anesthésie, celle du scanner, avant même l'extraction [63]. La littérature humaine citée par Wilson, que nous n'avons pas lue, en ajoute un troisième : une revue de 2015 ne compte que 2 extractions endoscopiques réussies sur 40 trichobézoards humains, les grosses masses denses résistant à la fragmentation [21]. Ce chiffre humain ne se transpose pas au chat ; il dit seulement que la difficulté est connue ailleurs.
10.5 Estomac et intestin, et la seule « dissolution » publiée
À l'estomac, la seule extraction décrite en détail est celle d'un trichobézoard antral retiré à la pince à dents de rat chez le chat de Wilson [21] ; chez le chat d'Israeli, une boule gastrique a aussi été retirée par endoscopie, mais abdomen ouvert (voir § 11) [92]. Chez un des deux chats de German (2013), une gastroduodénoscopie faite pour un vomissement persistant de boules a montré des nodules pyloriques, un ulcère et des Helicobacter ; la réponse au traitement médical a été bonne, avec des rechutes de vomissements de boules tous les 6 à 12 mois [2]. Une figure de la revue de Neiger montre un trichobézoard antral vu en gastroscopie chez un chat de 15 ans, sans que le geste soit décrit [87].
L'observation de Wilson (Canada, 2023, texte intégral) est l'unique tentative de traitement médical d'un trichobézoard intestinal félin que nous ayons trouvée [21]. Le patient est un chat domestique à poil long de 16 ans, insuffisant rénal, dont les propriétaires ont refusé la chirurgie. Après le retrait du trichobézoard antral, l'endoscope a montré des poils et une lésion muqueuse discrète au duodénum distal, puis un second trichobézoard dans le jéjunum, au-delà de 140 cm d'endoscope. Anses, pinces, griffes, irrigation, aspiration et manipulation externe ne l'ont pas déplacé, et la technique du guide et du ballon n'était pas faisable sans radioscopie. Une boisson au cola mêlée de produit de contraste iodé a été instillée une seule fois par un cathéter, à l'extrémité de l'endoscope avancé au maximum, donc en amont de la masse. Le lendemain, le contraste avait atteint le côlon. Une selle abondante a été émise deux jours après la sortie, et les vomissements avaient disparu à six semaines, d'après un appel téléphonique ; il n'y a eu ni endoscopie de contrôle ni dossier de suivi [21].
Les auteurs ne peuvent affirmer ni que le trichobézoard s'est dissous, ni quel était le degré d'obstruction. Ils signalent un risque possible pour la muqueuse, le pH de la boisson (2,6) étant très éloigné de celui du grêle félin sain (8,2 à 8,3), et l'absence de toute étude de ce risque chez l'animal ; ils précisent que la boisson n'est autorisée chez les animaux domestiques ni comme aliment ni comme médicament [21].
L'idée vient de la médecine humaine, que nous ne connaissons que par les références de Wilson, non lues. Selon une revue humaine de 2013 citée par Wilson, les phytobézoards se résolvent dans 91,3 % des cas avec le cola seul ou associé à l'endoscopie, alors que les trichobézoards humains répondent mal à la dissolution et vont le plus souvent à la chirurgie ; chez des équidés atteints de phytobézoards de kaki, l'article rapporte une résolution chez 2 des 4 animaux traités par le cola seul, d'après une publication de 2011 qu'il cite [21]. Le phytobézoard n'est pas un trichobézoard, et ce taux ne s'applique pas à une masse de poils.
Aucune source vétérinaire lue ne propose d'enzymes, d'acétylcystéine ni d'autre solvant contre un trichobézoard félin. La papaïne, la bromélaïne et la pancréatine figurent à l'Index comme substances sans aucun médicament vétérinaire, et l'acétylcystéine n'est autorisée chez le chat qu'en collyre, contre les ulcères cornéens [81]. Les enzymes ajoutées à l'aliment relèvent de la prévention (voir § 13). Le retrait peropératoire assisté par endoscope, où le chirurgien ramène le corps étranger vers l'estomac, est décrit avec la chirurgie (voir § 11).
10.6 Ce que les sources ne disent pas
Nulle part ne figure une taille au-delà de laquelle un trichobézoard gastrique ne s'extrairait plus par endoscopie. Aucun taux de réussite propre au trichobézoard n'est publié, ni aucune comparaison de l'endoscopie et de la chirurgie pour ce corps étranger. La série coréenne de Koo (2025, texte intégral), qui compte 10 trichobézoards chez des chiens et des chats mêlés, confirmés par chirurgie ou par endoscopie, ne ventile l'issue ni par type de bézoard ni par espèce [78]. La série histologique de Pawenski, 44 chats opérés, ne dit pas combien avaient d'abord eu une endoscopie, et ne rapporte aucun examen d'imagerie ni endoscopique [10]. Une pneumonie par aspiration accompagne 3 des 9 chats dont le geste est décrit, mais elle était soupçonnée ou constatée avant le retrait chez chacun d'eux (les deux chats de Woerde, celui de Takeuchi), si bien que la part du geste et du réveil reste inconnue, et aucun dénominateur ne permettrait d'en estimer la fréquence.
11. Chirurgie
11.1 Deux littératures à ne pas confondre
Deux corpus se superposent, et ils ne répondent pas à la même question. D'un côté, les trichobézoards opérés ne sont connus que par des rapports de cas et par une série histologique sans suivi, celle de Pawenski [10]. De l'autre, les séries de chirurgie digestive féline, qui portent sur des corps étrangers de toute nature, des biopsies ou des tumeurs, fournissent les chiffres de déhiscence, de mortalité et de complications.
Aucune de ces séries ne dénombre de trichobézoard parmi les animaux opérés. Trois en nomment sans les chiffrer : la thèse de Durant parmi les catégories d'indication de sa méthode, celle de Thinon parmi les corps étrangers non linéaires de ses chiens et chats, et, selon cette même thèse, Hayes (2009) parmi les natures de corps étrangers, ce que son résumé, seul lu, ne dit pas [97, 299, 233]. Après l'intervention, Durant en compte pourtant : 8 des 36 chats dont le propriétaire a répondu au courrier de suivi vomissaient des trichobézoards [97]. Dans les textes de dix autres séries et revues obtenus en entier, les mots trichobezoar, hairball, bezoar et hair (hors noms de races) n'apparaissent pas, sinon « hairballs » parmi les signes de 2 des 56 chats de Gollnick [95, 94, 235, 96, 300, 100, 99, 301, 302, 291]. La petite série d'endoscopie peropératoire d'Israeli fait exception : son seul chat avait un trichobézoard gastrique (voir plus bas) [92]. Leurs chiffres décrivent la chirurgie digestive du chat. Ils ne décrivent pas celle du trichobézoard.
On ignore donc si une masse de poils, souvent installée depuis longtemps, expose plus que d'autres corps étrangers à la résection ou à la déhiscence. Le seul indice est indirect : dans la série coréenne de scanner, chiens et chats mêlés, la durée médiane des signes atteignait 14 jours pour les bézoards, plus longue que pour les autres corps étrangers [78], et la durée des signes s'associe au besoin de résection dans une série de corps étrangers chroniques (voir plus bas) [235].
11.2 Gestes publiés sur les trichobézoards
Estomac. La gastrotomie a servi dans quatre observations félines. Bahlmann (États-Unis, 2022, texte intégral) a retiré par gastrotomie le trichobézoard d'un chat à diverticule gastrique, sans dire si la boule siégeait dans le diverticule, puis réséqué celui-ci par gastrectomie partielle : les vomissements avaient diminué à un mois, une maladie inflammatoire chronique éosinophilique a été traitée, et l'animal a vécu 48 mois avant d'être euthanasié pour une autre maladie [74]. Bollaert (Australie, 2026, lecture partielle) décrit une chatte de 3 ans opérée deux fois en douze mois : la laparotomie initiale n'est pas détaillée, et lors de la seconde, le trichobézoard a été « trait » du grêle vers l'estomac avant une gastrotomie ; toutes les anomalies échographiques ont régressé après le retrait [58]. Les deux gastrotomies de Woerde visaient un trichobézoard œsophagien (voir § 10) [25]. Barandun (2021, résumé seul) rapporte une intervention de retrait d'un trichobézoard sept semaines après une gastrojéjunostomie de Billroth II chez un Maine Coon de 10 ans, sans préciser le geste ; la récupération a été rapide, des vomissements intermittents à sept mois ont eu un bilan normal, et le chat allait bien à neuf mois [219]. En Floride, Israeli (2025, texte intégral) a retiré sans gastrotomie, par endoscopie peropératoire, abdomen ouvert, un trichobézoard gastrique qui contenait un élastique à cheveux, chez un British Shorthair de 6 ans ; le chat s'est amélioré pendant 24 heures, puis s'est dégradé au cours des 48 heures suivantes (ascite, épanchement pleural, fièvre), une pancréatite étant l'hypothèse principale, et il a été euthanasié, son propriétaire renonçant aux soins [92]. Chez un lynx du Canada, une gastrotomie associée à une entérotomie duodénale a guéri un trichobézoard pylorique (résumé seul) [178].
Duodénum. Une entérotomie du duodénum proximal a guéri un chat de 18 mois admis pour des fasciculations et des tremblements dus à une alcalose métabolique hypochlorémique sévère, normal 18 mois plus tard (Jukes, Australie, 2017, texte intégral) [22]. German et German (2013), deux auteurs britanniques qui ne disent pas où leurs cas ont été vus, ont trouvé à la cœliotomie exploratrice un trichobézoard grand et sec, impacté dans le duodénum, qui obstruait l'écoulement biliaire, sans décrire son retrait ni la technique ; la maladie hépatobiliaire a été traitée, et le chat est resté le plus souvent sans signe pendant quatre ans, avec des rechutes occasionnelles, de nature non précisée, souvent accompagnées de vomissements de boules [2].
Jéjunum et iléon. Barrs (Australie, 1999, texte intégral) signe la seule série trouvée qui réunisse plusieurs chats obstrués au grêle et opérés, avec leur issue [9]. Chez le cas 2, une obstruction simple du jéjunum proximal, une entérotomie a été pratiquée en aval d'un segment hyperhémié de 10 cm ; une petite déchirure a été réparée et couverte d'un patch séreux bilatéral, et le chat a guéri ; il avait connu cinq mois plus tôt un épisode semblable, résolu sans chirurgie, dont la cause n'est pas établie. Une entérotomie a guéri sans incident le trichophytobézoard de l'iléon distal du cas 5. Au cas 3, une obstruction à la jonction iléo-cæco-colique, le segment a été réséqué avec anastomose termino-terminale ; la paroi montrait une entérite éosinophilique, et le chat était en bonne santé et plus lourd un an après. Le cas 1, en revanche, présentait 12 cm de jéjunum proximal strangulé et non viable : résection et anastomose termino-terminale ont été suivies, en fin d'intervention, d'un arrêt cardiaque réanimé, puis d'un second arrêt une heure plus tard, mortel. Quant au cas 4, une boule d'un centimètre en obstruction partielle, il a été euthanasié sans examen complémentaire, et l'autopsie a trouvé la boule au jéjunum proximal [9].
Au Japon, deux Persans atteints d'invagination de l'iléon distal, où les poils formaient un cordon visible à l'ouverture de la pièce, ont eu, selon le résumé, un bon pronostic après la résection du segment invaginé et une anastomose termino-terminale (résumé d'un congrès de 1994, publié en 1995, lu en japonais) [70]. En Allemagne, une entérectomie a retiré « sans difficulté » un granulome à follicules pileux du grêle chez un chat âgé, la tumeur suspectée n'étant pas confirmée (résumé seul) [24]. Les 44 chats de Pawenski ont eu une gastrotomie ou une entérotomie avec une à cinq biopsies chacun, et leur issue n'est pas rapportée [10]. Chez Koo, qui mêle des chiens et des chats, on compte 6 issues défavorables sur 33 animaux porteurs de corps étrangers (5 morts, 1 réintervention), associées à la rupture de la paroi, sans distinguer les trichobézoards [78].
Les trichobézoards du côlon sont décrits plus loin, avec la colotomie.
Notre décompte. Seize chats domestiques opérés par voie abdominale ont une issue connue (Woerde 2, Bahlmann 1, Bollaert 1, Barandun 1, German 1, Jukes 1, Barrs 4, Kurita 2, Katayama 1, Kobayashi 1, Israeli 1), Iida étant exclu faute d'issue, Pawenski faute de suivi, Töpfer parce que son granulome de follicules pileux n'est pas un trichobézoard, et le lynx parce qu'il n'est pas un chat domestique. Dans les suites, quatre sont morts ou ont été euthanasiés : le cas 1 de Barrs une heure après un arrêt cardiaque survenu en fin d'intervention, le cas 1 de Woerde en moins de 24 heures, le chat de Katayama cinq jours après la colotomie, au 13e jour d'une hospitalisation pour un lymphome trachéal, et celui d'Israeli environ trois jours après l'intervention, une pancréatite étant suspectée. Un garde une trachéostomie permanente. Une nouvelle obstruction opérée est rapportée chez 1, la chatte de Bollaert, deux fois laparotomisée en moins de douze mois [58] ; German décrit des rechutes occasionnelles, de nature non précisée, sur quatre ans [2] ; le cas 2 de Barrs avait eu, cinq mois avant l'opération, un épisode semblable guéri sans chirurgie, de cause non établie [9]. Ces seize cas ne permettent aucune estimation de mortalité : un cas banal qui finit bien se publie moins qu'un cas compliqué ou instructif.
11.3 Retirer sans ouvrir l'intestin
Plusieurs équipes ouvrent l'abdomen, mobilisent le corps étranger vers l'estomac ou vers le côlon, puis le retirent par une gastrotomie, par un endoscope ou par une pince passée dans une sonde orogastrique. Parmi ces publications, une seule compte un trichobézoard parmi les objets retirés : chez le chat d'Israeli, la boule gastrique a été retirée par endoscopie, abdomen ouvert (voir plus haut) [92]. Deux autres trichobézoards ont été déplacés de cette façon : « trait » du grêle vers l'estomac chez la chatte de Bollaert, tiré de l'œsophage vers l'estomac, en sens inverse, par une pince passée à travers le cardia chez le premier chat de Woerde [58, 25]. Toutes ces études sont rétrospectives, et la technique y dépend de la mobilité de l'objet au moment de l'intervention : un corps étranger qui ne se mobilise pas part à l'entérotomie, ce qui interdit de lire leurs comparaisons comme la supériorité d'une technique.
Demars (France, AniCura Nordvet, 58 chiens et chats, résumé seul) a réussi le retrait par endoscopie assistée par laparotomie dans 25 cas et converti en entérotomie 20 cas où le corps étranger n'était pas mobilisable, dont 3 pour des déchirures séreuses provoquées par la manipulation rétrograde ; le temps chirurgical était plus court qu'à l'entérotomie (49 contre 61,7 minutes), et le résumé ne donne pas l'effectif félin [303]. À Bologne, Cola (81 chiens et chats, résumé seul) rapporte un retrait complet ou partiel dans 35 cas sur 40, une conversion associée aux lésions de la paroi, et, par rapport à l'entérotomie, un séjour plus court, moins d'analgésie et une reprise alimentaire plus rapide, à complications comparables [304].
Pour des corps étrangers linéaires ancrés au pylore, Zitsman (New Jersey, trois hôpitaux privés, texte intégral) compare 24 animaux, dont 2 chats, traités par endoscopie assistée, à 121 animaux, dont 6 chats, traités par gastrotomie : aucune péritonite septique sur 24 contre 2 sur 121, sans ventilation par espèce [300]. Pour le groupe endoscopique, son résumé annonce 2 infections incisionnelles sur 24, quand les résultats détaillent une infection et un ulcère cornéen. Power (Massachusetts, 10 petits animaux, espèces non dites dans le résumé) décrit le retrait par la bouche, par une pince passée dans une sonde orogastrique, après manipulation peropératoire, sans groupe de comparaison [305] ; Prettegiani (Ohio, 50 chiens et chats) compare ce retrait orogastrique à la gastrotomie et ne trouve pas de différence de complications (résumés seuls) [306]. En Floride, l'endoscopie peropératoire a remplacé la gastrotomie chez 4 chiens et 1 chat, avec 5 extractions réussies et, selon le résumé, une seule complication, mineure et peropératoire, aucune à court terme ; deux de ces animaux avaient d'abord eu une endoscopie classique infructueuse, convertie en chirurgie ouverte, et le seul chat, celui du trichobézoard, a été euthanasié quelques jours plus tard (voir plus haut) [92].
Gollnick (Géorgie, 56 chats, lecture partielle) tentait systématiquement de mobiliser le corps étranger vers l'estomac ou le côlon ; chez 6 chats, l'objet poussé dans le côlon n'a demandé aucune incision digestive [94]. Pour les fils et aiguilles, l'ancienne série de Felts (64 chats, résumé seul) a opéré 96,9 % des chats, soit 62 selon notre calcul, par gastrotomie et entérotomies multiples, avec une bonne évolution chez 83,9 % des opérés, soit 52 sur 62 selon notre calcul, environ la moitié des chats à lacérations intestinales guérissant [307]. La technique de la sonde en caoutchouc par une incision unique a réussi lors de 20 tentatives sur 24 dans la série de Miller (Floride, résumé seul) [234].
11.4 Gastrotomie
Les deux séries récentes de gastrotomie ne trouvent presque aucune déhiscence chez le chat, pour des corps étrangers de toute nature. À New York, Roman (texte intégral) a revu 212 gastrotomies, dont 71 chez des chats : aucune déhiscence chez les 71 chats, contre 2 chez 141 chiens, avec une fermeture en deux plans dans la quasi-totalité des cas, et aucun facteur de risque n'était analysable [96]. Les auteurs écrivent que les chats représentent 36,3 % de l'effectif ; notre calcul donne 33,5 % (71 sur 212). Une hyperlactatémie était présente chez 37 de 60 chats dosés, sans aucune déhiscence [96].
Au Kansas, dans deux hôpitaux privés, Daly (271 chiens et 31 chats, résumé seul) ne relève aucune déhiscence de gastrotomie prouvée ; le taux estimé va de 0 à 0,66 % (2 animaux sur 302, notre calcul), selon que l'on compte ou non deux animaux euthanasiés sans autopsie, qui avaient aussi subi une résection intestinale. Trois des 31 chats ont eu une perforation intestinale peropératoire [308].
Les gastrotomies faites pour un trichobézoard sont décrites plus haut. L'antibioprophylaxie de la gastrotomie seule est discutée plus loin.
11.5 Entérotomie et entérectomie : déhiscence, mortalité, facteurs pronostiques
Les séries qui suivent ne dénombrent aucun trichobézoard parmi leurs opérés, même quand elles en nomment (voir plus haut). Leurs indications, leurs centres et leurs définitions diffèrent, la technique y a été choisie selon la lésion, et le suivi s'arrête à des moments différents. Aucune comparaison de taux entre elles n'est donc légitime ; le tableau C3 les range sans les classer.
La thèse d'Alfort de Durant (2013) porte sur 111 chats, 71 entérotomies et 40 entérectomies ; le PDF, d'abord refusé par un défi anti-robot, a été lu en entier par un second volet de recherche [97]. Aucune déhiscence n'a suivi les 71 entérotomies. Deux ont suivi les 40 entérectomies, chez deux chats déjà en péritonite septique avant l'intervention, morts en moins de 48 heures. Les effectifs du texte donnent une mortalité de 13,5 % (15 sur 111), de 20 % après entérectomie (8 sur 40) et de 10 % après entérotomie (7 sur 71, soit 9,9 %), dont 4,5 % (5 sur 111) de morts dues à une complication de l'intervention. Quinze chats étaient en péritonite septique avant l'intervention (13 entérectomies, 2 entérotomies), et 5 d'entre eux sont morts (33,3 %, notre calcul), alors que le résumé écrit 38,5 %, chiffre qui correspond à 5 sur 13 [97].
La cohorte de Hiebert (Virginie, 2002-2020, 126 chats, texte intégral, aucun lien d'intérêt déclaré) couvre l'estomac (37 chats), le grêle (109) et le gros intestin (30), toutes indications confondues, dont 22 corps étrangers non linéaires et 7 linéaires [95]. Une seule déhiscence (0,8 %) a suivi l'exérèse d'un adénocarcinome jéjunal. À dix jours, 23 chats sur 126 étaient morts (18,2 %), dont 5 après leur sortie, et aucun des 22 chats opérés d'un corps étranger non linéaire. Deux facteurs s'associaient à la mort : la péritonite septique préopératoire (rapport de cotes 6,7, IC 95 % 1,0 à 43,4 ; 7 morts sur 17 contre 16 sur 109) et l'hypothermie entre 25 et 72 heures après l'intervention, dont l'intervalle de confiance est écrit de deux façons dans le texte servi (« 2,8–3,8 » et « 2,8–437,8 ») [95].
Chez Gollnick (Géorgie, 2009-2021, 56 chats dont 38 à corps étranger discret et 18 à corps étranger linéaire), aucun chat n'a fait de péritonite septique postopératoire, critère retenu par les auteurs, et aucun n'est mort, tous étant sortis ; l'infection du site opératoire était plus fréquente avec les corps étrangers linéaires [94]. Quatorze des 48 chats dosés étaient en hyperlactatémie, proportion que le texte arrondit à 30 % (29,2 % selon notre calcul), sans aucun mort. En Floride, Miller (2012-2023, 169 chats à corps étranger du grêle, résumé seul) compte 2 déhiscences, toutes deux après un corps étranger discret, 3 euthanasies peropératoires et 2 morts ou euthanasies ensuite, sans différence de survie ni de complications entre linéaires et discrets [234].
Dans un établissement britannique de la RSPCA, qui ne recrute pas sur référé, Hayes (2009) a suivi 208 chiens et chats, dont 24 chats : 16 survivants sur 16 à corps étranger discret, 5 sur 8 à corps étranger linéaire, effectif et chiffres félins que nous avons lus chez Gollnick, le résumé n'en donnant que les pourcentages ; chez les chiens et les chats réunis, la durée des signes, le caractère linéaire et les interventions intestinales multiples s'associaient à l'issue [233, 94]. Une structure non spécialisée du Colorado, opérant en ambulatoire (Smith, 2025, 40 chats, résumé seul), annonce une survie à deux semaines de 29 chats sur 32 suivis, deux euthanasies peropératoires et six chats perdus de vue, la perforation s'associant à l'euthanasie sur la table [309]. En Pennsylvanie, Kan (72 chiens et chats dont 20 chats, corps étrangers présents depuis au moins sept jours, lecture partielle) relève 4 morts sur 72, toutes après résection et anastomose, sans ventiler la survie par espèce ; la durée des signes s'associait au besoin de résection (P = 0,01) [235].
Pour les anastomoses, Ralphs ne trouve aucune fuite après 25 entérectomies félines, contre 13 sur 90 chez le chien (résumé seul) [310], et Weisman compte 2 déhiscences chez 83 chiens et chats opérés par entérotomie ou anastomose (dont 25 chats), toutes après corps étranger, sans préciser l'espèce, une après surjet (1 sur 57) et une après points séparés (1 sur 26), le surjet étant jugé une alternative acceptable (résumé seul) [311]. Dans quatre hôpitaux de référé d'Australie et de France, Costello (2003-2022, texte intégral, aucun lien d'intérêt déclaré) a revu 54 entérectomies félines, 24 agrafées et 30 suturées, pour invagination (10), entéropathie ulcérée (6), corps étranger discret (6) ou linéaire (2) et tumeurs [100]. Il n'y a eu qu'une déhiscence, chez un chat déjà en péritonite septique après une chirurgie antérieure ; 4 chats ne sont pas sortis (2 euthanasiés, 2 morts). L'anastomose agrafée raccourcissait l'intervention de 34 minutes en moyenne par rapport à la suture manuelle, et les auteurs la proposent chez les chats dont l'anesthésie doit rester la plus courte possible, comme ceux de classe ASA 3 ou 4 ; elle a pourtant donné deux sténoses sur 24 : l'une, précoce, a conduit à l'euthanasie du chat trois jours après l'intervention, l'autre, tardive, a demandé deux nouvelles entérotomies pour un corps étranger bloqué sur ce rétrécissement [100].
Les autres séries d'anastomoses sont petites. Schwartz ne relève aucune déhiscence chez 29 chats dont les incisions ont été fermées par des agrafes cutanées seules ou associées à une suture (14 corps étrangers, 6 tumeurs, 9 mégacôlons), 3 chats n'étant pas sortis (résumé seul) [312]. À Bologne, l'anastomose latéro-latérale manuelle a été suivie d'une sténose réopérée chez 1 des 6 chats et 3 des 16 chiens suivis après ce type d'anastomose, jamais après anastomose termino-terminale ; chez les 16 chats de la série, une déhiscence et 2 morts sont rapportées, toutes après anastomose termino-terminale, sans différence significative entre les techniques [301]. Les sutures barbelées n'ont donné aucune déhiscence à 14 jours chez 29 animaux dont 3 chats, mais deux sténoses à 20 et 27 jours chez des chiens (résumé seul) [313]. Les agrafeuses endovasculaires, employées pour des anastomoses termino-terminales fonctionnelles chez 15 chats et 10 petits chiens, n'ont entraîné aucune complication majeure, 5 complications mineures sur 25 dont 3 infections superficielles, 18 animaux sur 25 étant vivants en fin d'étude, avec une survie plus longue hors tumeur (résumé seul) [314]. Enfin, à Tufts, les 7 chats d'une série de résections dépassant la moitié du grêle, tous opérés pour un corps étranger, n'ont eu aucune déhiscence et sont tous sortis (résumé seul) [102].
Deux études cherchent à dépister la déhiscence par échographie systématique. En France, Rafael (114 chiens et chats dont 31 chats, résumé seul) a examiné le site entre 48 et 96 heures après une chirurgie du grêle : aucune déhiscence suspectée chez les 31 chats, 7 chez les 83 chiens, avec chez le chien des signes de paroi discontinue, de gaz et de liquide près du site [315]. Par une échographie à J2 ou J3 après entérotomie ou entérectomie, Thinon (thèse d'Alfort, 2024, 23 chats et 55 chiens, texte intégral) trouve une déhiscence chez 1 chat et 10 chiens, associée à l'hypoalbuminémie (p = 0,04), à une stéatite, à un épanchement abondant, à une poche liquidienne et à du gaz pariétal [299].
Facteurs pronostiques relevés. Le plus constant est la péritonite septique présente avant l'intervention : mortalité de 7 sur 17 chez Hiebert [95], de 5 sur 15 chez Durant (le résumé écrit 38,5 %) [97], 7 animaux morts en moins de 24 heures sur 10 en péritonite préopératoire dans la thèse d'Alfort de Goldminc sur l'entérectomie iléocolique (18 chats et 13 chiens), où les complications étaient plus fréquentes chez le chat, l'autrice n'ayant toutefois pu confirmer aucun facteur pronostique (d'après le résumé) [316], déhiscences survenues chez des chats déjà en péritonite chez Durant comme chez Costello [97, 100]. Suivent l'hypothermie entre 25 et 72 heures [95], l'hypoalbuminémie [299, 152], la durée des signes [233, 235], le caractère linéaire du corps étranger, associé à l'issue chez Hayes et à l'infection chez Gollnick [233, 94], la perforation [309] et la tumeur [317, 314]. L'antiémétique, lui, est associé à un délai de prise en charge plus long, sans davantage de complications (voir § 9) [26].
Deux lectures qui se contredisent. Les introductions de Costello et de Hiebert présentent la déhiscence féline comme proche de zéro, et plusieurs séries vont dans ce sens (0 sur 71 entérotomies chez Durant, aucune péritonite septique postopératoire chez les 56 chats opérés de corps étrangers de Gollnick, 1 sur 126 toutes chirurgies confondues chez Hiebert) [100, 95, 97, 94]. D'autres gestes donnent des chiffres différents : 2 sur 40 entérectomies [97], 7 sur 84 incisions du gros intestin (d'après le résumé) [152], 2 déhiscences certaines et 4 possibles chez 172 chats biopsiés [317], 3 chez 127 chats biopsiés à plusieurs étages [318]. Lux et ses collègues concluent eux-mêmes que les taux félins peuvent être plus élevés que proposé, le risque restant faible [152]. Le chiffre dépend du geste, du segment et de la maladie. La mortalité varie de la même façon, de 0 sur 56 chez Gollnick à 4 sur 54 chez Costello, 15 sur 111 chez Durant et 23 sur 126 à dix jours chez Hiebert, qui attribue l'écart à son suivi après la sortie, pendant laquelle 5 de ses chats sont morts [94, 100, 97, 95]. Les indications et les définitions diffèrent d'une série à l'autre, et ces chiffres ne se classent pas.
11.6 Principes de technique décrits
Les principes publiés pour le chat viennent de revues, sans protocole évalué. Williams (Royaume-Uni, 2014, texte intégral) préconise une incision d'entérotomie en aval de l'obstruction, en tissu sain ; l'intestin félin cicatrise bien, la déhiscence étant la plus probable pendant les 72 à 96 heures qui suivent ; l'épiploon et le patch séreux renforcent un site à risque ; l'entérectomie s'impose quand l'impaction a entraîné ischémie et nécrose [93]. Les articles de formation continue d'Alfort (Manassero, 2016, résumés seuls) insistent sur l'examen complet de l'abdomen, l'évaluation de la viabilité du segment, une suture qui appose les bords en chargeant toute l'épaisseur de la paroi, la vérification de l'étanchéité, le rinçage et l'épiploïsation [319]. Les revues d'Ellison (complications de la chirurgie digestive, 2011) et de Bebchuk (corps étrangers digestifs du chat, 2002) ne sont connues que par leurs résumés [320, 321].
Les données expérimentales ne portent jamais sur un intestin obstrué par des poils. Une thèse d'Alfort compare fils, aiguilles et techniques de suture sur 81 segments de jéjunum de porc [322]. Sur des cadavres de chats, en Floride, deux études mesurent l'épaisseur, la durée et la pression de fuite de cinq techniques d'anastomose (10 cadavres) puis comparent sutures manuelles et agrafes cutanées pour les anastomoses et les entérotomies (20 cadavres) [323, 324].
Le seul geste de renfort décrit sur un trichobézoard est le patch séreux bilatéral du cas 2 de Barrs, posé sur une petite déchirure [9].
11.7 Côlon : colotomie, colectomie
Nous avons trouvé trois cas publiés de poils dans le côlon ayant conduit à une opération, tous au Japon. Kobayashi (1992, atelier de congrès, texte lu en japonais) décrit un chat de 10 ans en mégacôlon, constipé de longue date, dont les selles étaient faites « de sable et de poils » : une colotomie a été suivie, deux mois plus tard, d'une résection iléo-colique, puis d'une diarrhée pendant un mois ; un lavement baryté à six mois a été jugé satisfaisant, et le chat, suivi trois ans, n'a pas récidivé [12]. Chez un chat de 3 ans qui vomissait depuis quatre jours, avec une diarrhée mucoïde, Iida (résumé d'un congrès de 1994, publié en 1995) a retiré par laparotomie une boule de 3 × 1 × 0,2 cm collée à la muqueuse colique, sans préciser la technique ni l'issue [13]. Hospitalisé pour un lymphome trachéal et opéré plusieurs fois, le chat de 12 ans de Katayama (2013, lecture partielle) a eu, au 8e jour, une colotomie du côlon ascendant pour un trichobézoard, puis a été euthanasié cinq jours plus tard, au 13e jour d'hospitalisation, pour une lésion pulmonaire aiguë présumée, sans lien établi avec la colotomie [14]. Notre requête croisant colotomy et chat n'a rendu aucune notice dans PubMed (voir § 1).
Chez Mallol, deux chats sur trois ont subi une colectomie subtotale pour une constipation réfractaire ; ils recevaient de l'huile minérale, et l'article ne parle pas de poil chez eux [117].
Les séries du gros intestin ne contiennent pas de poils. Lux (quatre écoles vétérinaires américaines, 1993-2015, 84 chats, résumé seul) a revu les incisions de pleine épaisseur du gros intestin : 7 déhiscences sur 84 (8,3 %) et 79 chats sur 84 sortis vivants (94 %), la déhiscence s'associant aux neutrophiles non segmentés, à la colectomie partielle avec anastomose, à la transfusion, à l'hypoalbuminémie et à la contamination fécale peropératoire [152]. Pour la colectomie subtotale du mégacôlon idiopathique, Grossman (2021, 166 chats, résumé seul) rapporte des complications périopératoires majeures chez 15 chats sur 151, des morts dues au traitement ou au mégacôlon chez 12 sur 87, et une récidive de la constipation chez 24 sur 74 (32 %) à un délai médian de 344 jours, les dénominateurs changeant avec le suivi disponible [240]. Rosin (1988, 38 chats) décrit des selles liquides après l'intervention, redevenues molles ou moulées entre une semaine et trois mois chez 37 d'entre eux (d'après le résumé) [240]. Comparant l'anneau d'anastomose biofragmentable et la suture chez 19 chats, Ryan (2006, résumé seul) relève une déhiscence à 36 heures avec l'anneau et une sténose à 32 jours avec la suture, et deux chats suturés euthanasiés pour des selles restées molles [325]. Pour ce volet, la revue de White (2002) sur la chirurgie de la constipation n'a pas été relue [240].
11.8 Péritonite septique
Le trichobézoard n'apparaît dans aucune série de péritonite septique féline. Ces séries, toutes rétrospectives et connues par leurs seuls résumés, disent seulement ce que devient un chat dont le tube digestif a fui, quelle qu'en soit la cause (tableau C6).
Costello (2004) compte 51 chats, dont 24 à fuite digestive, et 16 survivants sur 23 opérés (70 %) ; la douleur abdominale n'était notée que chez 29 des 47 chats évalués, une bradycardie relative chez 8, et lactate, albumine et fréquence cardiaque ne séparaient pas survivants et non-survivants [273]. Parsons (2009) trouve 12 survivants sur 26 (46 %), un lactate plus élevé chez les non-survivants (P = 0,02), une douleur chez 10 chats et un vomissement chez 11 [273]. Scotti (2019) rapporte 58 survivants sur 83 (69,9 %), la perforation digestive expliquant près de la moitié des cas (49,4 %), et Anderson (2021) 66 % de survie sur 95 chats, la fuite digestive étant la cause la plus fréquente [273]. Chez Anderson, l'hypotension peropératoire réduisait la survie (rapport de cotes ajusté 0,173), alors qu'une déhiscence d'entérotomie ou d'entérectomie antérieure n'aggravait pas le pronostic par rapport aux autres causes [273].
À Berne, la mortalité globale des perforations pyloriques et non pyloriques atteint 63,6 % chez 44 chiens et 11 chats réunis, les anti-inflammatoires s'associant à la perforation pylorique (résumé seul) [326]. La péritonite septique primaire, sans perforation, a tué 31 % des chats d'une série américaine dont le titre annonce 13 cas et le résumé 12 (4 sur 13 selon notre calcul), aucun chat bradycarde et hypotherme n'ayant survécu (résumé seul) [327]. Une série de 55 chats en péritonite septique étudie la prévalence de l'hypocalcémie ionisée et son lien avec la morbidité, chiffres que notre dossier ne reprend pas (résumé seul) [328]. Le drainage péritonéal ouvert et la fermeture primaire ne différaient pas par la survie, 71 % au total, chez 36 chiens et 6 chats réunis (résumé seul) [329].
Pour le diagnostic, l'échographie n'a identifié que 56,3 % des péritonites septiques confirmées ensuite par la chirurgie ou l'autopsie, chiens et chats mêlés (résumé seul) [330]. Entre le sang et l'épanchement, l'écart de glucose serait, chez le chat, sensible à 86 % et spécifique à 100 %, selon une étude de 2003 portant sur 12 chats et 18 chiens à épanchement (résumé seul) [331]. Les deux revues américaines de 2026 sur le diagnostic, le traitement chirurgical et la prise en charge périopératoire retiennent cet écart, avec une mise en garde sur les glucomètres, la cytologie immédiate, le contrôle chirurgical de la source et la nutrition entérale précoce, associée à une meilleure survie [302, 291].
Le lactate divise les sources. Il était plus élevé chez les non-survivants de Parsons, mais ne différait pas chez Costello, ni à l'admission chez 123 chats hospitalisés, ni chez les chats vus aux urgences par Reineke [273, 332, 333]. Chez 39 chats hypotendus en soins intensifs (Shea, résumé seul), l'hyperlactatémie s'associait à une survie plus basse ; chez des chats en choc septique (Troia), l'association de l'hypotension et de l'hyperlactatémie s'accompagnait de défaillances d'organes plus nombreuses, sans mortalité différente [333]. Le consensus de l'ACVECC sur le choc septique (2026) relève que l'hyperlactatémie féline s'associe au choc, mais à la mortalité dans aucune des trois études revues, et ne recommande pas le dosage du lactate pour le pronostic en clinique chez le chat [334]. Le consensus tranche pour la pratique, sans faire disparaître l'écart entre les séries. Dans les séries chirurgicales, 14 chats en hyperlactatémie sur 48 chez Gollnick n'ont donné aucun mort [94], et 37 sur 60 chez Roman aucune déhiscence [96]. Le lactate n'a jamais été relié au pronostic d'un trichobézoard.
La définition du sepsis a changé en 2026 : le consensus de l'ACVECC en fait un syndrome menaçant la vie, associé à une réponse dérégulée de l'hôte à une infection, avec dysfonction d'organe, et abandonne les critères du syndrome de réponse inflammatoire systémique, que la série de 29 chats en sepsis sévère de Brady (2000) avait proposés pour le chat et qu'employait la cohorte de Hiebert [335, 336, 95]. L'historique de ces textes figure avec les recommandations (voir § 15).
Pour la déhiscence en péritonite septique, la prise en charge n'est décrite que dans un cas félin. En Grèce, une anastomose jéjuno-jéjunale faite après la résection d'environ 70 % du grêle pour un corps étranger linéaire a fui à J3 ; l'anse a été reprise et extériorisée hors de l'abdomen sous pansement, et le chat a guéri, ses selles étant molles mais moulées à 11 mois [103].
11.9 Antibioprophylaxie et infection du site opératoire
À Zurich, Guntersweiler (2026, 188 chats, texte intégral, aucun lien d'intérêt déclaré) signe la seule série féline qui relie l'infection du site opératoire, après chirurgie digestive, à l'usage des antibiotiques ; trois études antérieures, citées par ses auteurs, n'en donnaient que la fréquence, de 3,8 à 19 % après entérotomie et entérectomie [99]. Vingt chats sur 188 ont eu une infection (10,6 %) : 11 superficielles, 4 profondes et 5 d'organe ou d'espace. Elle a touché 11 des 21 chats sans antibioprophylaxie périopératoire, 7 des 105 qui en avaient reçu une, 1 des 14 dont la prophylaxie avait été prolongée et 1 des 48 dont l'antibiothérapie s'était poursuivie après l'intervention ; prolonger la prophylaxie n'apportait aucun bénéfice supplémentaire d'après les auteurs [99]. L'étude est rétrospective, et les chats non protégés ont pu différer des autres sur des points que la comparaison ne contrôle pas.
Les recommandations européennes de l'ENOVAT sur l'antibioprophylaxie chirurgicale du chien et du chat, établies selon la méthode GRADE et mises en ligne le 23 décembre 2025, suggèrent une prophylaxie périopératoire, sous forme conditionnelle, pour les interventions digestives propres-contaminées, sauf la gastrotomie seule, pour laquelle elles se prononcent contre ; elles recommandent fortement de ne pas prolonger la prophylaxie après l'intervention, et ne suggèrent une antibiothérapie postopératoire qu'en cas de contamination par déversement digestif, avec réévaluation et désescalade selon la culture [98]. Elles ne recommandent aucune molécule. La méta-analyse qui les fonde, sur 8 essais randomisés et 7 études d'observation, ne trouve qu'un effet trivial ou faible de la prophylaxie sur l'infection du site opératoire, avec des preuves de certitude très faible à modérée [337]. Ces textes s'écartent des cas anciens de trichobézoard, où l'antibiothérapie suivait l'entérotomie (Barrs, cas 5) ou le passage spontané (Malik), écart d'époque plutôt que contradiction interne [9, 23]. Williams, dans sa revue, décourageait déjà l'antibiotique systématique et jugeait défendable de s'en passer en chirurgie de l'estomac et du grêle sans inflammation ni risque notable de contamination, là où l'ENOVAT suggère une prophylaxie pour l'intestin [93]. Les versions successives de ces recommandations sont présentées avec les autres (voir § 15).
11.10 Biopsies pendant l'intervention, et ce qu'elles trouvent
Pawenski (États-Unis, 2023, texte intégral) a réuni 44 chats opérés d'une obstruction du grêle par un trichobézoard et biopsiés, une à cinq fois chacun [10]. Un lymphome a été trouvé chez 10 chats sur 44 (22,7 %), tous parmi les 24 chats à signes chroniques (10 sur 24, 41,7 %), les chats à lymphome étant plus âgés (12,5 ± 3,4 ans en moyenne dans les résultats, 12,9 ans dans la discussion). Sur les 100 biopsies, le tableau des diagnostics en range 69 parmi les inflammations, surtout lymphoplasmocytaires ou mixtes, lymphoplasmocytaires et éosinophiliques, à côté de 18 lymphomes à petites cellules et de 8 biopsies sans muqueuse ; la discussion, elle, écrit que 5 biopsies sur 100 seulement étaient sans inflammation, toutes prélevées en amont. Au site même de l'obstruction se concentraient les neutrophiles et les lésions superficielles, l'érosion ou l'ulcère étant présents dans 14 biopsies sur 73, toutes au site. Les lésions concordaient entre deux sites intestinaux chez 9 chats sur 11, entre trois sites chez 7 sur 13 ; pour le lymphome, la discussion écrit 6 chats concordants sur 7 biopsiés en plusieurs sites, alors que les résultats décrivent, parmi les 10 chats à lymphome, 5 chats concordants et 5 à inflammation variée sur un site ou plus, ce qui ne permet pas d'atteindre ce chiffre [10].
Pawenski insiste sur la nécessité de biopsier plusieurs sites, en amont et en aval de l'obstruction et pas seulement au site, et d'interpréter avec prudence ce qui s'y trouve ; les auteurs demandent une étude prospective avant d'en tirer des recommandations [10]. Le biais est double. Seuls les chats biopsiés ont été inclus, et aucune issue n'est rapportée, de sorte qu'on ignore combien de lymphomes ont été traités et ce qu'il est advenu des chats. Le sens du lien reste ouvert pour les auteurs comme pour German : l'entéropathie favorise-t-elle l'obstruction, ou la boule entretient-elle l'inflammation [10, 2] ? Ce que ces lésions apportent au diagnostic est discuté plus haut (voir § 8).
Washabau écrit que le trichobézoard intestinal survient souvent sur une maladie infiltrante préexistante, en citant Barrs [277]. Or Barrs ne rapporte une entérite, éosinophilique et fibrosante, que chez 1 de ses 5 chats (cas 3), aucun autre n'ayant eu d'histologie de l'intestin hors du segment nécrosé du cas 1, et son résumé range la maladie inflammatoire de l'intestin parmi les facteurs favorisants, au même titre que le poil long, la dermatite par allergie aux puces et l'ingestion de végétaux non digestibles [9]. Pawenski trouve une inflammation dans la plupart des biopsies (69 sur 100), sur un échantillon restreint aux chats biopsiés et sans témoins [10]. Les trois lectures restent côte à côte. Barrs ajoute que des biopsies multiples auraient été souhaitables, rétrospectivement, chez son cas 3 [9].
La biopsie de pleine épaisseur n'est pas sans risque, et les chiffres félins viennent d'indications sans poils. Swinbourne (douze centres de référé britanniques, 172 chats, résumé seul) compte 2 déhiscences certaines (1,2 %) et 4 possibles (2,3 %), une albumine basse s'y associant en analyse univariée avec de larges intervalles, et 18 morts à 14 jours d'après Gollnick, la tumeur s'associant à la mort [317, 94]. Aucune fuite clinique n'a suivi la chirurgie digestive de pleine épaisseur chez 70 chats atteints de lymphome digestif, dans trois centres universitaires américains (résumé seul) ; les complications notées étaient une anorexie (8 chats), une hyperthermie (3), une pancréatite (1) et une constipation (1) [338]. Boudet, dans sa thèse d'Alfort (127 chats biopsiés à plusieurs étages pour une entéropathie chronique, résumé seul), relève 3 déhiscences certaines ou fortement suspectées et 19 morts à 15 jours (15 %), associées, selon l'autrice, à la maigreur (note d'état corporel de 3 ou moins ; p = 0,05, avec un intervalle de confiance qui englobe 1), aux anomalies de la vésicule biliaire, aux biopsies hépatiques peropératoires et à une bile positive [318].
Quant au consensus de l'ACVIM (2023) sur les entéropathies chroniques lymphocytaires du chat, il ne démontre pas la supériorité des biopsies chirurgicales sur les endoscopiques ; la laparotomie atteint le jéjunum, segment le plus souvent atteint, mais le nombre de prélèvements, souvent cinq au plus, et l'impossibilité de voir la muqueuse en limitent la portée. Il ne mentionne pas les boules de poils [164]. Après une perforation digestive spontanée, une série française de 13 chats trouve un lymphome chez 6 des 11 chats biopsiés, et ses auteurs jugent indispensable l'histologie de la paroi réséquée [231].
11.11 Œsophage et nasopharynx
Aucun trichobézoard œsophagien n'a été retiré par œsophagotomie dans les sources lues : la voie a été endoscopique ou gastrique, par gastrotomie et traction à travers le cardia [25]. Les séries chirurgicales de l'œsophage portent sur d'autres objets. Sutton (2016, 63 chiens et 9 chats, résumé seul) donne pour indication féline la plus fréquente la sténose (3 chats sur 9), des complications chez 3 chats sur 9, 8 chats sur 9 sortis et une sténose secondaire chez 1 [339]. Une œsophagotomie pour un os resté longtemps en place et une œsophagectomie après perforation par un os sont décrites chez deux autres chats [212, 213].
L'anomalie vasculaire qui retient les poils a été corrigée chez certains chats et laissée en place chez d'autres. Opéré par thoracotomie, le chaton de Takeuchi n'a pas survécu [63]. Après une correction par thoracoscopie, un jeune chat a régurgité au quatrième jour la grosse masse de poils que l'endoscopie avait vue dans son œsophage dilaté sans pouvoir la retirer, puis ne régurgitait plus qu'avec ses boules de poils [215]. La section de l'artère aberrante chez la chatte de Noguchi a été suivie, deux mois plus tard, d'une boule de poils dans l'œsophage resté dilaté [89]. Sans aucune correction, les signes du chat de Shannon ont disparu après le seul retrait endoscopique [62].
Au nasopharynx, aucun geste chirurgical ouvert n'est décrit : le retrait s'est fait par la bouche, à la pince sous anesthésie, ou par endoscopie [8, 5].
11.12 Anesthésie : ce qui est propre au chat qui vomit ou obstrué
Seuls les points publiés à propos du trichobézoard ou de l'obstruction sont repris ici.
L'aspiration domine. Chez les deux chats de Woerde, une pneumonie par aspiration était suspectée dès l'admission ; le premier est mort le lendemain du retrait, probablement de cette pneumonie (sans autopsie), et le second a régurgité au troisième jour, la radiographie confirmant l'aspiration [25]. Le chaton de Takeuchi a aspiré le liquide que contenait la boule au réveil de l'anesthésie du scanner, avant l'extraction [63]. Après extraction endoscopique de corps étrangers de toute nature, 2 chats sur 52 ont fait une pneumonie par aspiration [91]. Le vomissement lui-même peut provoquer une pneumonie par aspiration chez le chat très malade [76], et Neiger rappelle que l'œsophagoscopie peut être contre-indiquée en cas de mégaœsophage, à cause du risque d'aspiration à l'induction ou au réveil [87]. Le choix du produit de contraste compte aussi, le baryum exposant à des complications graves s'il est aspiré (voir § 10) [25].
La sténose œsophagienne suit souvent une anesthésie récente, chez 18 des 28 chiens et chats d'une série de dilatations, et elle faisait suite à une régurgitation périanesthésique chez 3 des 4 chats d'une série de 2026 (d'après les résumés) [217]. Chez 40 chatons de laboratoire, le reflux gastro-œsophagien peropératoire variait selon le dispositif des voies aériennes, masque laryngé ou sonde trachéale (essai croisé randomisé, résumé seul) [340]. Ces sources ne concernent jamais un chat porteur d'un trichobézoard.
Les lignes directrices de l'AAFP sur l'anesthésie féline (2018) rappellent que le jeûne préopératoire vise à réduire le contenu gastrique, le reflux, la régurgitation et l'aspiration, qu'un jeûne long ne garantit pas un estomac vide, que les données félines manquent sur sa durée, et que la plupart des morts anesthésiques du chat surviennent juste après l'anesthésie, souvent par obstruction des voies aériennes [341]. Nous n'y avons rien trouvé de propre au chat qui vomit ou dont le tube digestif est obstrué, en cherchant les mots obstruction, regurgitation, aspiration et vomiting. Pour l'AAHA (2020), anesthésie et monitorage, nous n'avons lu que le résumé [342]. Celles de l'ISFM sur la douleur aiguë (2022) insistent sur l'analgésie préventive et multimodale et sur l'anesthésie locale [193].
Deux leviers sur la durée de l'anesthésie sont publiés. L'endoscopie assistée par laparotomie raccourcit l'anesthésie par rapport à la gastrotomie pour les corps étrangers linéaires [300], et l'anastomose agrafée raccourcit l'entérectomie féline d'environ 34 minutes [100]. L'hypothermie entre 25 et 72 heures après l'intervention s'associe à la mort chez Hiebert [95], l'hypotension peropératoire à une moindre survie dans la péritonite septique chez Anderson [273].
12. Complications, suivi et récidive
12.1 Complications et séquelles décrites après un trichobézoard
Les complications propres au trichobézoard ne sont connues que par des cas, sans dénominateur. La plus grave est respiratoire : chez les deux chats de Woerde, une pneumonie par aspiration, suspectée dès l'admission, a été la cause probable de la mort du premier, sans autopsie, et s'est confirmée au troisième jour postopératoire chez le second ; elle a tué le chaton de Takeuchi, qui avait aspiré avant l'extraction [25, 63]. Avant toute intervention, le cas 1 de Barrs arrivait déjà avec une pneumonie par aspiration et un œsophage distendu [9]. Dix jours après son retrait, le cas 2 de Woerde a fait un collapsus laryngé qui lui a laissé une trachéostomie permanente, sans que les auteurs en établissent le mécanisme [25].
L'œsophage peut rester lésé. Une œsophagite diffuse a suivi le retrait chez ce même chat [25], une œsophagite est notée chez le chat de Shannon [62], et une sténose ulcérée siégeait à l'endroit où le trichobézoard était bloqué chez le Siamois de Coquet [216]. Neiger dans sa revue, Woerde dans sa discussion, rangent le trichobézoard parmi les traumatismes à l'origine de sténoses [87, 25]. Aucun cas publié de sténose apparue après le retrait d'un trichobézoard n'est ressorti de nos recherches. Dollo compte, tous corps étrangers confondus, 3 sténoses œsophagiennes sur 52 extractions endoscopiques [91].
À distance, le chat de Durocher est mort subitement deux mois après sa seconde extraction œsophagienne, en hyperventilation, sans cause établie [61]. Les autres suites rapportées sont mineures ou sans lien démontré avec le geste : érythème de la muqueuse nasopharyngée [8], diarrhée pendant un mois après une colectomie [12], vomissements intermittents à sept mois, avec un bilan normal, après le retrait d'un trichobézoard consécutif à une chirurgie de Billroth II [219], euthanasie au 13e jour d'hospitalisation, cinq jours après la colotomie, pour une lésion pulmonaire aiguë présumée chez un chat atteint de lymphome trachéal [14], dégradation puis euthanasie environ trois jours après le retrait d'un trichobézoard gastrique par endoscopie peropératoire, une pancréatite étant suspectée [92]. L'alcalose métabolique hypochlorémique sévère du chat de Jukes précédait l'intervention : c'est une complication de l'obstruction, pas du traitement [22].
12.2 Complications d'une chirurgie digestive féline, hors trichobézoard
Les séries de chirurgie digestive féline, où aucun trichobézoard n'est compté parmi les opérés, font apparaître d'autres complications que les cas de poils n'ont pas rapportées. La déhiscence, la péritonite septique et l'infection du site opératoire sont présentées avec la chirurgie (voir § 11).
La sténose d'anastomose est la mieux documentée. Après anastomose agrafée, Costello rapporte deux sténoses sur 24, l'une précoce, suivie d'une euthanasie à J3, l'autre tardive, avec deux nouvelles entérotomies pour un corps étranger bloqué [100] ; l'anastomose latéro-latérale manuelle de Bologne a donné une sténose réopérée chez 1 des 6 chats ainsi opérés [301]. Chez un chien, un trichobézoard a obstrué une anastomose jéjunale agrafée, cas que nous connaissons par le chapitre de Washabau qui le cite [277].
Une adhérence a provoqué un volvulus partiel du jéjunum chez une chatte de 2 ans, opérée d'une entérotomie pour corps étranger à l'âge de 9 mois (Canada, 2023, résumé seul) ; ses auteurs écrivent que des adhérences abdominales cliniquement significatives n'avaient apparemment pas été rapportées dans l'espèce [101]. L'iléus fonctionnel et les autres troubles de la motilité digestive du chien et du chat en soins intensifs font l'objet d'une revue de 2016 (résumé seul) [343].
La convalescence elle-même compte. Cinq des 23 chats morts dans les dix jours de la cohorte de Hiebert sont morts après leur sortie, à la maison [95]. Une série qui s'arrête à la sortie de l'hôpital ne voit pas ces morts-là.
12.3 Récidive : k/n et délai
Le taux de récidive après le retrait d'un trichobézoard n'a jamais été mesuré. La seule proportion chiffrée est un antécédent, pas un suivi : 5 des 24 chats à signes chroniques de Pawenski avaient déjà eu une obstruction par trichobézoard, et aucun chat de la série n'a été suivi après l'intervention [10].
Les récidives publiées sont des cas isolés, que le tableau C7 range par délai. Le plus précoce est un trichobézoard retiré sept semaines après une gastrojéjunostomie de Billroth II, sans cause établie dans le résumé [219]. Deux mois après la correction d'un anneau vasculaire, une boule de poils s'est logée dans l'œsophage resté dilaté de la chatte de Noguchi [89]. Cinq mois avant son entérotomie, le cas 2 de Barrs avait connu un épisode semblable, résolu sous fluidothérapie et antibiotique, sans que sa cause soit établie : ce n'est pas une récidive démontrée, et le poil long emmêlé, les puces et la dermatite miliaire sont la cause supposée de l'obstruction opérée, pas de cet épisode [9]. Durocher a vu revenir, neuf mois après une extraction œsophagienne, un nouveau trichobézoard, logé cette fois dans un diverticule, avec une motilité œsophagienne diminuée [61]. Environ un an après le retrait d'un trichobézoard nasopharyngé, le chat de Haynes en avait un second ; son propriétaire rapportait alors des vomissements de boules deux à trois fois par semaine, qui n'ont jamais été explorés, le chat étant perdu de vue [8]. La chatte de Bollaert a été opérée deux fois en moins de douze mois, avant qu'un trouble anxieux, avec arrachage et ingestion de poils confirmés en vidéo, soit reconnu et traité [58].
German décrit deux évolutions plus longues : des rechutes de vomissements de boules tous les 6 à 12 mois chez un chat à nodules pyloriques, ulcère et Helicobacter, et des rechutes occasionnelles, de nature non précisée, sur quatre ans, chez un chat dont un trichobézoard duodénal avait été trouvé à la cœliotomie, avec une triadite dont il ne tranche pas si elle est cause ou conséquence [2]. Trois cas anciens (1978, 1979, 1980), dont nous ne connaissons que le titre et ce qu'en disent les publications qui les citent, rapportent des récidives, les deux premiers malgré le toilettage, un antiparasitaire et un laxatif selon Barrs, qui les cite ensemble [9, 25]. En sens contraire, le lynx de Kottwitz n'a pas récidivé sous lutte contre les puces et laxatif, sur une durée de suivi non chiffrée [178].
Notre décompte. Sur les 16 chats opérés par voie abdominale dont l'issue est connue, une nouvelle obstruction opérée est rapportée chez 1 (Bollaert) et des rechutes de nature non précisée chez 1 (German) ; l'épisode antérieur du cas 2 de Barrs n'est pas compté, faute de cause établie. Sur les 9 chats traités par voie orale ou endoscopique, 2 ont récidivé (Durocher, Haynes). Ces chiffres comptent des publications, pas des chats suivis : ils ne mesurent aucun risque.
Hors poil, la seule récidive chiffrée en série est celle de la constipation après colectomie subtotale pour mégacôlon idiopathique, 24 chats sur 74 à un délai médian de 344 jours [240]. Elle ne se transpose pas au trichobézoard.
12.4 Séquelles d'une résection étendue
Aucune résection étendue pour trichobézoard n'a été trouvée ; la plus longue décrite mesure 12 cm, chez le cas 1 de Barrs, mort une heure après un arrêt cardiaque survenu en fin d'intervention [9]. Les données disponibles viennent d'autres corps étrangers.
À Tufts, Gorman (résumé seul) a revu 20 résections dépassant la moitié du grêle, dont 7 chez des chats, tous opérés pour un corps étranger : les 7 chats sont sortis, la survie médiane de l'ensemble, chiens et chats réunis, était de 828 jours, 12 animaux sur 15 suivis évoluaient bien, et le pourcentage réséqué ne s'associait pas à l'issue [102]. Un cas grec cite cette série dans sa discussion : une diarrhée persistante y est rapportée chez 7 chats après 70 à 90 % de résection, et un syndrome du grêle court chez 2 [103]. Ce même cas grec, opéré pour un corps étranger linéaire, avait perdu environ 70 % de son grêle ; après une déhiscence à J3 traitée par extériorisation de l'anse, il a guéri, avec des selles molles mais moulées à 11 mois [103].
Chez des chats de laboratoire réséqués de 85 % de leur grêle, une équipe grecque a étudié l'effet de l'acide ursodésoxycholique sur l'adaptation intestinale (résumé seul) [344] ; cette substance n'a aucun médicament vétérinaire en France, seulement treize spécialités humaines commercialisées, sur dix-huit autorisées [81, 84]. Signée en tête par une salariée de Nestlé Purina PetCare, une revue de 2026 sur le syndrome du grêle court décrit les mécanismes d'adaptation et la prise en charge nutritionnelle et médicamenteuse (résumé seul) [345].
12.5 Prendre en charge la cause pour éviter la récidive
Les mesures qui suivent sont décrites cas par cas, et aucune n'a été évaluée en série. On ignore notamment si traiter une entéropathie réduit la récidive.
Chercher la maladie digestive sous-jacente. Pour Cannon, une recherche attentive d'une maladie sous-jacente doit précéder tout traitement prolongé, et la prise en charge de la maladie digestive primaire réduit souvent les vomissements de boules [5]. Les lymphomes de Pawenski, 10 chats sur 44, montrent ce que la biopsie peut trouver (voir § 11) [10]. Haynes recommandait une endoscopie digestive avec biopsies chez un chat qui vomissait des boules plusieurs fois par semaine, sans qu'elle soit faite [8]. Barrs demande d'exclure une lésion structurale quand le chat ne se toilette pas excessivement [9]. La démarche diagnostique elle-même est exposée plus haut (voir § 8).
Entéropathie et régime. Atteint d'entérite éosinophilique, le cas 3 de Barrs a évolué d'une façon que les auteurs jugent compatible avec une hypersensibilité alimentaire, et il allait bien à un an [9]. Après la gastrectomie partielle du chat de Bahlmann, une maladie inflammatoire chronique éosinophilique a été traitée au long cours, et l'animal a vécu 48 mois [74]. Traité pour ses Helicobacter, le chat de German a bien répondu, mais ses vomissements de boules ont rechuté [2].
Peau, puces et pelage. Barrs a fait tondre son cas 2 et lui a donné un antiparasitaire avant la sortie, et propose la tonte régulière des chats à poil long [9]. Des puces étaient présentes chez le cas 2 de Woerde et chez le lynx de Kottwitz, qui n'a pas récidivé sous lutte contre les puces [25, 178]. Ces mesures relèvent de la prévention (voir § 13).
Comportement. Le cas de Bollaert (Brisbane, service de médecine comportementale, aucun conflit d'intérêt déclaré) est, parmi les observations lues, le seul où la cause traitée est un trouble du comportement [58]. La chatte arrachait et avalait ses poils ; le diagnostic de travail était un trouble anxieux, et le plan associait un traitement médicamenteux (fluoxétine et prégabaline), une pâte laxative à la paraffine, un diffuseur de phéromone, une gestion de l'environnement, avec une pièce refuge et des visiteurs tenus à l'écart, et une modification du comportement ; ces mesures simultanées ne permettent pas de dire laquelle a compté. Six semaines plus tard, elle ne vomissait plus et se toilettait à une fréquence normale ; à quatre mois, elle était plus détendue, sans nouvelle obstruction rapportée [58]. En France, la fluoxétine n'est autorisée que chez le chien (RECONCILE, FLUOXEVET) ; l'indication lue, celle de FLUOXEVET, vise les troubles liés à la séparation, avec une modification du comportement ; la prégabaline l'est chez le chat en solution buvable (BONQAT, procédure centralisée, 2021), dont nous n'avons pas lu le RCP ni vérifié l'indication ; la clomipramine (CLOMICALM) est réservée au chien, et la gabapentine n'a aucun médicament vétérinaire [81].
Anomalie anatomique. Le diverticule gastrique de Bahlmann a été réséqué, sans que l'article dise si la boule s'y trouvait [74]. L'anneau vasculaire a été corrigé chez certains chats et pas chez d'autres (voir § 11) [63, 215, 89, 62]. Noguchi invite à surveiller la formation de boules dans un œsophage qui reste dilaté après la correction [89], et la découpe des mailles d'un stent œsophagien a réduit les trichobézoards accrochés (voir § 10) [208]. Après une gastrojéjunostomie de Billroth II suivie d'un trichobézoard, aucune mesure préventive n'est décrite dans le résumé [219].
13. Prévention
L'obstruction est l'issue qu'une prévention voudrait éviter, et aucune mesure n'a été évaluée sur elle. Nous avons recensé treize études d'intervention portant sur un aliment, une fibre, un complément ou une enzyme (tableau D1). Dix ont un critère lié au poil. Deux d'entre elles comptent des signes notés par les propriétaires, dont une que nous n'avons pas pu lire, et huit pèsent ou dénombrent du poil dans les selles. Parmi ces dix, sept sont écrites ou financées par un fabricant d'aliments pour animaux ou de leurs ingrédients. Pour le brossage, la tonte, les lubrifiants, la pâte de malt, les laxatifs et l'herbe à chat, nos interrogations n'ont rendu aucune étude d'effet, quel qu'en soit le critère (voir § 1). Cannon concluait en 2013 que rien ne permettait de préférer une mesure à une autre [5]. Depuis, les essais d'aliments n'ont pas modifié ce constat pour le critère clinique.
13.1 Brossage, peignage, tonte
Le brossage n'a jamais été testé contre les boules de poils. Ni le poil avalé, ni le poil des selles, ni la fréquence des vomissements, ni les obstructions n'ont été comparés entre chats brossés et non brossés, ou tondus et non tondus, dans les bases interrogées en anglais, en français et en japonais (voir § 1). La brosse n'apparaît dans la littérature que comme instrument de mesure. À Aimargues, l'essai de Royal Canin brosse un panel témoin selon un protocole fixe, pour vérifier que l'étude ne tombe pas en période de mue (voir § 3) [43]. À Kansas State, tous les chats sont brossés avant l'essai puis à la fin de chaque période [346]. Une étude d'oligo-éléments pèse le poil retiré à la brosse [347], et une équipe suédoise recueille chez 167 chats du poil tondu ou peigné, en clinique ou à la maison par le propriétaire, pour doser le cortisol ; poil peigné et poil tondu ne concordent que modérément, et les auteurs présentent le peignage comme une méthode peu stressante (d'après le résumé) [348]. Les coups de brosse que chiffrent ces protocoles sont des conditions de mesure, pas des conseils.
Retirer le poil mort avant que le chat ne l'avale réduirait la quantité ingérée : toutes les fiches lues le supposent [5, 47, 3]. L'hypothèse est plausible au regard des quantités de Hendriks, qui retrouvait dans les selles environ deux tiers des poils perdus (voir § 3) [45]. Elle n'a jamais été mesurée.
Les conseils, eux, ne varient guère. Cannon propose chez le chat à poil long un toilettage par le propriétaire, à un rythme qu'elle précise, pour retirer le poil mort, et dans les cas sévères la tonte dite « lion », qui ramènerait le poil à une longueur plus proche de celle à laquelle le tube digestif du chat serait adapté. Elle ne réserve un médicament au long cours qu'aux chats chez qui la prise en charge de la cause, l'aliment, les lubrifiants et la tonte ont échoué [5]. Dès sa version archivée de 2013, la fiche d'iCatCare sur le toilettage écrit qu'un toilettage quotidien par le propriétaire, surtout pendant la mue, retire la plus grande partie du poil et empêche la formation des boules ; celle de 2025 ajoute une phrase générale, le toilettage par le propriétaire pouvant aider à prévenir ou à réduire les boules de poils (voir § 15) [47]. Les rythmes de brossage qu'elle chiffre, plus soutenus pour le poil long, ne sont pas reproduits ici. Cornell, par l'avis d'un professeur associé de médecine des petits animaux, conseille un peignage dont la fiche donne la fréquence, texte inchangé de 2011 à 2026 [1]. Un article plus ancien du bulletin de Cornell, qui rapporte en 2006 l'avis d'une vétérinaire d'une clinique féline de Seattle, ajoute la tonte chez le vétérinaire ou le toiletteur quand le chat refuse la brosse [118]. Brosser souvent limite le poil avalé, selon la version pour les propriétaires du manuel vétérinaire MSD (revue en août 2018, mise à jour en septembre 2024) [3]. Les observations publiées proposent, après une obstruction, la tonte du poil long, un toilettage fréquent et la lutte contre les puces [9, 25, 88, 178]. Partisans d'une tonte périodique, Barrs et ses coauteurs rapportent aussi des récidives survenues malgré le toilettage, la lutte contre les puces et des laxatifs, d'après des cas plus anciens (voir § 12) [9]. En 2025, une réflexion britannique sur le bien-être des chats de race propose de ranger parmi les types morphologiques extrêmes celui qui rend l'humain indispensable à l'entretien du pelage (voir § 3) [69].
Les risques de ces gestes sont à peine décrits. Pas une source féline lue ne rapporte de complication de la tonte « lion » faite pour prévenir les boules, qu'il s'agisse d'une plaie de tondeuse, d'une alopécie après tonte ou du stress, et l'alopécie après tonte n'apparaît dans Europe PMC que chez le chien. Sur la manipulation et les soins, les recommandations félines (2011, 2012, 2022) traitent le toilettage comme un soin, comme un signe de bien-être ou, sous la peur, comme une conduite de déplacement. Celles de 2022 déconseillent de brosser un pelage feutré, la brosse tirant la peau et faisant mal, et réservent à la sédation ou à l'anesthésie tout toilettage qui dépasse une tonte d'hygiène ou le retrait d'un nœud ; aucune ne parle des boules de poils [105]. Le stress d'un brossage ou d'une tonte n'a été mesuré chez le chat dans aucune étude retrouvée.
13.2 Aliments et fibres : les essais un par un
Hypothèses. Les aliments vendus pour le « contrôle des boules de poils » sont plus riches en fibres insolubles, censées améliorer la motilité et la vidange de l'estomac [5]. Certains misent aussi sur des croquettes plus grosses, sur la foi d'études de transit radiographique citées par un ouvrage de nutrition clinique, données que Cannon dit hors du domaine public [5]. Les auteurs des essais avancent trois mécanismes, dont aucun n'est démontré. La fibre retiendrait l'aliment dans l'estomac, y lierait le poil et l'entraînerait vers le duodénum avant d'accélérer le transit [107, 43]. Une fibre longue stimulerait davantage le péristaltisme [112, 346]. Fibre soluble qui forme un gel, le psyllium augmenterait la viscosité du contenu digestif [43]. La vidange gastrique n'a été mesurée selon la teneur en fibres que dans une étude, dont le résultat contredit l'hypothèse d'une vidange retardée : chez 8 chats sains suivis par scintigraphie avec quatre aliments du commerce, la teneur en fibres ne changeait pas la vidange, alors que la forme des croquettes la changeait, les triangulaires se vidant plus lentement que les rondes (p = 0,02 et 0,001, d'après le résumé) [106].
Les teneurs en fibres citées ci-dessous sont la composition des aliments d'essai, condition de chaque étude, et les durées sont celles des protocoles.
Australie, 2004. Une friandise au psyllium et à l'orme rouge, essayée contre une friandise témoin par le service de recherche de Masterfoods (groupe Mars), n'est connue que par ceux qui la citent, et ils ne la décrivent pas de la même façon. Pour Cannon puis pour Loureiro, l'essai durait deux semaines et réduisait de 29 % l'ensemble des signes sans baisse significative des vomissements [5, 112]. Beynen y lit une baisse significative de 24 %, 35 % et 28 % des vomissements, des haut-le-cœur et des toux [107]. Weber et Donadelli parlent d'une baisse des signes sans chiffre, et Donadelli décrit une gélule là où les autres parlent d'une friandise à mâcher [43, 346]. Ces descriptions ne peuvent pas être toutes exactes. Le texte, une communication de symposium de deux pages, nous a été refusé par l'éditeur.
Munich, 2006. La thèse de Ludolph, soutenue en 2007 à la Ludwig-Maximilians-Universität, est la plus ancienne étude lue qui pèse le poil fécal sous un aliment enrichi en fibres [111]. Huit chats d'animalerie ont reçu en croisé, deux fois trois semaines, un aliment sec additionné de 1 % puis de 2 % d'une cellulose blanche à fibres longues (700 µm en moyenne), contre le même aliment sans cellulose. Seize autres, répartis en deux groupes parallèles de huit, l'ont reçu trois semaines. Ni en grammes ni en proportion de la matière sèche, le poil des selles n'a varié de façon systématique, dans aucun des deux essais. L'autrice note la forte variabilité d'un chat à l'autre et une nette hausse du poil fécal au printemps et en été. Elle doute que son protocole puisse conclure, voit peut-être dans cette variabilité la raison du peu de données publiées, et ajoute que le secret des fabricants sur les formules de fibres pourrait aussi jouer. Aucun financeur ni fournisseur de cellulose n'est nommé dans le texte [111].
Pays-Bas, 2011. Seul essai publié et lu en entier sur des signes notés par les propriétaires, celui de Beynen porte sur des chats de foyers qui présentaient déjà des signes attribués aux boules [107]. En double aveugle et en groupes parallèles, après deux semaines de référence, un aliment sec contenant 4 % de cellulose était comparé pendant quatre semaines au même aliment sans cellulose. Sur 58 chats inclus, 24 ont été analysés, 12 par groupe. Les 34 autres, soit 58,6 % (notre calcul), sont sortis pour refus de l'aliment ou selles de mauvaise consistance (20), mort (1) ou carnet incomplet (13), sans répartition par groupe. Sous cellulose, les vomissements notés chaque jour baissaient de 79 % (p unilatéral = 0,027), les haut-le-cœur de 91 % (p = 0,070), les toux de 70 % (p = 0,486). Seule la baisse des vomissements est significative. Les groupes différaient au départ : score de vomissement de 71 contre 86 sur 100 (100 = aucun signe), 7 Maine Coons dans le groupe témoin, 9 Sacrés de Birmanie dans le groupe traité. Le test de Wilcoxon pour séries appariées y est appliqué à deux groupes indépendants, en unilatéral (notre remarque). La toux est comptée parmi les signes de boule de poils, alors que les recommandations AAHA/AAFP de 2021 écrivent qu'elle n'en relève pas (voir § 7) [6]. Beynen et Saris, deux des trois auteurs, étaient salariés de Vobra Special Petfoods, fabricant dont provient l'aliment témoin, affiliation qui figure dans le PDF de l'article et non sur sa page de résumé [107].
Brésil, 2014. Trente-deux chats, huit par aliment, ont reçu pendant 42 jours, en blocs randomisés, un aliment témoin, le même enrichi de 10 % ou de 20 % de fibre de canne à sucre, ou de 10 % de cellulose [112]. Avec la fibre de canne, les amas de poils isolés des selles diminuaient de façon linéaire, en nombre (6,6, 4,4 puis 3,8 par chat et par jour ; p = 0,004) comme en masse (111, 101 puis 87 mg ; p = 0,008). Les amas dépassant 2 cm disparaissaient des jours 40 à 42 à 20 % de canne, contre 0,8 par chat et par jour sous l'aliment témoin (p = 0,006). La cellulose ne changeait rien (143 mg, 6,8 amas). Les auteurs attribuent l'écart à la longueur des fibres, 188 µm en moyenne pour la canne contre 112 µm pour la cellulose. Leur résumé et leurs méthodes inversent les seuils de taille des amas (moins de 1 cm et plus de 2,1 cm dans l'un, l'inverse dans l'autre), le tableau 1 suivant le résumé. L'essai a été financé par SPF do Brasil et publié dans des actes de symposium soutenus par Mars [112].
Aimargues, 2015. Tous les auteurs de l'essai de Weber sont salariés de Royal Canin [43]. Vingt et un chats forment trois panels de sept, dont un sert seulement au brossage ; les selles des deux autres sont mises en commun, si bien que l'unité statistique est le panel, non le chat. Quatre phases de 14 jours, de juillet à septembre, comparaient un aliment à 6 % de fibres totales sans psyllium à deux aliments à 11 % et 15 %, avec 0,5 % de psyllium et de la cellulose ajoutée. Sous ces deux aliments, le poil total extrait des selles du panel à poil long passait de 1 512 à 2 735 mg par jour et par panel (+81 %) et de 1 610 à 3 435 mg (+113 %), p < 0,001, soit environ 391 et 491 mg par chat et par jour si chaque chat contribue autant (notre calcul). Le panel à poil court ne réagissait pas, et les deux teneurs ne différaient pas entre elles. L'effet ne peut être attribué à l'une des deux fibres plutôt qu'à l'autre, écrivent les auteurs, qui jugent nécessaires des études cliniques pour savoir s'il réduit les signes [43].
Brésil, 2017. Chez 18 chats à poil court suivis 31 jours en mesures répétées, la pulpe de betterave ajoutée à 8 % ou 16 % augmentait le volume des selles (p < 0,001) et raccourcissait le transit (p = 0,003) sans changer les amas de poils fécaux (p > 0,05), d'après le résumé, le financement n'ayant pas pu être lu [108].
Kansas, 2020. Douze chats à poil court sans antécédent de boules, dont onze analysés sous l'aliment d'essai, ont alterné un aliment à 10 % d'herbe Miscanthus et un aliment témoin à la farine de riz, par périodes de 16 jours d'adaptation et 5 jours de recueil [346]. Le nombre, la taille et le poids des amas ne différaient pas. Le poil total tendait à augmenter (1 641 contre 1 362 mg, p = 0,079) ; rapportés au gramme de selles sèches, le poil (14,59 contre 21,04 mg/g, p = 0,0004) et les amas (0,12 contre 0,19/g, p = 0,0013) baissaient sous Miscanthus, parce que les selles étaient plus abondantes. Un seul vomissement de boule a été noté, sous l'aliment témoin. Les auteurs disent ne pas avoir attendu ce résultat et demandent une étude de la taille des particules chez des chats à poil long sujets aux boules. Renew Biomass, producteur de la fibre, a financé l'étude, et le dernier auteur en a été consultant [346].
Maringá, 2017-2021. Vingt-quatre chats, six par groupe, ont reçu pendant 57 jours par bloc un aliment pauvre ou riche en fibre de canne, avec une protéase kératinolytique en gélule ou une gélule placebo, selon un plan factoriel [109, 349]. Ni la fibre seule (p = 0,59) ni l'enzyme seule (p = 0,36) ne changeaient le nombre d'amas fécaux. Associées, elles le réduisaient (p = 0,034), sans changer leur taille (p = 0,38). La fibre abaissait la digestibilité des protéines. D'après le mémoire de master qui rapporte l'essai, l'enzyme n'agissait sur le poil in vitro qu'à de fortes concentrations, et l'article conclut que les méthodes de comptage des amas restent à améliorer [349, 109]. Le financement par PremieR Pet, fabricant brésilien d'aliments, n'apparaît, dans ce que nous avons lu, que dans les remerciements du mémoire, l'article de 2021 n'ayant été lu que par son résumé [349, 109].
Nankin, 2025. Vingt chats répartis au hasard en trois groupes parallèles, sans que l'effectif par groupe soit donné, ont reçu pendant 14 jours des gélules gastrorésistantes de kératinase et de psyllium à deux doses, contre l'aliment seul, sans gélule placebo ni aveugle déclaré [113]. La dose haute augmentait les amas fécaux et la kératine des selles, avec plus de petits amas et moins de gros, sans effet indésirable sanguin. Les auteurs y voient une prévention, sans critère clinique. L'étude, soutenue par l'université agricole de Nankin, attribue à la série histologique de Pawenski une phrase sur la prévention par l'aliment, l'hydratation et les « remèdes », que le texte intégral de Pawenski ne contient pas [113, 10].
Thaïlande, 2025. Financée par Nutrix, fabricant thaïlandais d'aliments qui a aussi fourni les installations, l'étude de Sornsadanant porte sur 18 chats croisés Maine Coon et Persan, donc à poil long ou mi-long, en blocs randomisés [110]. Après 10 jours d'adaptation et 20 jours d'essai, un aliment témoin, le même avec 1 % de psyllium et le même avec 1 % de psyllium et 6 % de cellulose donnaient des « trichobézoards » fécaux semblables (4,08, 4,08 et 2,77 g de matière sèche par jour, p = 0,300). Le psyllium seul rendait les selles plus humides, et les fibres augmentaient la consommation. Les ordres de grandeur surprennent, 263 à 373 g de selles fraîches et près de 3 à 4 g d'amas secs par jour, quand les autres essais trouvent environ 0,2 g de poil par chat [43] ou 87 à 143 mg d'amas [112] : l'unité annoncée n'est peut-être pas le chat (notre remarque). Le résumé parle de 30 jours d'essai, les méthodes de 10 jours d'adaptation suivis de 20 [110].
Ce que disent les fabricants eux-mêmes. Une revue technique japonaise signée par un salarié d'Unicharm rapporte, d'après une étude qu'elle cite, que la pulpe de betterave est sans effet sur les boules, décrit la cellulose en poudre comme très employée dans les produits « soin des boules de poils », et rappelle que le psyllium a fait sortir du poil dans les selles [350]. Elle cite des brevets de l'entreprise sur des croquettes qui se délitent plus vite pour réduire les vomissements d'aliment et de poils ; ses teneurs de formulation ne sont pas reproduites ici [350]. Cannon rapporte qu'une allégation « boules de poils » s'appuyait sur des enquêtes de clientèle d'un fabricant, non publiées et non contrôlées [5].
Fibres étudiées sans critère « poils ». Neuf chats sains d'un centre de Royal Canin, en séquence non croisée, déféquaient plus souvent et avaient des selles plus humides sous 6 % de psyllium que sous 6 % de cellulose, le poil n'étant pas mesuré [351]. Chez 28 chats, le Miscanthus comparé à la cellulose et à la pulpe de betterave ne modifiait ni la quantité ni le score des selles, sans effet indésirable sur la digestibilité (d'après le résumé) [352]. Contre la constipation, les aliments au psyllium étudiés dans deux essais non contrôlés totalisant 66 chats et dans un essai contrôlé de 49 chats inclus, tous financés par Royal Canin, ne mesurent pas le poil (voir § 7) [242, 243]. Deux revues d'Ohio State rangent parmi les usages des fibres la gestion des boules de poils (2022) et celle des vomissements de boules (2026) ; nous n'en avons lu que les résumés, qui ne disent pas sur quels essais elles s'appuient, et les auteurs de la seconde déclarent des relations de travail avec des fabricants d'aliments et de compléments à base de fibres [353, 354].
Les revers. La fibre de canne abaissait la digestibilité des protéines [109, 349]. Une analyse de 2 020 essais de digestibilité (536 chats, 361 chiens), financée par Hill's Pet Nutrition et signée par trois de ses salariés et un ancien salarié, relie la fibre alimentaire, que les fabricants ajoutent entre autres « pour le contrôle des boules de poils », à une baisse de la digestibilité des protéines et des graisses, les fibres non digérées raffermissant les selles ; les aliments « boules de poils » n'y sont pas étudiés à part [355]. Sous Miscanthus, les selles étaient plus dures que l'idéal, et un chat sur douze refusait l'aliment [346]. Dans l'essai à domicile, 20 chats sur 58 sont sortis pour refus de l'aliment ou selles de mauvaise consistance, les deux groupes confondus [107]. Une rubrique japonaise de 2024, qui répond aux questions de consommateurs transmises par l'association des fabricants d'aliments, écrit que les fibres peuvent aggraver une constipation chronique sévère [356], quand la recommandation d'iCatCare de 2026 ne les admet que chez le chat bien hydraté [19].
Réduire la mue par l'aliment. Chez 40 chats d'âge moyen 8,4 ans suivis 90 jours, une source organique d'oligo-éléments, comparée à une source minérale, tendait à réduire de 0,023 g le poil retiré à la brosse à 45 jours (p = 0,08), écart disparu à 90 jours ; l'étude est financée par Zinpro, fabricant de l'ingrédient, dont trois auteurs sont salariés, et ne mesure pas les boules de poils [347]. Un essai chinois sur la peau et le pelage de 24 chatons Ragdoll ne mesure pas la mue [357]. Qu'un aliment qui réduirait la mue réduise aussi les boules n'a été étudié nulle part. La destination diététique européenne « dermatose et dépilation » vise la peau malade, non les boules de poils (voir § 14) [114].
Les autres régimes évoqués. L'aliment d'exclusion n'a de sens, pour Cannon, que lorsque les vomissements de boules traduisent une maladie digestive répondant au régime, dont elle fait chez le chat à poil court la mesure alimentaire à envisager d'abord (voir § 9) [5]. Elle rapporte aussi le conseil de repas petits et fréquents, fondé sur ce que de petits repas quittent plus vite l'estomac du chat, sans qu'aucune étude en teste l'effet sur les boules [5]. Les aliments crus ou « naturels », auxquels leurs partisans prêtent moins de boules, n'avaient aucune donnée publiée en 2013 [5], et nous n'en avons pas trouvé depuis. Deux publications de 2026 sur l'abreuvement, une revue de 32 publications et un essai qui compare aliment sec et aliment humide chez 22 chats, ne parlent pas des boules de poils [358, 359]. Aucune étude reliant l'aliment humide aux boules n'a été retrouvée.
13.3 Aliments et fibres : critère intermédiaire, critère clinique, financement
Pour le critère qui intéresse le propriétaire, des vomissements de poils moins fréquents, deux essais seulement existent : celui de Beynen, 24 chats analysés et des biais nombreux [107], et celui de Masterfoods en 2004, que nous n'avons pas lu et que personne ne décrit de la même façon [5, 112, 107, 346]. Tous deux viennent de fabricants. Nul essai indépendant de l'industrie n'a porté sur ce critère. L'obstruction, elle, n'est mesurée par aucune étude, quelle que soit la mesure préventive. Un indice indirect existe tout au plus : sous 20 % de fibre de canne disparaissent les amas fécaux dépassant 2 cm, que Loureiro et ses coauteurs jugent les plus dangereux, sans mesure clinique à l'appui [112].
Les huit autres études mesurent un critère intermédiaire, le poil ou les amas de poils des selles. Elles réunissent neuf essais conduits en élevage ou en animalerie de recherche, de 8 à 32 chats, de 14 à 57 jours. Fibre par fibre, le bilan se partage. La cellulose est restée sans effet sur les amas [112], sur le poil fécal dans les deux essais de Munich [111], et associée au psyllium dans l'essai thaïlandais [110], comme la pulpe de betterave [108] et la fibre de canne donnée seule [109]. Un effet n'apparaît que chez les chats à poil long [43], avec la fibre de canne et non la cellulose [112], une fois rapporté au poids des selles [346], ou en association avec une enzyme kératinolytique [109, 113].
Le même critère se lit en sens contraire selon l'équipe. Pour Weber et pour Wang, il est favorable que les selles contiennent davantage de poil ou d'amas, le poil sortant au lieu de s'accumuler [43, 113]. Moins d'amas, pour Loureiro et pour Miltenburg, signe un poil qui sort défait au lieu de s'emmêler [112, 109]. Donadelli tient pour favorable une baisse rapportée au poids des selles alors que le poil total tend à augmenter [346], et l'équipe de Nankin cite l'essai de Maringá sans relever qu'elle interprète à l'inverse le même critère [113]. Deux équipes appellent « trichobézoards » les amas recueillis dans les selles, qui n'obstruent rien [112, 110] ; la terminologie est discutée plus haut (voir § 2). Qu'un poil fécal plus abondant, ou des amas plus petits, annoncent moins de boules vomies ou moins d'obstructions, aucune étude ne l'a vérifié.
Chaque équipe mesure autre chose. Weber pèse tout le poil des selles après lavages et tamisages [43]. Loureiro et Donadelli isolent les amas et les classent par taille, avec des seuils différents [112, 346]. Des équipes de Gand et de Wageningen ont publié en 2026, sur fonds publics, une méthode de dosage de la « fibre animale », poil et os, dans l'aliment et les fèces, sans application encore aux boules de poils (d'après le résumé) [360]. La saison complique la lecture. Le poil fécal varie fortement au cours de l'année [111, 45], et des essais courts menés hors mue, comme celui de Weber de juillet à septembre ou l'essai croisé de Munich conduit en hiver, peuvent manquer un effet propre à la mue, ou l'inverse [43, 111].
La longueur des fibres sert d'explication sans avoir été testée seule. Loureiro attribue l'effet de la fibre de canne à sa longueur [112], Donadelli propose d'étudier la taille des particules [346], mais la cellulose la plus longue de ces essais, 700 µm à Munich, est restée sans effet [111] : l'explication n'est pas confirmée. La forme et la taille des croquettes n'ont été étudiées que sur la vidange [106], et l'argument de la grosse croquette repose sur des données non publiques [5].
Le financement pèse sur toute cette littérature. Sept des dix études à critère « poils » sont écrites ou financées par un fabricant d'aliments ou d'ingrédients, Masterfoods, Vobra Special Petfoods, SPF do Brasil, Royal Canin, Renew Biomass, PremieR Pet ou Nutrix (tableau D1). Restent une thèse universitaire sans financeur déclaré [111], une étude chinoise soutenue par son université [113] et un essai brésilien dont la déclaration n'a pas pu être lue [108]. Deux de ces liens n'étaient visibles qu'en dehors de la notice : l'emploi de deux auteurs chez le fabricant ne figure que dans le PDF de Beynen [107], le financement de l'essai de Maringá que dans le mémoire [349]. Une notice PubMed muette ne prouve donc pas l'absence de lien d'intérêt. S'y ajoutent des données restées dans l'industrie, enquêtes de clientèle et études de transit [5] ; la thèse de Munich explique le peu de données publiées par la forte variabilité des mesures, et peut-être aussi par le secret des formulations [111]. Le droit européen n'oblige pas à publier la preuve d'une allégation « boules de poils », seulement à la tenir à disposition (voir § 14) [116].
La demande, elle, se mesure. Une enquête canadienne et américaine fait de « peau, pelage, boules de poils » un critère de choix de l'aliment dans 272 des 1 025 réponses à la question, proportion notée 25 % dans le tableau (26,5 % selon notre calcul) [361]. Les friandises « anti-boules » reviennent spontanément dans une enquête de 1 380 propriétaires sur les aliments durables [362]. Une fiche d'école prend le contre-pied des étiquettes : celle de Cornell, présente depuis 2011, demande de ne donner sans l'accord et la surveillance d'un vétérinaire ni laxatif ni aliment qui prétend prévenir ou lever l'obstruction [1].
Côte à côte, les résultats sur la cellulose ne s'accordent pas. Elle ne change ni les amas fécaux [112], ni le poil fécal [111], ni, associée au psyllium, les amas recueillis chez des chats à poil long ou mi-long [110], mais elle réduit les vomissements notés par les propriétaires dans l'essai de Beynen [107] et, associée au psyllium, augmente le poil fécal des seuls chats à poil long [43]. Teneurs, formes (poudre ou fibres longues), critères et populations diffèrent d'un essai à l'autre. Nous ne tranchons pas.
13.4 Lubrifiants, pâtes, malt et laxatifs en prévention
Il s'agit ici de l'usage régulier, pour que les boules ne se forment pas ; le traitement d'une boule constituée, d'une constipation ou d'un fécalome est exposé plus haut (voir § 9).
Pour les lubrifiants et les pâtes, rien n'est prouvé. Cannon n'en connaissait en 2013 aucune évaluation [5]. Nos requêtes croisant pétrolatum, huile minérale, paraffine liquide ou malt avec laxatif, lubrifiant, boule de poils ou constipation chez le chat n'ont rendu que deux notices dans PubMed, sans étude d'efficacité, et les recherches « malt paste », « hairball remedy » et « hairball paste » dans Europe PMC n'ont fait sortir que des brevets (voir § 1). Une pâte de malt n'a jamais été évaluée chez le chat dans les bases interrogées. Le seul chiffre publié qui touche un lubrifiant est indirect et sans témoin. Avant l'essai de Royal Canin, une « purge » de trois jours par une pâte du commerce a fait retrouver dans les selles 2,45 g de poil chez le panel à poil court et 6,31 g chez le panel à poil long, chats sans signe préalable [43].
Le lactulose et l'association de docusate et de laurilsulfate sont autorisés en France chez le chat contre la constipation ; l'indication des deux lactuloses cite les boules de poils en exemple, et la rubrique pharmacodynamique du docusate lui prête de les désagréger (voir § 9) [81]. L'une et l'autre visent le traitement, non la prévention. Nous n'avons lu aucun RCP français qui mentionne la prévention des boules, ni trouvé d'étude de prévention par ces produits. Les compléments essayés relèvent de l'aliment : la friandise au psyllium et à l'orme rouge de 2004, connue par ceux qui la citent [5, 107], et les enzymes kératinolytiques, sans effet seules et, associées à une fibre, actives sur les amas fécaux sans critère clinique [109, 113].
Les conseils d'usage régulier sont des avis. Cannon admet des huiles inertes, comme la paraffine liquide, ou des pâtes de paraffine aromatisées pour faire passer le poil de l'estomac au duodénum ; la paraffine liquide, insipide et inodore, peut selon elle se mêler à l'aliment, et ne doit jamais être donnée à la seringue dans la gueule. Elle conseille de laisser certains repas sans lubrifiant, par crainte d'une moindre absorption des vitamines liposolubles qu'elle dit non retrouvée chez l'humain traité au long cours [5]. Pour Barrs, les huiles minérales liquides sont à éviter [9]. Le risque d'inhalation et les pneumonies lipidiques publiées sont détaillés avec le traitement (voir § 9) [117]. Une prévention suppose une administration répétée, le plus souvent par le propriétaire, ce qui multiplie les occasions de ce risque (notre remarque). La version pour les propriétaires du manuel MSD range l'huile minérale parmi les produits à donner si nécessaire, sans mise en garde sur l'inhalation [3], alors que sa version professionnelle la réserve à la voie rectale, à cause du risque de pneumonie par aspiration, au moins depuis 2016 [16]. Les deux textes coexistent en 2026. La fiche d'iCatCare sur la constipation, en 2013 comme en 2018, jugeait les laxatifs lubrifiants à la paraffine liquide généralement déconseillés chez le chat, faute de sécurité au long cours et à cause du danger d'inhalation ; sa version de 2024 ne nomme plus aucune molécule [18]. Le bulletin de Cornell de 2006 proposait, lui, un « remède » anti-boules donné régulièrement, en général un laxatif doux à base de pétrole [118], et la fiche de l'école présente depuis 2011 demande de ne jamais donner de laxatif sans l'accord et la surveillance d'un vétérinaire [1]. Un essai d'aliment écrit, sans référence, que laxatifs et lubrifiants pourraient gêner la digestion et l'absorption [107]. Aucun lubrifiant ni aucune pâte n'est un médicament vétérinaire en France, et le statut exact de ces produits n'a été trouvé dans aucun texte officiel [81, 363]. Ailleurs, la prévention des boules figure dans l'indication de pâtes enregistrées comme médicament ou quasi-médicament, aux Pays-Bas, au Japon et en Corée du Sud, sans qu'aucun de ces textes cite une étude (voir § 14) [132, 133, 134].
13.5 Herbe à chat et cataire
Deux plantes portent le même nom. Vendue en pot, l'« herbe à chat » désigne de jeunes pousses de graminées, avoine, blé ou orge. Autre plante, la cataire (Nepeta cataria) déclenche roulades et frottements et sert d'enrichissement olfactif. L'expression a ce sens, celui de plantes qui stimulent le chat, dans deux thèses d'Alfort : des jouets olfactifs dans l'une, la cataire et trois autres plantes dans l'autre [119, 120]. Les travaux sur la cataire que nous avons repérés portent sur la réponse comportementale, aucun sur les boules de poils. La suite concerne les graminées et les plantes en général.
Personne n'a testé l'herbe comme mesure de prévention, ni sur les vomissements de poils ni sur l'obstruction. L'hypothèse que manger des plantes aide à évacuer le poil se discute sur des données d'observation, déjà exposées avec les facteurs de risque (voir § 5). À cette hypothèse, les deux enquêtes de Davis opposent l'égalité des chats à poil court et à poil long devant les plantes, et le petit nombre de chats qui semblaient malades avant d'en manger [122]. Les plantes retrouvées dans les fèces de panthères des neiges de zoo ne suivent pas la quantité de poils [202]. Six masses régurgitées par deux chats appartenant à l'un des auteurs portaient, en sens inverse, des plantes dentelées ou couvertes de poils microscopiques, de taille comparable aux fibres de cellulose des aliments « boules de poils », où s'accrochaient des poils animaux. L'équipe y voit un argument pour l'idée que mâcher des feuilles texturées aide à éviter les obstructions par le poil (d'après le résumé, lu dans une notice AGRICOLA) [123]. Les effectifs n'ont rien de commun. Aucune des deux approches ne mesure pourtant le poil évacué avec et sans herbe.
Les positions écrites penchent, elles, du côté de l'herbe. Rochlitz invite, dans une revue assortie de recommandations sur l'hébergement des chats publiée en 1999 depuis Cambridge, à envisager des bacs d'herbe, que certains chats aiment mâcher, l'herbe pouvant aider à éliminer les boules de poils (lecture partielle) [121]. Datée du 8 octobre 2018, la fiche d'iCatCare « Why do cats like to nibble grass? » recommandait de fournir une source d'herbe aux chats privés d'accès extérieur, l'« idée générale » étant que l'herbe aide à faire passer l'aliment ou les boules, vers le haut ou vers le bas. Elle a disparu du site après sa dernière capture lisible, le 5 février 2023, et l'adresse renvoie en 2026 vers l'accueil des conseils [125]. La questions-réponses japonaise du ministère de l'Agriculture et du ministère de l'Environnement sur la loi de sécurité des aliments pour animaux de compagnie, dans son état du 22 octobre 2009 (version actuelle non vérifiée), place l'herbe à chat hors du champ de la loi, au motif qu'elle est destinée à faire recracher le poil avalé au toilettage et non à nourrir [364]. Une réponse d'experte publiée par la société japonaise de nutrition des animaux de compagnie admet l'herbe comme habitude, pour faire vomir les boules ou comme enrichissement, pourvu qu'elle ne rende pas le chat malade et ne soit pas sa seule détente [365]. Plusieurs pots d'herbe figuraient parmi les mesures d'enrichissement proposées, au choix des propriétaires, pour cinq chats japonais à comportement répétitif suivis au long cours [366]. Hart et ses coauteurs, qui rejettent l'hypothèse de l'évacuation, jugent raisonnable d'offrir un jardin d'herbe aux chats d'intérieur privés de plantes, au nom de la prédisposition du chat à en manger et non des boules. Dans leur seconde enquête, un tiers des propriétaires de chats vus mangeant des plantes au moins dix fois en fournissaient régulièrement, sans dénominateur relevé [122].
D'autres explications du comportement circulent. Une analyse instrumentale du goût de 39 plantes, sans aucun chat testé, prête aux graminées un profil plus « umami » et moins amer et recense six hypothèses, du vomissement des boules à la purge parasitaire en passant par le goût et la texture, en rappelant que l'enquête de Davis a écarté celle des boules [367]. Sur 213 publications et 24 espèces de félidés, la fréquence des plantes dans les fèces ou l'estomac diminue avec la masse corporelle. Les auteurs l'expliquent d'abord par l'énergie et les parasites, et avancent aussi, dans la discussion de leur texte, l'évacuation du poil, le petit félin se toilettant davantage contre les puces, sans la tester [368]. Filmée de 2022 à 2024 par un piège photographique, au Kirghizistan, en train de manger un arbuste, une panthère des neiges sauvage ramène, dans une publication de 2026, l'hypothèse de l'évacuation du poil, sans la tester [369]. Cannon range l'ingestion fréquente d'herbe parmi les signes de nausée des chats atteints d'une maladie digestive qui répond au régime [5].
Les dangers rapportés sont d'un autre ordre. Beaucoup de plantes d'intérieur sont toxiques pour le chat, et le chat d'intérieur qui a besoin de mâcher risque de s'en prendre à elles, rappellent Hart et ses coauteurs [122] ; l'analyse du goût a pris des liliacées comme modèle de plantes toxiques [367]. Des corps étrangers de graminées logés dans le nasopharynx ont été décrits chez 8 chats qui sortaient (d'après le résumé) [124], cas qui ne concernent pas l'herbe en pot. Une partie des chats vomit après avoir mangé des plantes [122], et c'est précisément l'effet que lui prête la réponse d'experte japonaise favorable à l'herbe [365] ; l'analyse du goût juge au contraire, sur les chiffres de Hart et ses coauteurs, ces vomissements trop peu fréquents pour soutenir l'hypothèse des boules [367].
13.6 Toilettage excessif, stress, douleur, prurit : la prévention par la cause
Traiter ce qui fait avaler trop de poil est la seule prévention qui vise un mécanisme, et elle n'a pas été évaluée davantage que les autres. Cannon tient le prurit, les puces et l'intolérance alimentaire pour des facteurs fréquents de boules de poils, et la boule fréquente du chat à poil court pour l'indice possible d'une maladie sous-jacente [5]. Porteur de puces, un chat se toilette à un rythme environ deux fois plus élevé (voir § 3, d'après le résumé) [44]. Personne n'a pourtant mesuré le poil avalé ni la fréquence des boules chez des chats prurigineux, parasités, stressés ou douloureux comparés à des témoins (voir § 5).
La démarche commence par la recherche d'une cause médicale. Une cause médicale de prurit domine chez les chats adressés pour une alopécie dite psychogène, une réaction alimentaire indésirable en tête (voir § 5) [55]. Sur la cohorte d'Alfort de 45 chats vus en dermatologie pour des lésions de grattage ou de léchage, la thèse de Buton retient comme éléments clés d'une dermatose comportementale un environnement inadapté et une alopécie auto-induite bien limitée sur peau saine. La résolution y prend en moyenne six mois, parfois un an ou davantage, et l'accès libre à l'extérieur est difficile à offrir en appartement [127]. Elle ne parle jamais de boule de poils. Lilly et Siracusa demandent d'aborder ensemble les causes physiques et comportementales du toilettage excessif (d'après le résumé) [370]. Depuis 2015, les recommandations sur la douleur rangent le toilettage excessif d'une zone douloureuse parmi ses signes [56]. Demodex gatoi est à envisager chez le chat qui se gratte ou se toilette trop [172], et les réactions alimentaires cutanées se présentent le plus souvent par une alopécie auto-induite [184]. Selon l'ESCCAP (2022), le chat élimine ses puces en se toilettant, si bien qu'une dermatite par allergie aux piqûres peut exister sans puce visible ; le texte ne parle pas des boules [52]. Une enquête par questionnaire de 2025 trouve plus de « toilettage compulsif » chez 39 chats atteints de maladie digestive inflammatoire (22) ou de dermatose (17), réunis, que chez 58 chats sains, et les chats traités par corticoïdes en montrent plus que les chats sains et que les malades sans corticoïdes, si bien que la maladie et son traitement ne se séparent pas ; les données sont déclarées par les propriétaires, et lues d'après le résumé [371]. Dans le syndrome atopique cutané félin, dont l'alopécie auto-induite est l'une des quatre présentations, un aliment améliore les scores de signes et réduit le besoin de médicaments, au cours d'un essai randomisé de Royal Canin qui ne chiffre pas l'alopécie à part et ne mesure pas les boules de poils (d'après le résumé) [372].
Les mesures d'environnement sont décrites, jamais éprouvées contre les boules. La peur et l'absence d'accès libre à l'extérieur s'associent au toilettage excessif chez des chats finlandais (voir § 5) [186], et les recommandations AAFP/ISFM sur les besoins environnementaux (2013) ne parlent pas des boules de poils [170]. Les trois thèses d'Alfort sur le toilettage et les comportements répétitifs proposent des scores de bien-être et des enrichissements, dont, pour deux d'entre elles, l'« herbe à chat » au sens des plantes qui stimulent le chat, sans jamais mentionner la boule de poils [119, 127, 120].
Sous clomipramine, les 11 chats atteints d'alopécie psychogène qui ont terminé l'essai ne réduisaient pas significativement leurs séquences de toilettage par rapport aux 11 chats sous placebo, et les auteurs ne savent pas si l'échec tient au médicament, à la durée de l'essai ou au petit effectif (d'après le résumé) [128]. Une synthèse critique de Veterinary Evidence juge en 2022 la preuve faible, une seule étude pseudo-randomisée ayant été retenue [373]. Les phéromones n'ont été éprouvées ni sur le toilettage excessif ni sur les boules. L'analogue de phéromone faciale a même accru la toilette dans une étude sur 20 chats en cage (7 sains, 13 malades) : les 10 chats exposés faisaient significativement plus de toilette et montraient plus d'intérêt pour la nourriture que les 10 exposés au seul solvant, et le résumé, seul lu, n'interprète pas cette toilette [129]. Le statut des psychotropes en France figure avec la récidive (voir § 12).
Une seule observation publiée relie la fin des boules à une prise en charge comportementale, qui comprenait aussi une pâte laxative à la paraffine et un diffuseur de phéromone : une chatte australienne opérée deux fois, qui vomissait des boules tous les deux à trois jours malgré un aliment « boules de poils », exposée avec la récidive (voir § 12) [58]. Ces mesures étaient simultanées, et la part de chacune ne se sépare pas. Le traitement de la cause reste une déduction raisonnable que les sources partagent, pas un résultat.
13.7 Chat à poil long, chat âgé, chat obèse
Poil long. Après une purge, et sous des aliments enrichis en fibres, un panel de chats à poil long rend plus de poil dans ses selles qu'un panel à poil court, mais pas sous l'aliment témoin [43] ; un essai coréen trouve une plus forte part de poil dans les selles sèches de six Persans que dans celles de huit chats à poil court (voir § 3) [159]. Le seul effet d'une fibre mesuré chez le chat à poil long porte sur un panel de sept chats [43], et le psyllium est resté sans effet chez 18 croisés Maine Coon et Persan [110] ; critères et méthodes diffèrent trop pour comparer les deux. Dans l'essai de Beynen, les groupes comptaient 9 Sacrés de Birmanie d'un côté et 7 Maine Coons de l'autre [107]. Les conseils propres au poil long n'ont aucune mesure d'effet, qu'il s'agisse du toilettage par le propriétaire, de la tonte « lion » des cas sévères, d'un brossage plus soutenu ou d'une tonte périodique de tous les chats à poil long [5, 47, 9].
Chat âgé. En 2009 comme en 2021, les recommandations AAFP pour le chat âgé rangent la baisse du toilettage parmi les changements à repérer ; la version de 2021 la relie à la douleur et propose d'aider le chat arthrosique à se toiletter [374, 194]. Ni l'une ni l'autre ne parle des boules de poils. Les questionnaires qui dépistent l'arthrose interrogent le propriétaire sur le toilettage [375], et chez 100 chats la baisse de la mobilité et du toilettage est liée à l'arthrose, elle-même corrélée à l'âge (d'après les résumés) [376]. Signalé par le propriétaire chez 14 chats sur 206 de 7 à 10 ans (7 %), un pelage feutré s'associe à une maladie dentaire et à des anomalies de l'examen orthopédique, dans une cohorte financée par Royal Canin dont le texte donne p = 0,01 et le tableau 4 p = 0,004 pour la maladie dentaire [38]. Une diarrhée chronique avec parodontite et pelage feutré a guéri après des soins dentaires chez un chat britannique (d'après le résumé) [377]. Ces sources décrivent un chat qui se toilette moins. Qu'il fasse plus ou moins de boules, aucune ne le dit, et l'âge n'appelle de prévention particulière dans aucun texte lu (voir § 5).
Chat obèse. L'obésité figure, avec la maladie dentaire et l'atteinte de l'appareil locomoteur, parmi les maladies qui peuvent réduire la capacité du chat à se toiletter, dans les recommandations de l'AAFP et de l'ISFM sur l'interaction avec le chat (2022) [105]. Rien ne la relie aux boules de poils dans les sources lues, et la requête dédiée de PubMed n'a rendu que deux notices sans rapport. Un pelage négligé, une mue accrue et une prise de poids figurent parmi les signes d'une hypothyroïdie primaire de l'adulte, dans une série internationale de 17 chats (d'après le résumé) [378], et le pelage négligé parmi ceux de l'hyperthyroïdie [199]. Le chat d'intérieur de la cohorte de Bristol a un risque accru de surpoids comme de boules signalées ; le bulletin ne dit pas si les deux vont ensemble (voir § 5) [65].
14. Statut réglementaire et comparaisons internationales
Cette partie dit ce qui est autorisé, et sous quel statut, en France puis dans les autres pays. Un registre dit ce qu'une autorité a autorisé ou laissé écrire, jamais ce qui est démontré. Les registres ont été lus le 21 octobre 2026, et chacun est cité par sa date de consultation ou celle de sa fiche. Aucune ligne ne vaut conseil de se procurer à l'étranger un produit qui n'est pas autorisé en France, et ce qui n'y est pas autorisé est dit chaque fois.
14.1 En France : médicament, aliment, aliment diététique, allégations
Médicaments. Trois médicaments vétérinaires autorisés chez le chat citent les boules de poils, tous trois des laxatifs indiqués dans la constipation, deux par leur indication et le troisième par sa pharmacodynamie [81]. LAXATRACT (lactulose, Dechra, AMM du 29 novembre 2018) n'est pas soumis à ordonnance, LAXASAN (lactulose, Alfasan, AMM du 3 août 2026) l'est, et leur indication actuelle donne les boules de poils en exemple de cause de constipation. Pour LAXATRACT, le libellé lu est celui du RCP mis à jour le 20 octobre 2026, et nous n'avons pas vérifié qu'il citait déjà les boules de poils en 2018 [81]. LAXATIF BIOCANINA (docusate et laurilsulfate de sodium, AMM de 1989, sans ordonnance) vise les constipations et stases intestinales, sa rubrique pharmacodynamique lui prêtant la propriété de désagréger les boules de poils. Aucun des RCP lus ne parle de prévention [81]. À l'Index mis à jour le 20 octobre 2026, ni la paraffine, ni la vaseline, ni le malt, ni le psyllium, ni le cisapride n'entrent dans un médicament vétérinaire, et aucune pâte ni aucun gel « boules de poils » ne figure parmi les 3 226 spécialités. Paraffine, ispaghul et macrogol existent en médicaments humains [81, 84]. Le cisapride et la ranitidine, prokinétiques cités chez le chat par la littérature, n'ont plus aucune spécialité humaine en France : le cisapride a été réservé à quelques prescripteurs hospitaliers à partir de septembre 2002, après une réévaluation européenne de ses troubles du rythme, et la ranitidine suspendue dans toute l'Union par une décision de la Commission du 24 novembre 2020, après un rappel de l'ANSM en septembre 2019 que nous ne connaissons que par le titre et la date de sa page [285, 286, 84]. Depuis le 28 janvier 2022, l'emploi par le vétérinaire d'un médicament hors des termes de son AMM relève du règlement (UE) 2019/6, dont nous n'avons pas lu les articles [379]. Le détail des indications et des contre-indications figure avec le traitement (voir § 9).
Aliments et allégations. Un aliment pour animaux peut porter une allégation fonctionnelle à quatre conditions posées par le règlement (CE) n° 767/2009 : être objective, vérifiable et compréhensible, et s'appuyer sur une preuve scientifique que la personne responsable de l'étiquetage fournit sur demande, données publiques ou recherches documentées de l'entreprise, disponibles dès la mise sur le marché (art. 13) [116]. Une allégation mal étayée est réputée trompeuse (art. 11). L'étiquette ne peut prétendre qu'un aliment prévient, traite ou guérit une maladie (art. 13.3), mais elle peut viser le maintien d'un état physiologique (art. 13.2). Rien n'exige donc que la preuve soit publiée ni revue par des pairs [116], ce qui explique qu'une allégation « boules de poils » existe sans étude publique, comme Cannon le constatait en 2013 [5].
Aliments diététiques. Aucune destination « boules de poils » ne figure dans la liste européenne des destinations des aliments visant des objectifs nutritionnels particuliers [114]. Dans le règlement (UE) 2020/354 et ses versions consolidées du 5 mars 2020, du 11 décembre 2024 et du 22 avril 2025, les entrées réservées aux chiens et aux chats visent le rein, les calculs, le diabète, les intolérances, la convalescence, la maldigestion, la malabsorption, l'hyperlipidémie, le foie, le cœur, l'excès pondéral, la peau (« dermatose et dépilation »), l'arthrose, le cuivre, l'iode chez le chat hyperthyroïdien et le stress chez le chien. La seule « réduction du risque de constipation » concerne les truies. Les mots « poil », « boule » et « pelage » n'apparaissent ni dans le texte d'origine ni dans les consolidations, dont les modifications portent sur les vaches laitières et sur une rectification de la version slovène [114, 380]. La directive 2008/38/CE qui précédait la liste disait la même chose [381]. Un aliment ne peut donc pas se présenter comme aliment diététique contre les boules de poils (art. 9 et 10 du règlement de 2009) [116].
Le code d'étiquetage de l'industrie. Prévu par l'article 25 du règlement et d'usage facultatif, le code de bonnes pratiques de la FEDIAF donne pourtant comme exemple d'allégation admise de maintien de la santé, à côté de la lutte contre le tartre, un aliment qui « contient des fibres pour réduire les risques de boules de poils » (version anglaise d'octobre 2019, toujours proposée le 21 octobre 2026 ; traduction française de 2018) [115, 130]. Il précise que « prévenir » est admis quand le mot ne vise pas une maladie, et range ainsi la boule de poils hors des maladies, sans le dire. La référence juridique portée en marge de cet exemple renvoie au début de l'article 13.3 a dans la version anglaise et à sa fin dans la traduction française [115]. Une thèse vétérinaire de Toulouse reprend en 2019 cet exemple comme allégation permise [382]. À Alfort, une thèse de 2024 reproduit en annexe les recommandations de 2017 de l'ARPP, l'organisme français d'autorégulation de la publicité, qui rangent « limite l'apparition de boules de poils » parmi les allégations fonctionnelles autorisées dans la publicité des aliments pour animaux familiers ; ce texte de l'ARPP n'est connu ici que par cette annexe [383].
Pâtes, gels et lubrifiants. Aucun n'est un médicament vétérinaire en France [81]. Le catalogue européen des matières premières, dans sa version consolidée du 24 juillet 2022, cite la pulpe de betterave, la graine de plantain (Plantago, le genre du psyllium), les bagasses de canne à sucre et des produits du maltage, mais ni la paraffine ni la vaseline ; son emploi étant facultatif, cette absence ne vaut pas interdiction [363, 116]. La recommandation 2011/25/UE, qui trace la frontière entre matières premières, additifs, biocides et médicaments vétérinaires, ne parle ni des boules de poils ni des lubrifiants [384]. Aucun texte officiel lu ne classe nommément ces pâtes. Leur statut exact en France, aliment complémentaire ou produit sans statut, reste donc non vérifié, et les pages de vente qui les disent « aliment complémentaire » ne sont pas des sources. Aucun texte français ou européen lu ne nomme l'herbe à chat ; le catalogue cité plus haut ne connaît l'herbe que comme fourrage frais, à côté des céréales, sans viser le chat [114, 363].
Le paradoxe est européen : aucune destination diététique ne vise les boules de poils, alors que le code de l'industrie fait de leur réduction son exemple d'allégation admise pour un aliment ordinaire [114, 115].
14.2 Les médicaments, registre par registre
Union européenne. La base de produits de l'Union rend 41 autorisations de lactulose, toutes pour le chien et le chat et toutes en vigueur, pour deux spécialités seulement : LAXATRACT, autorisé dans 29 territoires, et LAXASAN, dans 12 pays [137]. LAXATRACT n'y est délivré sans ordonnance qu'en France et en Tchéquie, sur ordonnance vétérinaire dans les 27 autres territoires, et LAXASAN l'est partout. Le même sirop est donc en vente libre en France et prescrit ailleurs, en Allemagne, en Belgique, en Espagne, en Italie ou aux Pays-Bas [137]. Dans toute la base, seule la France a autorisé un docusate vétérinaire, et deux autres spécialités françaises au docusate y figurent comme non autorisées [137]. Aucun médicament vétérinaire au cisapride n'existe dans l'Union, et la ranitidine vétérinaire n'y est autorisée que chez le chien, dans six pays [137]. Les deux spécialités françaises au docusate retirées, Manalax dragées et Sorbilax, n'ont de date de fin d'autorisation ni dans l'export de la base de l'Union ni dans les fichiers de l'Index que nous avons lus [137, 81].
Pays-Bas. Kat-a-lax, pâte orale pour chats à la vaseline blanche et au sirop de malt, est un médicament vétérinaire inscrit le 8 octobre 1991, librement disponible, dont le RCP a été révisé le 7 janvier 2026 [131, 132]. Son indication est d'éliminer et de prévenir les boules de poils. De tous les registres lus, c'est la seule indication de médicament vétérinaire qui vise les boules comme telles, en traitement et en prévention. Le RCP n'énonce aucune contre-indication, aucune mise en garde particulière ni aucun effet indésirable connu, et le juge utilisable pendant la gestation et la lactation [132]. Il ne dit rien de l'inhalation ni de l'obstruction complète, alors que les pneumonies lipidiques publiées suivent l'administration forcée d'huiles liquides (voir § 9) [117] et que les deux lactuloses contre-indiquent l'obstruction totale [81]. La forme diffère, pâte d'un côté et huile de l'autre, et nous ne tranchons pas. Le mode d'action que le RCP décrit, une vaseline qui enrobe les boules pour qu'elles soient vomies et un malt osmotique qui leur donne du volume, n'est appuyé d'aucune étude citée [132]. Les lactuloses y sont réservés à la prescription [131].
Allemagne. Deux huiles de paraffine liquide sont des médicaments vétérinaires pour le chien, le chat et le cheval, sans ordonnance : Paraffinum perliquidum, autorisation de 2001 d'une coopérative d'achat de vétérinaires, et Paraquine, générique de 2021, par voie orale et rectale [137]. Leur indication n'a pas pu être lue, la notice étant derrière un test anti-robot, et le registre allemand lui-même est réservé aux professionnels inscrits. Le lactulose « approuvé aussi chez le chien et le chat » que la revue allemande des nouveautés de l'année 2020, parue en 2021, comptait parmi les arrivées sur le marché est, d'après la base de l'Union, LAXATRACT, autorisé en Allemagne le 11 janvier 2019 et seul lactulose vétérinaire allemand avant 2026 (notre identification) [385, 137].
Royaume-Uni, Irlande, Espagne. Le seul laxatif vétérinaire britannique est le lactulose, LAXATRACT depuis le 22 mai 2019 et LAXASAN en Irlande du Nord depuis le 8 juillet 2026, sur prescription d'un vétérinaire ; l'indication cite les boules de poils [386, 387]. Aucune paraffine, aucune vaseline, aucun docusate ni aucun cisapride n'y est autorisé [386]. En 2013, selon Cannon, le cisapride s'y obtenait auprès de pharmacies de préparation [5]. L'Irlande autorise les deux lactuloses sur ordonnance, sans aucun lubrifiant [388]. En Espagne, LAXATRACT est autorisé, sur ordonnance, depuis le 3 juin 2019, et sa fiche emploie le mot « trichobézoards » là où les versions anglaise, française et néerlandaise disent « boules de poils » [389, 390].
Suisse. Laxatone ad us. vet., pâte pour chiens et chats à la vaseline blanche, à l'huile de soja et à la paraffine liquide, y est le seul laxatif vétérinaire autorisé, depuis le 23 février 1988, avec pour domaine d'application écrit un lubrifiant en cas de constipation, sans mention des boules de poils [138]. Aucun lactulose ni aucun métoclopramide vétérinaire n'y est autorisé [138].
États-Unis. Aucun laxatif, aucun lubrifiant ni aucun prokinétique n'est un médicament vétérinaire approuvé par la FDA, métoclopramide compris ; le maropitant injectable l'est chez le chat depuis le 16 mai 2012 [139]. Faute de médicament approuvé, la liste de la FDA des substances admises en préparation de stock de cabinet inscrit le cisapride pour le chat [142]. Les pâtes, gels et bouchées « hairball » sont déclarés comme médicaments vétérinaires sans ordonnance, dans la catégorie des médicaments non approuvés, que la FDA n'a pas reconnus sûrs et efficaces [135, 136]. L'une, à la vaseline, au sirop de malt et à l'huile de foie de morue, est vendue pour éliminer et prévenir les boules de poils (étiquette de mars 2026). D'autres associent vaseline et huile minérale, et une préparation homéopathique précise que ses allégations ne reposent pas sur la médecine moderne. Les mises en garde lues se limitent à consulter si l'état s'aggrave ou ne s'améliore pas, à l'innocuité non établie chez la femelle gestante ou reproductrice et, sur une étiquette, à l'exclusion des chatons de moins de six mois ; aucune ne parle d'inhalation [135].
Canada. Deux pâtes à la vaseline et à l'huile minérale portent un numéro d'identification de médicament vétérinaire et sont commercialisées, Laxa-Stat depuis 1991 pour le chat et Laxatone depuis 1997 pour le chat et le chien, cette dernière sans ordonnance ; la catégorie de délivrance de Laxa-Stat n'a pas été relevée [391]. Remise à la sortie dans le cas canadien de 2023, la pâte à la vaseline, à l'huile minérale et à l'huile de soja était Laxatone [21, 391]. Dix produits dont le nom contient « hairball », tous retirés, figurent aussi au registre, dont une friandise « hairball control » d'un fabricant d'aliments, de 2005 à 2016. L'interface publique, interrogée par nom de marque seulement, ne donne aucune de leurs indications, que nous n'avons donc pas lues, et aucun produit n'y porte le nom de LAXATRACT [391].
Australie, Nouvelle-Zélande. La recherche « hairball » du registre australien rend 14 produits, le mot figurant dans leur nom ou dans leurs champs d'hôte ou de cible. Parmi les produits pour chats ou animaux de compagnie, un gel à la paraffine, Troy Laxapet Gel, reste enregistré ; d'autres pâtes ont été archivées ou annulées, dont deux pâtes laxatives à la phénolphtaléine, laxatif stimulant absent des autres registres lus [140]. Leurs étiquettes, derrière un test anti-robot, n'ont pas été lues, et nous ignorons ce que dit leur indication. Troy Laxapet Gel figurait dans le plan de traitement de la chatte australienne opérée deux fois (voir § 13) [58]. Ni lactulose ni cisapride n'y ont d'enregistrement ; onze recherches ont abouti, puis le serveur s'est tu et un test anti-robot a interrompu les suivantes [140]. Le registre néo-zélandais ne contient aucun laxatif ni lubrifiant félin. Rien n'y indique si les pâtes vendues sur place sont exemptées d'enregistrement, et l'absence au registre ne vaut donc ni interdiction ni absence du marché [141].
Japon. Huit pâtes « boules de poils », à la paraffine liquide ou à la vaseline pour les sept dont la fiche donne la composition, sont approuvées une à une comme quasi-médicaments vétérinaires, de 1984 à 2012, avec une indication écrite d'élimination des boules de poils et de prévention de leur formation, chez le chat et, pour deux d'entre elles, chez le lapin de compagnie au-delà de trois mois d'âge [133]. Aucune n'est soumise à une catégorie de prescription. Sur la fiche de Laxatone, l'emploi se fait sous la direction d'un vétérinaire, après un examen de l'état de santé, à distance des repas et jamais mêlé à l'aliment ; le chaton de moins de quatre mois est exclu, et un usage prolongé peut réduire l'appétit et l'absorption des vitamines liposolubles et troubler la digestion [133]. Cette consigne contredit le mélange à l'aliment que Cannon admet pour la paraffine liquide [5]. Aucune déclaration d'effet indésirable n'est enregistrée sur ces huit fiches, et aucune ne parle d'inhalation. Le Japon n'a ni lactulose ni cisapride vétérinaire [133].
Corée du Sud. Une pâte importée au sirop de malt et à l'huile minérale est déclarée comme quasi-médicament vétérinaire depuis le 9 février 2010, pour prévenir et éliminer les boules de poils chez le chat [134]. Trois shampooings « hairball control » le sont aussi, sans aucune allégation sur les boules dans leur efficacité enregistrée [134].
Ce que nous n'avons pas pu lire. Les RCP de la base de l'Union, la notice des paraffines allemandes et les fiches australiennes sont derrière des tests anti-robot, que nous n'avons pas contournés. Le registre allemand est réservé aux professionnels, les registres chinois et brésilien des médicaments vétérinaires n'ont pas été consultés, et les indications canadiennes ne sont pas données par l'interface publique [137, 391, 140].
14.3 Les aliments et leurs allégations, pays par pays
Les pays ne rangent pas la même phrase du même côté de la frontière entre aliment et médicament.
- Union européenne : pas de destination diététique, allégation admise par l'exemple du code de l'industrie (voir plus haut) [114, 115]. Dans l'Union, la même promesse peut ainsi figurer sur un aliment riche en fibres et, aux Pays-Bas, dans l'indication d'un médicament [115, 132].
- États-Unis : la FDA revoit certaines allégations « spécifiques » des aliments pour animaux de compagnie, et nomme le « hairball control » à côté de la santé urinaire ; une allégation qui vise à prévenir ou à traiter une maladie, ou à modifier une fonction autrement que par la nutrition, ferait du produit un médicament [147]. L'AAFCO range de même les allégations « boules de poils » parmi celles que le Center for Veterinary Medicine devrait examiner avant la mise sur le marché [392]. La FDA publie une recommandation sur les données d'une allégation urinaire chez le chat, aucune pour les boules de poils [147]. Examiner n'est pas autoriser au sens d'une AMM. Le guide de politique du CVM sur les aliments porteurs d'allégations de médicament a été retiré le 20 mai 2024 ; la page qui l'annonce ne parle que de produits d'élevage agissant dans l'intestin, ni des animaux de compagnie ni des boules de poils [393].
- Japon : en 2005, un exemple officiel reproduit par le conseil interprofessionnel de l'étiquetage rangeait « empêcher les boules de poils » parmi les allégations médicamenteuses interdites sur un aliment, à côté du renforcement du foie ou du rein et de la prévention de la parodontite (lecture sur une numérisation imparfaite) [394]. La notification du ministère de l'Agriculture du 11 septembre 2013 sépare deux étages. Éliminer les boules est en principe une efficacité de médicament, puisque des quasi-médicaments sont approuvés pour cela, mais un aliment riche en fibres peut écrire que ses fibres freinent physiquement leur formation, ou les éliminent, à condition de dire ce mécanisme ; l'exemple admis par le texte ne parle que de la formation [143, 144]. Le document de référence du 17 février 2025 ne contient pas les mots « boule de poils », et la règle de 2013 reste celle qui s'applique [395]. Dans la questions-réponses officielles de 2009, lue dans son état du 22 octobre 2009 sans que la version actuelle ait été vérifiée, l'herbe à chat est hors du champ de la loi sur la sécurité des aliments pour animaux (voir § 13) [364].
- Chine : le règlement d'étiquetage des aliments pour animaux de compagnie, en vigueur depuis le 1er juin 2018, interdit toute mention de prévention ou de traitement d'une maladie, exige des pièces justificatives pour toute allégation, et admet le mot « prévenir » pour des problèmes non pathologiques, dont il donne en exemple la formation des boules de poils et l'accumulation de tartre [145, 146]. C'est le seul texte réglementaire lu qui écrit que la boule de poils n'est pas une maladie.
- Brésil : l'instruction normative n° 30 de 2009, consolidée en 2015, n'admet une propriété fonctionnelle sur l'étiquette que si elle est prouvée, et réserve toute idée de prévention aux aliments « coadjuvants », dont l'enregistrement exige des preuves d'efficacité ; les boules de poils n'y sont pas nommées [396].
- Corée du Sud : aucun texte officiel sur ces allégations n'a été trouvé, seulement un communiqué de 2023 annonçant des contrôles des étiquettes fausses ou exagérées des aliments vendus en ligne [397].
- Canada : une friandise « hairball control » d'un fabricant d'aliments a porté de 2005 à 2016 un numéro de médicament, ce qui montre qu'un produit présenté comme friandise a pu y être classé médicament [391].
Mises côte à côte, ces règles font de la même idée une allégation d'aliment admise par l'exemple dans l'Union, examinée par l'autorité aux États-Unis, médicamenteuse au Japon en 2005 puis alimentaire en 2013 si le mécanisme fibreux est dit, expressément permise en Chine. Aucun statut, quel qu'il soit, n'apporte de preuve d'efficacité (voir § 13).
14.4 Ce qui existe ailleurs et pas en France, et l'inverse
Ailleurs, les pâtes à base de vaseline, de paraffine ou d'huile minérale ont souvent un statut de médicament que la France ne leur donne pas. Leur indication vise les boules de poils aux Pays-Bas, où l'une est un médicament autorisé, au Japon et en Corée du Sud, où elles sont des quasi-médicaments, comme sur les étiquettes des médicaments non approuvés déclarés aux États-Unis [131, 132, 133, 134, 135]. Au Canada, deux de ces pâtes ont un numéro de médicament et, en Australie, un gel à la paraffine est enregistré, sans que nous ayons pu lire leurs indications [391, 140]. La Suisse autorise une pâte de composition voisine comme simple lubrifiant de la constipation [138], et l'Allemagne deux huiles de paraffine vétérinaires sans ordonnance, quand les huiles de paraffine ne sont en France que des médicaments humains [137, 84]. La liste américaine qui tolère des préparations de cisapride pour le chat n'a pas d'équivalent en France, où le cisapride n'existe ni en médicament vétérinaire ni en spécialité humaine [142, 81, 84]. Une règle écrite propre aux boules de poils n'existe qu'au Japon et en Chine [143, 146].
La France, à l'inverse, est seule dans l'Union à autoriser un docusate vétérinaire, et l'une des deux seules, avec la Tchéquie, à délivrer LAXATRACT sans ordonnance [137]. Hors de l'Espace économique européen et du Royaume-Uni, aucun des registres lus ne contient de lactulose vétérinaire : ni celui des médicaments approuvés aux États-Unis, ni ceux de la Suisse, de l'Australie, de la Nouvelle-Zélande et du Japon, ni celui de la Corée du Sud, où la recherche n'a pu porter que sur le nom des produits [139, 138, 140, 141, 133, 134]. Au Canada, où seuls des noms de marque ont pu être cherchés, aucun produit ne porte le nom de LAXATRACT [391]. Le métoclopramide vétérinaire félin, autorisé en France, n'existe ni aux États-Unis, ni en Suisse, ni en Nouvelle-Zélande [139, 138, 141].
Partout où les registres ont été lus, le maropitant est autorisé chez le chat, avec une mise en garde ou une précaution liée à l'obstruction digestive quand le texte a pu être lu, et aucun des registres lus ne contient de médicament vétérinaire au cisapride [137, 139, 134, 138, 81]. Le tableau D2 donne le détail produit par produit. Leur autorisation ailleurs ne vaut pas autorisation en France.
14.5 Ce que la littérature des autres pays ajoute
Rien qui change la pratique. Les gestes publiés sont les mêmes d'un pays à l'autre, endoscopie ou chirurgie (voir § 10 et § 11), et aucun pays n'a publié d'essai sur la tonte, le brossage, les pâtes, le malt ou l'herbe en prévention ; les seules études d'intervention, sur les fibres et les enzymes, viennent d'Allemagne, d'Australie, du Brésil, des États-Unis, de France, de Chine, de Thaïlande et des Pays-Bas (tableau D1). Parmi les 347 propriétaires japonais interrogés en janvier 2016 dont le chat avait vomi une boule dans le mois, 31,4 %, soit environ 109 (notre calcul ; question à choix multiples), jugent naturel qu'un chat vomisse des boules de poils, dans une enquête conduite par un salarié d'un fabricant d'aliments [27]. Nulle source vétérinaire lue ne décrit de traitement traditionnel des boules de poils, ni en médecine chinoise ni en kampō, et nos requêtes croisant constipation féline et acupuncture, plantes ou médecine traditionnelle n'ont rendu que des travaux humains ou murins (voir § 1). Le seul produit de ce genre rencontré, un médicament vétérinaire japonais en poudres de plantes contre les troubles digestifs, constipation comprise, ne vise pas les boules de poils [133].
15. Recommandations et consensus, version par version
Aucune recommandation ni aucun consensus n'est consacré aux boules de poils, au trichobézoard ou aux corps étrangers digestifs du chat. Nos dossiers l'ont vérifié séparément pour la physiologie, la clinique, le traitement et la prévention. Une recherche transversale dans le texte intégral d'Europe PMC, croisant boule de poils ou trichobézoard avec recommandation ou consensus chez le chat, ne rend qu'un texte, les recommandations AAHA/AAFP de 2021 sur les étapes de vie (voir § 1) [6]. La suite reprend, organisme par organisme, chaque version datée retrouvée, ce qu'elle dit du sujet ou le fait qu'elle n'en parle pas, vérifié par recherche des mots dans le texte intégral sauf mention contraire, et ce qui a changé d'une version à l'autre. Le tableau D3 en donne la liste.
15.1 AAHA et AAFP, devenue FelineVMA
Étapes de vie. La version AAFP-AAHA de 2010 ne mentionne ni boule de poils, ni toilettage, ni vomissement, sur tout le texte [207]. En 2021, l'AAHA et l'AAFP demandent de rechercher les vomissements de boules de poils dans l'anamnèse à chaque étape de vie, notent que certains propriétaires les jugent normaux chez le jeune adulte et tiennent la question pour essentielle chez l'adulte mûr et le senior. Elles écrivent que la toux n'est pas due aux boules de poils et qu'une hausse du toilettage peut signaler une dermatose, sans rien dire du brossage ni d'un aliment préventif [6]. C'est l'unique apparition des boules de poils dans une recommandation de société savante, et elle porte sur l'interrogatoire, non sur la prévention. Aucune version plus récente n'existe au 21 octobre 2026 [398].
Douleur. Dès 2007, les recommandations AAHA/AAFP sur la douleur rangent la baisse du toilettage parmi ses signes chez le chat [192]. Celles de 2015 y ajoutent le pelage qui s'emmêle et le toilettage excessif d'une zone douloureuse [56]. En avril 2024, l'ISFM et l'AAFP reprennent dans leurs recommandations sur les AINS au long cours le toilettage excessif d'une zone parmi les signes de douleur, qu'elle soit neuropathique, au site d'une ancienne opération ou liée à une infection de l'oreille ou de la peau, citent le pelage négligé du chat qui souffre de la bouche et proposent un toilettage doux au chat que la douleur empêche de se toiletter [399]. Aucune ne parle des boules de poils.
Chat âgé. En 2009, l'AAFP range le chat qui se toilette moins parmi les changements à repérer [374]. La version de 2021 relie cette baisse à la douleur, voit dans des zones tondues ou surtoilettées un signe possible de douleur et propose d'aider le chat arthrosique à se toiletter [194]. Les boules n'y figurent à aucune des deux dates.
Autres textes de l'AAFP. Pelage négligé parmi les signes, sans boule de poils : c'est tout ce que disent du sujet les recommandations sur l'hyperthyroïdie de 2016 [199]. Sur les besoins environnementaux, l'AAFP et l'ISFM décrivent en 2013 l'allotoilettage entre chats d'un même groupe [170], et leurs textes sur la manipulation (2011), les soins infirmiers (2012) et l'interaction et l'environnement vétérinaires (2022) traitent le toilettage comme un soin, un signe de bien-être ou une conduite de déplacement sous la peur, et en 2022 déconseillent de brosser un pelage feutré et rangent l'obésité parmi les maladies qui gênent le toilettage [105], tous sans boule de poils. Consacré à la malpropreté, le texte de l'AAFP et de l'ISFM de 2014 fait chercher une constipation ou une diarrhée chez le chat qui défèque hors du bac, et met en garde contre les moyens dissuasifs opposés au marquage, dont la peur peut déclencher un toilettage excessif [400]. Les programmes d'alimentation de l'AAFP (2018) ne parlent ni de boules de poils, ni de toilettage, ni de constipation, ni d'herbe, ni de fibres [401]. Les recommandations comportementales de 2004 n'ont pas pu être lues. Rien de propre au chat qui vomit ou dont le tube digestif est obstrué n'apparaît dans les recommandations d'anesthésie féline de 2018 (voir § 11) [341].
Depuis 2024. L'AAFP a pris le nom de FelineVMA le 27 septembre 2024, et ses textes postérieurs sont signés de ce nom [398]. Publiées en juillet 2024, les recommandations sur les tensions entre chats citent le toilettage excessif comme comportement de déplacement possible, et la constipation parmi les effets indésirables rapportés de trois psychotropes [402]. Rien sur le toilettage, le poil, les boules ou l'herbe dans la prise de position de juillet 2025 sur les besoins des chats d'intérieur [403]. Publiées en novembre 2025, les recommandations sur la santé bucco-dentaire ne reprennent pas l'association entre boule de poils et parodontite trouvée en 2023 dans les dossiers britanniques (voir § 5) [404, 68]. La FelineVMA liste 24 recommandations de 2004 à 2025, dont aucune ne porte par son titre sur les boules de poils, le toilettage, le vomissement, la constipation ou le tube digestif [398].
AAHA. Ses recommandations de fluidothérapie de 2013, communes avec l'AAFP, ont été suivies en 2024 d'un texte de l'AAHA qui réaffirme des débits réduits pendant l'anesthésie (d'après les résumés) [288, 289], et l'AAHA a publié en 2020 des recommandations d'anesthésie et de monitorage [342]. Le site de l'association nous a refusé l'accès. De ses textes sur la nutrition (2021), le chien et le chat âgés (2023), les dermatoses allergiques (2023), le comportement (2015) et le diabète du chat (2026), nous n'avons lu que les résumés, dont aucun ne contient les mots du sujet [405].
15.2 ISFM et iCatCare
Recommandations consensuelles. Baisse du toilettage ou de l'appétit comme signe, sans boule de poils : le consensus ISFM sur la douleur aiguë de 2022 n'en dit pas plus sur le sujet [193]. Celui sur le chat hospitalisé inappétent (2022), dont un auteur est salarié de Royal Canin et plusieurs consultants de l'industrie, défend une prise en charge multimodale sans retarder la pose d'une sonde et, en cas d'iléus, prokinétiques et nutrition entérale précoce (voir § 9) [86]. Les recommandations ISFM de 2016 sur la maladie rénale chronique ne mentionnaient la constipation que comme signe d'hypokaliémie et comme effet de deux chélateurs du phosphore [406]. Celles d'iCatCare qui les remplacent, mises en ligne le 3 septembre 2026, consacrent une section entière à la constipation. Sa fréquence dans la maladie rénale y est dite inconnue mais paraît élevée, ces chats défèquent moins souvent, et la conduite écrite corrige d'abord la déshydratation et la kaliémie, puis propose un laxatif osmotique ramollissant, le polyéthylène glycol 3350 étant jugé par certains plus efficace que le lactulose, des fibres chez le chat bien hydraté et un prokinétique en second recours [19, 407]. Le texte note qu'un chat malade chronique peut moins se toiletter et apprécier le brossage, sans parler des boules de poils [19]. C'est la seule recommandation consensuelle féline lue qui écrit une conduite à tenir devant une constipation ; nos dossiers, écrits avant de la trouver, disaient qu'aucune n'existait. Les recommandations iCatCare sur le bas appareil urinaire (février 2025) préviennent que le propriétaire peut prendre la dysurie, ou les efforts vains d'un chat obstrué, pour de la constipation [20], et celles sur le diabète (novembre 2025) ne parlent ni des boules de poils, ni du toilettage, ni de la constipation [408].
Fiches pour les propriétaires. D'après le plan de son site lu le 21 octobre 2026, iCatCare n'a aucune fiche consacrée aux boules de poils [409]. Sa fiche sur le toilettage écrit dès 2013 qu'un toilettage quotidien par le propriétaire, surtout pendant la mue, retire la plus grande partie du poil et empêche la formation des boules [47]. La phrase se retrouve en 2019, et la version publiée le 19 mars 2025, mise à jour le 26 septembre, la reformule et ajoute que le toilettage par le propriétaire peut aider à prévenir ou à réduire les boules de poils [47]. L'idée date donc de 2013, non de 2025. Sur le toilettage excessif, la fiche de 2019 devient en octobre 2024 un texte qui détaille la douleur et le stress parmi les causes, sans parler des boules [126]. Celle sur la constipation ne cite le poil parmi les causes ni en 2013, ni en 2018, ni en 2024. Jusqu'en 2018, elle jugeait les laxatifs lubrifiants à la paraffine généralement déconseillés chez le chat, faute de sécurité au long cours et à cause du danger d'inhalation, et nommait le lactulose et le cisapride ; la version du 21 juin 2024 ne nomme plus aucune molécule et ajoute la confusion entre l'effort pour uriner et l'effort pour déféquer [18]. La fiche sur l'herbe, datée du 8 octobre 2018, conseillait une source d'herbe aux chats sans accès extérieur, en reprenant l'« idée générale » qu'elle aide à faire passer les boules ; elle a été retirée après février 2023 (voir § 13) [125]. Les fiches sur le prurit sans puces et sur le stress (2024) ne parlent pas des boules [409].
15.3 WSAVA
Les recommandations d'évaluation nutritionnelle de 2011 ne parlent pas des boules de poils, et nous n'en avons pas trouvé de version ultérieure [410]. Dans la boîte à outils nutritionnelle, de « Selecting a pet food » (mise à jour en 2021) aux documents de 2025 et 2026 sur les friandises, l'interprétation des étiquettes et les principes de la nutrition des petits animaux, le mot « hairball » n'apparaît dans aucun document [411]. Le groupe de standardisation gastro-intestinale a publié en 2008 des normes histologiques destinées aux biopsies endoscopiques, dont le résumé ne parle ni des corps étrangers ni des poils [270]. Ses recommandations endoscopiques de 2010 n'ont pas pu être lues, et aucune suite n'a été publiée.
15.4 Collèges de spécialité et groupes européens
Vomissement. Financée par Pfizer, la revue gradée du European Emesis Council existe en deux textes, canin en 2010 (Elwood et coll., J Small Anim Pract, connu ici par son seul titre), et félin en 2013 [76]. La version féline range le trichobézoard dans la ligne des corps étrangers du tableau des causes, au niveau 4c sur la foi d'une série (note globale de la ligne : C), et ses conduites sont exposées avec le diagnostic et le traitement (voir § 8 et § 9) [76]. Aucune version ultérieure n'a paru (voir § 1).
ACVIM. Corps étrangers et boules de poils sont absents du consensus de 2018 sur les protecteurs digestifs [290]. Celui de 2021 sur la pancréatite du chat (Forman et coll., J Vet Intern Med) n'est connu ici que par son titre. Version unique à ce jour, le consensus de 2023 sur les entéropathies chroniques lymphocytaires du chat cite le vomissement sans les boules de poils et fixe la chronicité à au moins trois semaines (voir § 2) [164]. L'ACVIM n'a publié aucun consensus sur le tube digestif de 2024 à 2026, et l'ECVIM aucun du tout (voir § 1).
Imagerie. Le consensus ACVR/ECVDI de 2022 sur l'examen échographique abdominal standard ne parle, dans son résumé, ni des corps étrangers ni des poils [267], et aucun texte digestif de ces collèges ne l'a suivi.
Dermatologie et parasites. Le comité international des maladies allergiques des animaux (ICADA) a proposé en février 2021 de nommer autrement les dermatoses allergiques du chat, « syndrome atopique cutané félin » pour la forme cutanée liée à l'environnement, et d'en faire un diagnostic d'exclusion qui écarte d'abord les puces, les autres parasites, les infections et l'allergie alimentaire (d'après les résumés) [412, 413]. L'alopécie auto-induite, l'une de ses présentations, est la forme sous laquelle ces dermatoses se confondent avec un toilettage excessif (voir § 13) [372]. Dans leur 7e édition de janvier 2022, les recommandations de l'ESCCAP sur les ectoparasites rappellent que le chat élimine ses puces en se toilettant, sans parler des boules de poils ; nous n'avons ni lu les éditions antérieures ni vérifié l'existence d'une édition postérieure [52].
Chirurgie, urgences, infection. Deux revues ont préparé les recommandations européennes d'antibioprophylaxie chirurgicale de l'ENOVAT, une revue de la portée (2024) et une revue systématique (2026), après un état des lieux des recommandations nationales d'antibiothérapie en 2021 [414, 337, 415]. Datées de 2025, mises en ligne le 23 décembre 2025 et parues dans le numéro de mai 2026, elles déconseillent l'antibiotique postopératoire après une chirurgie digestive propre-contaminée, à rebours des cas anciens (voir § 11) [98]. Mises en ligne le 12 juillet 2026, les définitions consensuelles de l'ACVECC fondent le sepsis sur la dysfonction d'organe et non plus sur les critères du syndrome de réponse inflammatoire, et ne recommandent pas le lactate pour le pronostic en clinique chez le chat (voir § 11) [335, 334]. En août 2026, les recommandations de premiers secours du groupe RECOVER, gradées selon la méthode GRADE, jugent rare chez le chat l'étouffement par un corps étranger dans les voies respiratoires, en décrivent les signes et déconseillent fortement, sur avis d'experts, de balayer à l'aveugle du doigt la bouche d'un animal inconscient. Elles ne parlent pas des boules de poils [11]. L'évaluation des recommandations australiennes d'antibioprophylaxie chirurgicale (2019) n'est connue que par son résumé [416].
15.5 Fiches d'écoles et manuels
Cornell. Les fiches du Cornell Feline Health Center sont plus anciennes que leur plus ancienne capture sur le site actuel, qui date du changement de site de février 2018 [1]. Article du bulletin CatWatch daté du 29 mars 2006, « A Hairy Dilemma » rapporte l'avis d'une vétérinaire d'une clinique féline de Seattle, non d'un enseignant de l'école ; son texte n'a pas changé de 2006 à 2026, de la fréquence de boules qu'il juge « pas rare » au conseil de brossage, de tonte et d'un « remède » à base de pétrole (voir § 13) [118]. « The Danger of Hairballs », avis d'un professeur associé de médecine des petits animaux, existe depuis une mise à jour d'avril 2011 et n'a pas changé de fond jusqu'en 2026 [1]. La fiche « Vomiting », datée du 20 décembre 2010, demandait d'explorer un vomissement répété même moins d'une fois par semaine. Réécrite entre le 14 juin et le 2 juillet 2021, elle garde l'alerte au-delà d'une fois par semaine et le paragraphe sur les boules, sans la consigne d'explorer le vomissement rare mais répété [31]. Les seuils eux-mêmes sont discutés plus haut (voir § 6). Datée du 30 août 2010, la fiche « Constipation » ne citait pas le poil parmi les causes. Réécrite en avril 2021, elle place en tête l'ingestion de matériel indigestible, poils compris, et qualifie d'insolubles le potiron et le psyllium tout en les présentant comme fermentés [17]. La réponse actuelle, non datée, de la rubrique « Ask Elizabeth » sur le mégacôlon idiopathique ne cite pas le poil ; une capture de 2007 existe, que nous n'avons pas lue [417].
Manuel vétérinaire MSD. Dans la version professionnelle, le chapitre sur la constipation donne le poil, avec les os et la litière, en exemple de matière qui cause l'obstruction intraluminale, cause la plus fréquente de constipation chronique, et réserve l'huile minérale à la voie rectale à cause du risque de pneumonie par aspiration. Sur ces deux points, la révision de juin 2025 ne change rien depuis la capture de décembre 2016 [16]. Revu en août 2025, le chapitre sur l'obstruction digestive écrit que les chats peuvent développer des obstructions intraluminales par trichobézoard, de l'œsophage au côlon ; celui sur les corps étrangers œsophagiens (2022, mis à jour en 2024) ne parle ni du poil ni du trichobézoard [3]. Revue en août 2018 et mise à jour en septembre 2024, la version pour les propriétaires propose au contraire l'huile minérale si nécessaire, sans mise en garde (voir § 13) [3].
Rochlitz, Little, Trepanier, BSAVA. Le plus ancien texte lu qui avance l'herbe contre les boules de poils est une revue assortie de recommandations sur l'hébergement des chats, signée de Rochlitz à Cambridge en 1999 [121]. Ni le chapitre de Little (2012) ni la revue de Trepanier (2010) ne sont des recommandations, mais tous deux proposent des conduites devant le trichobézoard récidivant ou le vomissement aigu (voir § 9) [275, 82]. Les manuels de la BSAVA de gastro-entérologie (éditions de 2005 et 2020) et de pratique féline (2013) n'ont pu être datés que par leurs titres, la bibliothèque de l'éditeur étant payante.
15.6 Textes réglementaires et codes de l'industrie
Sur le point des boules de poils, la liste européenne des destinations diététiques n'a pas bougé de la directive 2008/38/CE au règlement (UE) 2020/354 et à ses consolidations de 2024 et 2025 (voir § 14) [381, 114, 380]. En vigueur, le code d'étiquetage de la FEDIAF reste la version d'octobre 2019, et ses lignes directrices nutritionnelles d'octobre 2021, de juillet 2024 et de septembre 2025 ne contiennent pas le mot « hairball », pas plus que sa revue d'experts de 2019 sur les glucides [115, 130, 418, 419]. Au Japon, l'exemple de 2005 qui rendait médicamenteuse l'allégation « empêcher les boules de poils » a cédé en 2013 devant une règle à deux étages, que le document de février 2025 ne modifie pas [394, 143, 395]. La Chine admet depuis 2018 l'allégation « prévient la formation de boules de poils » [146]. Côté médicaments, LAXATRACT, autorisé en France en 2018 et dont l'indication actuelle cite les boules de poils, a été rejoint en 2026 par LAXASAN, autorisé notamment en Irlande du Nord le 8 juillet, en Irlande le 31 juillet, en France le 3 août, en Espagne le 28 août et aux Pays-Bas le 22 septembre [81, 387, 388, 389, 137, 131]. Révisé le 7 janvier 2026, le RCP néerlandais de Kat-a-lax maintient son indication d'élimination et de prévention des boules [132].
15.7 Ce qui n'a pas changé
Aucune recommandation ne traite du trichobézoard ni de sa prévention. Aucune ne recommande un aliment, une pâte, un lubrifiant ou l'herbe contre les boules de poils, et la seule fiche de société qui conseillait l'herbe a été retirée [125]. Brossage, tonte et lubrifiants restent l'affaire de fiches d'écoles et d'associations, dont la plus ancienne n'a pas changé depuis 2006, et aucune n'appuie ses conseils sur une étude (voir § 13) [118, 1, 47, 3].
15.8 Publications et thèses 2024-2026 : ce qu'elles changent, ou non
De janvier 2024 au 21 octobre 2026, PubMed ne compte que six notices associant trichobézoard ou boule de poils et chat. Quatre figuraient déjà dans nos dossiers, dont deux connues par leur seul résumé [58, 216, 354, 78], et les deux autres sont humaines (voir § 1). La recherche dans le texte intégral d'Europe PMC n'ajoute qu'une donnée chiffrée nouvelle sur le trichobézoard lui-même [72]. Les nouveautés viennent surtout des sujets voisins.
Ce qui nuance une pratique. En 2026, une chatte deux fois opérée ne vomissait plus six semaines après la prise en charge d'un trouble anxieux, menée avec une pâte à la paraffine, et allait mieux à quatre mois, sans nouvelle obstruction rapportée (voir § 12) [58]. À Vienne, chez 35 chats et 60 chiens opérés dans les 48 heures suivant l'imagerie (2021-2022), l'imagerie concordait avec la chirurgie dans 84 cas sur 95 (88 %, la discussion écrivant 84 %), et le corps étranger était la lésion principale chez 20 chats [80]. Toutes espèces confondues, la sensibilité était de 81,6 % pour l'échographie et de 100 % pour la radiographie, et les auteurs concluent que la radiographie concordait mieux. Ce résultat va contre l'échographie d'emblée proposée en 2026 [67] et contre la sensibilité de 100 % publiée pour l'échographie de l'obstruction du grêle [262]. La modalité était choisie par le clinicien, seule l'imagerie jugée décisive a été retenue, et les données félines ne sont pas séparées par modalité dans les parties lues (voir § 8) [80]. Nous montrons l'écart sans le trancher. Une conduite écrite devant la constipation du chat insuffisant rénal existe depuis le 3 septembre 2026, quand la version ISFM de 2016 n'en contenait pas (voir plus haut) [19, 406]. L'antibioprophylaxie et la définition du sepsis changent avec l'ENOVAT et l'ACVECC (voir § 11) [98, 335, 334]. Contre la constipation chronique, un essai contrôlé de 2026 sur un aliment au psyllium, conduit par des salariés de Royal Canin sur 49 chats inclus, ne mesure pas le poil (voir § 7) [243]. LAXASAN est, en 2026, le second lactulose vétérinaire du chat en France, sur ordonnance ; il ajoute un produit sans changer l'indication [81]. Un second métoclopramide buvable pour le chat et le chien, MCEPE, a été autorisé le 5 juin 2025, contre-indiqué comme les autres en cas d'obstruction (voir § 9) [81].
Ce qui complète sans changer. Deux centres de référé ont réuni en dix ans 24 chats porteurs d'un ulcère digestif, confirmé par l'endoscopie, la chirurgie ou l'autopsie après une échographie qui en avait manqué 6 : néoplasie 8/24, inflammation 8/24, traumatisme 3/24, corps étrangers 3/24, dont 2 trichobézoards, l'un gastrique et l'autre jéjunal, avec une perforation chez 4 chats (16,7 %, notre calcul) [72]. Deux chats seulement sont concernés, mais c'est la seule série qui compte le trichobézoard parmi les causes d'ulcère confirmé ; en 2002, une série australienne ne citait que les corps étrangers en général, et avait trouvé des poils dans la nécrose d'un ulcère dont la cause n'a pas été établie [211]. Relues par quatre lecteurs chez 111 chats, dont 41 porteurs d'une masse digestive dépassant 2 cm, les radiographies numériques détectaient ces masses avec une sensibilité de 36 à 71 % et une spécificité au-delà de 92 %, le trichobézoard n'étant pas étudié [420]. Après la chirurgie d'un corps étranger, chez 469 animaux dont 93 chats, vomissements et régurgitations sont aussi fréquents avec ou sans sonde nasogastrique (14,4 % contre 14,7 %) ; c'est seulement après ajustement sur les médicaments reçus que l'aspiration régulière de la sonde s'accompagne d'une baisse d'environ 50 à 60 % de leurs chances, au prix d'une hospitalisation plus longue. Les chats vomissaient ou régurgitaient bien moins que les chiens, 1 sur 93 (1,1 %) contre 66 sur 376 (17,6 %), le résumé parlant de régurgitation seule [421]. Deux équipes françaises décrivent la biopsie intestinale transpariétale à l'aiguille automatique pendant la laparotomie : concordance de 100 % avec la biopsie incisionnelle pour séparer entéropathie inflammatoire et lymphome chez 17 chats et 3 chiens, sans complication au site, puis résistance immédiate des sites non suturés chez 4 chats et 8 chiens opérés, alors que 33 des 39 segments de cadavre fuyaient en deçà de la pression intraluminale physiologique maximale, la cicatrisation n'étant pas étudiée (d'après les résumés) [422, 423]. Aucun chat obstrué par des poils n'y est inclus, alors que la série histologique de Pawenski plaide depuis 2023, sans en faire une recommandation, pour des biopsies multiples pendant l'ablation d'un trichobézoard (voir § 11) [10]. Sur 87 péritonites septiques félines d'un hôpital de référé britannique, 40 chats sont sortis vivants, 6 cas suivaient une entérotomie ou une entérectomie et 2 une perforation sur corps étranger [424]. Trois cas complètent les formes cliniques : un œdème pulmonaire juste après une entérotomie sur un épaississement myocardique transitoire [425], une obstruction biliaire extrahépatique par un corps étranger duodénal qui rejoint deux observations à trichobézoard [426, 2, 58], et un matériel étranger retiré en amont d'un arc aortique droit chez un chat de 4 ans, de nature non dite dans le résumé [427]. Une sténose œsophagienne sévère après une seule sédation à la xylazine [428] et 60 chats atteints de fibroplasie sclérosante éosinophilique digestive, parmi lesquels 15 Ragdolls, 6 Exotic Shorthair, 5 Persans et 7 chats domestiques à poil long, proportions relevées parmi des malades sans population de référence, avec un pronostic meilleur que décrit auparavant [429], enrichissent le diagnostic différentiel. Plus de toilettage compulsif chez les chats atteints de maladie digestive inflammatoire ou de dermatose, et chez ceux qui reçoivent des corticoïdes [371], moins de défécations chez 9 chats insuffisants rénaux que chez 9 chats sains, mesurées par un bac connecté de Nestlé Purina que le fabricant a fourni, avec une autrice au comité consultatif de cette société [407], baisse de la digestibilité des protéines et des graisses liée à la fibre alimentaire dans des données financées par Hill's [355] : l'enquête et l'analyse de Hill's sont reprises avec la prévention (voir § 13), l'étude du bac connecté avec les recommandations d'iCatCare (voir plus haut). Les publications 2024-2026 déjà analysées par nos dossiers sont exposées dans leur partie : imagerie et scanner (voir § 8) [78, 67, 260], formes cliniques et diagnostic différentiel (voir § 7 et § 8) [216, 228, 156, 197, 252], chirurgie et péritonite (voir § 11) [100, 99, 96, 308, 315, 302, 291], antiémétiques et constipation (voir § 9) [274, 293, 294], toilettage et races (voir § 3 et § 5) [48, 168, 42, 173, 30, 69], prévention (voir § 13) [354, 347, 360, 113, 110, 367, 123].
Sans effet sur le sujet. Sans critère « poils », un essai d'aliment dans le syndrome atopique cutané félin n'apporte rien au sujet [372]. Sous probiotiques, 12 chatons sains ont été moins souvent constipés que 12 témoins (24 chatons répartis à parts égales), d'après un résumé qui décrit peu la méthode [430]. Le syndrome du côlon court de 93 chats donne surtout de la diarrhée [431]. L'irrigation à l'acétylcystéine a réduit les adhérences après une entérotomie provoquée, chez 5 chats contre 10 témoins sous dexaméthasone ou sérum physiologique (15 chats en trois groupes égaux), modèle expérimental sans malade [432]. Une impaction œsophagienne alimentaire d'un chaton ne contient pas de poil [433], et une panthère des neiges sauvage filmée en train de manger un arbuste ne teste aucune hypothèse [369].
Thèses. Soutenue à Alfort en 2024, la thèse de Thinon sur l'échographie à trois jours après une entérotomie ou une entérectomie, chez 23 chats et 55 chiens, cite les trichobézoards parmi les corps étrangers non linéaires sans en donner l'effectif (voir § 12) [299]. Les supports de radiologie de l'école de Toulouse (Lasserre, 2024) écrivent que les trichobézoards, peu radio-opaques, ne se voient pas à la radiographie et demandent une échographie, tout en montrant un iléus mécanique au « signe du gravier » dont l'obstacle était un trichobézoard mêlé de débris végétaux (voir § 8) [77]. Patenostre (Alfort, 2024) reproduit en annexe les recommandations de l'ARPP de 2017 sur la publicité des aliments pour animaux familiers, qui donnent « limite l'apparition de boules de poils » en exemple d'allégation fonctionnelle autorisée (voir § 14) [383]. Montaufray (Alfort, 2025) ne cite le trichobézoard que dans la liste des affections d'une étude qu'elle rapporte, sans donnée propre [434]. Les thèses de pharmacie ne sont pas retenues comme sources. Bornée à 2024-2026, notre recherche dans HAL, DUMAS et theses.fr n'a trouvé aucune thèse nouvelle sur le trichobézoard, la constipation ou le toilettage du chat ; la seule sur un sujet voisin, celle de Leblanc (VetAgro Sup, 2024) sur les invaginations intestinales de 35 chiens et 10 chats, est déjà exposée avec les formes cliniques (voir § 7) [229].
16. Controverses
Chaque désaccord ci-dessous est exposé avec ses sources, côte à côte. Faute de données suffisantes, nous n'en tranchons aucun.
1. Seuil entre vomissement banal et signe d'appel. Pour une fiche de l'école de Cornell, qui rapporte l'avis d'un de ses professeurs, une boule toutes les une à deux semaines n'a rien de rare, et l'alerte commence au-delà d'un vomissement par semaine [1, 31] ; un article du bulletin de son centre de santé féline rapportait dès 2006 la même tolérance, d'après une praticienne de Seattle [118]. Cannon place la barre bien plus bas, à deux rejets annuels chez le chat à poil court, seuil à partir duquel les boules deviennent « régulières » et peuvent révéler une affection sous-jacente [5]. Pour Norsworthy, qui raisonne en épisodes de vomissement, boules comprises, deux par mois signent presque à coup sûr une maladie chronique du grêle [32], alors que ses séries ne recrutaient que des chats à l'intestin épaissi [37, 203]. Marsilio et ses collègues, eux, ont rangé parmi leurs chats sains des chats à poil long qui vomissaient surtout des boules et d'autres qui vomissaient jusqu'à deux fois par mois [33, 205] ; la lecture conjointe de l'histologie, de l'immunohistochimie et de la clonalité concluait pourtant à un lymphome à petites cellules chez 12 de leurs 20 chats, alors que 17 des 20 restaient sans signe digestif après une médiane de 709 jours [33]. La cohorte liverpudlienne de chats de 7 à 10 ans ne trouve aucun lien entre boules dans le vomi et fréquence des vomissements [38]. Une école texane écrivait en 2013 qu'une boule rejetée de temps en temps, sans autre signe, pouvait être « tout à fait normale », puis demandait en 2019 de consulter quand elle revient régulièrement [34, 35]. Unités, populations et méthodes diffèrent, et aucun de ces seuils n'a été éprouvé (voir § 6).
2. Fréquence notée par le vétérinaire, fréquence vue par le propriétaire. Moins de 1 % à 1,5 % des chats ont une boule de poils enregistrée dans les bases britanniques de clientèle générale, selon l'échantillon [29, 30, 151]. Les propriétaires interrogés en rapportent chez 10 % à 66 % des chats, selon la période, la population et la question posée [5, 27, 38, 28, 66]. Les deux chiffres ne mesurent pas la même chose, mention de consultation d'un côté, souvenir de propriétaire de l'autre, sur des périodes qui vont du mois à la vie entière du chat. Ni le dossier ni l'enquête ne décrivent une population représentative (voir § 4).
3. Durée du toilettage : mesures contre « 25 à 30 % ». Vidéo et accéléromètre situent le toilettage entre 2 et 7 % des 24 heures, en cage comme au foyer [166, 40, 42, 173] ; dans l'étude qui a validé cet accéléromètre sur 12 chats, sa part allait pourtant de 7 à 21 % du temps enregistré selon le modèle de calcul et la fixation, grattage compris [167]. Les introductions d'articles répètent qu'un chat y passe 25 à 30 % de son temps, chiffre que deux équipes rattachent au même article de 1976, attribué à Hart par l'une et à Benjamin par l'autre, et à une observation de chattes de ferme parue en 1981 [40, 43]. D'autres écrivent jusqu'à 24 % du temps d'éveil [41, 168], Hock et Schmidt en citant notamment Eckstein et Hart, dont le résumé donne 8 % du temps hors sommeil et repos [168, 166], et Cannon rapporte 3,6 heures par jour chez des chattes de ferme [5]. Rapportée aux 24 heures ou au seul temps d'éveil, la grandeur n'est pas la même, et aucune source lue ne réconcilie les deux séries de chiffres. Même la saison agit autrement d'une étude néo-zélandaise à l'autre, maximum d'automne chez six chats de recherche, effet limité aux mâles chez 28 chats de foyer [173, 42] (voir § 3).
4. Entéropathie chronique, lymphome et trichobézoard : quel sens au lien ? Selon un chapitre de Washabau, une maladie infiltrante précéderait souvent le trichobézoard intestinal, mais la série qu'il cite ne compte qu'un chat atteint d'entérite sur cinq [277, 9]. Chez les 44 chats biopsiés de Pawenski, le tableau des diagnostics classe 69 biopsies sur 100 comme inflammatoires, 18 comme lymphomes à petites cellules et 8 comme dépourvues de muqueuse, quand la discussion n'en dit que 5 sans inflammation ; 10 chats avaient un lymphome, et la série n'a ni témoins ni lecture en aveugle, ses normes ayant été établies, selon les auteurs, sur de jeunes chats de colonie [10]. Neutrophiles et érosions se concentraient au site de l'obstacle, ce qui peut aussi se lire comme une conséquence de la boule [10]. Barrs avance au contraire, au conditionnel, qu'une entérite éosinophilique fibrosante de l'iléon a pu ralentir localement la motilité et favoriser l'obstruction d'un de ses chats, l'entéropathie figurant pour lui parmi d'autres facteurs, poil long, puces et végétaux ingérés [9]. Quatre des 24 chats d'une thèse d'Alfort sur l'infiltration éosinophilique digestive avaient des antécédents de trichobézoard [182], quand aucun des 13 chats d'une série australienne de fibroplasie sclérosante n'avait eu d'obstruction par une boule [196]. Sans étude cas-témoins, ni German et German ni Pawenski ne tranchent [2, 10] (voir § 5).
5. Ordre et valeur des examens d'imagerie. À Sydney, en 1999, Barrs et coll. conseillaient les radiographies avant l'échographie devant un iléus, le gaz gênant celle-ci, après un cas où l'échographie faite d'abord avait orienté vers une tumeur [9]. L'échographie seule pourrait suffire, estimait en 2006 une équipe de Melbourne [253]. Le texte gradé du European Emesis Council la tenait en 2013 pour souvent la plus appropriée [76], une équipe américaine suggérait en 2020 de l'envisager plutôt que des clichés répétés, qui n'amélioraient pas significativement l'exactitude d'après son résumé [256], et l'équipe de Naples la place en tête en 2026 [67]. À Vienne, en 2025, c'est la radiographie qui concordait le mieux avec la chirurgie, chiens et chats réunis [80]. Pour les corps étrangers intestinaux de toute nature, la sensibilité publiée de l'échographie va d'environ un sur deux, d'après un résumé [79], à 16 sur 16 [253]. Un support de cours toulousain tient le trichobézoard pour invisible à la radiographie [77], alors que des cas publiés montrent une masse hétérogène ou une structure lobulée [9, 21] et que la série coréenne voit le bézoard lui-même une fois sur six [78] : l'un parle de l'objet, les autres aussi de ses effets. Au scanner, la chirurgie a confirmé le diagnostic chez tous les opérés d'une série de corps étrangers [268], alors que 8 trichobézoards sur 10 n'étaient que suspectés dans la série coréenne (tableau 1 ; son texte n'en dit qu'un de visible) [78]. Ces positions n'ont jamais été éprouvées sur des trichobézoards (voir § 8).
6. Aliments « boules de poils » et critère du poil fécal. Davantage de poil dans les selles signe le succès pour deux équipes [43, 113], moins d'amas pour deux autres [112, 109], et une cinquième rapporte le poil au poids des selles [346]. La cellulose reste sans effet sur les amas ou sur le poil fécal dans trois études, seule ou associée au psyllium [112, 111, 110], alors que la fibre de canne, dans la première, réduit le nombre et la masse des amas excrétés [112]. La cellulose diminue pourtant les vomissements notés par les propriétaires dans une quatrième [107] et, associée au psyllium, augmente le poil fécal du seul panel à poil long dans une cinquième [43]. Ceux qui citent l'essai de 2004 sur une friandise au psyllium, que nous n'avons pas pu lire, le décrivent de trois façons [5, 112, 107, 346]. Invoquée pour expliquer un effet [112], la longueur des fibres n'en produit aucun quand une cellulose de 700 µm est éprouvée [111]. Devant un trichobézoard œsophagien récidivant, un chapitre de manuel propose un aliment riche en fibres [275], et Cannon relevait qu'aucune étude n'en montrait l'effet [5] ; dans l'intestin, une chatte opérée deux fois vomissait des boules tous les deux à trois jours malgré un aliment « boules de poils » [58]. Rien, dans ces travaux, ne relie le critère fécal aux vomissements ni à l'obstruction (voir § 13).
7. Herbe et évacuation du poil. Deux enquêtes de Davis, quelque trois mille réponses au total, concluent que les chats ne mangent pas de plantes pour évacuer du poil [122], et chez des panthères des neiges de zoo, la quantité de plantes fécales ne suit pas celle des poils [202]. En face, six masses végétales régurgitées par deux chats montraient au microscope électronique des poils animaux accrochés à des dentelures, observation connue par son résumé [123]. Rochlitz, dans une revue de 1999 sur l'hébergement des chats écrite à Cambridge [121], et une fiche d'iCatCare datée de 2018 conseillaient l'herbe, et cette fiche a disparu après février 2023 sans explication publiée [125]. Une questions-réponses ministérielle japonaise, lue dans son état de 2009, met l'herbe hors du champ de la loi sur les aliments, parce qu'elle est destinée à faire recracher le poil [364]. Le poil évacué avec et sans herbe n'a jamais été comparé. Distincte de ces graminées, la cataire (Nepeta cataria) n'est reliée aux boules par aucun des travaux repérés (voir § 13).
8. Lubrifiants : faut-il, et comment ? Cannon admet la paraffine liquide mélangée à l'aliment et proscrit la seringue [5], Barrs déconseille toute huile minérale liquide [9], et la fiche japonaise d'une pâte enregistrée demande de ne jamais la mêler à l'aliment [133]. Deux pages du centre de santé féline de Cornell divergent : un article de son bulletin rapportait en 2006 l'avis d'une praticienne de Seattle, qui conseillait un « remède » au pétrole donné régulièrement [118] ; la fiche présente depuis 2011 refuse tout laxatif sans l'accord d'un vétérinaire [1]. Côté professionnel, le manuel MSD réserve l'huile minérale à la voie rectale [16], quand sa version pour les propriétaires la propose « si nécessaire » [3]. iCatCare déconseillait la paraffine liquide jusqu'en 2018, avant de ne plus nommer aucune molécule [18]. En 2013, Cannon écrivait qu'aucun cas félin de pneumonie lipidique exogène n'était publié ; une équipe espagnole en cite trois antérieurs, parus hors PubMed, et tient l'huile minérale donnée de force pour la cause la plus fréquente de cette pneumonie chez le chat ; ses trois propres chats la recevaient au long cours, de force selon son résumé [5, 117]. Le RCP néerlandais d'une pâte à la vaseline ne porte, lui, aucune contre-indication [132]. Les modes d'administration n'ont jamais été comparés (voir § 9).
9. Brossage : conseillé partout, mesuré nulle part. Brosser ou peigner revient dans chaque fiche lue, chez iCatCare dès 2013 [47], chez Cornell depuis 2011 [1], dans le manuel MSD pour les propriétaires [3], chez Cannon et chez Barrs pour le poil long [5, 9]. L'idée s'accorde avec les deux tiers de poil perdu retrouvés dans les selles [45]. Nulle étude ne compare pourtant chats brossés et non brossés, ni sur le poil avalé, ni sur les vomissements, ni sur les obstructions. Barrs rapporte même des récidives survenues malgré un toilettage régulier, d'après deux cas anciens [9] (voir § 13).
10. Stress, toilettage excessif et boules de poils. Que le stress fasse toiletter puis vomir des boules, une revue clinique de 2018 l'affirme en s'appuyant sur une série dermatologique où le mot ne figure pas et sur une revue qui l'avance sans référence ni donnée [185, 183, 5]. Citant l'étude de Stella de 2013, une thèse d'Alfort range une fréquence accrue des vomissements de boules parmi les comportements qui peuvent traduire un stress [435]. Celle-ci l'écrit elle-même dans son introduction, où elle résume l'étude de 2011, mais ses propres résultats montrent les vomissements de poils, d'aliment ou de bile, comptés ensemble, en baisse pendant le stress, et l'étude de 2011 ne trouve pas de hausse significative des signes digestifs hauts lors des événements inhabituels [150, 149]. Le lien passe de texte en texte sans avoir été mesuré (voir § 5).
11. Antiémétique quand une obstruction est possible. Une contre-indication possible est admise par le European Emesis Council, au grade de l'avis d'experts [76], et une revue américaine de 2010 veut une radiographie abdominale avant tout antiémétique chez le chat qui vomit [82]. Sur 537 chiens et chats à corps étranger, l'antiémétique donné tôt était associé à un délai plus long jusqu'au traitement définitif, sans davantage de complications, d'où la conclusion des auteurs qu'il n'est pas contre-indiqué en soi, l'évolution étant surveillée ; l'étude est rétrospective, et nous n'en avons lu que le résumé [26]. Les RCP français du maropitant portent une mise en garde et non une contre-indication, ceux du métoclopramide une contre-indication formelle [81] (voir § 9).
12. Déhiscence féline « proche de zéro » ? Deux introductions d'articles la présentent ainsi [100, 95], et aucune des 71 entérotomies d'une thèse d'Alfort n'a fui [97]. Ce zéro ne vaut que pour l'entérotomie. L'entérectomie en compte 2 sur 40 dans la même thèse [97], les incisions du gros intestin 7 sur 84, d'après le résumé [152], les biopsies étagées de 127 chats 3 certaines ou fortement suspectées [318], et les auteurs de la série colique estiment que les taux félins peuvent être sous-estimés, tout en jugeant le risque faible [152]. Pas une ne chiffre à part le trichobézoard (voir § 11).
13. Lactate et pronostic. Associé à la mort dans une série de péritonites septiques [273] et, chez des chats hypotendus, à une survie plus basse [333], le lactate ne distingue pas les morts des survivants dans plusieurs autres séries félines, de péritonite ou non [273, 332, 333]. En 2026, le consensus de l'ACVECC ne retient pas son dosage pour le pronostic félin en clinique [334]. La pratique est ainsi tranchée par un texte, l'écart entre séries demeure, et aucune publication ne l'étudie au cours d'un trichobézoard (voir § 11).
14. Œsophage : maladie préalable ou conséquence ? Une maladie œsophagienne sous-jacente accompagne la majorité des observations antérieures à 2019 [25, 5], mais les deux chats australiens de 2019 n'en avaient ni signe ni antécédent, sans que leur motricité œsophagienne ait été explorée [25]. L'association avec la sténose bénigne, mesurée une fois, ne dit pas si le poil précède la sténose ou s'il la suit [64]. Selon la source, les trichobézoards dominent les corps étrangers œsophagiens félins rapportés [213] ou manquent tout à fait, comme dans une série égyptienne de 30 chats [214] : le recrutement décide (voir § 7).
15. Poil et invagination. De deux chattes opérées, une équipe japonaise tire que la maladie des boules de poils mènerait « relativement souvent » à l'invagination [70]. Dans leurs résumés, les séries occidentales d'invaginations félines ne parlent pas de poil [223, 224, 225, 226], pas plus que la seule dont le texte a été interrogé [227] (voir § 7).
16. Part du poil dans la constipation. La version professionnelle du manuel MSD cite le poil, avec les os et la litière, parmi les matières qui obstruent le côlon, cause qu'elle dit la plus fréquente de constipation chronique [16]. Réécrite en 2021, la fiche de Cornell place en tête l'ingestion de matériel indigestible, poils compris, alors que sa version de 2010 ne parlait pas du poil [17]. Chez iCatCare, la fiche sur la constipation ne le cite à aucune de ses dates [18], et les séries de constipation et de mégacôlon ne l'étudient pas [15, 238, 240]. Pour en juger, nous n'avons trouvé que quatre cas publiés de poils dans le côlon (voir § 7).
17. La boule de poils est-elle une maladie ? Le règlement chinois d'étiquetage la range expressément parmi les problèmes non pathologiques, ce qui autorise le mot « prévenir » sur un aliment [146], et le code de la FEDIAF la traite de même sans le dire [115]. Au Japon, éliminer les boules relève depuis 2013 de l'effet d'un médicament, sauf pour un aliment riche en fibres qui écrit que ses fibres en freinent la formation ou les éliminent physiquement [143]. Les Pays-Bas en font l'indication d'un médicament vétérinaire [132]. Cannon voit dans la boule fréquente du chat à poil court l'indice possible d'une maladie sous-jacente [5]. Ces statuts traduisent des choix d'étiquetage, non des preuves (voir § 14).
18. Âge. Selon un avis de Cornell, chatons et jeunes chats feraient moins de boules que leurs aînés [1]. Le toilettage mesuré est plus long chez les jeunes adultes que chez les chats d'âge mûr [42], et le toilettage excessif plus fréquent après 8 ans dans les dossiers britanniques [151] comme chez le senior au Japon [188], quand deux enquêtes finlandaises, sur 3 255 et 5 683 chats, ne lui trouvent aucun lien avec l'âge [186, 187]. Entre l'âge et la fréquence des boules, aucune source lue n'établit de lien direct (voir § 5).
19. Hyperthyroïdie. Pelage négligé pour les recommandations de l'AAFP de 2016 [199], alopécie par léchage chez six chats de la série dermatologique de Cornell [183] : les deux tableaux sont décrits, et aucune source lue ne relie l'hyperthyroïdie aux boules de poils (voir § 5).
17. Limites de cette revue
Nature des preuves. La preuve qui porte sur le trichobézoard du chat lui-même tient en rapports de cas, en deux séries cliniques, de 5 chats [9] et de 44 [10], en avis d'auteurs, en fiches d'écoles et en chapitres de manuels. Aucun essai contrôlé ni aucune étude cas-témoins ne le prend pour objet, et la seule cohorte qui touche aux boules signalées, connue par un bulletin, ne publie pas d'effet chiffré [65]. Faute de témoins, les associations publiées ne décrivent que des malades, et une proportion relevée parmi eux ne vaut pas risque (voir § 5). Un cas se publie d'autant plus volontiers qu'il est inhabituel ou qu'il a mal fini : anneau vasculaire, stent obstrué, diverticule, mort par aspiration. Le tableau que dessine cette littérature n'est donc pas celui de la clinique courante (voir § 7).
Pas de suivi des trichobézoards traités. Au-delà de cinq chats, la seule série d'obstructions par trichobézoard ne rapporte aucune issue [10]. Déhiscence, mortalité et complications ne se lisent donc que dans la chirurgie des corps étrangers digestifs en général, où une seule série lue compte un trichobézoard, chez son unique chat, euthanasié quelques jours après l'intervention [92] (voir § 11). La récidive n'est connue que par des cas isolés, sans dénominateur (voir § 12). On ignore si une masse de poils, souvent installée depuis des jours ou des semaines, expose davantage à la résection ou à la fuite. Nos propres décomptes sur les cas publiés, 16 chats opérés par voie abdominale avec une issue connue et 9 traités par voie orale ou endoscopique, recensent des publications et ne mesurent aucun risque (voir § 10).
Accès. Sur les 435 sources citées, 160 n'ont été lues que par leur résumé et 130 en lecture partielle. Parmi les travaux connus par leur seul résumé figurent les séries de Norsworthy sur 100 et 300 chats à signes digestifs chroniques et intestin épaissi [37, 203], la mesure du toilettage en cage de Davis [166], la série d'alopécies dites psychogènes [55], l'association entre sténose œsophagienne et trichobézoard [64], la plupart des études d'exactitude de l'imagerie [253, 262, 255, 256], l'étude des antiémétiques sur 537 animaux [26], la série d'incisions du gros intestin [152], la plus grande série féline d'extractions endoscopiques [91] et l'unique observation favorable à l'herbe [123]. Quelques pages n'ont été lues qu'à travers un outil de lecture web, avec les passages décisifs demandés mot pour mot, et trois ne sont connues que par le compte rendu de cet outil, en partie paraphrasé : la mécanique de la langue, dont la page de l'éditeur a ensuite été refusée [41], une revue espagnole sur le stress et une revue de cas humaine [153, 154]. Lus sur un OCR de qualité inégale, les résumés de congrès japonais ont été traduits par nous [12, 13, 70, 155, 4]. Plusieurs données ne sont connues que par la source qui les cite : les 25 à 30 % de temps de toilettage [43, 40], les autopsies d'une colonie de Portsmouth [5], des récidives de 1978 et 1979 [9], l'essai d'une friandise au psyllium de 2004 [5, 107], trois pneumonies lipidiques parues dans Feline Practice [117] et les résultats humains de la boisson au cola [21].
Langues, bases et thèses hors d'atteinte. SciELO n'a été approché que par un moteur généraliste et par Crossref, si bien que la littérature latino-américaine reste mal couverte. CNKI et Wanfang pour la Chine, RISS et DBpia pour la Corée, CAB Abstracts et ProQuest n'ont pas été interrogés. Le mémoire brésilien de trois chats obstrués et la série égyptienne de 22 chats sont restés fermés (voir § 1). HAL ne couvre vraiment que Toulouse et Alfort, et depuis 2001 seulement : les thèses de Lyon et de Nantes, celles d'Alfort absentes de HAL et toutes les thèses antérieures à 2001 ne sont connues que par leur notice. Six mémoires de Liège sont restés derrière l'authentification, comme les dépôts de Gand, d'Utrecht, de Zurich et de Berlin derrière un refus. Sept recueils japonais de congrès n'ont pas été criblés. Faute d'accès au site de l'AAHA, ses recommandations propres, publiées dans son journal, n'ont été lues que par leurs résumés, et l'absence du sujet n'y est pas affirmée pour les textes [405]. Ni les manuels de la BSAVA ni les grands traités de chirurgie n'ont été consultés.
Recrutements de référé. Six hôpitaux privés de référé ont fourni les 44 chats de Pawenski, entéropathies déjà connues exclues [10], un centre universitaire la série napolitaine [67], et des centres universitaires ou de référé la plupart des séries de chirurgie digestive féline, à deux exceptions près, une structure de la RSPCA et une clinique ambulatoire du Colorado [233, 309]. Des chats plus graves, plus explorés, sélectionnés pour une chirurgie ou une biopsie : ce que montrent ces séries ne se transpose pas à la clientèle générale (voir § 4).
Financement industriel. Les fabricants d'aliments ou d'ingrédients ont écrit ou financé sept des dix études à critère « poils », et deux de ces liens n'apparaissaient, dans ce que nous avons lu, qu'en dehors de la notice : dans le PDF de l'article pour l'un, dans les remerciements d'un mémoire pour l'autre, l'article tiré de ce mémoire n'ayant été lu que par son résumé [107, 349] (voir § 13). Daehan Feed, fabricant coréen d'aliments, a financé les travaux de Séoul sur le toilettage et le poil fécal, dont deux des cinq auteurs sont ses salariés [40, 159]. Soutenue par Pfizer, qui fabriquait un antiémétique, la revue gradée du vomissement félin comptait parmi ses auteurs un salarié de ce laboratoire et un chercheur financé par Royal Canin [76]. Royal Canin a aussi financé la cohorte liverpudlienne de chats âgés [38], un salarié d'Unicharm a conduit les enquêtes japonaises sur la saison des boules [27], le fabricant d'une clôture a financé en partie l'étude de l'espace extérieur clos et transmis son questionnaire à ses clients, sans part à l'analyse selon les auteurs [66], un auteur du consensus de l'ISFM sur le chat hospitalisé inappétent est salarié de Royal Canin [86], et Nestlé Purina a fourni le bac connecté qui a compté les défécations de chats insuffisants rénaux, une autrice siégeant à son comité consultatif [407]. N'avoir rien relevé ailleurs ne prouve pas l'absence de lien.
Affirmations négatives et dates. Écrits avant la découverte des recommandations d'iCatCare sur la maladie rénale chronique, mises en ligne le 3 septembre 2026, nos dossiers affirmaient qu'aucune recommandation ne traitait de la constipation du chat ; la revue a été corrigée [19]. Deux dates de fiches ont aussi été reculées après lecture des archives, 2013 et non 2025 pour le conseil de brossage d'iCatCare [47], 2011 et non 2018 pour la fiche de Cornell sur les boules de poils [1]. Les autres formules négatives de cette revue, « aucune étude », « aucun cas », « aucune recommandation », valent pour les bases, les langues et les dates interrogées, pas au-delà.
Démarches que la revue n'a pas suivies. La revue n'a pas enregistré de protocole, pas doublé l'extraction, pas tenté de méta-analyse. Ses niveaux de preuve viennent d'une échelle propre aux dossiers, non d'une grille standardisée du risque de biais. Elle expose les incohérences internes des sources sans les corriger (voir § 19). Les recommandations ont été suivies dans leurs versions en ligne, datées par des archives qui peuvent manquer une édition imprimée ou une page jamais capturée.
18. Conclusions
Ce que permettent d'affirmer les preuves disponibles.
- Trichobézoard désigne à la fois le boudin vomi, le poil fécal et la masse obstructive. Un chiffre ne se compare qu'à un chiffre qui porte sur le même objet (voir § 2).
- Le chat avale une grande part du poil qu'il perd, environ les deux tiers chez des chats d'extérieur suivis plus d'un an, la perte culminant en plein été et au plus bas en hiver d'après les mesures mensuelles, alors que le texte de la thèse parle de printemps et d'été [45].
- Les selles du chat à poil long contiennent davantage de poil dans un essai coréen [159], et dans l'essai de Royal Canin sous des aliments enrichis en fibres seulement [43], sans qu'il se toilette plus longtemps que le chat à poil court [40, 48].
- Courantes quand on interroge les propriétaires, rares dans les dossiers vétérinaires : ces deux constats coexistent parce qu'ils ne mesurent pas la même chose (voir § 4).
- Parmi les cas publiés, l'intestin grêle réunit le plus de chats, 54 sur au moins 92, dont 44 dans la seule série de Pawenski, et l'œsophage le plus de publications, 17 sur 49 (notre décompte) ; bien des formes rares reposent sur un obstacle anatomique ou sur un matériel qui retient le poil (voir § 7).
- Des chats âgés porteurs d'une masse abdominale palpable avaient un trichobézoard là où l'on présumait une tumeur, et ce pronostic présumé a fait différer ou refuser des examens chez deux d'entre eux [9] (voir § 8).
- Seule série biopsiée, celle de Pawenski classe la plupart des biopsies des chats obstrués comme inflammatoires (69 sur 100), et 10 chats sur 44 y ont un lymphome à petites cellules [10], sans que l'on sache ce qui précède l'obstruction.
- Les complications graves décrites après le retrait d'un trichobézoard œsophagien sont respiratoires (voir § 12).
- Contre le trichobézoard, aucun produit n'a d'efficacité démontrée, et le seul risque documenté d'un lubrifiant est l'aspiration, suivie de pneumonie lipidique [117].
- Pesant pour l'essentiel le poil des selles, les études d'aliments viennent surtout de fabricants (voir § 13).
- Une même pâte change de statut d'un pays à l'autre, médicament, quasi-médicament, produit non approuvé ou sans statut vérifié, sans qu'un seul registre cite une étude d'efficacité (voir § 14).
- Aucune recommandation n'est consacrée au sujet. La seule recommandation de société vétérinaire à nommer les boules de poils demande de les rechercher à l'interrogatoire [6].
Ce qu'elles ne permettent pas d'affirmer.
- Quelle fréquence de vomissement de poils est normale, ni quelle part des chats qui en vomissent souvent est malade (voir § 6).
- Si l'entéropathie chronique précède l'obstruction, en découle, ou les deux à la fois.
- Quel examen d'imagerie détecte le mieux un trichobézoard chez le chat.
- Quelle est la mortalité, la fréquence des complications ou le taux de récidive après le retrait d'un trichobézoard.
- Si un aliment, une fibre, le brossage, la tonte, un lubrifiant, une pâte de malt, l'herbe réduisent les vomissements de poils ou les obstructions.
- Si le chat d'intérieur mue autrement que le chat d'extérieur, et ce que l'âge change aux boules.
Questions de recherche ouvertes.
- Mesurer la fréquence des vomissements de poils en population générale, avec une définition standardisée et un examen vétérinaire.
- Comparer, dans une même population, des chats qui vomissent souvent des poils et des témoins, bilan digestif à l'appui.
- Rechercher par une étude cas-témoins les lésions intestinales des chats obstrués, biopsies lues en aveugle selon des normes de chats adultes.
- Suivre une série prospective de trichobézoards opérés ou extraits, jusqu'à la déhiscence, la mort ou la récidive, en notant l'effet du traitement de la cause.
- Évaluer l'imagerie sur des trichobézoards confirmés par la chirurgie, chez le chat seul.
- Éprouver brossage, aliments à fibres et lubrifiants dans des essais indépendants de l'industrie, sur un critère clinique.
- Mesurer la mue du chat d'intérieur, le temps de toilettage et la motilité gastrique des chats qui font des boules, puis expliquer l'association relevée entre boules de poils et parodontite [68].
Ces constats décrivent l'état des publications au 22 octobre 2026 et ne fondent aucune recommandation clinique. Leur usage relève du vétérinaire qui examine le chat.
19. Annexe : tableaux
Les tableaux reprennent, source par source, les données citées dans les parties 3 à 15. D'un tableau à l'autre, recrutements, définitions et suivis changent : aucune comparaison directe n'est permise.
Tableau A1. Études chiffrées de fréquence des boules de poils et des trichobézoards
Mesure, période, population et unité diffèrent d'une ligne à l'autre : les valeurs ne se comparent pas sans revenir à la source. Les dernières lignes sont des proportions parmi des chats malades ou opérés, pas des risques. TI = texte intégral lu ; P = lecture partielle ; R = résumé seul.
| Étude |
Pays, période |
Plan |
Population |
Effectif (unité) |
Mesure |
Résultat |
Accès |
Lien d'intérêt |
| Cannon 2013, sondage 1 [5] | Royaume-Uni (Oxford), avant 2012 | sondage informel mené par l'équipe soignante | chats à poil court en bonne santé apparente, sans antécédent cutané ni digestif | 48 chats | boules par an selon le propriétaire | jamais 35/48 (73 %) ; environ une par an 8/48 (17 %) ; deux ou plus par an 5/48 (10 %) | TI | aucun déclaré |
| Cannon 2013, sondage 2 [5] | Royaume-Uni (Oxford), avant 2012 | sondage par courriel, non aléatoire, biais reconnu | clients, chats sains selon le propriétaire | 87 chats à poil court ; 38 à poil long | boules par an | poil court : jamais 37/87, une par an 27/87, plus de deux par an 23/87 (26 %) ; poil long : 9/38, 8/38, 21/38 (55 %) | TI | aucun déclaré |
| Dards 1980, d'après Cannon [5] | Royaume-Uni (Portsmouth), 1980 | observation de terrain et autopsies | chats libres d'un arsenal | 14 chats autopsiés ; 23 selles | poils dans l'estomac ; dans les selles | estomac 4/14 (28,6 %, notre calcul), dont une seule boule ; selles 22/23 | connu par la revue de 2013 | sans objet |
| Sakoda 2019 [27] | Japon, juillet 2015 et janvier 2016 | deux enquêtes en ligne transversales | propriétaires, 239 présents aux deux dates | 1 030 et 1 031 répondants | boule vomie dans le mois écoulé | 524/1 030 (50,9 %, juillet 2015) ; 347/1 031 (33,7 %, janvier 2016) ; effectifs du tableau 5 | TI | auteur salarié d'Unicharm |
| Dowgray 2022 [38] | Royaume-Uni (Liverpool), 2017-2019 | cohorte, questionnaire d'inclusion | chats de 7 à 10 ans | 205 chats ; 130 ayant vomi dans l'année | boules dans le vomi | toujours 22/130 ; parfois 78/130 ; jamais 24/130 ; ne sait pas 6/130 ; au moins parfois 100/205 (48,8 %, notre calcul) | P | financement Royal Canin, un coauteur salarié |
| Carlton 2026 [28] | Australie (Sydney), cohorte récente | cohorte, enquête auprès des adoptants sur 12 mois | chats adoptés en refuge | 704 chats renseignés | boules vues ; au moins mensuelles | 419/704 (59,5 %) ; 94/704 (13,4 %) | P | aucun |
| de Assis 2020 [66] | Royaume-Uni, 2019 | enquête avant-après, sans témoins | chats de clients d'un fabricant de clôtures | 382 chats | boule déjà observée | 253/382 (66,2 %, notre calcul) ; jamais 129/382 | P | financement partiel par ProtectaPet |
| Vapalahti 2016 [179] | Finlande | enquête auprès de propriétaires | 30 races selon le résumé ; 29 races et 1 545 chats sans race selon les résultats | 8 175 chats | vomissements répétés, boules non isolées | 4 %, environ 327 (notre calcul) | P | non relevé |
| O'Neill 2019 [29] | Royaume-Uni, 2013 | cohorte rétrospective, dossiers de clientèle générale | Persans | 3 235 Persans sur 285 547 chats | trichobézoard noté dans l'année | 47/3 235 (1,5 % selon les auteurs, IC 95 % 1,1-1,9 ; 1,45 % notre calcul) | P | aucun financement spécifique |
| O'Neill 2025 [30] | Royaume-Uni, 2019 | cohorte rétrospective, dossiers de clientèle générale | Ragdolls tirés au sort | 2 025 sur 21 358 Ragdolls | « hairball/furball » noté dans l'année | 19/2 025 (0,94 % ; IC 0,52-1,36) ; âge médian 4,90 ans | P | Kennel Club Charitable Trust et Agria, sans rôle dans l'étude |
| O'Neill 2023 [151] | Royaume-Uni, 2019 | cohorte rétrospective, dossiers de clientèle générale | échantillon général tiré au sort | 18 249 sur 1 255 130 chats | boule de poils notée dans l'année | absente des 30 troubles les plus fréquents : moins de 148/18 249, moins de 0,81 % (notre déduction) | P | Kennel Club Charitable Trust et Agria, sans rôle dans l'étude |
| O'Neill 2023 [68] | Royaume-Uni, 2019 | même échantillon, analyse des comorbidités | échantillon général | 18 249 chats | « hairball, furball » | parmi les 40 autres troubles les plus fréquents ; effectif non publié | P | non relevé |
| Pawenski 2023 [10] | États-Unis, 6 hôpitaux de référé, 2016-2022 | série rétrospective | chats opérés pour corps étranger digestif | 667 chats | trichobézoard avec au moins une biopsie | 44/667 (6,6 %), proportion sous-estimée par le critère de biopsie | TI | aucun |
| Pawenski 2023 [10] | États-Unis, 2016-2022 | série rétrospective | chats obstrués à signes chroniques | 24 chats | obstruction par trichobézoard antérieure | 5/24 (20,8 %) | TI | aucun |
| Meomartino 2026 [67] | Italie (Naples), vingt ans | série rétrospective d'imagerie | chats référés, puis chats obstrués par corps étranger | 2 895 chats ; 29 obstrués | trichobézoard parmi les obstructions | 4/29 (13,8 %, notre calcul), tous au-delà de 8 ans ; linéaires 18/29 | TI | non relevé |
| Gollnick 2023 [94] | États-Unis (Géorgie), 2009-2021 | série rétrospective | chats opérés pour corps étranger | 56 chats | « hairballs » parmi les signes rapportés | 2/56 (3,6 %, notre calcul) | P | non relevé |
| Bach 2025 [72] | Royaume-Uni, deux centres de référé, dix ans | série rétrospective multicentrique | chats échographiés, ulcère digestif confirmé par endoscopie, chirurgie ou autopsie | 24 chats | trichobézoard parmi les causes de l'ulcère | 2/24 (8,3 %, notre calcul), un gastrique, un jéjunal ; corps étrangers 3/24 | TI | aucun déclaré |
| Grébert 2017 [73] | France (Alfort), 2010-2016 | thèse, série rétrospective | chats porteurs d'un corps étranger linéaire, dont 30 opérés | 34 chats | corps étranger linéaire fait de poils | 1/34 (2,9 %, écrit 3 %) | TI | non relevé |
| da Riz 2015 [181] | France (Alfort) | thèse, série rétrospective | chats atteints de sténose pylorique | 34 chats | trichobézoard à l'endoscopie | 1/34, seul corps étranger gastrique | TI | non relevé |
| Bruguière 2021 [182] | France (Alfort) | thèse, série rétrospective | infiltration éosinophilique du tube digestif | 24 chats | antécédent de trichobézoard | 4/24 (16,7 %), dont 2/8 fibroplasies sclérosantes | TI | non relevé |
| Demontigny-Bédard 2017 [36] | Canada (Montréal) | mémoire de maîtrise, étude prospective sans témoins | chats atteints de pica | 8 chats | gros trichobézoard retiré | 3/8 | TI | non relevé |
Tableau A2. Temps de toilettage : mesures directes et chiffres repris
Mesuré, le toilettage se rapporte aux 24 heures ; repris, il se rapporte le plus souvent au temps d'éveil. Les résultats ne se comparent donc pas d'une ligne à l'autre.
| Source |
Pays, année |
Chats, milieu |
Méthode |
Résultat |
Rapporté à |
Accès |
| Eckstein 2000 [166] | États-Unis (Davis), 2000 | 11 chats en cage | vidéo | toilettage oral 4 % ; 8 % du temps hors sommeil et repos ; grattage environ 1/50 du toilettage oral | budget-temps total | R |
| Kim 2019, comportement [40] | Corée du Sud, 2019 | 10 chats en cage (5 à poil long, 5 à poil court) | vidéo sur 24 h | 2,29 % (poil long 2,64 % ; poil court 1,94 % ; P = 0,28) ; environ 33 min par jour (notre calcul) | 24 heures | TI |
| Smit 2024 [42] | Nouvelle-Zélande, 2024 | 28 chats dans leur foyer | accéléromètre (classe « toilettage » qui englobe le grattage) | 5,5 ± 0,30 %, environ 79 min par jour (notre calcul) ; jeunes adultes 6,3 % contre 5,0 % (P = 0,018) | 24 heures | P |
| Smit 2025 [173] | Nouvelle-Zélande, 2025 | 6 chats de recherche en enclos semi-extérieur pour le toilettage (8 enrôlés, 7 analysés) | accéléromètre, 13 semaines réparties sur un an | automne 6,83 % ; hiver 4,57 % ; printemps 4,46 % ; été 4,04 % | 24 heures | P |
| Guillon 2026 [48] | France (Alfort), 2026 | 118 vidéos tournées par les propriétaires de 36 chats (29 sains, 7 atteints d'alopécie psychogène) | vidéo | séquence de 4,5 ± 2,5 min (poil court), 5,2 ± 2,1 (poil long), 4,9 ± 3,4 (chat nu) ; P = 0,945 | durée d'une séquence | TI |
| Panaman 1981, d'après Cannon [5] | Royaume-Uni | 5 chattes de ferme libres | observation de terrain, 360 h | 3,6 h par jour, environ 25 % de l'éveil ; 15 % des 24 heures (notre calcul) | temps d'éveil | connu par la revue de 2013 |
| Introductions de Kim 2019 et de Weber 2015 [40, 43] | 2019 ; 2015 | sans objet | reprise de Panaman (1981) et d'un même article de 1976 (Feline Practice), attribué à Hart par Kim et à Benjamin par Weber | 25 à 30 % du temps | non précisé | sources citées non lues |
| Introductions de Noel 2018 et de Hock 2026 [41, 168] | 2018 ; 2026 | sans objet | reprise d'un ouvrage de 2003 et d'une étude de 2005 (Noel, d'après un compte rendu de lecture) ; d'Eckstein et Hart 2000, de Swenson et Randall 1977 et de la même étude de 2005 (Hock) | jusqu'à 24 % de l'éveil, environ 2,4 h par jour | temps d'éveil | sources citées non lues, sauf Eckstein et Hart (résumé), qui mesurent 8 % du temps hors sommeil et repos |
| Introduction de Loureiro 2014 [112] | 2014 | sans objet | sans référence précise | jusqu'au tiers de l'éveil | temps d'éveil | sans objet |
| Introduction de Guillon 2026 [48] | 2026 | chats en mauvais bien-être | références de l'article | jusqu'à 50 % du budget-temps | budget-temps | sources citées non lues |
Tableau A3. Quantités de poils perdus, ingérés et excrétés
Pesé en entier chez Hendriks et chez Weber, le poil fécal ne l'est qu'en amas chez Loureiro, et Weber le mesure par panel de sept chats. Aucune valeur de ce tableau n'est une quantité à atteindre ou à réduire.
| Travail |
Pays, année |
Chats, plan |
Grandeur |
Résultat |
Remarque |
Accès |
Lien d'intérêt |
| Hendriks 1996, perte [45] | Nouvelle-Zélande, 1994-1995 | 16 chats à poil court, enclos extérieurs, 416 jours, six périodes de collecte de 31 jours par chat | perte totale et poil fécal | 28,1 g/kg/an, dont environ deux tiers dans les selles ; 18,3 sur 28,0 g/kg/an ingérés (65 %) ; 26 à 75 mg/kg/jour selon le mois (notre calcul ; 25 à 75 dans le texte de la thèse) | mesure chat par chat, lumière naturelle | P (articles de 1997 et 1998 lus dans la thèse) | non relevé |
| Hendriks 1996, pousse [45] | Nouvelle-Zélande, années 1990 | 39 chats à poil court | pousse du poil | 289 µg/cm²/jour en été, 62 en hiver (rapport de 4,7, notre calcul) ; 32,7 g/kg/an | pic plus précoce chez les femelles ; décalage d'environ 75 jours entre pousse et perte, de sens contradictoire dans la thèse | P | non relevé |
| Weber 2015, selles [43] | France (Aimargues), 2015 | 14 chats en 2 panels de 7 (poil court, poil long), essai croisé ; un 3e panel sert au brossage | poil fécal par panel | aliment témoin : panel à poil long 1 512 et 1 610 mg/jour, panel à poil court 1 627 et 1 084 mg/jour, soit environ 155 à 232 mg par chat (notre calcul) ; aliments enrichis en fibres : panel à poil long 2 735 et 3 435 mg/jour (391 et 491 mg par chat, notre calcul), panel à poil court 1 431 et 1 631 mg/jour ; écart de 40 et 60 % selon la discussion, de 48 et 53 % d'après le tableau (notre calcul) | par panel, pas par chat ; hors période de mue selon les auteurs ; après une purge de trois jours, 6,31 g contre 2,45 g (« 2,5 fois plus ») | TI | tous les auteurs salariés de Royal Canin |
| Weber 2015, brossage [43] | France (Aimargues), 2015 | panel de brossage, 7 chats (3 à poil long, 4 à poil court) | poil recueilli au brossage | 63 mg par coup de brosse ; 70 mg hors mue et jusqu'à 140 mg en mue selon des actes de congrès de 2005 cités | actes de 2005 non lus | TI | tous les auteurs salariés de Royal Canin |
| Kim 2019, digestibilité [159] | Corée du Sud, 2019 | 6 Persans, 8 chats domestiques à poil court, 5 jours | poil fécal | poil long 5,62 g pour 59,18 g de selles sèches (9,49 %, écrit aussi 9,69 %) ; poil court 4,84 g pour 65,82 g (7,35 %) ; environ 187 et 121 mg par chat et par jour s'il s'agit de totaux de groupe (notre calcul) | unité non précisée | TI | financé par Daehan Feed, fabricant d'aliments, qui a fourni l'aliment ; deux des cinq auteurs en sont salariés |
| Loureiro 2014 [112] | Brésil, 2014 | 32 chats, blocs randomisés | amas de poils fécaux | 87 à 143 mg par chat et par jour ; 3,8 à 6,8 amas par chat et par jour selon l'aliment | amas seulement, nommés « trichobézoards » | TI | financement SPF do Brasil |
Tableau A4. Seuils proposés entre « normal » et « anormal »
Ces seuils n'ont pas été validés. L'avis de Cornell et celui de Cannon comptent des boules ; Norsworthy, Marsilio et la fiche « Vomiting » de Cornell comptent des épisodes de vomissement.
| Source |
Année |
Ce qui est compté |
Seuil proposé |
Fondement |
Accès |
| Cornell, avis de R. Goldstein [1] | fiche présente au plus tard en avril 2011, identique en 2026 ; même fréquence dès 2006 dans une autre fiche [118] | boules rejetées | une toutes les une à deux semaines « pas rare » | avis d'expert | TI |
| Cornell, fiche « Vomiting », version de 2010 [31] | décembre 2010, en ligne jusqu'en juin 2021 | vomissements | ne pas le tolérer ; explorer tout vomissement répété, même moins d'une fois par semaine ; inquiétude si le chat ne ramène jamais de boule | avis d'expert | TI |
| Cannon [5] | 2013 | boules, chez le chat à poil court | deux ou plus par an, dites « régulières » : indice possible d'une maladie digestive ou cutanée | deux sondages informels et expérience clinique | TI |
| Norsworthy [37, 32] | 2013 ; 2019 | vomissements, boules comprises | deux par mois : maladie chronique du grêle presque certaine | séries de chats malades à intestin épaissi ; lettre | R (séries) ; TI (lettre) |
| Marsilio 2019 [33, 205] | 2019 | vomissements | jusqu'à deux par mois admis chez des chats « sains » | critère d'inclusion de 20 chats biopsiés | TI ; TI |
| Cornell, fiche « Vomiting », version de 2021 [31] | réécrite entre juin et juillet 2021 | vomissements | alerte au-delà d'un par semaine ou devant des signes associés ; la consigne d'explorer un vomissement répété moins fréquent disparaît | avis d'expert | TI |
| German et German [2] | 2013 | changement de rythme ou de fréquence, perte de poids ou d'appétit | aucun seuil chiffré | éditorial | TI |
Tableau B1. Cas et séries publiés de trichobézoards chez le chat
Chaque publication de nos dossiers qui rapporte, ou pourrait rapporter, un trichobézoard chez un chat domestique tient une ligne, thèses, mémoires et résumés de congrès compris ; les félins sauvages viennent à la fin. « ? » signifie que l'information n'est pas donnée dans ce qui a été lu. Les publications que nous n'avons pas lues figurent pour leur titre et leur indexation ; quand aucune source lue ne les rapporte, elles n'ont pas de code de source, ne fondent aucune affirmation de cette revue et n'apportent aucun chat à notre décompte (voir § 7). Les séries ne se comparent pas entre elles : recrutements, définitions et examens diffèrent.
| Année |
Publication |
Pays |
Effectif |
Localisation |
Signes rapportés |
Examen qui a posé le diagnostic |
Maladie ou terrain sous-jacent |
Accès |
Code |
| 1946 | Campbell et Geffen, Vet Rec | Royaume-Uni | non dit | estomac (impaction ; nature du bézoard non vérifiée) | non dit | non dit | non dit | non lu : titre et indexation seuls | aucun |
| 1960 | Persson et Sprosten, Can Vet J | Canada | 1 (titre) | non dit (titre : « Trichobezoar or hair ball in a cat ») | non dit | non dit | non dit | non lu : PDF derrière un défi anti-robot | aucun |
| 1970 | Clifford | États-Unis | non dit | œsophage (sténose et dilatation) | non dit | non dit | sténose, dilatation | non lu | connu par [9, 25] |
| 1972 | Frye | non dit | 1 (« Golden cat ») | estomac (« tricholithiase ») | non dit | non dit | hernie hiatale | non lu | connu par [9] |
| 1975 | van Nes, Tijdschr Diergeneeskd | Pays-Bas | 1 chatte | intestin (bézoard de nature non vérifiée) | non dit | non dit | perforation, péritonite (indexation) | non lu : titre et indexation seuls | aucun |
| 1978 | Ryan et Wolfer | non dit | 1 mâle | non dit (trichophytobézoard récidivant après retrait chirurgical, selon Barrs) | non dit | non dit | récidive malgré toilettage, antiparasitaire et laxatif (selon Barrs, qui le cite avec Worwood) | non lu | connu par [9] |
| 1979 | Worwood et Jones | Royaume-Uni | 1 mâle | non dit (boule récidivante après retrait chirurgical, selon Barrs) | non dit | non dit | récidive malgré toilettage, antiparasitaire et laxatif (selon Barrs, qui le cite avec Ryan) | non lu | connu par [9] |
| 1980 | Van Stee | non dit | 1 chat | œsophage, récidivant | non dit | non dit | pathologie œsophagienne (selon Barrs et Woerde) | non lu | connu par [9, 25] |
| 1981 | Wilkes, J Am Vet Med Assoc | États-Unis | 1 (espèce non vérifiée) | estomac (corps étranger intraluminal) | non dit | radiographie (indexation) | hernie diaphragmatique péritonéo-péricardique | non lu : titre et indexation seuls | aucun |
| 1985 | Regnier | non dit | 1 | œsophage | non dit | non dit | mégaœsophage, œsophagite | non lu | connu par [9, 25] |
| 1985 | Hurov, J Am Vet Med Assoc | États-Unis | 1 chatte | œsophage (bézoard de nature non vérifiée) | dysphagie (indexation) | radiographie (indexation) | non dit | non lu : titre et indexation seuls | aucun |
| 1989 | Squires | ? (auteur à l'université de Pennsylvanie) | 1 Persan de 9 ans | œsophage | non dit | radiographie (baryum, selon Woerde) et œsophagoscopie | non dit | résumé seul | [88] |
| 1992 | Kobayashi | Japon | 1 chat de 10 ans | côlon (mégacôlon, selles « de sable et de boules de poils ») | anorexie, défécation et miction difficiles | palpation, radiographie ; poils vus à la colotomie | mégacôlon, constipation ancienne | résumé de congrès, lu sur une numérisation, traduit par nos soins | [12] |
| 1994 | Court | Australie | 1 | œsophage | non dit | ? (extraction à la pince) | non dit | non lu | connu par [25, 212] |
| 1994 (congrès), publié en 1995 | Iida | Japon | 1 chat de 3 ans | côlon | vomissements depuis 4 jours, anorexie, diarrhée mucoïde | radiographie barytée (stase au côlon) ; boule vue à la laparotomie | ? (état « semblable à un iléus fonctionnel » selon l'auteur) | résumé de congrès, lu sur une numérisation, traduit par nos soins | [13] |
| 1994 (congrès), publié en 1995 | Kurita et Koyama | Japon | 2 Persans (1,5 et 6 ans) | iléon distal (invagination, poils en cordon) | anorexie, vomissements, douleur, masse palpable | échographie (cocarde) ; poils vus à l'ouverture de la pièce | antécédent de boules (1 chat) | résumé de congrès, lu sur une numérisation, traduit par nos soins | [70] |
| 1994 (congrès), publié en 1995 | Takahashi | Japon | 1 chat (parmi 9 cas de chiens et de chats) | estomac (boule de poils) | non dit | palpation ou radiographie (masse) ; échographie (couches de la paroi normales, forte ombre acoustique) | non dit | résumé de congrès, lu sur une numérisation, traduit par nos soins | [155] |
| 1999 | Barrs | Australie | 5 | jéjunum proximal (3), iléon distal (1), jonction iléo-cæco-colique (1) | vomissement, anorexie, haut-le-cœur, léthargie, déshydratation ; masse palpable 5 sur 5 | palpation, radiographie, échographie ; laparotomie ou autopsie | poil long, puces et dermatite, entérite éosinophilique, plantes | texte intégral | [9] |
| 2002 | Liptak | Australie | 1 (parmi 8 ulcères) | estomac ou duodénum (ulcère, poils à l'histologie) | non dit | histologie | ulcère gastroduodénal ; chat de 7 mois ayant mangé une carcasse de poulet cuit, cause indéterminée | lecture partielle | [211] |
| 2003 | Malik | Australie | 1 Devon Rex de 12 ans | grêle, passage spontané | agitation, vocalisations, vomi à odeur fécale | selle fusiforme reconnue comme boule | aucune trouvée | texte intégral | [23] |
| 2003 | Agnello et Kantrowitz, J Am Vet Med Assoc | États-Unis | 1 chatte | œsophage (bézoard de nature non vérifiée) | non dit | radiographie thoracique, œsophagoscopie (indexation) | non dit | non lu : titre et indexation seuls | aucun |
| 2003 | Gardner, J Am Vet Med Assoc | États-Unis | 1 chatte (indexation) | jéjunum (bézoard de nature non vérifiée) | non dit | radiographie (indexation) | adénocarcinome intestinal (titre) ; euthanasie (indexation) | non lu : titre et indexation seuls | aucun |
| 2003 | Boysen | États-Unis | 1 chat d'après une série qui cite ce travail (5 chats sur 19 animaux) | grêle, perforé (d'après la thèse qui en reproduit les images) | non dit | échographie, chirurgie | non dit | résumé seul | [71, 72, 230] |
| 2005 | Owen | Nouvelle-Zélande | 1 Birman adulte | jonction gastro-œsophagienne (invagination) | vomissement ou régurgitation, gêne abdominale | radiographie et œsophagogramme (obstruction) ; nature à l'autopsie | hernie hiatale chronique | résumé seul | [160] |
| 2008 | Glanemann | Allemagne | 1 chatte d'un an | stent œsophagien obstrué par des poils | dysphagie totale douze mois après la pose | autopsie | sténose œsophagienne après clindamycine | résumé seul | [60] |
| 2008 | Berent | États-Unis | 1 (espèce non dite) | stent nasopharyngé (boule piégée) | déglutition exagérée | non dit | sténose nasopharyngée | résumé seul | [210] |
| 2009 | Durocher | États-Unis | 1 chat domestique à poil long de 9 ans | œsophage, deux fois (la seconde dans un diverticule) | régurgitations | œsophagoscopie ; radioscopie avec contraste (diverticule, à la récidive) | diverticule à l'entrée de la poitrine, motilité diminuée | résumé seul | [61] |
| 2009 | Bissett | États-Unis | 8 chats à sténose (et 20 chiens) | association avec des trichobézoards digestifs | sans objet | sans objet | sténose œsophagienne bénigne | résumé seul | [64] |
| 2010 | Haynes | États-Unis | 1 chat de 5 ans | nasopharynx, deux fois | toux, jetage, respiration bouche ouverte, haut-le-cœur | radiographie du cou (épisode initial), endoscopie (récidive) | vomissements fréquents de boules, rapportés à la récidive, non explorés | texte intégral | [8] |
| 2011 | Frowde | Royaume-Uni (centre de référé) | 1 chat (parmi 33 à maladie œsophagienne) | œsophage (boule de poils enfermant une agrafe) | ? (groupe des 5 corps étrangers : régurgitation, fièvre, anorexie, ptyalisme, dyspnée) | radiographie thoracique et endoscopie (groupe) ; retrait endoscopique d'après le tableau | ? | texte intégral | [90] |
| 2011 | Plesman | Canada | 1 chatonne (anneau vasculaire vu à 9 semaines, opérée à 6 mois) | œsophage dilaté (grosse masse de poils) | régurgitations | endoscopie juste après la thoracoscopie (masse non retirée, régurgitée quatre jours plus tard) | arc aortique droit persistant | lecture partielle | [215] |
| 2013 | Cannon | Royaume-Uni | 1 (figure) | nasopharynx | éternuements aigus | non dit | non dit | texte intégral | [5] |
| 2013 | German et German | Royaume-Uni (auteurs ; lieu des cas non dit) | 2 | duodénum avec obstruction biliaire (cas 2) ; estomac et pylore (cas 1) | douleur, fièvre, un vomissement (cas 2) ; vomissement persistant de boules (cas 1) | cœliotomie (cas 2) ; gastroduodénoscopie (cas 1) | cholangite, pancréatite (cas 2) ; nodules pyloriques, ulcère, Helicobacter (cas 1) | texte intégral | [2] |
| 2013 | Neiger | Allemagne | 1 (figure, chat de 15 ans) | antre | non dit | gastroscopie | non dit | lecture partielle | [87] |
| 2013 | Katayama | Japon | 1 chatte de 12 ans | côlon ascendant | abattement, dyspnée, vomissement, ptyalisme | palpation, radiographie (iléus) ; colotomie | lymphome trachéal, chatte opérée plusieurs fois | lecture partielle | [14] |
| 2014 | Töpfer | Allemagne | 1 chat âgé | grêle (granulome à follicules pileux) | vomissement, anorexie | chirurgie et histologie | tumeur suspectée, non confirmée | résumé seul | [24] |
| 2015 | Shannon | États-Unis | 1 chat domestique à poil court de 3 ans | œsophage (trichobézoards multiples) | régurgitations depuis le jeune âge, maigreur, tuméfaction cervicale | radiographie, angioscanner, œsophagoscopie | arc aortique droit persistant | texte intégral | [62] |
| 2015 | da Riz (thèse, Alfort) | France | 1 chat (parmi 34 à sténose pylorique) | antre pylorique (trichobézoard enchâssé) | non dit | endoscopie | sténose pylorique (critère de la série) | texte intégral | [181] |
| 2015 (en ligne en 2016) | Silva, Farias et Souza | Brésil | 1 chat mâle castré de 11 ans, poil mi-long | jéjunum (5 cm, entérotomie), puis estomac huit jours plus tard (16 × 1,5 cm) | non dit | échographie (estomac distendu de gaz, au moins quatre structures à forte ombre acoustique) ; laparotomie | lymphome intestinal de bas grade (biopsie du jéjunum) | résumé de congrès, texte entier du résumé, traduit par nos soins | [104] |
| 2015 (en ligne en 2016) | Farias, Silva et Souza | Brésil | 1 chatte stérilisée de 5 ans, poil mi-long | jéjunum (troisième trichobézoard, 5 × 1 cm) | vomissements de liquide, de poils et d'aliment depuis 24 heures | échographie (obstruction complète du jéjunum) ; entérotomie | léchage excessif et constant ; deux entérotomies antérieures | résumé de congrès, texte entier du résumé, traduit par nos soins | [59] |
| 2017 | Jukes | Australie | 1 Australian Mist de 18 mois | duodénum proximal | tremblements, fasciculations, un vomissement, douleur | biologie (alcalose hypochlorémique), puis échographie | aucune trouvée | texte intégral | [22] |
| 2017 | Grébert (thèse, Alfort) | France | 1 chat (parmi 34 à corps étranger linéaire, 2010-2016) | non dit (corps étranger linéaire fait d'un trichobézoard) | non dit | non dit | non dit | texte intégral (tableau 13) | [73] |
| 2017 | Demontigny-Bédard (mémoire, Montréal) | Canada | 3 (parmi 8 chats atteints de pica) | jéjunum (1, Birman) ; antre pylorique (1) ; antre et pylore (1) | vomissements chez les 3 ; abattement, selles molles ou appétit diminué selon les chats | retrait à l'endoscopie ou à la laparotomie | pica (tissu) ; entérite éosinophilique (2) ; retard de vidange gastrique suspecté (2) | texte intégral | [36] |
| 2017 | Courtois (thèse, Toulouse) | France | 1 chat norvégien mâle castré de 2,5 ans | estomac, engagé dans le pylore et le duodénum (boule de 10 cm) | vomissements, dysorexie, abattement depuis une semaine ; hypothermie, abdomen tendu et douloureux, constipation | radiographie (estomac dilaté, opacité hétérogène), endoscopie (retrait) | non dit | texte intégral (recherche des mots) | [220] |
| 2017 | Elrashidy et Salman, Assiut Vet Med J | Égypte | 22 chats à obstruction intestinale | non dit (trichobézoards cités parmi les causes en introduction, selon un extrait) | non dit | non dit | non dit | non lu : site inaccessible | aucun |
| 2019 | Woerde | Australie | 2 (6 et 2 ans) | œsophage | dyspnée aiguë, hypersalivation ; régurgitations, amaigrissement (cas 2) | radiographie thoracique, œsophagoscopie | puces (cas 2) ; rien d'autre recherché | texte intégral | [25] |
| 2019 | Devedeix (thèse, Alfort) | France | 1 chatte stérilisée d'un an et demi | intestin (entérotomie) | vomissements aigus | non dit | non dit (hospitalisée pendant une épizootie de calicivirose) | texte intégral (recherche des mots) | [232] |
| 2021 | Da Riz ; Ricart | France ; Argentine | 3 cas, espèce non dite (Da Riz) ; trichobézoard accroché chez 3 chats (Ricart) | stents œsophagiens (poils accrochés) | inconfort | endoscopie de suivi | sténoses bénignes | résumé seul ; lecture partielle | [208, 209] |
| 2021 | Barandun | non dit | 1 Maine Coon de 10 ans | ? (sept semaines après une intervention de Billroth II) | non dit | non dit | perforation pylorique antérieure | résumé seul | [219] |
| 2021 | Arruda | Brésil | 1 Persane stérilisée de 12 ans | estomac (obstruction) | vomissements, abattement, douleur abdominale sévère, anorexie depuis trois jours | échographie (estomac dilaté de gaz, ombre acoustique) ; laparotomie et gastrotomie | dermatite allergique aux piqûres de puces, léchage excessif, acariose à Lynxacarus radovskyi | texte intégral | [53] |
| 2021 | Jesus (mémoire, Sergipe) | Brésil | 3 chats (titre) | « obstrução gastrointestinal » (siège non dit) | non dit | non dit | non dit | non lu : dépôt injoignable, titre connu par un moteur de recherche | aucun |
| 2022 | Bahlmann | États-Unis | 1 opéré, 1 antécédent | estomac porteur d'un diverticule (position de la boule non précisée) | vomissements depuis 3 ans, amaigrissement | radiographie à contraste négatif ; gastrotomie | diverticule gastrique, maladie inflammatoire chronique éosinophilique | texte intégral | [74] |
| 2023 | Pawenski | États-Unis | 44 | grêle (biopsies d'estomac, de duodénum, de jéjunum, d'iléon) | vomissement aigu ou aggravé, anorexie, léthargie, amaigrissement | ? (dossiers chirurgicaux) | lymphome chez 10 sur 44 ; inflammations lymphoplasmocytaire, lymphoplasmocytaire et éosinophilique | texte intégral | [10] |
| 2023 | Wilson | Canada | 1 chat domestique à poil long de 16 ans | antre pylorique et jéjunum | vomissements toutes les 3 heures, absence de selles | radiographie, échographie rapide, endoscopie | maladie rénale chronique ; pica (papier, plastique) | texte intégral | [21] |
| 2023 | Takeuchi | Japon | 1 Maine Coon de 2 mois | œsophage (boule d'environ 10 cm) | régurgitations depuis le sevrage | œsophagoscopie ; scanner cardiaque | anneau vasculaire | lecture partielle | [63] |
| 2023 | Noguchi | Japon | 1 chatte croisée (vue à 3 mois, opérée à 8 mois) | œsophage resté dilaté (boule de poils, deux mois après la chirurgie vasculaire) | régurgitations | radiographie de contraste (corps étranger), endoscopie (retrait à la pince) | anneau vasculaire par artère subclavière droite aberrante | texte intégral (japonais, traduit par nos soins) | [89] |
| 2024 | Lasserre (thèse, Toulouse) | France | 1 chat | intestin (iléus mécanique, anse dilatée) | non dit | radiographie (« signe du gravier ») ; obstacle retiré : trichobézoard et débris végétaux | non dit | texte intégral (recherche des mots) | [77] |
| 2025 | Israeli | États-Unis (Floride) | 1 British Shorthair mâle castré de 6 ans (parmi 4 chiens et 1 chat) | estomac (boule de poils entourant un élastique à cheveux) | anorexie, fièvre depuis 3 jours, ptyalisme, jetage clair, tentatives de vomissement ; inconfort à la palpation abdominale crâniale | radiographie (objet très dense et très fin), échographie (« slight acoustic shadow, befitting a trichobezoar ») ; retrait par endoscopie peropératoire | pancréatite suspectée après l'intervention ; euthanasie | texte intégral | [92] |
| 2025 | Bach | Royaume-Uni | 2 (parmi 24 ulcères gastro-intestinaux) | estomac (1), jéjunum (1) : deux trichobézoards dans une série d'ulcères gastro-intestinaux | non dit | échographie (6 ulcères manqués sur 24), puis confirmation par endoscopie, chirurgie ou autopsie | ulcère gastro-intestinal | texte intégral | [72] |
| 2025 | Koo | Corée du Sud | 10 trichobézoards (chiens et chats mêlés, part des chats non donnée) | bézoards : jéjunum 7 sur 15, plusieurs segments 4, estomac 2, duodénum 2 (non ventilé pour les trichobézoards) | vomissement et anorexie (10 des 33 animaux) ; durée médiane des signes 14 jours (bézoards) | scanner (suspecté 8 fois sur 10, identifié 2 d'après le tableau, 1 d'après le texte) ; échographie (ombre 4 fois sur 6) ; radiographie (corps étranger vu 1 fois sur 6) | non dit | texte intégral | [78] |
| 2026 | Meomartino | Italie | 4 | non dit (tous âgés de plus de 8 ans) | non dit | radiographie et échographie | non dit | texte intégral | [67] |
| 2026 | Coquet | France | 1 Siamois de 5 ans | œsophage | régurgitation et vomissement aigus | imagerie multimodale, endoscopie | aorte tortueuse, sténose ulcérée | résumé seul | [216] |
| 2026 | Bollaert | Australie | 1 chatte de 3 ans | intestin grêle (seconde chirurgie ; siège de la chirurgie initiale non dit) ; estomac, duodénum et jéjunum dilatés en amont | vomissait des boules tous les 2 à 3 jours | échographie (objet hyperéchogène à ombre, voies biliaires dilatées) | trouble anxieux (toilettage excessif, arrachage de poils) | lecture partielle ; résumé de congrès du même cas | [58, 191] |
| 1978 | Kleihman et Garman, Gastroenterology | États-Unis | 1 panthère des neiges | œsophage | non dit | endoscopie | non dit | non lu : titre et indexation seuls | aucun |
| 2013 | Kottwitz et Munsterman | États-Unis | 1 lynx du Canada | pylore | anorexie et léthargie depuis 3 semaines, puis démarche anormale | transit baryté | puces | résumé seul | [178] |
Tableau B2. Performances publiées de l'imagerie
Le trichobézoard seul n'est l'objet d'aucune de ces études. Elles mesurent des corps étrangers de toute nature, souvent chez des chiens et des chats confondus, avec des étalons (chirurgie, évolution, autopsie) et des époques différents : les chiffres ne se comparent pas d'une ligne à l'autre.
| Étude |
Pays |
Effectif |
Unité |
Ce qui est mesuré |
Résultat |
Réserve |
Accès |
| Kramer et Gerwing 1996 [79] | Allemagne | non connu | chiens et chats | détection échographique des corps étrangers intestinaux | corps étranger vu dans « environ la moitié des cas » ; signes secondaires d'iléus souvent décisifs | effectif et répartition non lus | résumé seul |
| Tyrrell et Beck 2006 [253] | Australie | 16 animaux (11 chiens, 5 chats) | animal | radiographie contre échographie | radiographie : corps étranger 9 sur 16, distension du grêle 7 sur 16 ; échographie : 16 sur 16 | très petit effectif | résumé seul |
| Adams 2010 [255] | États-Unis | 74 chats | chat | rapport diamètre maximal du grêle sur hauteur du plateau crânial de L2 | au-delà de 2,0, obstruction plus probable ; à 3,0, probabilité d'obstruction mécanique supérieure à 70 % | cohorte rétrospective, lecture en aveugle ; 11 corps étrangers linéaires et 11 autres obstructions mécaniques, sans plus de détail | résumé seul |
| Garcia 2011 [262] | Brésil | 92 chiens et chats, 21 obstructions | animal | échographie de l'obstruction du grêle | Se 100 %, Sp 95,8 %, VPP 87,5 %, VPN 100 % | chiens et chats mêlés ; mesure l'obstruction, pas sa cause | résumé seul |
| Sharma 2011 [254] | États-Unis | 82 chiens | chien | radiographie contre échographie de l'obstruction du grêle | radiographie concluante pour 58 (70 %), échographie 97 % ; 8 obstrués sur 27 sans dilatation segmentaire | chiens seulement | résumé seul |
| Trevail 2011 [259] | Royaume-Uni | 50 normaux, 13 constipés, 26 mégacôlons | chat | rapport diamètre maximal du côlon sur longueur de L5 | moins de 1,28 : côlon normal (Se 96 %, Sp 87 %) ; plus de 1,48 : mégacôlon (77 %, 85 %) | ne dit rien de la nature du fécalome | résumé seul |
| Miniter 2019 [268] | États-Unis | 97 (75 chiens, 22 chats) | animal | scanner de l'obstruction mécanique | confirmé par la chirurgie chez les 45 opérés | nature des corps étrangers félins non détaillée | lecture partielle |
| Elser 2020 [256] | États-Unis | 57 (17 chats) ; 19 obstrués, dont 8 chats | animal | radiographies répétées après 7 à 28 heures, corps étrangers non radio-opaques | aucun gain significatif d'exactitude (quatre lecteurs) | petit effectif | résumé seul |
| Dollo 2020 [91] | États-Unis | 50 chats radiographiés, 52 endoscopés | chat | radiographie avant endoscopie de l'œsophage ou de l'estomac | corps étranger confirmé chez 24 sur 50 (48 %) | nature des corps étrangers non dite | résumé seul |
| Miles 2021 [257] | États-Unis | non relevé | animal | résolution radiographique sur clichés répétés | dilatation gastrique 18 sur 48 (37,5 %) contre grêle 6 sur 35 (17,1 %) | chiens et chats mêlés | résumé seul |
| Abdelbaset-Ismail 2022 [244] | Égypte | 30 mégacôlons, 30 témoins | chat | rapport côlon sur L5 | 1,86 (tableau et résultats ; 1,77 dans le résumé) contre 0,98 ; 1,98 contre 1,67 selon une durée des signes d'au moins six mois | mégacôlons idiopathiques seulement ; la source se contredit entre résumé et tableau | lecture partielle |
| Silvestre Sombrio 2023 [263] | Brésil, États-Unis | 90 | animal | télé-échographie de l'obstruction | exactitude 78,9 à 87,8 % ; VPP 55,9 à 70,8 % ; kappa 0,6 | lecture à distance | résumé seul |
| Kneissl 2025 [80] | Autriche | 35 chats, 60 chiens | animal | concordance de l'imagerie avec la chirurgie (opérés dans les 48 heures) | concordance 84 sur 95 (88 %) ; sensibilité toutes espèces : échographie 81,6 %, radiographie 100 % | chiens et chats mêlés, données félines non séparées par examen ; modalité choisie par le clinicien ; seule l'imagerie jugée décisive retenue ; prévalence préalable élevée | lecture partielle |
| Koo 2025 [78] | Corée du Sud | 33 animaux (26 chiens, 7 chats), dont 10 trichobézoards | animal | scanner, échographie et radiographie des bézoards | scanner : suspecté 8 fois sur 10, identifié 2 (1 selon le texte) ; échographie : ombre 4 fois sur 6 ; radiographie : corps étranger vu 1 fois sur 6, grêle dilaté 5 fois | chiens et chats mêlés, part des chats non donnée ; anomalies internes (tableau B4) | texte intégral |
| Meomartino 2026 [67] | Italie | 29 chats obstrués sur 2 895 référés (12 radiographiés, 27 échographiés) | chat | radiographie et échographie | échographie : corps étranger vu chez les 27 chats échographiés (le texte écrit 27/29, 93 %) ; radiographie : regroupement des anses chez 6 des 12 chats radiographiés (le texte écrit 6/29, 21 %) ; examens combinés : Se et Sp 100 % | 4 trichobézoards seulement ; examens non évalués séparément | texte intégral |
Tableau B3. Parcours diagnostique des cas individuels publiés
Ce tableau ne retient que les cas dont le parcours avant le traitement est décrit dans ce qui a été lu. Il sert à la lecture de la partie sur la détection avant l'opération (voir § 8) ; il ne mesure aucune fréquence.
| Cas |
Localisation |
Durée des signes avant le diagnostic |
Hypothèse retenue d'abord, ou retard |
Examen décisif |
Issue |
Accès |
| Barrs 1999, cas 1 [9] | jéjunum proximal, strangulation | 4 jours | tumeur jugée probable (chat de 15 ans) ; référé trois jours après la consultation initiale, moribond | palpation, radiographie, échographie | mort une heure après un arrêt cardiaque survenu en fin d'intervention | texte intégral |
| Barrs 1999, cas 2 [9] | jéjunum proximal | 3 jours | non dit | palpation, radiographie (corps étranger ou invagination suspectés) ; boule vue à la laparotomie | guéri | texte intégral |
| Barrs 1999, cas 3 [9] | jonction iléo-cæco-colique | 4 jours | tumeur jugée probable ; échographie lue comme une tumeur métastatique | radiographie, après l'échographie | guéri | texte intégral |
| Barrs 1999, cas 4 [9] | jéjunum proximal (boule de 1 cm) | non dit | tumeur jugée probable ; euthanasie sans imagerie | autopsie | euthanasié | texte intégral |
| Barrs 1999, cas 5 [9] | iléon distal (trichophytobézoard) | 4 jours | non dit | non dit | guéri | texte intégral |
| Squires 1989 [88] | œsophage | non dit | non dit | radiographie avec baryum, œsophagoscopie | non dit | résumé seul |
| Iida 1994 (publié en 1995) [13] | côlon | 4 jours | non dit | radiographie barytée ; boule vue à la laparotomie | non rapportée | résumé de congrès, lu sur une numérisation, traduit par nos soins |
| Kurita et Koyama 1994 (publié en 1995) [70] | iléon distal (2 invaginations) | cas 1 : depuis la veille ; cas 2 : non dit | non dit | masse palpable, échographie ; poils vus à l'ouverture de la pièce | bon pronostic annoncé | résumé de congrès, lu sur une numérisation, traduit par nos soins |
| Takahashi 1994 (publié en 1995) [155] | estomac | non dit | non dit | palpation ou radiographie (masse), échographie | non dit | résumé de congrès, lu sur une numérisation, traduit par nos soins |
| Malik 2003 [23] | grêle, passage spontané | 24 à 36 heures | signes jugés comportementaux par le propriétaire, vétérinaire | aucun : boule vue dans la selle | guéri en un jour | texte intégral |
| Owen 2005 [160] | jonction gastro-œsophagienne | non dit | non dit | radiographie et œsophagogramme (obstruction) ; nature à l'autopsie | euthanasié avant traitement | résumé seul |
| Glanemann 2008 [60] | stent œsophagien | 12 mois après la pose | non dit | autopsie | euthanasiée | résumé seul |
| Durocher 2009 [61] | œsophage (diverticule) | non dit | récidive neuf mois après l'obstruction initiale | radioscopie avec contraste, œsophagoscopie | mort subite deux mois après le second retrait | résumé seul |
| Haynes 2010, épisode initial [8] | nasopharynx | 3 jours de toux grasse, après une toux sèche récurrente | asthme (traitement antérieur, radiographie thoracique) | radiographie du cou, examen sous anesthésie | guéri | texte intégral |
| Haynes 2010, récidive [8] | nasopharynx | 4 heures après un vomissement | non dit | endoscopie (radiographie du cou normale) | guéri | texte intégral |
| Töpfer 2014 [24] | grêle (granulome à follicules pileux) | non dit | tumeur | chirurgie et histologie | segment réséqué ; suite non lue | résumé seul |
| Shannon 2015 [62] | œsophage | régurgitations depuis le jeune âge, aggravées depuis 2 semaines | anneau vasculaire, défaut pariétal ou sténose | radiographie, angioscanner, œsophagoscopie | signes résolus, aucune régurgitation au dernier contact | texte intégral |
| Silva 2015 [104] | estomac (récidive huit jours après l'entérotomie d'un trichobézoard du jéjunum) | non dit | non dit | échographie (au moins quatre structures à forte ombre acoustique) | trichobézoard de 16 × 1,5 cm retiré par laparotomie ; suite non donnée | résumé de congrès, traduit par nos soins |
| Farias 2015 [59] | jéjunum (troisième épisode) | 24 heures | non dit | échographie (obstruction complète) | troisième entérotomie ; suite non donnée | résumé de congrès, traduit par nos soins |
| Courtois 2017 [220] | estomac, pylore et duodénum | une semaine | non dit | radiographie (corps étranger engagé dans le pylore), puis endoscopie | non dit | texte intégral (recherche des mots) |
| Jukes 2017 [22] | duodénum proximal | 24 heures | intoxication présumée (tableau évoquant la perméthrine) | biologie (alcalose hypochlorémique), puis échographie | guéri | texte intégral |
| Woerde 2019, deux chats [25] | œsophage | aiguë (cas 1) ; 19 jours sans diagnostic (cas 2) | détresse respiratoire ; cas 2 sorti contre avis médical, examens refusés par les propriétaires | radiographie thoracique, œsophagoscopie | 1 mort en 24 heures (aspiration probable, sans autopsie) ; 1 trachéostomie permanente, en bonne santé à plus de 18 mois | texte intégral |
| Arruda 2021 [53] | estomac | 3 jours | non dit | échographie (estomac dilaté de gaz, contenu masqué par l'ombre), puis laparotomie | sortie en bon état après le retrait des fils | texte intégral |
| Wilson 2023 [21] | antre pylorique et jéjunum | depuis la veille | crainte d'un autre corps étranger (papier, plastique) | radiographie, échographie rapide, endoscopie | vomissements disparus à 6 semaines (téléphone) | texte intégral |
| Takeuchi 2023 [63] | œsophage | depuis le sevrage | non dit | œsophagoscopie, scanner cardiaque | aspiration au réveil | lecture partielle |
| Noguchi 2023 [89] | œsophage resté dilaté après la correction d'un anneau vasculaire | régurgitations revenues deux mois après la chirurgie | non dit | radiographie de contraste, endoscopie | bien à 12 mois | texte intégral (japonais, traduit par nos soins) |
| Israeli 2025 [92] | estomac | fièvre depuis 3 jours, tentatives de vomissement depuis la veille | corps étranger digestif ou pancréatite | radiographie, échographie, puis cœliotomie après un jour de traitement médical | euthanasié dans les trois jours suivant l'intervention (pancréatite suspectée) | texte intégral |
| Bollaert 2026 [58, 191] | intestin grêle (seconde chirurgie) | non dit | non dit | échographie | deux chirurgies ; toilettage excessif et ingestion de poils arrêtés après une prise en charge médicale (dont une pâte à la paraffine), environnementale et comportementale | lecture partielle ; résumé de congrès |
Tableau B4. Discordances internes des séries, exposées sans être tranchées
Nous recopions les chiffres tels qu'ils sont écrits et donnons notre calcul à côté. Ces écarts ne sont pas corrigés dans le texte de la revue à la place des auteurs.
| Source |
Grandeur |
Texte |
Tableau |
Notre calcul |
| Pawenski 2023 [10] | âge moyen de la série | 14,2 ± 4,3 ans | 7,9 ans, médiane 8,0 (tableau 2) | environ 8,0 ans, moyenne pondérée des deux groupes |
| Pawenski 2023 [10] | âge moyen, signes aigus | 6,4 ans | 6,3 ans | sans objet |
| Pawenski 2023 [10] | âge des chats à lymphome | 12,5 ans (résultats) ; 12,9 ans (discussion) | 12,9 ans = médiane | sans objet |
| Pawenski 2023 [10] | chats biopsiés en un site, en quatre sites | sans objet | totaux de 13 et 7 (tableau 3) | colonnes : 12 et 8, total de 44 inchangé |
| Pawenski 2023 [10] | biopsies à neutrophiles au site | « 14 sur 17 (83,3 %) » ; ailleurs, composante neutrophilique dans 18 biopsies sur 100 | sans objet | 14/17 = 82,4 % |
| Pawenski 2023 [10] | inflammation sévère en amont, en aval | « 8,3 % » et « 12 % » | 2 sur 22 et 3 sur 21 (tableau 6) | 9,1 % et 14,3 % |
| Pawenski 2023 [10] | inflammation marquée ou sévère au site | « 42,4 % » | 14 sévères sur 30 | 46,7 % |
| Pawenski 2023 [10] | lymphome parmi les chats domestiques à poil court | « 66 % » | 4 sur 7 | 57,1 % |
| Pawenski 2023 [10] | poil long ou mi-long | « 84,1 % » | 37 sur 44 avec le Bobtail ; 36 sans lui | 84,1 % et 81,8 % |
| Pawenski 2023 [10] | lymphome concordant entre sites intestinaux | « 6/7 (85,7 %) » (discussion) ; résultats : 5 chats concordants et 5 à inflammation variée sur un site ou plus, parmi 10, dont 3 à biopsie intestinale unique | sans objet | de 2 à 5 sur 7 selon le rangement des 3 chats à biopsie unique |
| Barrs 1999 [9] | âge du cas 5 | 7 mois | 4 ans (tableau 1) | sans objet |
| Barrs 1999 [9] | âge des deux jeunes chats | « less than 4 years » (résumé) ; cas 2 : 4 ans (description) | cas 2 : 4 ans ; cas 5 : 4 ans (tableau 1) | sans objet |
| Barrs 1999 [9] | race | « five domestic crossbred cats » (résumé) ; cas 5 : Birman (description) | sans objet | sans objet |
| Koo 2025 [78] | durée des signes, corps étrangers distincts | médiane 5,5 jours, intervalle interquartile « 6,5-13 » | sans objet | l'intervalle ne contient pas la médiane |
| Koo 2025 [78] | plastiques hétérogènes | « deux (16,6 %) » sur six | sans objet | 2/6 = 33,3 % |
| Koo 2025 [78] | trichobézoards reconnus au scanner | section 3.2 : un seul trichobézoard « visible on CT » | tableau 1 : identifiés 2, suspectés 8 | sans objet |
| Koo 2025 [78] | ombre acoustique des bézoards | résumé : 4/6 (83 %) ; résultats : 4/6 (66,7 %) | sans objet | 4/6 = 66,7 % |
| Meomartino 2026 [67] | dénominateurs des signes d'imagerie chez le chat | résultats : « 6/29 (21 %) », « 27/29 (93 %) », « 18/27 (62 %) » ; discussion : « 18/27 (67 %) » | tableaux 2 et 3 : 12 chats radiographiés, 27 échographiés | 6/12 = 50 % ; 27/27 ; 18/27 = 66,7 % |
| Kneissl 2025 [80] | concordance imagerie-chirurgie | résultats : 84/95 (88 %) ; discussion : « 84% of cases » | sans objet | 84/95 = 88,4 % |
| Abdelbaset-Ismail 2022 [244] | rapport côlon sur L5 des mégacôlons | résumé : 1,77 ; résultats : 1,86 ± 0,23 | tableau 2 : 1,86 ± 0,23 (intervalle de confiance 1,77-1,95) | 1,77 = borne basse de l'intervalle |
| Ricart 2022 [209] | animaux porteurs d'un stent | « five dogs » et « three cats », puis « these seven animals » | sans objet | 5 + 3 = 8 |
| Jukes 2017 [22] | bicarbonates | 45 mmol/l au laboratoire ; 31,2 mmol/l au gaz veineux après une heure de perfusion | tableau 1 | deux mesures à deux moments, pas une discordance |
| Woerde 2019 [25] | référence de Clifford 1970 | « 156: 107-114 » | sans objet | 156(8):1007-1014 selon PubMed |
| Bollaert 2026 [58] et son résumé de congrès [191] | longueur du poil de la chatte opérée deux fois | poil mi-long (description du cas de l'article) ; poil long (résumé de l'article) | poil long (résumé de congrès) | non tranché |
Tableau C1. Séries et cas traités
Une ligne par publication où un trichobézoard, ou une obstruction par des poils, a été traité chez un chat domestique, le lynx en dernière ligne. « Non dit » signale ce qui manque dans ce que nous avons lu. La présentation clinique de chaque cas figure au tableau B1. Ces cas ne forment pas une série : aucun taux ne se calcule sur ce tableau.
| Année |
Cas publié |
Pays |
Effectif |
Localisation |
Geste |
Issue |
Complications |
Suivi |
Récidive |
Accès |
Code |
| 1978 | Ryan et Wolfer, connu par Barrs | non dit | 1 chat | estomac, non vérifié (trichophytobézoard) | non dit | non dit | non dit | non dit | oui, malgré toilettage, antiparasitaire et laxatif (selon Barrs, qui le cite avec Worwood) | non consulté | [9] |
| 1979 | Worwood et Jones, connu par Barrs | Royaume-Uni | 1 chat | non dit | non dit | non dit | non dit | non dit | oui (titre), malgré toilettage, antiparasitaire et laxatif (selon Barrs, qui le cite avec Ryan) | non consulté | [9] |
| 1980 | Van Stee, Ward et Duffy, connu par Woerde | non dit | 1 chat | œsophage | non dit | non dit | non dit | non dit | oui (titre) | non consulté | [25] |
| 1989 | Squires | non dit (auteur en Pennsylvanie) | 1 chat | œsophage | extraction partielle à la pince, refoulement dans l'estomac, laxatif oral | guérison | aucune rapportée | 1 mois (fonction normale) | non dit | résumé seul | [88] |
| 1992 | Kobayashi | Japon | 1 chat | côlon (mégacôlon, sable et poils) | colotomie, puis résection iléo-colique deux mois plus tard | guéri | diarrhée pendant 1 mois | 3 ans (lavement baryté à 6 mois) | aucune en 3 ans | texte intégral (japonais, OCR) | [12] |
| 1994 | Court et collègues, connu par Augusto | Australie | 1 chat | œsophage | extraction à la pince (selon Augusto) | non dit | non dit | non dit | non dit | non consulté | [212] |
| 1994 (publié en 1995) | Iida | Japon | 1 chat | côlon | laparotomie, boule retirée | non dit | non dit | non dit | non dit | texte intégral (japonais, OCR) | [13] |
| 1994 (publié en 1995) | Kurita et Koyama | Japon | 2 chats | iléon distal (invagination, poils en cordon) | résection du segment invaginé, anastomose termino-terminale | bon pronostic annoncé (2/2) | non dit | non dit | antécédent de « maladie des boules de poils » chez 1 | texte intégral (japonais) | [70] |
| 1999 | Barrs et collègues | Australie | 5 chats | jéjunum (3), iléon (1), jonction iléo-cæco-colique (1) | résection-anastomose 2, entérotomie 2, aucun geste (euthanasie) 1 | 3 opérés guéris sur 4 ; 1 mort en période opératoire (arrêt en fin d'intervention, second arrêt une heure plus tard) ; 1 euthanasié sans chirurgie ni examen complémentaire | déchirure réparée sous patch séreux (cas 2) | 1 an (cas 3) | épisode semblable 5 mois avant (cas 2), cause non établie | texte intégral | [9] |
| 2003 | Malik | Australie | 1 chat | grêle (passage spontané) | aucun geste, antibiotique | guérison | aucune rapportée | non dit | non dit | texte intégral | [23] |
| 2005 | Owen, Morris et Bateman | Nouvelle-Zélande | 1 chat | jonction gastro-œsophagienne | aucun (euthanasie avant traitement) | mort | sans objet | sans objet | régurgitations récurrentes | résumé seul | [160] |
| 2008 | Glanemann et collègues | Allemagne | 1 chat | stent œsophagien | aucun | euthanasie à 12 mois | stent obstrué par des poils | 12 mois | sans objet | résumé seul | [60] |
| 2008 | Berent et collègues | États-Unis | 1 animal (espèce non dite) | stent nasopharyngé | extrémité du stent raccourcie | non dit | boule piégée | non dit | non dit | résumé seul | [210] |
| 2009 | Durocher, Johnson et Green | États-Unis | 1 chat | œsophage, puis diverticule | extraction endoscopique à deux reprises, aliment de prescription | mort subite 2 mois après la seconde | non dit | 11 mois | oui, à 9 mois | résumé seul | [61] |
| 2010 | Haynes, Anderson et Laszlo | États-Unis | 1 chat | nasopharynx | retrait à la pince hémostatique sous anesthésie, puis par endoscopie | guérison à deux reprises | érythème muqueux | perdu de vue après le second épisode | oui, à environ 1 an | texte intégral | [8] |
| 2011 | Frowde et collègues | Royaume-Uni | 1 chat (parmi 33 à maladie œsophagienne) | œsophage (boule de poils contenant une agrafe) | retrait endoscopique (d'après le tableau de la série) | non dit à part | non dit | non dit à part | non dit | texte intégral | [90] |
| 2013 | German et German | Royaume-Uni (auteurs ; lieu des cas non dit) | 2 chats | pylore (cas 1) ; duodénum, écoulement biliaire obstrué (cas 2) | gastroduodénoscopie et traitement médical (cas 1) ; cœliotomie, retrait non décrit (cas 2) | bonne réponse (cas 1) ; le plus souvent sans signe sur 4 ans (cas 2) | triadite (cas 2) | 4 ans (cas 2) | rechutes de vomissements de boules tous les 6 à 12 mois (cas 1) ; rechutes occasionnelles de nature non précisée (cas 2) | texte intégral | [2] |
| 2013 | Katayama et collègues | Japon | 1 chat | côlon ascendant | colotomie (8e jour d'hospitalisation) | euthanasie 5 jours après la colotomie, au 13e jour d'hospitalisation (lésion pulmonaire aiguë présumée, lymphome trachéal) | sans objet | 5 jours | sans objet | lecture partielle | [14] |
| 2014 | Töpfer et collègues | Allemagne | 1 chat | grêle (granulome à follicules pileux) | entérectomie | lésion retirée « sans difficulté » | non dit | non dit | non dit | résumé seul | [24] |
| 2015 | Shannon et collègues | États-Unis | 1 chat | œsophage (arc aortique droit) | extraction endoscopique d'un ensemble de trichobézoards | signes résolus | œsophagite | jusqu'à la soumission de l'article (durée non dite) | aucune régurgitation rapportée | texte intégral | [62] |
| 2017 | Jukes, Gunew et Marshall | Australie | 1 chat | duodénum proximal | entérotomie | guérison | alcalose sévère préopératoire | 18 mois | aucune | texte intégral | [22] |
| 2019 | Woerde et collègues | Australie | 2 chats | œsophage | échec endoscopique ; gastrotomie et traction (cas 1) ; gastrotomie et poussée-traction (cas 2) | mort en moins de 24 h (cas 1) ; survie (cas 2) | pneumonie par aspiration suspectée dès l'admission (2/2), cause probable de la mort (cas 1), confirmée à J3 (cas 2) ; collapsus laryngé et trachéostomie permanente (cas 2) | plus de 18 mois (cas 2) | aucune (cas 2) | texte intégral | [25] |
| 2021 | Da Riz et collègues ; Ricart et collègues | France ; Argentine | 3 cas, espèce non dite (Da Riz) ; trichobézoard accroché chez 3 chats (Ricart) | stents œsophagiens | découpe progressive des mailles | inconfort et trichobézoards réduits (Da Riz) | poils accrochés au stent | long terme | sans objet | résumé seul ; lecture partielle | [208, 209] |
| 2021 | Barandun, Mullins et Rytz | non dit | 1 chat | non dit (après Billroth II) | seconde chirurgie, de retrait | récupération rapide | vomissements intermittents à 7 mois, bilan normal | 9 mois | trichobézoard 7 semaines après la chirurgie initiale | résumé seul | [219] |
| 2022 | Bahlmann et collègues | États-Unis | 1 chat | estomac porteur d'un diverticule (position de la boule non dite) | gastrotomie, puis gastrectomie partielle | vomissements diminués | aucune rapportée | 48 mois | non rapportée | texte intégral | [74] |
| 2023 | Pawenski et collègues | États-Unis | 44 chats | grêle | gastrotomie ou entérotomie, biopsies | non rapportée | non rapportées | aucun | antécédent d'obstruction par trichobézoard chez 5 des 24 chats à signes chroniques | texte intégral | [10] |
| 2023 | Wilson et collègues | Canada | 1 chat | antre pylorique, jéjunum | extraction endoscopique (antre) ; instillation endoscopique de cola en amont de la boule (jéjunum) | vomissements disparus | aucune rapportée | 6 semaines (téléphone) | non rapportée | texte intégral | [21] |
| 2023 | Noguchi et collègues | Japon | 1 chat | œsophage dilaté, après correction d'un anneau vasculaire | extraction endoscopique à la pince | guérison | aucune rapportée | 12 mois | survenue 2 mois après la chirurgie vasculaire | texte intégral (japonais) | [89] |
| 2023 | Takeuchi et collègues | Japon | 1 chaton | œsophage (anneau vasculaire) | extraction à la pince endoscopique et à la pince de Péan, puis thoracotomie | mort le lendemain de la thoracotomie | aspiration du liquide de la boule au réveil de l'anesthésie du scanner, avant l'extraction | sans objet | sans objet | texte intégral | [63] |
| 2025 | Israeli | États-Unis (Floride) | 1 chat | estomac (boule contenant un élastique à cheveux) | laparotomie, retrait par endoscopie peropératoire sans gastrotomie | amélioration pendant 24 h, puis dégradation (ascite, épanchement pleural, fièvre ; pancréatite suspectée) ; euthanasie | aucune peropératoire | environ 3 jours | sans objet | texte intégral | [92] |
| 2025 | Koo et collègues | Corée du Sud | 10 trichobézoards (chiens et chats) | bézoards (15, dont les 10 trichobézoards) : jéjunum 7, plusieurs segments 4, estomac 2, duodénum 2 ; non ventilé pour les trichobézoards | chirurgie ou endoscopie (non ventilé) | issue non ventilée par type de bézoard ni par espèce | non dit | non dit | non dit | texte intégral | [78] |
| 2026 | Meomartino et collègues | Italie | 4 chats | non dit | non dit | non dit | non dit | non dit | non dit | texte intégral (rien sur le traitement dans les parties lues) | [67] |
| 2026 | Coquet et collègues | France | 1 chat | œsophage (aorte tortueuse) | endoscopie, « prise en charge conservatrice » | amélioration | sténose ulcérée | non dit | non dit | résumé seul | [216] |
| 2026 | Bollaert, Ley et Zulch | Australie | 1 chat | intestin grêle (seconde chirurgie ; siège de la première non dit) ; estomac, duodénum et jéjunum dilatés en amont | 2 laparotomies en 12 mois, la seconde avec trichobézoard trait vers l'estomac et gastrotomie ; puis prise en charge comportementale et médicamenteuse, avec une pâte laxative à la paraffine | plus de vomissements à 6 semaines ; plus détendue à 4 mois, sans nouvelle obstruction rapportée | aucune rapportée | 4 mois | 2 obstructions en 12 mois avant la prise en charge du comportement | lecture partielle | [58] |
| 2013 | Kottwitz et Munsterman | États-Unis | 1 lynx du Canada | pylore | gastrotomie, entérotomie duodénale | guérison complète | aucune rapportée | non chiffré | aucune sous antiparasitaire et laxatif | résumé seul | [178] |
Notre décompte (chats domestiques). Trente-cinq publications sur 34 lignes, Da Riz et Ricart partageant une ligne. En laissant de côté Pawenski (44 chats sans issue), Koo (part féline inconnue) et Töpfer (granulome de follicules pileux, pas un trichobézoard), 16 chats ont été opérés par voie abdominale avec une issue connue, dont les 2 chats de Woerde après l'échec de l'endoscopie et celui d'Israeli, dont la boule a été retirée par endoscopie, abdomen ouvert, et 1 sans issue connue (Iida). Sept chats ont vu leur trichobézoard retiré par voie orale ou endoscopique (Squires, Durocher, Shannon, Takeuchi, Noguchi, Haynes, Frowde), plus Coquet, dont le geste n'est pas précisé. Un chat a reçu une extraction endoscopique suivie d'une instillation de cola (Wilson), un autre a évacué sa boule spontanément (Malik), et 3 sont morts ou ont été euthanasiés sans retrait (Owen, Glanemann, Barrs cas 4). Aucune série de trichobézoards traités ne comporte de suivi.
Tableau C2. Médicaments et produits cités : statut à l'Index ANSES-ANMV
Index des médicaments vétérinaires autorisés en France, mis à jour le 20 octobre 2026 et consulté le 21 octobre 2026 [81] ; médicaments humains d'après la Base de données publique des médicaments, fichiers téléchargés le 21 octobre 2026 [84]. Seules les rubriques espèces, indications, contre-indications et mises en garde ont été lues, jamais la posologie, et aucune n'est reprise. Une autorisation ne prouve aucune efficacité contre le trichobézoard ; pour le statut à l'étranger, voir § 14. « Non relevé » : la mention n'a pas été extraite.
| Substance |
Spécialité (titulaire, AMM) |
Espèces |
Indication telle qu'écrite |
Ordonnance |
Contre-indication ou mise en garde utile |
Consultation |
| Lactulose | LAXATRACT sirop (Dechra, décentralisée, 29/11/2018) | chien, chat | « Traitement de la constipation (due par exemple à une atonie intestinale consécutive à la chirurgie, à des boules de poils, à un bol intestinal massif) » ; « traitement symptomatique des affections nécessitant une facilitation de la défécation (par exemple occlusions partielles…) » | non soumis à ordonnance | pas d'emploi en cas d'occlusion gastro-intestinale totale, de perforation ou de risque de perforation | 21/10/2026 (RCP mis à jour le 20/10/2026 ; libellé de 2018 non vérifié) |
| Lactulose | LAXASAN sirop (Alfasan, décentralisée, 03/08/2026) | chien, chat | même indication, boules de poils comprises (rubrique 3.2) | soumis à ordonnance | pas d'emploi en cas de perforation, d'obstruction complète ou de risque de perforation | 21/10/2026 |
| Docusate de sodium et laurilsulfate de sodium | LAXATIF BIOCANINA (Domes Pharma, nationale, 15/02/1989) | chien, chat | « Traitement des constipations et stases intestinales » (4.2) ; la rubrique 5.1 dit l'association capable de désagréger « les matières fécales durcies, les boules de poils, les amas de fragments d'os » | non soumis à ordonnance | ne pas utiliser en cas d'occlusion intestinale (4.3) ; arrêter et consulter en cas de constipation opiniâtre, surtout avec vomissements répétés (4.4) ; prudence en cas d'ulcère gastrique, de nausées ou de vomissements (4.5) | 21/10/2026 |
| Paraffine liquide légère | aucune spécialité vétérinaire ; aucune pâte ni gel « boules de poils » parmi les 3 226 spécialités de l'Index | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | 21/10/2026 ; 11 spécialités humaines orales commercialisées |
| Vaseline, pétrolatum | absente du référentiel sous ce nom ; « Petroleum » sans aucun médicament | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | 21/10/2026 ; présente dans des préparations humaines |
| Macrogol (polyéthylène glycol) | aucune spécialité vétérinaire | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | 21/10/2026 ; macrogol 3350 et 4000 commercialisés en médicament humain |
| Bisacodyl | aucune spécialité vétérinaire | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | 21/10/2026 ; 11 spécialités humaines |
| Ispaghul (psyllium) | aucune spécialité vétérinaire | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | 21/10/2026 ; 7 spécialités humaines |
| Métoclopramide | EMEPRID comprimés (Ceva, nationale, 26/03/1980) ; EMEPRID solution buvable et solution injectable (05/10/2009) ; MCEPE solution buvable (CP-Pharma, 05/06/2025) ; METOMOTYL solution injectable (Le Vet, 08/07/2014) ; les METOMOTYL comprimés à croquer sont réservés au chien | chien, chat | « Traitement symptomatique des vomissements et de la réduction de la motilité gastro-intestinale notamment lors de gastrite, de spasme du pylore, de néphrite chronique et d'intolérance digestive à certains médicaments » (EMEPRID solution, 3.2) ; METOMOTYL injectable ajoute la prévention des vomissements après la chirurgie | non relevé | contre-indiqué « lors de perforation ou d'obstruction gastro-intestinale » dans les cinq RCP, l'hémorragie digestive s'y ajoutant dans quatre | 21/10/2026 |
| Maropitant | injectables pour chien et chat : CERENIA (Zoetis, centralisée, 29/09/2006), PREVOMAX (Dechra, centralisée, 19/06/2017), ELMARO (Elanco, centralisée, 28/03/2025), RCP non lus ; VETEMEX (CP-Pharma, 14/01/2019), VOMINIL (VetViva Richter, 19/06/2023), MAROPITANT BIOVETA (12/02/2025), MAROPICORD (Accord, 17/04/2026), RCP lus ; comprimés (CERENIA, EMEVET, EMEPAX) réservés au chien | chien, chat | chez le chat : prévention des vomissements et réduction des nausées, sauf celles du mal des transports ; traitement des vomissements « en association avec d'autres mesures d'accompagnement » (3.2 des RCP lus) | non relevé | aucune contre-indication hors hypersensibilité ; mise en garde (3.4) : vomissements pouvant accompagner des états graves « incluant des occlusions gastro-intestinales », recherche diagnostique adéquate à entreprendre | 21/10/2026 ; aucune spécialité humaine |
| Cisapride | aucune spécialité vétérinaire (deux formes listées) | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | 21/10/2026 ; aucune spécialité humaine ; prescription humaine restreinte en France le 16/09/2002 [285] |
| Ranitidine | aucune spécialité vétérinaire | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | 21/10/2026 ; aucune spécialité humaine ; suspension par décision de la Commission européenne du 24/11/2020 [286] ; rappel de l'ANSM de septembre 2019 connu par son seul titre |
| Érythromycine | ERYTHROVET seulement | bovins, veaux, volailles ; aucune spécialité pour le chat | non relevé | non relevé | non relevé | 21/10/2026 ; 7 spécialités humaines |
| Dompéridone | aucune spécialité vétérinaire | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | 21/10/2026 ; 9 spécialités humaines |
| Prucalopride, mosapride | absents du référentiel | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | 21/10/2026 ; prucalopride commercialisé en médicament humain, mosapride absent |
| Ondansétron | aucune spécialité vétérinaire | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | 21/10/2026 ; 25 spécialités humaines |
| Mirtazapine | MIRATAZ pommade transdermique pour chats (Dechra, centralisée, 10/12/2019) | chat | favoriser la prise de poids chez les chats présentant un manque d'appétit et une perte de poids « résultant d'une affection chronique » (RCP archivé du 13/01/2023, 4.2) | sur ordonnance | RCP actuel non lu | 21/10/2026 ; indication lue le 20/10/2026 ; 13 spécialités humaines |
| Oméprazole | 8 spécialités : 7 pour le cheval, OMEPRAZOLE TRIVIUMVET pour le chien (centralisée, 02/04/2025) | cheval, chien ; aucune pour le chat | non relevé | non relevé | non relevé | 21/10/2026 ; 79 spécialités humaines |
| Pantoprazole, famotidine, sucralfate | aucune spécialité vétérinaire | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | 21/10/2026 ; spécialités humaines commercialisées (44, 2 et 3) |
| Acétylcystéine | N.A.C. COLLYRE chiens et chats ; 2 spécialités pour le cheval | chien, chat (collyre) | « Traitement des ulcères cornéens » | non relevé | sans objet ici | 21/10/2026 |
| Papaïne, bromélaïne, pancréatine | aucune spécialité vétérinaire | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | 21/10/2026 |
| Acide ursodésoxycholique | aucune spécialité vétérinaire | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | 21/10/2026 ; 13 spécialités humaines commercialisées (18 autorisées) |
| Fluoxétine | RECONCILE, FLUOXEVET | chien seulement | troubles liés à la séparation, avec modification du comportement (indication lue pour FLUOXEVET seulement) | non relevé | non relevé | 21/10/2026 |
| Prégabaline | BONQAT solution buvable pour chats (Orion, centralisée, 13/07/2021) | chat | non vérifiée (RCP non lu) | non relevé | non relevé | 21/10/2026 |
| Clomipramine | CLOMICALM | chien seulement | non relevé | non relevé | non relevé | 21/10/2026 |
| Gabapentine | aucune spécialité vétérinaire | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | 21/10/2026 |
| Boisson au cola | produit alimentaire, sans statut de médicament ; non autorisée chez les animaux domestiques, ni comme aliment ni comme médicament, selon Wilson [21] | sans objet | sans objet | sans objet | risque muqueux possible (pH 2,6) non étudié chez l'animal [21] | 21/10/2026 |
Tableau C3. Chirurgie des corps étrangers digestifs du chat : séries publiées
Séries de chirurgie digestive féline, corps étrangers de toute nature, biopsies et tumeurs comprises. Aucune ne dénombre de trichobézoard parmi ses opérés ; Durant et Thinon en nomment sans les compter, et Hayes en citerait selon Thinon (voir § 11) : ces chiffres ne sont pas ceux du trichobézoard. Toutes sont rétrospectives, la technique y dépend de l'indication, les définitions et les durées de suivi diffèrent, et les lignes ne se comparent pas entre elles. L'unité est dite dans la colonne Effectif.
| Série |
Pays, période |
Effectif (unité) |
Indications |
Déhiscence |
Mortalité |
Facteurs relevés |
Accès |
| Roman 2025 [96] | États-Unis (New York) | 212 gastrotomies, dont 71 chez des chats | corps étrangers | aucune chez les 71 chats ; 2 sur 141 chiens | non relevée | aucun analysable ; hyperlactatémie chez 37 chats sur 60 dosés | texte intégral |
| Daly 2025 [308] | États-Unis (Kansas, 2 hôpitaux privés) | 302 animaux, dont 31 chats | gastrotomies pour corps étranger | aucune prouvée ; 0 à 0,66 % selon le décompte (2 sur 302, notre calcul) | non relevée | perforation intestinale peropératoire chez 3 chats sur 31 | résumé seul |
| Durant 2013 [97] | France (Alfort, thèse) | 111 chats (71 entérotomies, 40 entérectomies) | toutes | 0 sur 71 entérotomies ; 2 sur 40 entérectomies, chez des chats en péritonite septique préopératoire, morts en moins de 48 h | 15 sur 111 ; 8 sur 40 après entérectomie ; 7 sur 71 après entérotomie | péritonite septique préopératoire : 5 morts sur 15 (le résumé écrit 38,5 %) ; trichobézoards nommés parmi les indications, non comptés ; vomissements de trichobézoards chez 8 des 36 chats suivis par courrier | texte intégral |
| Hiebert 2022 [95] | États-Unis (Virginie), 2002-2020 | 126 chats (estomac 37, grêle 109, gros intestin 30) | diverses, dont 22 corps étrangers et 7 linéaires | 1 sur 126, après exérèse d'un adénocarcinome jéjunal | 23 sur 126 à 10 jours, dont 5 après la sortie ; aucune sur 22 corps étrangers non linéaires | péritonite septique préopératoire (7 morts sur 17 contre 16 sur 109) ; hypothermie entre 25 et 72 h | texte intégral |
| Gollnick 2023 [94] | États-Unis (Géorgie), 2009-2021 | 56 chats (38 discrets, 18 linéaires) | corps étrangers | aucune péritonite septique postopératoire (critère retenu) | aucune (tous sortis) | infection du site opératoire plus fréquente avec les linéaires ; hyperlactatémie chez 14 sur 48 dosés ; « hairballs » parmi les signes de 2 chats | lecture partielle |
| Miller 2024 [234] | États-Unis (Floride), 2012-2023 | 169 chats | corps étrangers du grêle | 2 (corps étrangers discrets) | 3 euthanasies peropératoires, 2 morts ou euthanasies ensuite | survie et complications sans différence entre linéaires et discrets | résumé seul |
| Hayes 2009 [233] | Royaume-Uni (RSPCA, hors référé) | 24 chats d'après Gollnick (sur 208 chiens et chats) | corps étrangers | non dite | survie 16 sur 16 discrets, 5 sur 8 linéaires (lu chez Gollnick) | durée des signes, corps étranger linéaire, interventions intestinales multiples (chiens et chats réunis) ; trichobézoards cités parmi les natures de corps étrangers selon Thinon, absents du résumé | résumé seul |
| Smith 2025 [309] | États-Unis (Colorado, structure non spécialisée, ambulatoire) | 40 chats (sur 142 animaux) | corps étrangers | non dite | survie à 2 semaines 29 sur 32 suivis ; 2 euthanasies peropératoires ; 6 perdus de vue | perforation associée à l'euthanasie peropératoire | résumé seul |
| Kan 2022 [235] | États-Unis (Pennsylvanie) | 72 chiens et chats, dont 20 chats | corps étrangers présents depuis au moins 7 jours | non dite par espèce | 4 morts sur 72, toutes après résection-anastomose ; non ventilée | durée des signes associée au besoin de résection (P = 0,01) | lecture partielle |
| Ralphs 2003 [310] | États-Unis | 25 chats (sur 115 animaux) | entérectomies avec anastomose | 0 sur 25 (13 sur 90 chiens) | non relevée | chez le chien : péritonite préopératoire, albumine, corps étranger | résumé seul |
| Weisman 1999 [311] | États-Unis | 83 animaux, dont 25 chats | entérotomies et anastomoses | 2 sur 83 au total, après corps étranger, espèce non dite | non relevée | surjet jugé acceptable (1 déhiscence sur 57 contre 1 sur 26 après points séparés) | résumé seul |
| Costello 2024 [100] | Australie, France, 2003-2022 | 54 entérectomies félines (24 agrafées, 30 suturées) | invagination 10, entéropathie ulcérée 6, corps étranger discret 6, linéaire 2, tumeurs | 1, chez un chat déjà en péritonite septique | 4 sur 54 non sortis (2 euthanasiés, 2 morts) | agrafes : intervention plus courte de 34 min en moyenne ; sténose d'anastomose chez 2 chats agrafés sur 24 (une euthanasie à J3, un chat réopéré deux fois) | texte intégral |
| Schwartz 2018 [312] | États-Unis | 29 chats | corps étrangers 14, tumeurs 6, mégacôlon 9 | 0 sur 29 (agrafes cutanées seules ou avec suture) | 3 sur 29 non sortis | non relevés | résumé seul |
| Ciammaichella 2023 [301] | Italie (Bologne) | 68 animaux, dont 16 chats | entérectomies (anastomose latéro-latérale manuelle ou termino-terminale) | 1 chat sur 16 (termino-terminale) | 2 chats sur 16 (termino-terminale) | sténose réopérée chez 1 chat sur 6 en latéro-latéral, aucune en termino-terminal | texte intégral |
| Williams et Monnet 2023 [313] | États-Unis (Colorado) | 29 animaux, dont 3 chats | gastrotomies, entérotomies, entérectomies (sutures barbelées) | aucune à 14 jours | non relevée | deux sténoses à 20 et 27 jours chez des chiens | résumé seul |
| Genoni 2024 [314] | Europe (5 centres de référé) | 25 animaux, dont 15 chats | entérectomies agrafées (agrafeuses endovasculaires) | aucune complication majeure ; complications mineures 5 sur 25, dont 3 infections superficielles | 18 sur 25 vivants en fin d'étude | survie plus longue hors tumeur | résumé seul |
| Gorman 2006 [102] | États-Unis (Tufts) | 20 animaux, dont 7 chats | résection dépassant 50 % du grêle, les 7 chats pour corps étranger | aucune chez les chats (2 chiens) | 7 chats sur 7 sortis | pourcentage réséqué non associé à l'issue | résumé seul |
| Rafael 2025 [315] | France | 114 chiens et chats, dont 31 chats | chirurgie du grêle, échographie entre 48 et 96 h | aucune suspectée chez les 31 chats (7 sur 83 chiens) | non relevée | chez le chien : paroi discontinue, gaz, liquide près du site | résumé seul |
| Thinon 2024 [299] | France (Alfort, thèse), 2013-2023 | 78 animaux, dont 23 chats | entérotomies et entérectomies, échographie à J2-J3 | 1 chat (10 chiens) | non relevée | hypoalbuminémie (p = 0,04), stéatite, épanchement abondant, poche liquidienne, gaz pariétal ; trichobézoards nommés parmi les corps étrangers non linéaires (chiens et chats), non comptés | texte intégral |
| Goldminc 2022 [316] | France (Alfort, thèse), 13 ans | 31 animaux, dont 18 chats | entérectomies iléocoliques, surtout tumorales chez le chat | non chiffrée dans le résumé | 7 sur 10 animaux en péritonite préopératoire morts en moins de 24 h | complications plus fréquentes chez le chat que chez le chien ; aucun facteur pronostique confirmé | résumé seul |
| Lux 2021 [152] | États-Unis (4 écoles), 1993-2015 | 84 chats | incisions de pleine épaisseur du gros intestin | 7 sur 84 | 79 sur 84 sortis vivants | neutrophiles non segmentés, colectomie partielle avec anastomose, transfusion, hypoalbuminémie, contamination fécale | résumé seul |
| Grossman 2021 [240] | non relevé | 166 chats | colectomie subtotale (mégacôlon idiopathique) | non relevée | morts du traitement ou du mégacôlon 12 sur 87 | complications majeures 15 sur 151 ; constipation récidivante 24 sur 74, délai médian 344 jours | résumé seul |
| Ryan 2006 [325] | États-Unis (Colorado), 1990-2004 | 19 chats (11 suture, 8 anneau) | colectomie subtotale pour mégacôlon idiopathique | 1, à 36 h (anneau) | survie à 1 et 4 ans : 90 % (suture), 100 % (anneau) ; 2 euthanasies pour selles molles (suture) | sténose à 32 jours (suture) | résumé seul |
| Swinbourne 2017 [317] | Royaume-Uni (12 centres) | 172 chats (et 195 chiens) | biopsies de pleine épaisseur | certaine 2 sur 172 ; possible 4 sur 172 | 18 sur 172 à 14 jours (lu chez Gollnick) | albumine basse (univarié) ; tumeur associée à la mort | résumé seul |
| Smith 2011 [338] | États-Unis (3 centres) | 70 chats | chirurgie de pleine épaisseur, lymphome digestif | aucune fuite clinique | non relevée | anorexie 8, hyperthermie 3, pancréatite 1, constipation 1 | résumé seul |
| Boudet 2021 [318] | France (Alfort, thèse) | 127 chats | biopsies étagées, entéropathie chronique | 3 sur 127 (certaine ou fortement suspectée) | 19 sur 127 à 15 jours | maigreur (p = 0,05, intervalle de confiance englobant 1), anomalies vésiculaires, biopsies hépatiques peropératoires, bile positive | résumé seul |
| Sutton 2016 [339] | États-Unis, 1993-2013 | 72 animaux, dont 9 chats | chirurgie œsophagienne (sténose chez 3 chats) | non relevée | 8 chats sur 9 sortis | complications chez 3 chats sur 9 ; sténose secondaire chez 1 | résumé seul |
Tableau C4. Retrait sans incision intestinale et attente du passage : séries
Israeli est le seul de ces auteurs à compter un trichobézoard parmi les objets retirés ; Gollnick cite « hairballs » parmi les signes de 2 chats, pas parmi les objets. La technique y dépend de la mobilité de l'objet pendant l'intervention, et les comparaisons avec l'entérotomie ou la gastrotomie ne mesurent pas la supériorité d'un geste.
| Série |
Pays |
Effectif (unité) |
Objets |
Technique |
Résultat |
Accès |
| Demars 2023 [303] | France (AniCura Nordvet) | 58 chiens et chats (effectif félin non dit) | corps étrangers intestinaux | endoscopie assistée par laparotomie | retrait réussi dans 25 cas ; conversion en entérotomie dans 20, dont 3 pour déchirures séreuses ; 49 contre 61,7 min à l'entérotomie | résumé seul |
| Cola 2024 [304] | Italie (Bologne) | 81 chiens et chats | corps étrangers digestifs | endoscopie assistée par laparotomie | retrait complet ou partiel 35 sur 40 ; séjour plus court, moins d'analgésie, reprise alimentaire plus rapide, complications comparables | résumé seul |
| Zitsman 2025 [300] | États-Unis (New Jersey, 3 hôpitaux privés) | 24 animaux dont 2 chats, contre 121 dont 6 chats | corps étrangers linéaires ancrés au pylore | endoscopie assistée contre gastrotomie | péritonite septique 0 sur 24 contre 2 sur 121 ; anesthésie plus courte ; non ventilé par espèce | texte intégral |
| Power 2021 [305] | États-Unis (Massachusetts) | 10 petits animaux (espèces non dites) | corps étrangers digestifs | retrait par la bouche après manipulation peropératoire | technique décrite, sans comparaison | résumé seul |
| Prettegiani 2025 [306] | États-Unis (Ohio) | 50 chiens et chats | corps étrangers intestinaux | retrait orogastrique contre gastrotomie | pas de différence de complications | résumé seul |
| Israeli 2025 [92] | États-Unis (Floride) | 4 chiens et 1 chat | corps étrangers digestifs, dont un trichobézoard gastrique avec élastique à cheveux chez le chat | endoscopie peropératoire à la place de la gastrotomie | 5 extractions réussies ; une complication mineure peropératoire selon le résumé ; chat euthanasié vers le 3e jour (pancréatite suspectée) | texte intégral |
| Gollnick 2023 [94] | États-Unis (Géorgie) | 56 chats | corps étrangers discrets et linéaires | mobilisation systématique vers l'estomac ou le côlon | 6 chats sans aucune incision digestive (objet poussé dans le côlon) | lecture partielle |
| Miller 2024 [234] | États-Unis (Floride) | 24 tentatives | corps étrangers linéaires | sonde en caoutchouc par une seule incision | réussite lors de 20 tentatives sur 24 | résumé seul |
| Felts 1984 [307] | États-Unis | 64 chats | fils et aiguilles | chirurgie (gastrotomie, entérotomies multiples) | 96,9 % opérés (62 sur 64) ; bonne évolution chez 83,9 % (52 sur 62) ; effectifs : notre calcul | résumé seul |
| Basher et Fowler 1987 [85] | Canada (Saskatoon) | 24 chats | corps étrangers linéaires | attente du passage contre chirurgie | passage chez 9 ; 10 opérés après échec ; 5 opérés d'emblée ; aucun mort | résumé seul |
| Crinò 2023 [278] | Royaume-Uni | 4 chats et 13 chiens | objets métalliques droits et pointus | prise en charge conservatrice | objet passé chez 15 sur 17 (chiens et chats réunis) ; 2 opérés faute de progression ; tous sortis | résumé seul |
Tableau C5. Extraction endoscopique chez le chat : séries, tous corps étrangers
Frowde est la seule de ces séries à compter une boule de poils (une boule contenant une agrafe, à l'œsophage) ; objets, sites et définitions du succès diffèrent.
| Série endoscopique |
Pays |
Effectif (unité) |
Objets et sites |
Réussite |
Complications |
Accès |
| Dollo 2020 [91] | États-Unis | 52 chats | œsophage et estomac, nature non dite | 49 sur 52 | majeures chez 8 sur 52 (épanchement pleural 2, pneumonie par aspiration 2, échec 3, sténose 3, arrêt cardiorespiratoire 1) ; plus fréquentes à l'œsophage | résumé seul |
| Maggi 2023 [269] | Italie | 92 animaux, dont 6 chats | œsophage et estomac ; chats : estomac seulement (2 aiguilles, 2 fils, un lacet, une peluche) | 81 sur 92 (88 %), dont 6 chats sur 6 ; durée moyenne 59,74 min (résumé) ou 54,79 min (résultats) | chats : gastrite mineure chez les 6 | texte intégral |
| Abd Elkader 2020 [214] | Égypte | 30 chats | œsophage : 25 aiguilles, 5 os | pince de Péan 17, chirurgie 8, endoscopie 5 | non reprises | lecture partielle |
| Frowde 2011 [90] | Royaume-Uni | 33 chats à maladie œsophagienne | 5 corps étrangers, dont une agrafe prise dans une boule de poils | endoscopie thérapeutique chez 9 (4 extractions, dont la boule de poils, 5 dilatations) | non reprises | texte intégral |
| Pratt 2014 [296] | États-Unis (Pennsylvanie) | 38 chats et 27 chiens | aiguilles à coudre | extraction endoscopique chez 18 chats sur 19 (œsophage, estomac) | perforation digestive chez 5 chats sur 37 | résumé seul |
| De Souza 2023 [297] | Brésil | 13 chats | embouts de lance-comprimés | retrait endoscopique dans 9 épisodes sur 15 | non reprises | résumé seul |
| Wood 2021 [298] | États-Unis | 268 spécialistes interrogés | œsophage et estomac | instruments préférés selon l'objet et le site | sans objet | résumé seul |
Tableau C6. Péritonite septique du chat : séries
Toutes causes, aucun trichobézoard identifié ; séries rétrospectives connues par leurs seuls résumés.
| Série |
Effectif (unité) |
Cause digestive |
Survie |
Constats |
Code |
| Costello 2004 | 51 chats | fuite digestive chez 24 | 16 sur 23 opérés | douleur abdominale chez 29 sur 47 ; bradycardie relative chez 8 ; lactate, albumine et fréquence cardiaque sans différence selon la survie | [273] |
| Parsons 2009 | 26 chats | source principale | 12 sur 26 | lactate plus élevé chez les non-survivants (P = 0,02) ; douleur 10, vomissement 11 | [273] |
| Scotti 2019 | 83 chats | perforation digestive dans 49,4 % | 58 sur 83 | glycémie plus élevée chez les non-survivants ; survie 4,4 fois plus probable sous antibiothérapie empirique adaptée | [273] |
| Anderson 2021 | 95 chats | fuite digestive la plus fréquente | 66 % | hypotension peropératoire (rapport de cotes ajusté 0,173 pour la survie) ; déhiscence antérieure sans pronostic plus sombre | [273] |
| Dayer 2013 | 11 chats et 44 chiens | perforations pyloriques et non pyloriques | mortalité globale 63,6 % (espèces réunies) | anti-inflammatoires associés à la perforation pylorique | [326] |
| Ruthrauff 2009 | 13 chats (12 dans le résumé) | péritonite primaire | mortalité 31 % | aucun survivant parmi les chats bradycardes et hypothermes | [327] |
| Kellett-Gregory 2010 | 55 chats | non reprise | non reprise | hypocalcémie ionisée : prévalence et morbidité | [328] |
| Staatz 2002 | 42 animaux, dont 6 chats | non reprise | 71 % | drainage ouvert et fermeture primaire sans différence de survie | [329] |
Tableau C7. Récidives publiées
La récidive après le retrait d'un trichobézoard n'est mesurée par aucune série ; chaque ligne est un cas, et les délais ne se cumulent pas en taux.
| Publication |
Effectif |
Événement |
Délai |
Cause retenue ou supposée |
Code |
| Pawenski 2023 | 44 chats opérés | antécédent d'obstruction par trichobézoard chez 5 des 24 chats à signes chroniques (pas un suivi) | non dit | entéropathie chronique ou lymphome (10 sur 44) | [10] |
| Barandun 2021 | 1 chat | trichobézoard après une chirurgie de Billroth II | 7 semaines | non établie dans le résumé | [219] |
| Noguchi 2023 | 1 chat | boule de poils dans l'œsophage après correction d'un anneau vasculaire | 2 mois | œsophage resté dilaté | [89] |
| Barrs 1999, cas 2 | 1 chat | épisode semblable cinq mois avant l'entérotomie, guéri sans chirurgie ; cause non établie (pas une récidive démontrée) | 5 mois | non dite pour l'épisode antérieur | [9] |
| Durocher 2009 | 1 chat | nouveau trichobézoard œsophagien, dans un diverticule | 9 mois | diverticule, motilité œsophagienne diminuée | [61] |
| Haynes 2010 | 1 chat | second trichobézoard nasopharyngé | environ 1 an | vomissements de boules rapportés à la récidive, jamais explorés (chat perdu de vue) | [8] |
| Bollaert 2026 | 1 chat | deux laparotomies | moins de 12 mois | trouble anxieux (arrachage et ingestion de poils, confirmés en vidéo) | [58] |
| German 2013, cas 1 | 1 chat | rechutes de vomissements de boules | tous les 6 à 12 mois | nodules pyloriques, ulcère, Helicobacter | [2] |
| German 2013, cas 2 | 1 chat | rechutes occasionnelles, de nature non précisée | sur 4 ans | triadite, cause ou conséquence non tranchée | [2] |
| Ryan 1978, Worwood 1979, Van Stee 1980 | 1 chat chacun | récidive (titres ; malgré toilettage, antiparasitaire et laxatif pour Ryan et Worwood, cités ensemble par Barrs) | non connu | non connue (non consultés) | [9, 25] |
| Kottwitz 2013 | 1 lynx du Canada | aucune récidive | suivi non chiffré | puces | [178] |
| Grossman 2021 (hors poil) | 74 colectomies suivies | constipation récidivante chez 24 | médiane 344 jours | mégacôlon idiopathique | [240] |
Tableau D1. Études d'intervention en prévention
Toutes les études d'intervention retrouvées qui testent un aliment, une fibre, un complément ou une enzyme avec un critère lié au poil, plus trois études de fibres ou d'oligo-éléments sans ce critère, utiles pour lire les autres. Les teneurs et les durées sont celles des protocoles, conditions de chaque étude, jamais des conseils ; aucune quantité de complément n'est reproduite. Critères, unités et populations diffèrent : les lignes ne se comparent pas entre elles (voir § 13). Accès : TI, texte intégral ; R, résumé seul ; NC, non consulté.
| Étude |
Pays, année |
Plan |
Effectif |
Durée (condition de l'étude) |
Intervention (condition de l'étude) |
Critère |
Résultat chiffré, tel qu'écrit |
Financeur, lien d'intérêt |
Accès |
Code |
| Dann, friandise (non lue) | Australie, 2004 | contre friandise témoin, aveugle et répartition non connus | non connu | deux semaines selon Cannon et Loureiro | friandise au psyllium et à l'orme rouge (une gélule selon Donadelli) | signes notés par les propriétaires (vomissements, haut-le-cœur, toux) | trois descriptions inconciliables : −29 % de signes sans baisse significative des vomissements (Cannon, Loureiro), −24 %, −35 % et −28 % avec baisse dite significative (Beynen), baisse sans chiffre (Weber, Donadelli) | Masterfoods (groupe Mars) | NC, connu par les sources citées | [5, 112, 107, 346, 43] |
| Ludolph, thèse de Munich | Allemagne, 2006 (soutenue en 2007) | essai 1 croisé (2 groupes de 4), essai 2 en deux groupes parallèles de 8, aveugle non dit | 8 puis 16 chats d'animalerie | 2 × 3 semaines, puis 3 semaines | aliment sec + 1 % puis 2 % de cellulose blanche à fibres longues (700 µm) contre le même sans | poil total des selles (g et % de matière sèche), qualité des selles | aucun effet systématique dans les deux essais, forte variabilité, poil fécal bien plus abondant au printemps et en été | aucun financeur ni fournisseur nommé dans le texte | TI | [111] |
| Beynen | Pays-Bas, 2011 | contrôlé, double aveugle, groupes parallèles, test de Wilcoxon apparié unilatéral | 58 inclus, 24 analysés (12 + 12), 34 sortis (20 refus ou selles de mauvaise consistance, 1 mort, 13 carnets incomplets) | 2 semaines de référence, puis 4 semaines | aliment sec avec 4 % de cellulose contre le même sans | vomissements, haut-le-cœur et toux notés chaque jour par les propriétaires de chats déjà atteints | vomissements −79 % (p unilatéral = 0,027), haut-le-cœur −91 % (p = 0,070), toux −70 % (p = 0,486), groupes déséquilibrés au départ (score 71 contre 86 sur 100, races différentes) | deux auteurs sur trois salariés de Vobra Special Petfoods, fabricant de l'aliment témoin | TI | [107] |
| Loureiro | Brésil, 2014 | blocs randomisés, quatre aliments | 32 (8 par aliment) | 42 jours | témoin, + 10 % ou 20 % de fibre de canne, + 10 % de cellulose | amas de poils isolés des selles (nombre, masse, taille) | canne : 6,6, 4,4 puis 3,8 amas par chat et par jour (p = 0,004), 111, 101 puis 87 mg (p = 0,008), aucun amas > 2 cm aux jours 40-42 à 20 % contre 0,8 par chat et par jour (p = 0,006), cellulose sans effet (143 mg, 6,8 amas) | SPF do Brasil, actes de symposium soutenus par Mars | TI | [112] |
| Weber | France, 2015 | croisé sur panels, selles mises en commun par panel de 7, aveugle non dit | 21 (3 panels de 7 : témoin de mue brossé, poil court, poil long ; poil fécal mesuré sur les deux derniers) | 4 phases de 14 jours (juillet-septembre) | 6 % de fibres totales sans psyllium contre 11 % ou 15 % avec 0,5 % de psyllium et cellulose ajoutée | poil total extrait des selles (mg par jour et par panel) | poil long : 1 512 à 2 735 (+81 %) et 1 610 à 3 435 mg (+113 %), p < 0,001, poil court sans effet, 11 % et 15 % sans différence | tous les auteurs salariés de Royal Canin | TI | [43] |
| Loureiro | Brésil, 2017 | trois aliments, mesures répétées | 18 chats à poil court | 31 jours | témoin, + 8 % ou + 16 % de pulpe de betterave | amas de poils des selles (nombre, mg par chat et par jour), transit | selles plus abondantes (p < 0,001), transit plus court (p = 0,003), amas inchangés (p > 0,05) | non relevé | R | [108] |
| Donadelli et Aldrich | États-Unis, 2020 | alternance randomisée (switchback), deux aliments | 12 (11 pour l'aliment d'essai), poil court, sans antécédent | 16 jours d'adaptation et 5 jours de recueil par période | 10 % d'herbe Miscanthus contre aliment témoin à la farine de riz | amas et poil total, rapportés ou non au poids des selles | amas inchangés en nombre, taille et poids, poil total 1 641 contre 1 362 mg (p = 0,079), par gramme de selles sèches 14,59 contre 21,04 mg de poil (p = 0,0004) et 0,12 contre 0,19 amas (p = 0,0013), un vomissement de boule (sous témoin) | Renew Biomass, producteur de la fibre, dont le dernier auteur a été consultant | TI | [346] |
| Miltenburg | Brésil, 2017 (mémoire) et 2021 (article) | factoriel 2 × 2 en blocs, enzyme en gélule contre gélule placebo | 24 (6 par groupe) | 57 jours par bloc | aliment pauvre ou riche en fibre de canne, avec ou sans protéase kératinolytique | nombre et taille des amas fécaux | fibre seule p = 0,59, enzyme seule p = 0,36, association : moins d'amas (p = 0,034), tailles inchangées (p = 0,38), digestibilité des protéines abaissée par la fibre | PremieR Pet, fabricant d'aliments (déclaré dans le mémoire ; article connu par son seul résumé) | R (article), TI (mémoire) | [109, 349] |
| Wang et Zhou | Chine, 2025 | randomisé, trois groupes parallèles, témoin sans gélule, aveugle non dit | 20 (répartition par groupe non donnée) | 3 jours, puis 14 jours | gélules gastrorésistantes de kératinase et de psyllium, deux doses (non reproduites), contre l'aliment seul | amas fécaux (nombre, taille), kératine fécale, sang | dose haute : plus d'amas, plus de petits et moins de gros (chiffres des figures non relevés), aucun effet indésirable sanguin | université agricole de Nankin, aucun conflit déclaré | TI (figures non lues en détail) | [113] |
| Sornsadanant | Thaïlande, 2025 | blocs randomisés, trois aliments | 18 croisés Maine Coon × Persan | 10 jours d'adaptation, puis 20 jours | témoin, + 1 % de psyllium, + 1 % de psyllium et 6 % de cellulose | « trichobézoards » fécaux (g de matière sèche par jour), consommation, selles | 4,08, 4,08 et 2,77 g par jour (p = 0,300), ordres de grandeur très au-dessus des autres études, selles plus humides sous psyllium seul | Nutrix, fabricant thaïlandais d'aliments, qui a fourni les installations | TI | [110] |
| Armbrust, sans critère « poils » | États-Unis, 2003 | quatre aliments du commerce, scintigraphie | 8 chats sains | non relevée | croquettes rondes ou triangulaires, aliment pauvre ou riche en fibres | vidange gastrique (temps à 50 % et à 20 %) | triangles plus lents (p = 0,02 et 0,001), teneur en fibres sans effet | non relevé | R | [106] |
| Keller, sans critère « poils » | France, 2024 | séquentiel non croisé (aliment d'essai puis témoin) | 9 chats sains | 2 × 10 jours | 6 % de psyllium contre 6 % de cellulose | défécations, score et humidité des selles | défécations plus fréquentes et selles plus humides sous psyllium, poils non mesurés | Royal Canin, cinq auteurs sur six salariés | TI | [351] |
| Amundson, sans critère « boules » | États-Unis, 2025 | deux groupes | 40 (âge moyen 8,4 ans) | 90 jours | source organique contre source minérale des mêmes oligo-éléments | poil perdu au brossage, pousse, pellicules | 0,023 g de poil perdu en moins à 45 jours (p = 0,08), écart disparu à 90 jours, boules non mesurées | Zinpro, fabricant de l'ingrédient, trois auteurs salariés | TI (recherche des mots) | [347] |
Tableau D2. Produits et statut selon les pays
Registres lus le 21 octobre 2026, cités par leur date de consultation ou celle de la fiche ; aucune posologie n'est reproduite. Les spécialités sont nommées comme faits de registre, le registre étant la source, jamais comme conseil. Autorisé ne veut pas dire démontré, et un produit autorisé ailleurs ne l'est pas pour autant en France (voir § 14). MV : médicament vétérinaire ; QMV : quasi-médicament vétérinaire ; « non lue » : l'indication n'a pas pu être lue, et rien n'est supposé de son contenu.
| Produit (substances) |
Pays ou zone |
Statut et date |
Indication telle qu'écrite |
Ordonnance |
Code |
| LAXATRACT (lactulose) | France | MV chien et chat, AMM du 29 novembre 2018 | traitement de la constipation, due par exemple à des boules de poils, et des affections qui demandent de faciliter la défécation, par exemple occlusions partielles | non | [81] |
| LAXASAN (lactulose) | France | MV chien et chat, AMM du 3 août 2026 | même indication, boules de poils comprises | oui | [81] |
| LAXATIF BIOCANINA (docusate et laurilsulfate de sodium) | France | MV chien et chat, AMM de 1989 | constipations et stases intestinales ; la pharmacodynamie lui prête la désagrégation des boules de poils | non | [81] |
| Pâtes et gels à la paraffine, à la vaseline ou au malt | France | aucun MV, statut non trouvé dans un texte officiel | sans objet | sans objet | [81, 363] |
| LAXATRACT (lactulose) | 29 territoires de l'Union, de l'Espace économique européen et l'Irlande du Nord | MV chien et chat | non lue dans l'export de la base de l'Union | oui, sauf en France et en Tchéquie | [137] |
| LAXASAN (lactulose) | 12 pays de l'Union et de l'Espace économique européen | MV chien et chat, fiches de septembre et octobre 2026 | non lue dans l'export | oui, partout | [137] |
| Kat-a-lax (vaseline blanche, sirop de malt) | Pays-Bas | MV chat, inscrit le 8 octobre 1991, RCP révisé le 7 janvier 2026 | éliminer et prévenir les boules de poils | non (librement disponible) | [131, 132] |
| LAXATRACT, LAXASAN (lactulose) | Pays-Bas | MV, inscrits le 25 février 2019 et le 22 septembre 2026 | non relevée | oui | [131] |
| Paraffinum perliquidum (paraffine liquide légère) | Allemagne | MV chien, chat et cheval, autorisation du 18 octobre 2001 | non lue (notice derrière un test anti-robot) | non | [137] |
| Paraquine (paraffine liquide légère, générique) | Allemagne | MV chien, chat et cheval, autorisation du 1er juillet 2021, voies orale et rectale | non lue | non | [137] |
| Docusate | Union hors France | aucun MV | sans objet | sans objet | [137] |
| Cisapride | Union, Royaume-Uni, Irlande, Suisse, Japon | aucun MV | sans objet | sans objet | [137, 386, 388, 133, 138] |
| LAXATRACT (lactulose) | Royaume-Uni | MV chien et chat, autorisé le 22 mai 2019 | constipation due par exemple aux boules de poils, et affections qui demandent une défécation facilitée | oui (POM-V) | [386, 387] |
| LAXASAN (lactulose) | Irlande du Nord | MV chien et chat, autorisé le 8 juillet 2026 | même indication, boules de poils comprises | oui (POM-V) | [387] |
| Paraffine, vaseline, docusate, malt, psyllium | Royaume-Uni | aucun MV | sans objet | sans objet | [386] |
| LAXATRACT, LAXASAN (lactulose) | Irlande | MV, autorisés le 11 janvier 2019 et le 31 juillet 2026 | non relevée | oui | [388] |
| LAXATRACT (lactulose) | Espagne | MV chien et chat, autorisé le 3 juin 2019 | constipation due par exemple à des trichobézoards (« tricobezoares ») | oui | [389, 390] |
| LAXASAN (lactulose) | Espagne | MV chien et chat, autorisé le 28 août 2026, pas encore commercialisé | non relevée | oui | [389, 137] |
| Laxatone ad us. vet. (vaseline blanche, huile de soja, paraffine liquide) | Suisse | MV chien et chat, autorisé le 23 février 1988 | lubrifiant en cas de constipation (aucune mention des boules de poils) | non relevée | [138] |
| Lactulose, métoclopramide | Suisse | aucun MV | sans objet | sans objet | [138] |
| Laxatifs, lubrifiants, prokinétiques | États-Unis | aucun médicament vétérinaire approuvé par la FDA | sans objet | sans objet | [139] |
| Cisapride | États-Unis | aucun médicament approuvé, préparation pour le chat admise sur la liste de la FDA des substances pour stock de cabinet | sans objet | sans objet | [142] |
| Pâtes, gels et bouchées « hairball » (vaseline, huile minérale, sirop de malt, selon le produit) | États-Unis | étiquettes de médicament vétérinaire déclarées, catégorie des médicaments non approuvés, de 2012 à 2026 | éliminer et prévenir les boules de poils, ou aider à le faire, selon l'étiquette | non | [135, 136] |
| Laxa-Stat (vaseline, huile minérale) | Canada | numéro d'identification de médicament, commercialisé depuis le 31 décembre 1991, chat | non lue (non donnée par l'interface) | non relevée | [391] |
| Laxatone (vaseline, huile minérale) | Canada | numéro d'identification de médicament, commercialisé depuis le 2 septembre 1997, chat et chien ; un homonyme plus ancien annulé le 19 octobre 2022 | non lue | non | [391] |
| Dix produits dont le nom contient « hairball », dont une friandise | Canada | tous retirés, de 1999 à 2022 (friandise de 2005 à 2016) | non lue | non relevée | [391] |
| Troy Laxapet Gel (paraffine) | Australie | enregistré | non lue (étiquette derrière un test anti-robot) | non relevée | [140] |
| Pâtes et laxatifs pour chats archivés ou annulés, dont deux à la phénolphtaléine | Australie | archivés ou annulés, dates non données | non lue | non relevée | [140] |
| Lactulose, paraffine digestive, vaseline orale, malt, docusate, cisapride | Nouvelle-Zélande | aucun produit au registre ; exemptions non lues | sans objet | sans objet | [141] |
| Petromalt (paraffine liquide) | Japon | QMV, approuvé le 13 septembre 1984 | élimination des boules de poils de l'intestin et prévention de leur formation | aucune catégorie de prescription | [133] |
| Laxatone (paraffine liquide, vaseline blanche) | Japon | QMV, approuvé le 14 avril 1986, révisé en 2005 et 2011 | chat : élimination des boules de poils de l'intestin et prévention de leur formation | aucune ; emploi sous la direction d'un vétérinaire selon la fiche | [133] |
| Sukkirin (paraffine liquide) | Japon | QMV, approuvé le 4 avril 1992, révisé en 2011 | chat ou lapin de compagnie au-delà de trois mois : élimination et prévention | aucune | [133] |
| Laxa Plus gel (paraffine liquide, paraffine) | Japon | QMV, approuvé le 28 novembre 1994, révisé en 1997 et 2002 | élimination des boules de poils du tube digestif du chat et prévention | aucune | [133] |
| Petromalt (Universal Shōkai ; composition non donnée par la fiche) | Japon | QMV, approuvé le 27 mai 1997 | élimination des boules de poils de l'estomac et de l'intestin, et prévention | aucune | [133] |
| Cat Lax (vaseline blanche) | Japon | QMV, approuvé le 10 février 1998 | élimination des boules de poils de l'intestin du chat et prévention | aucune | [133] |
| Pâte qui enlève les boules de poils (Osaka Seiyaku ; paraffine liquide) | Japon | QMV, approuvé le 6 avril 2001 | élimination des boules de poils de l'intestin du chat et prévention | aucune | [133] |
| Hairball Buster (paraffine liquide) | Japon | QMV, approuvé le 12 janvier 2012 | chat ou lapin de compagnie au-delà de trois mois : élimination et prévention | aucune | [133] |
| Lactulose, cisapride, docusate, psyllium | Japon | aucun MV | sans objet | sans objet | [133] |
| Excel Hairball Remedy Malt Flavor Paste (huile minérale, sirop de malt) | Corée du Sud | QMV importé, déclaré le 9 février 2010 | prévention et élimination des boules de poils, chat | non relevée | [134] |
| Trois shampooings « hairball control » | Corée du Sud | QMV, 2009, 2012 et 2019 | aucune allégation sur les boules de poils dans l'efficacité enregistrée | non relevée | [134] |
Tableau D3. Les recommandations, organisme par organisme et version après version
« N'en parle pas » : vérifié par recherche des mots dans le texte intégral, sauf mention « résumé ». Nul texte de cette liste n'est consacré aux boules de poils, faute d'en exister un (voir § 15).
| Organisme |
Texte et version |
Date |
Ce qu'il dit du sujet |
Ce qui a changé |
Code |
| AAFP et AAHA | étapes de vie | 2010 | n'en parle pas (ni boule, ni toilettage, ni vomissement) | sans objet | [207] |
| AAHA et AAFP | étapes de vie | 2021 | vomissements de boules à rechercher à chaque étape, question essentielle chez l'adulte mûr et le senior ; la toux n'est pas due aux boules ; rien sur la prévention | seule apparition des boules dans une recommandation de société ; aucune version plus récente au 21 octobre 2026 | [6, 398] |
| AAHA et AAFP | douleur | 2007 | baisse du toilettage parmi les signes ; boules : n'en parle pas | sans objet | [192] |
| AAHA et AAFP | douleur | 2015 | toilettage diminué, pelage emmêlé, surtoilettage d'une zone douloureuse ; boules : n'en parle pas | ajout du surtoilettage d'une zone douloureuse | [56] |
| ISFM | douleur aiguë | 2022 | baisse du toilettage ou de l'appétit ; boules : n'en parle pas | sans objet | [193] |
| ISFM et AAFP | AINS au long cours | avril 2024 | surtoilettage d'une zone parmi les signes de douleur, pelage négligé (douleur buccale), toilettage doux du chat douloureux ; boules : n'en parle pas | sans objet | [399] |
| AAFP | chat âgé | 2009 | baisse du toilettage à repérer ; boules : n'en parle pas | sans objet | [374] |
| AAFP | chat âgé | 2021 | baisse du toilettage reliée à la douleur, aide au toilettage du chat arthrosique ; boules : n'en parle pas | la douleur entre dans la lecture du toilettage | [194] |
| AAFP | hyperthyroïdie | 2016 | pelage négligé parmi les signes ; boules : n'en parle pas | sans objet | [199] |
| AAFP et ISFM | besoins environnementaux | 2013 | allotoilettage ; boules : n'en parle pas | sans objet | [170] |
| AAFP et ISFM | manipulation, soins infirmiers, interaction et environnement | 2011, 2012, 2022 | toilettage comme soin, signe de bien-être ou conduite de déplacement ; en 2022, brossage d'un pelage feutré déconseillé et obésité parmi les causes d'un toilettage réduit ; boules : n'en parle pas | sans objet | [105] |
| AAFP et ISFM | malpropreté | juillet 2014 | constipation à rechercher chez le chat qui défèque hors du bac ; boules : n'en parle pas | version unique | [400] |
| AAFP | programmes d'alimentation | 2018 | boules, toilettage, constipation, herbe et fibres absents | version unique | [401] |
| AAFP | anesthésie féline | 2018 | rien de propre au chat qui vomit ou obstrué | sans objet | [341] |
| AAFP | tensions entre chats | juillet 2024 | surtoilettage de déplacement, constipation parmi les effets de trois psychotropes ; boules : n'en parle pas | sans objet | [402] |
| FelineVMA (ex-AAFP, depuis le 27 septembre 2024) | besoins des chats d'intérieur | juillet 2025 | ni toilettage, ni poil, ni boules, ni herbe | changement de nom de l'association | [403, 398] |
| FelineVMA | santé bucco-dentaire | novembre 2025 | baisse du toilettage et pelage négligé, signes possibles de douleur buccale ; boules : n'en parle pas ; l'étude britannique de 2023 est citée pour sa prévalence, sans l'association avec les boules | sans objet | [404] |
| AAHA et AAFP, puis AAHA | fluidothérapie | 2013, puis 2024 | résumés : débits réduits sous anesthésie réaffirmés en 2024 | un texte de 2024 suit celui de 2013 | [288, 289] |
| AAHA | anesthésie et monitorage | 2020 | résumé : continuum de soins, listes de contrôle | sans objet | [342] |
| AAHA | nutrition (2021), chien et chat âgés (2023), dermatoses allergiques (2023), comportement (2015), diabète du chat (2026) | 2015 à 2026 | résumés seuls (site refusé) : aucun mot du sujet | sans objet | [405] |
| ISFM | chat hospitalisé inappétent | 2022 | prise en charge multimodale, sonde sans retard, prokinétiques et nutrition entérale précoce en cas d'iléus | sans objet | [86] |
| ISFM | maladie rénale chronique | mars 2016 | constipation citée comme signe d'hypokaliémie et effet de chélateurs, sans section | sans objet | [406] |
| iCatCare | maladie rénale chronique | en ligne le 3 septembre 2026 | section entière sur la conduite à tenir devant un chat constipé ; un chat malade chronique peut apprécier le brossage ; boules : n'en parle pas | remplace le texte de 2016 ; seule conduite consensuelle féline écrite devant la constipation parmi les textes lus | [19] |
| iCatCare | bas appareil urinaire | février 2025 | dysurie prise pour de la constipation, surtoilettage signe de douleur ; boules : n'en parle pas | sans objet | [20] |
| iCatCare | diabète | novembre 2025 | ni boules, ni toilettage, ni constipation | sans objet | [408] |
| iCatCare | fiche « toilettage » | capture de 2013 | toilettage quotidien par le propriétaire, surtout pendant la mue, qui empêche la formation des boules | sans objet | [47] |
| iCatCare | fiche « Grooming your cat » | 2019 ; mars 2025, mise à jour en septembre 2025 | même idée ; en 2025, le toilettage par le propriétaire peut aider à prévenir ou réduire les boules | reformulation d'une idée présente dès 2013 | [47] |
| iCatCare | fiche « Over-grooming in cats » | 2019 ; octobre 2024, mise à jour en 2025 | causes du toilettage excessif ; boules : n'en parle pas | douleur et stress détaillés en 2024 | [126] |
| iCatCare | fiche « constipation » | 2013 et 2018 ; juin 2024 | poil jamais cité parmi les causes ; jusqu'en 2018, paraffine déconseillée, lactulose et cisapride nommés | en 2024, plus aucune molécule nommée, confusion entre urine et selles ajoutée | [18] |
| iCatCare | fiche sur l'herbe | 8 octobre 2018 ; dernière capture le 5 février 2023 | source d'herbe conseillée aux chats sans accès extérieur, pour l'« idée générale » qu'elle fait passer les boules | fiche retirée | [125] |
| iCatCare | fiches « prurit sans puces » et « stress » | 2024 | boules : n'en parlent pas | sans objet | [409] |
| WSAVA | évaluation nutritionnelle | 2011 | n'en parle pas | pas de version ultérieure trouvée | [410] |
| WSAVA | boîte à outils nutrition | 2020-2021, documents de 2025 et 2026 | « hairball » absent de tous les documents | sans objet | [411] |
| WSAVA, groupe de standardisation gastro-intestinale | normes histologiques | 2008 | résumé : ni corps étrangers ni poils | aucune suite publiée | [270] |
| European Emesis Council (financement Pfizer) | vomissement du chien, puis du chat | 2010, puis 2013 | chat : trichobézoard dans la ligne des corps étrangers du tableau des causes, niveau 4c (une série), note globale C | aucune version ultérieure | [76] (texte canin de 2010 : titre seul) |
| ACVIM | protecteurs digestifs | 2018 | ni corps étrangers ni boules | sans objet | [290] |
| ACVIM | pancréatite du chat | 2021 | titre seul (Forman et coll.) | sans objet | aucun |
| ACVIM | entéropathies chroniques lymphocytaires du chat | 2023 | vomissement sans boules ; chronicité à partir de trois semaines | version unique ; aucun consensus digestif de 2024 à 2026 | [164] |
| ACVR et ECVDI | examen échographique abdominal standard | 2022 | résumé : ni corps étrangers ni poils | aucun texte digestif ensuite | [267] |
| ICADA | nomenclature et diagnostic des allergies du chat | février 2021 | syndrome atopique cutané félin, diagnostic d'exclusion (résumés) | proposition d'un nouveau nom des dermatoses allergiques | [412, 413] |
| ESCCAP | ectoparasites, GL3 | 7e édition, janvier 2022 | le chat élimine ses puces en se toilettant ; boules : n'en parle pas | éditions antérieures non lues | [52] |
| ENOVAT | état des lieux des recommandations nationales d'antibiothérapie, revue de la portée, revue systématique, recommandations 2025 | 2021, 2024, 2026 ; recommandations en ligne le 23 décembre 2025 | pas d'antibiotique postopératoire après chirurgie digestive propre-contaminée, pas de prophylaxie pour la gastrotomie seule | texte européen gradé | [415, 414, 337, 98] |
| ACVECC | définition du sepsis, choc septique et pronostic | en ligne le 12 juillet 2026 | sepsis défini par la dysfonction d'organe ; lactate non recommandé pour le pronostic chez le chat | abandon des critères du syndrome de réponse inflammatoire | [335, 334] |
| RECOVER | premiers secours | août 2026 | étouffement par un corps étranger rare chez le chat, balayage du doigt à l'aveugle déconseillé ; boules : n'en parle pas | sans objet | [11] |
| Cornell Feline Health Center | « A Hairy Dilemma » (bulletin, avis d'une vétérinaire de clinique privée) | 29 mars 2006, inchangé en 2026 | une boule toutes les une à deux semaines « pas rare » ; brossage, tonte, « remède » à base de pétrole | aucun changement | [118] |
| Cornell Feline Health Center | « The Danger of Hairballs » | avril 2011, inchangé en 2026 | ni laxatif ni aliment prétendant prévenir ou lever l'obstruction sans accord vétérinaire ; peignage | aucun changement de fond | [1] |
| Cornell Feline Health Center | « Vomiting » | décembre 2010 ; réécrite en juin-juillet 2021 | alerte au-delà d'un vomissement par semaine ; en 2010, explorer aussi un vomissement répété plus rare | la consigne sur le vomissement répété plus rare disparaît en 2021 | [31] |
| Cornell Feline Health Center | « Constipation » | août 2010 ; réécrite en avril 2021 | 2010 : poil absent des causes | en 2021, le poil entre en tête des causes | [17] |
| Manuel vétérinaire MSD, version professionnelle | constipation et mégacôlon | décembre 2016 ; juin 2025 | poil en exemple de cause d'obstruction intraluminale ; huile minérale par voie rectale seulement | aucun changement sur ces deux points | [16] |
| Manuel vétérinaire MSD, version professionnelle | obstruction digestive ; corps étrangers œsophagiens | août 2025 ; 2022, mis à jour en 2024 | trichobézoards cause d'obstruction de l'œsophage au côlon ; rien sur le poil pour l'œsophage | versions antérieures non comparées | [3] |
| Manuel vétérinaire MSD, version pour les propriétaires | vomissement du chat, encadré sur les boules | août 2018, mise à jour en septembre 2024 | brossage fréquent, aliments et friandises formulés, huile minérale si nécessaire sans mise en garde | contredit la version professionnelle | [3] |
| Rochlitz (Cambridge), revue assortie de recommandations | hébergement des chats | 1999 | bacs d'herbe, l'herbe pouvant aider à éliminer les boules | sans objet | [121] |
| FEDIAF | code de bonnes pratiques d'étiquetage | 2018 (traduction française), octobre 2019 (version en vigueur) | exemple d'allégation admise : des fibres pour réduire le risque de boules de poils | versions antérieures non lues | [115, 130] |
| FEDIAF | lignes directrices nutritionnelles | octobre 2021, juillet 2024, septembre 2025 | « hairball » absent | aucun changement | [418] |
| Union européenne | liste des destinations diététiques | directive 2008/38/CE ; règlement 2020/354 (2020, 2024, 2025) | aucune destination « boules de poils » | inchangé sur ce point | [381, 114, 380] |
| Union européenne | règlement (UE) 2019/6 sur les médicaments vétérinaires | applicable depuis le 28 janvier 2022 | encadre l'emploi d'un médicament hors des termes de son AMM ; articles non lus | remplace la directive 2001/82/CE | [379] |
| Japon, ministère de l'Agriculture | allégations des aliments pour animaux | 2005 (exemple), 11 septembre 2013 (notification), 17 février 2025 (document de référence) | « empêcher les boules » médicamenteux en 2005 ; fibres qui freinent la formation admises en 2013 si le mécanisme est dit | règle de 2013 inchangée en 2025 | [394, 143, 144, 395] |
| Chine, ministère de l'Agriculture | règlement d'étiquetage des aliments pour animaux de compagnie | en vigueur le 1er juin 2018 | « prévenir » admis pour la formation des boules de poils, problème non pathologique | version unique lue | [145, 146] |
Tableau D4. Allégations « boules de poils » sur les aliments selon les pays
Ce que les textes officiels lus permettent d'écrire sur un aliment ou une friandise. Une allégation admise n'est jamais une preuve d'efficacité (voir § 13 et § 14).
| Pays ou zone |
Texte et date |
Ce qu'il dit des boules de poils |
Code |
| Union européenne | règlement (CE) n° 767/2009 (consolidation de 2018), art. 11 et 13 | allégation fonctionnelle possible, preuve tenue à disposition et non publiée, aucune allégation de maladie | [116] |
| Union européenne | règlement (UE) 2020/354 (2020, consolidations de 2024 et 2025), après la directive 2008/38/CE | aucune destination diététique « boules de poils » | [114, 380, 381] |
| Union européenne | code d'étiquetage de la FEDIAF, octobre 2019 (traduction française de 2018), d'usage facultatif | « contient des fibres pour réduire les risques de boules de poils » donné en exemple d'allégation admise | [115, 130] |
| États-Unis | page de l'AAFCO (pied de page 2025) ; page de la FDA sur l'étiquetage des aliments | allégation « hairball » qui devrait, selon l'AAFCO, être examinée par le Center for Veterinary Medicine avant la mise sur le marché ; la FDA ne publie de recommandation sur les données que pour l'allégation urinaire | [392, 147] |
| États-Unis | guide de politique 1240.3605, retiré le 20 mai 2024 | la page du retrait ne parle que de produits d'élevage, ni des animaux de compagnie ni des boules de poils | [393] |
| Japon | exemple officiel reproduit en 2005 | « empêcher les boules de poils » rangé parmi les allégations médicamenteuses | [394] |
| Japon | questions-réponses officielles, état du 22 octobre 2009 (version actuelle non vérifiée) | herbe à chat hors du champ de la loi de sécurité des aliments pour animaux | [364] |
| Japon | notification du 11 septembre 2013 (toujours listée en vigueur) ; document de référence du 17 février 2025 | éliminer les boules : en principe efficacité de médicament ; un aliment riche en fibres peut écrire que ses fibres freinent leur formation ou les éliminent physiquement, si le mécanisme est dit ; rien de nouveau en 2025 | [143, 144, 395] |
| Chine | règlement d'étiquetage des aliments pour animaux de compagnie, en vigueur le 1er juin 2018, art. 20 | « prévenir » admis pour un problème non pathologique, dont la formation de boules de poils ; pièces justificatives exigées | [145, 146] |
| Brésil | instruction normative n° 30 du 5 août 2009, consolidée en 2015 | propriété fonctionnelle seulement si prouvée, prévention réservée aux aliments « coadjuvants » ; boules de poils non nommées | [396] |
| République de Corée | communiqué du 5 juillet 2023 | contrôles des étiquettes fausses ou exagérées, sans mention des boules de poils ; aucun texte propre trouvé | [397] |
| Canada | base des produits pharmaceutiques | une friandise « hairball control » a porté un numéro de médicament de 2005 à 2016 | [391] |
Cet article décrit l'état des connaissances publiées au 22 octobre 2026. Il ne remplace pas une consultation : le diagnostic, le choix d'un examen, toute décision d'opérer et tout traitement relèvent du vétérinaire qui examine votre chat.