Une portée par an, élevage occasionnel : quelles obligations s'appliquent vraiment ?
Réglementation À jour au 8 août 2026 · Sources : service-public.fr, Légifrance
Votre chienne a eu une portée, vous vendez deux chiots ; votre chatte attend des petits que vous comptez céder. Êtes-vous « éleveur » au sens de la loi ? Oui — le mot a une définition précise, et elle englobe bien plus de monde que les professionnels. Voici le régime réel de l'élevage occasionnel, tel qu'il se présente en 2026.
Le seuil : une femelle, une vente
Une remarque avant d'entrer dans le détail : « éleveur » n'est pas ici un titre, c'est un statut juridique qui s'attrape sans le vouloir. Beaucoup de gens qui se décrivent comme « particuliers avec une portée » le sont déjà au sens du code rural.
Vous êtes éleveur dès que vous détenez au moins une femelle reproductrice et que vous vendez au moins un chiot ou un chaton qui en est issu. Il n'existe pas de « vente entre particuliers » qui échapperait à ce statut : la première vente vous y fait entrer. Le don, lui, ne déclenche pas ce seuil — mais toute cession, même gratuite, garde ses propres obligations (identification de l'animal, certificat vétérinaire).
La déclaration que tout le monde doit faire, sans exception
Commençons par celle-là, parce qu'elle ne connaît aucune dérogation : tout éleveur de chiens ou de chats s'inscrit à la base nationale des opérateurs, gérée par I-CAD pour le ministère de l'Agriculture. L'éleveur d'une seule portée par an y est tenu comme le professionnel. Si vous ne l'avez pas encore fait, c'est la démarche à faire en premier.
Le ministère l'écrit sans ambiguïté : les éleveurs de chiens et de chats « ne vendant qu'une seule portée par an et par foyer fiscal » doivent néanmoins s'inscrire à cette base. Et service-public.fr, pour ce même cas, indique : « Vous devez vous déclarer en tant qu'éleveur sur la base nationale des opérateurs chiens chats et furets. »
En pratique
- Où : en ligne, sur basenationaleoperateurs.i-cad.fr.
- Quand : au moins trente jours avant le début de l'activité — et, pour un éleveur, avant toute vente d'animal.
- Ce que vous recevez : un récépissé de déclaration, preuve que celle-ci est complète. Conservez-le avec vos registres.
- Ensuite : vos informations se tiennent à jour — changement de responsable, d'espèces, de conditions d'hébergement.
Une précision qui évite un contresens répandu : cette obligation ne date pas de 2026. Elle découle du règlement européen sur la santé animale, et la base est ouverte depuis plusieurs années. Ce que l'arrêté du 19 juin 2025 a changé au 1er janvier 2026, c'est l'harmonisation de ces déclarations pour les activités liées aux chiens, aux chats et aux furets (article 2, dont l'entrée en vigueur est fixée à cette date par l'article 34). Autrement dit : si vous vendez une portée sans être inscrit, vous n'êtes pas en retard depuis janvier, vous l'êtes depuis plus longtemps.
Pour les espèces domestiques autres que les chiens, les chats et les furets, la déclaration se fait par le formulaire Cerfa n° 15045 adressé à la direction départementale chargée de la protection des populations.
L'immatriculation : là où votre situation change tout
- Une seule portée par an, inscrite à un livre généalogique (LOF pour les chiens, LOOF pour les chats). Vous relevez du régime allégé décrit par service-public.fr : la déclaration à la base nationale des opérateurs suffit, sans immatriculation SIREN/SIRET exigée à ce titre.
- Tous les autres cas — portée non inscrite à un livre généalogique, ou plus d'une portée par an : immatriculation SIREN/SIRET auprès du guichet unique de l'INPI, et déclaration auprès de la DDPP de votre département.
Notez le « à ce titre » : si vous avez déjà un SIREN pour une autre activité, il ne disparaît pas parce que votre portée est dérogataire. La dérogation vous dispense de vous immatriculer pour l'élevage, rien de plus.
La formation : l'ACACED au-delà d'une portée par an
Au-delà d'une portée annuelle, l'activité exige une connaissance attestée : une certification professionnelle du domaine, ou l'attestation de connaissances ACACED. L'éleveur d'une seule portée par an en reste dispensé.
Là où il n'y a plus de régime occasionnel : les règles sanitaires
C'est le piège de 2025, et il mérite d'être dit sans détour : la dérogation « une portée par an » joue sur la déclaration de l'activité, plus du tout sur les obligations sanitaires. Les dispenses du texte de 2014 ont disparu en juillet 2025. Concrètement, même pour une portée unique :
- vous tenez le registre de suivi sanitaire et le registre d'entrées-sorties ;
- vous désignez un vétérinaire sanitaire, qui visite votre élevage au moins une fois par an ;
- les échéances I-CAD de 2027 et de 2029 vous concernent comme les autres.
À retenir
- Éleveur = une femelle reproductrice + un chiot ou chaton vendu. Dès la première vente.
- Inscription à la base nationale des opérateurs (I-CAD) : pour tous, sans dérogation, trente jours avant le début de l'activité.
- Une portée LOF ou LOOF par an : régime allégé, sans SIREN exigé à ce titre.
- Autres cas ou plusieurs portées : SIREN/SIRET (guichet INPI) et déclaration DDPP.
- ACACED ou certification : obligatoire au-delà d'une portée par an.
- Registres et vétérinaire sanitaire : pour tous, sans régime occasionnel, depuis juillet 2025.