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Registre d'élevage : papier, Excel ou numérique ? Ce que la réglementation admet

Guides pratiques À jour au 8 août 2026 · Sources : Légifrance

Les textes disent précisément ce que vos registres doivent contenir ; sur le support, ils laissent l'éleveur choisir — pour l'instant. Cahier, tableur ou outil numérique : chacun peut convenir, chacun a un défaut qui se paie le jour d'un contrôle. Voici le comparatif honnête.

Ce que les textes attendent du support, sans le nommer

Quatre exigences dessinent en creux le cahier des charges du support, quel qu'il soit :

Un indice de plus sur l'esprit du texte : pour les espèces autres que les chiens, les chats et les furets, l'arrêté du 19 juin 2025 exige une tenue « ordonnée et non modifiable » du registre d'entrées-sorties. La formule ne vise pas les élevages canins et félins — leur registre bascule sur la plateforme I-CAD en 2029 —, mais elle dit ce que l'administration considère comme un registre fiable : on n'y réécrit pas le passé.

Source officielle : arrêté du 19 juin 2025, articles 8 et 9 — texte consolidé sur Légifrance.

Le cahier papier

Ses forces : il ne tombe jamais en panne, chacun sait le tenir, et des lignes à l'encre qui se suivent constituent une chronologie difficile à contester.

Ses pièges : il n'existe qu'en un exemplaire. Un dégât des eaux, un déménagement, et trois ans d'historique partent sans recours. Retrouver le parcours d'un seul animal oblige à feuilleter tout le cahier, année par année. Et le jour où l'inspecteur demande la fiche d'un chien vendu il y a deux ans, c'est vous qui tournez les pages devant lui.

Le tableur (Excel, LibreOffice, Google Sheets)

Ses forces : le tri, la recherche, les colonnes propres. Beaucoup d'élevages y passent naturellement après le cahier.

Son piège central : tout s'y réécrit sans laisser de trace. Une cellule modifiée ne dit ni qu'elle l'a été, ni quand, ni par qui — c'est exactement l'inverse du « non modifiable » que l'administration attend d'un registre. S'y ajoutent les classiques : le fichier qui vit en trois versions (l'ordinateur, la clé USB, le cloud), la formule cassée qui décale des dates, la sauvegarde qu'on croyait automatique.

L'outil numérique spécialisé

Ses forces : la chronologie et les dates s'imposent d'elles-mêmes, les corrections laissent une trace au lieu d'effacer, l'historique d'un animal se retrouve en une recherche, et l'impression sort un document présentable.

Ses points de vigilance : vérifiez trois choses avant de confier vos registres à un outil. Qu'il sache imprimer ou exporter — un contrôle se passe devant un document, pas devant un mot de passe. Que vos données restent récupérables si vous quittez l'outil. Et qu'il soit honnête sur 2029 : le registre officiel d'entrées-sorties des chiens et des chats sera la plateforme I-CAD — un outil privé prépare cette bascule, il ne la remplace pas. C'est le cahier des charges que nous nous sommes appliqué en construisant VetoDossier : lignes figées, corrections tracées, exports PDF imprimables.

« Un registre numérique, est-ce vraiment légal ? »

C'est la question que pose tout éleveur qui envisage de quitter le papier, et elle mérite mieux qu'un « oui » de commercial. Reprenons chaque exigence des textes, et regardons ce qu'un outil doit démontrer en face. Le tableau ci-dessous prend VetoDossier comme exemple parce que c'est celui que nous connaissons ligne par ligne : posez les mêmes questions à n'importe quel logiciel avant de lui confier vos registres.

Ce que le texte exige Où c'est écrit Ce que VetoDossier fait
Une tenue ordonnée et chronologique Art. 8 et 9 de l'arrêté du 19 juin 2025 Chaque ligne porte sa date d'acte et s'ordonne toute seule ; l'export les imprime dans l'ordre des jours.
Un registre qui ne se réécrit pas Esprit du texte. Aucune exigence formelle de support pour les chiens et les chats ; l'art. 8, III impose une tenue « ordonnée et non modifiable » aux autres espèces, ce qui dit ce que l'administration attend d'un registre fiable. On ne rature pas, on corrige : une erreur crée une nouvelle version datée, l'ancienne reste en base. Rien ne s'efface.
Un suivi rattaché à chaque animal Art. 9 Chaque ligne vise un animal identifié ; le PDF sanitaire ouvre une section par animal.
Des actes vétérinaires fidèles Art. 9 Les actes viennent de la clinique elle-même et sont figés : l'éleveur n'a aucun moyen de les modifier. Chaque ligne affiche sa clinique source.
Une présentation aux services de contrôle Art. R. 214-30-3 du code rural Deux PDF imprimables, en-tête au nom de l'élevage, générés en deux clics.
Une conservation de trois ans Art. 8 (après la sortie) et art. 9 (après la dernière inscription) Rien n'est purgé automatiquement : un animal sorti disparaît de l'effectif courant, ses lignes restent au registre.
Des pièces signées du vétérinaire Art. 9 (euthanasies, comptes rendus de visite) Le PDF signé est stocké tel quel, chiffré — jamais reconstitué ni « généré » par nos soins.

Et la limite, dite franchement : aucun texte n'impose de format ni n'agrée de logiciel. « Au format des mentions de l'arrêté du 19 juin 2025 » est un engagement que nous prenons et que vous pouvez vérifier ligne à ligne sur vos exports ; l'appréciation en contrôle, elle, appartient aux services de l'État. Un éditeur qui vous promet la conformité vous promet quelque chose qui n'est pas à lui.

La checklist, quel que soit votre choix

  1. Chaque ligne est datée et rattachée à un animal identifié.
  2. Les mouvements sont inscrits sous 72 heures.
  3. Le passé ne se réécrit pas : une erreur se corrige par une nouvelle ligne, pas par une rature ou un effacement.
  4. L'historique d'un animal précis se retrouve en moins d'une minute.
  5. Le registre s'imprime ou se présente lisiblement.
  6. Une copie survit à la perte du support principal.
  7. Les lignes des animaux sortis restent disponibles trois ans.

À retenir

  • Aucun texte n'impose le papier ; aucun n'admet un registre qui se réécrit sans trace.
  • Le cahier est fragile, le tableur est réversible — deux défauts qui se voient en contrôle.
  • Un outil numérique se juge sur trois preuves : impression, intégrité des lignes, réversibilité des données.
  • En 2029, l'entrées-sorties des chiens et chats sera sur I-CAD : choisissez un outil qui le dit.

Questions fréquentes

Le registre d'élevage papier est-il encore accepté ?

Oui. Aucun texte n'impose aujourd'hui un support numérique pour les registres d'un élevage canin ou félin. La seule bascule programmée concerne le registre d'entrées-sorties des chiens, chats et furets, qui sera tenu sur la plateforme I-CAD à partir du 1er janvier 2029.

Un tableur Excel est-il valable en cas de contrôle ?

Rien ne l'interdit, mais sa faiblesse est structurelle : tout s'y modifie sans laisser de trace, ce qui affaiblit la valeur de preuve de la chronologie. Si vous restez au tableur, imprimez régulièrement et conservez les versions datées.

Que doit savoir faire un registre numérique pour un élevage ?

Dater et rattacher chaque ligne à un animal identifié, empêcher la réécriture silencieuse du passé, retrouver l'historique d'un animal, s'imprimer pour un contrôle, et restituer vos données si vous changez d'outil.

Un logiciel peut-il garantir que mon registre est conforme ?

Non, et méfiez-vous de celui qui l'affirme : aucun texte n'impose de format ni n'agrée de logiciel, et l'appréciation en contrôle appartient aux services de l'État. Ce qu'un éditeur peut promettre et que vous pouvez vérifier, c'est que ses exports reprennent les mentions exigées par les articles 8 et 9 de l'arrêté du 19 juin 2025, que les lignes ne se réécrivent pas en silence, et que les pièces signées du vétérinaire sont conservées telles quelles.

Ces guides informent les éleveurs ; ils ne remplacent ni les textes officiels ni un conseil juridique. En cas de doute sur votre situation, rapprochez-vous de votre DDPP ou de votre vétérinaire sanitaire.